Pointes de plaisir

La femme qui fait du vélo dont la poitrine se soulève d’un coup en passant sur une bosse procure à un homme le même plaisir innocent et puéril que le sourire inopiné d’une belle inconnue.

Souriez à gorge déployée, mesdames, et que les bosses sur les chemins se déploient comme les pointes du cylindre d’une boîte à musique. « Ouille, aïe, oh, oui… Ouille, aïe, oh, oh… Ah, ah, yayaille… Ya, ya, yayouille. »

C’était la définition du bonheur selon Petit Poucet.




Les conseils santé-écolo de Doctie Sumo

Eh, oui, c’est le retour des conseils santé de Doctie Sumo ! 5 ans sans vidéo, je sais que je vous ai manqués ! Ainsi, pendant mon absence les abonnés se sont multipliés, vous êtes désormais 125 000 abonnés à me suivre. Merci à vous !

Pour cette nouvelle vidéo événement, j’honore un nouveau sponsor. Si vous voulez aller directement à la vidéo et suivre le sujet du jour, je vous conseille d’utiliser la timecode située en bas de l’écran.

Ce sponsor, c’est La Saveur des goûts amers, un site écrit et réalisé par Limguela (prononcé « l’un-gué-là », il y tient paraît-il — Cyril Hanouilla aurait prononcé « lime gueule là », quelle gaffe !). Vous trouverez le lien du site tout en haut à gauche. Je vous laisse le découvrir. Pour faire court, Limguela a un blog où il fait comme votre serviteur, donner son avis, mais avec moins de succès malgré un court passage à la télévision ! Abonnez-vous à son site, et allez voir de quoi il parle… Vous me direz ce que vous en pensez en commentaires ! Moi, je n’ai pas été déçu ! Pas de code promo, son site est gratuit !

Venons-en au sujet du jour pour ce retour 🕯 auprès de vous, ma communauté chérie.

Le sujet, dekoikonparle :

Aujourd’hui, nous allons parler de sobriété cosmétique et ménagère ! La planète est en danger, je vous l’avais révélé en exclusivité lors de ma troisième vidéo ayant inspiré le GIEC ! (Ma plus grosse vue sur YouTube à ce jour et que j’ai rapidement démonétisée comme promis — #nostalgie).

Pour la sauver, la planète, tout le monde n’a pas la chance d’être une grosse entreprise polluante disposant d’un grand levier sur son impact environnemental : pour nous, ou pour vous, simples abonnés, de petits gestes suffisent. Malheureusement, on ne sait pas toujours bien quels sont précisément ces gestes. Dans le taoïsme, on parle de « non-agir », eh bien, dans la philosophie de Doctie Sumo, on parle de « sobriété consumériste ». C’était, si vous vous en souvenez, l’objet de l’épisode 24 de ma chaîne, mais nous allons parler ici plus spécifiquement de « sobriété cosmétique ». Eh, oui ! La meilleure astuce de grand-mère, c’est encore celle qu’on s’abstient de suivre ! Ne pas porter atteinte à la planète ne passe pas forcément par plus de « naturel », mais par plus de sobriété. Le mieux, ici, passe par le moins. Cela vaut aussi pour votre santé. La meilleure astuce que je pourrais vous donner, c’est encore de ne rien faire. Appelons ça le non-agir consumériste, ou la sobriété des soins.

Vous me connaissez, je ne livre jamais de conseils sans les étayer d’une savante expertise. Cette expertise m’a demandé 5 ans de travail acharné. C’est pourquoi je n’ai produit aucune vidéo depuis tout ce temps ! Hé, oui ! Pour vous dire, à l’époque, il n’y avait pas de petites cloches sur YouTube. Alors, j’espère que vous ne m’avez pas oublié, et que vous trouverez cette vidéo sans peine au milieu de vos innombrables abonnements ! Et puisque vous êtes là, profitez-en pour passer sur mon nouveau compte Ulule et pour me remercier de cette sobriété vidéatesque ! Abonnez-vous ! likez la vidéo… et donc… activez la petite cloche ! (J’ai l’impression d’être un débutant… Vous m’avez manqué !)

Plus que de véritables conseils, je tiens plus précisément ici avec cette nouvelle vidéo à partager avec vous le fruit de ces 5 ans d’expérience. Une expérience, vous l’avez compris, consistant à réduire au minimum ma consommation de biens cosmétiques et ménagers. Les effets sur la santé de cette expérience y seront également brièvement exposés et demanderont à être confirmés par vos propres expériences. Je compte sur vous ! En effet, je vous demanderai de suivre ces mêmes conseils pour les cinq années qui suivent ! N’hésitez pas à les partager en commentaires et à en proposer d’autres en faisant adopter à la communauté vos propres protocoles ! Mais ne soyez pas trop longs ! Les commentaires, c’est bon pour l’algorithme YouTube, mais pas tellement pour la sobriété de nos serveurs !

Sobriété donc, venons-en au fait !

Premier produit : le savon.

La société de consommation du 20ᵉ siècle nous a fait prendre l’habitude d’utiliser communément ce que l’on appelle du gel douche. Question sobriété, on est mal. Le gel douche contient principalement un produit, inoffensif mais inutile, dans une bouteille, puisque vous pouvez vous en procurer encore facilement de nos jours, j’ai nommé : l’eau ! Une bouteille de gel douche contenant entre 200 ml et 700 ml sera consommée entre une semaine et un mois pour une utilisation quotidienne ! En comparaison, un savon tout ce qu’il y a de plus classique, utilisé quotidiennement, aura une durée de vie entre 5 et 9 mois pour un savon à usage corporel ; pour un savon pour le visage, sa durée attendue, toujours pour une utilisation quotidienne, peut monter jusqu’à 15 mois !

En 5 ans d’expérience et études, je n’ai donc eu besoin de renouveler mon stock de savons par lot de 2 ou 3 que trois fois (en comparaison, un utilisateur de gel douche habituel aurait acheté et consommé l’équivalent d’une baignoire entière de gel). Sobriété garantie.

Deuxième produit : le dentifrice.

D’aucuns me diraient que les dentifrices « naturels » peuvent être une alternative crédible aux dentifrices industriels. Je vous le rappelle, le propos de cette expérience et de cette vidéo n’est pas de faire un appel à la nature, mais bien de faire la preuve de l’efficacité de la sobriété tant sur notre santé que sur l’environnement. Rappelons ainsi que les dentifrices industriels contiennent du fluor, et que celui-ci est essentiel à la bonne santé de nos dents. Nous ne saurions ainsi nous passer de dentifrice industriel. La sobriété est ailleurs.

Mes parents Sumo m’ont appris tout jeune à me laver les dents 2 fois par jour, matin et soir. C’est, je pense, la norme pour beaucoup, elle est cependant insuffisante. Après cinq ans d’études, j’en suis ainsi venu à la conclusion qu’il vaut mieux multiplier les brossages dans la journée avec peu de pâte à dentifrice. Pour faire moins, il faut faire parfois plus. Plus de brossages réguliers après chaque repas, c’est la garantie de ne pas passer par le dentiste ou par des opérations lourdes. Et cela, avec, en plus, moins de pâte à dentifrice ! Madame Sumo, elle, avant de me quitter pour un karatéka dispendieux en gel douche, avait pour habitude d’imiter les publicités pour les pâtes à dentifrice en versant de grandes coulées majestueuses de pâte sur la brosse. Il ne lui fallait ainsi pas plus de 30 secondes pour cracher la mousse dans le lavabo, et elle n’a jamais éprouvé le besoin de verser moins de pâte sur sa brosse… Les dentistes disent qu’une « noix » de pâte suffit, je dirai même qu’une larme suffit, surtout si vous multipliez vos brossages dans la journée ! Eh oui, rappelons que le dentifrice ne lave pas la bouche et qu’en dehors du fluor, il ne contient aucun élément indispensable à l’hygiène dentaire. La pâte a de légères propriétés abrasives, c’est vrai, mais l’efficacité du brossage tient essentiellement dans l’action mécanique de la brosse sur les dents et les gencives. Voilà qui devrait vous assurer une hygiène dentaire parfaite à moindre impact sur l’environnement !

Sur 5 ans, Madame Sumo a utilisé en moyenne 7 tubes de dentifrice par an avec deux brossages quotidiens. Plus de trois fois ma consommation ! Expérimentez à votre tour et dites-moi en commentaires ce que vous en concluez !

Alors n’oubliez pas, dès que vous sortez, prenez votre dentifrice ! Juste une larme ! Libérez la pâte à dentifrice de vos salles de bain, dégainez vos brosses, et sortez-les en toute occasion ! « Ce soir, je sors ma plus belle brosse pour aller danser oé-oé ! »

Troisième produit : le shampooing.

Admettons que la quantité de shampooing nécessaire à un lavage soit proportionnelle à la longueur et à l’épaisseur de nos cheveux, eh bien malgré cela, que vous soyez des quasi chauves ou des Vénus de Botticelli, je vous encourage à essayer de réduire votre consommation. C’est possible. Et nécessaire. À la fois pour l’environnement et pour la santé de vos cheveux. Madame Sumo, avant que son karatéka lui prodigue de savants massages capillaires à l’huile de ricin et explose sa consommation de détergent parfumé, avait une consommation peu raisonnable de shampooing. Et Madame Sumo ne devait pas être une exception. Elle disposait en général de 4 détergents à cheveux différents : souvent 2 shampooings différents selon l’humeur et selon l’odeur que Madame voulait se donner ce jour-là, et 2 après-shampooings. Tout cela ne dit rien sur la quantité réellement appliquée sur les cheveux, c’est vrai. Madame ayant les cheveux épais et modérément long, elle procédait à une utilisation de 2 à 3 fois par semaine. Voilà qui est relativement modéré, me direz-vous. Mais m’étant parfois incrusté dans la douche avec elle à des fins scientifiques pour affiner mes recherches, je me suis souvent fait la réflexion que la quantité utilisée par Madame était à l’image de celle déjà employée pour la pâte à dentifrice : beaucoup trop ! Faites-en l’expérience, c’est toujours possible de diminuer sa consommation ou réduire sa fréquence de lavage !

Mais laissons Madame à son karatéka et à ses après-shampooings, et revenons à nos essais. Cheveux secs et cassants (comme on dit dans l’industrie cosmétique), tonsure de moine pas encore achevée, mes besoins sont certes minimes, et je crois encore pouvoir réduire, surtout au niveau de la fréquence (quotidienne jusqu’à encore récemment — la science capillaire est toujours en marche). En 5 ans d’étude, je n’en suis toujours qu’à mon second flacon de shampooing. Trois gouttes suffisent. J’ai eu les cheveux longs, et il ne me semble pas voir finalement beaucoup de différence quant à la quantité nécessaire. Pour en être toutefois sûr, je compte poursuivre mon étude en me les laissant pousser ces prochains mois (Monsieur Sumo finira par réellement ressembler à un Sumo !).

Quatrième produit : le lait hydratant

Pendant ces longues années de recherche, j’ai eu la chance de disposer à mes côtés d’une femme qui pouvait me servir de groupe contrôle à elle seule. Vous l’avez compris, Madame Sumo était une grande consommatrice de produits cosmétiques, et le lait hydratant est pour ainsi dire le produit avec lequel elle était le plus généreux. À 40 ans passés, la femme moderne considère, aidée en cela par ce que nous appellerons patriarcat, qu’elle doit continuer de soigner son image, une image jeune ou rajeunie par toute une gamme de produits cosmétiques. Effet réel du lait hydratant largement badigeonné sur la peau de Madame Sumo ou privilège dû à ses gènes asiatiques, il faut avouer que mon groupe contrôle ne me permet pas ici de juger de la pertinence d’une telle surconsommation de produits par rapport à son intérêt esthétique… Au mieux, puis-je mettre en garde mes abonnés d’un risque sur la santé de ces produits : certains seraient cancérigènes, d’autres provoqueraient des irritations. Le vieillissement de certains composés chimiques serait notamment possiblement nocif, ce qui me fait dire, qu’il vaut mieux consommer des tubes de petite taille. Mieux encore : se priver de soleil, de cigarettes ou d’alcool, qui sont les premières causes du vieillissement de la peau ! Le meilleur produit cosmétique, c’est celui qu’on se retient d’appliquer sur soi !

C’est une information qui m’est parvenue malheureusement trop tard pour que je puisse la mettre à exécution durant mes cinq ans d’expérience, c’est pourquoi, pour éviter que mon lait tourne, j’ai inventé sur le tard une technique que j’ai appelée la technique du contournement, que vous pouvez apprécier dans cette vidéo :

 

Lait tournant

(Attention, la lecture sur Twitter n’a pas de son, ce serait idiot de s’en passer. Il suffit de la télécharger.)

Mon lait hydratant n’a semble-t-il jamais tourné, et les portions utilisées avec cette grande bouteille de lait, ont pu se faire parcimonieusement à un endroit précis de mon anatomie : à la jonction entre le fessier et les cuisses (nous autres sumos de canapé souffrons souvent de vergetures au séant).

Cinquième produit : le liquide vaisselle

Une seule goutte suffit. Inutile d’en dire plus, si vous n’êtes pas encore convaincus, essayez, le résultat est immédiat…

En cinq ans d’expérience, j’en suis toujours à ma première bouteille de liquide vaisselle (750 ml). (Mon groupe contrôle n’est jamais intervenu dans l’exercice, aucun biais statistique n’est donc à craindre à ce niveau.)

Sixième produit : les éponges pour la vaisselle

L’expérience est sans appel : les éponges végétales sans face à récurer durent cinq fois plus longtemps que les éponges avec face abrasive. Pour récurer vos casseroles, utilisez une brosse à poils ou en inox (ou utilisez un chiffon en laine d’acier séparément).

Une éponge végétale peut ainsi avoir une durée de vie de plusieurs mois, tandis qu’une autre avec une face abrasive partira en morceaux rapidement.

C’est tout pour cette fois, j’espère vous retrouver très vite sur ma chaîne ! N’oubliez pas la petite cloche, et à bientôt sur Doctie Sumo !


Aimer, est-ce être intense dans l’amour porté à l’autre, souffrir à l’occasion parce qu’il n’y a pas d’histoires d’amour sans déchirements romantiques ou est-ce être aux côtés de l’être aimé, lui montrer une affection infaillible, à tous les petits et grands moments de la vie ?

Qu’est-ce qu’aimer ?

ou trancept sur l’incapacité des êtres à se retrouver, s’aimer comme il faut, partager les mêmes conceptions de l’amour…

(un trancept, c’est un concept qui tente de voir au-delà de ce pourquoi il a été inventé)

(c’est pas loin d’un transat : il n’est utile que quand on s’assoie dessus)

— Ma grande déception, c’est de ne pas avoir été aimé(e).

— Moi je t’ai aimé(e).

— Peut-être. Mais nous n’avons pas la même idée de ce qu’est l’amour. Pour certains, l’amour doit être intense, se faire attendre, appeler ; il se fait dans la souffrance, dans l’absence. Pour d’autres, comme moi, l’amour, c’est une présence, un réconfort de chaque instant ; c’est une une personne avec qui partager sa joie, c’est être là quand on a besoin ou quand cette personne a besoin de toi, c’est une présence que l’on sait tout proche, là, quand on a aussi besoin d’être seul(e).

— Mais non, tu te trompes. Je pense pareil que toi. Si tu as besoin, je suis, là tu peux m’appeler.

— Quand tu as soif, tu ne prends pas ton téléphone pour commander un verre d’eau. L’amour, c’est aussi simple qu’un verre d’eau.

— Ce n’est pas de l’amour que tu décris là, c’est de la servilité, c’est de l’amour bourgeois… « L’amour, c’est aussi simple qu’un verre d’eau »… De l’aphorisme à l’aporie, il n’y a qu’une goutte.

— Eh bien, tu vois, on ne pense pas pareil. C’est pour ça que ça ne marche pas entre nous. On ne crée pas durablement une relation à distance. L’intensité des débuts peuvent le laisser penser, mais à la longue, la distance fracasse le lien qui nous unit, et entre l’intensité et l’attachement… bourgeois, c’est l’attachement bourgeois qui l’emporte. L’amour durable ne peut être fait que d’intensité — et ne doit pas l’être. L’intensité porte en elle les promesses d’un amour éternel, mais l’amour éternel ne peut être que dans la sécurité et le confort, la connaissance aussi, de l’autre. Oui, l’amour durable est bourgeois. L’intensité, c’est bon pour les Petit Poucet de l’amour : ils picorent les petits cailloux de l’amour, et n’ont aucune idée d’où cela les mène.

— Nous ne serons pas d’accord. Il ne tient qu’à l’un et à l’autre d’entretenir cet amour, faire qu’il soit intense et durable. La vie, et par conséquent la vie amoureuse, c’est en effet un long chemin tortueux et l’on s’accroche aux cailloux que l’on dépose à l’intention d’un(e) autre qui saura les ramasser et nous retrouver. Si certain(e)s se perdent en route, un ou une autre saura les retrouver et vivre avec nous le temps qu’il faut l’intensité d’un chemin parcouru à deux. Refuser de jeter les cailloux d’un bonheur présent ou futur, c’est s’asseoir à la table de l’ogre de l’ennui avant qu’il nous dévore ou qu’on en soit esclave.

— J’ai l’impression qu’il est temps que l’on prenne chacun nos cailloux et que l’on se sépare pour de bon cette fois.

— Oh, ça fait longtemps que j’avais déjà pris un autre chemin, tu ne pensais tout de même pas que tu étais la/e seul(e) à picorer de mes cailloux !




Home alone or Omelette extraterrestre

Home alone or Omelette extraterrestre

« Tenter, sans force et sans armure d’atteindre l’inaccessible étoile »

… Telle est ma quête

Suivre l’étoile

Peu m’importent mes chances

Peu m’importe le temps

Ou ma désespérance…

(J. Brel, La Quête)

Imaginez qu’un système planétaire soit une omelette. L’œuf serait un disque protoplanétaire placé sur une poêle où s’opérerait pendant des millions d’années des combinaisons chimiques capables de vous faire une bonne omelette cuite à point avec toujours les mêmes ingrédients chimiques présents dans cet œuf protoplanétaire. Or, on ne fait pas d’omelette sans casser d’œuf, et on devrait même dire, sans laisser un peu d’œuf sur le bord de la table qui aura ainsi échappé au feu de la poêle. Ne reste alors de cette omelette après des milliards d’années, que quelques morceaux situés au bon endroit de la poêle pour ne pas en faire du cramé. Imaginez maintenant que d’infimes résidus de cette omelette restée bonne, doués (ou presque) d’intelligence, viennent à se demander si d’autres morceaux d’omelette existent dans une cuisine lointaine, bien lointaine, et cela en faisant confiance à notre flair de grands anosmiques. Eh bien, serait-on prêts à imaginer cette savante omelette plus capable de découvrir des exomelettes dans des systèmes impossibles à atteindre ou n’aurait-elle pas plus de chances de trouver quelques réponses à ses questions d’omelette sapiens sur l’existence et la composition d’un œuf protoplanétaire en allant fouiller sur le rebord de la table, à côté de la poêle, là où seraient susceptibles de se trouver d’anciennes traces d’éclaboussures d’œuf protoplanétaire ?

Bref, chercher de la vie dans un système même voisin et avec lequel on ne pourra jamais interagir (donc confirmer d’éventuelles observations), ce serait un peu comme tenter aujourd’hui d’engager une conversation avec le chien de Socrate ou avec les punaises de lit de votre arrière-arrière-petit fils. L’exobiologie, elle doit se faire, à mon sens (mais je n’y connais rien), sur les rebords de table de notre système solaire, là où des éclaboussures d’œuf sont susceptibles d’avoir été préservées, “omeless”, sous une forme ou une autre.

Après, j’ai bien conscience de ne rien y comprendre à me demander pourquoi on aurait des chances d’y trouver quelque chose à regarder ailleurs que dans notre assiette, mais pour me convaincre il faudra bien plus venir des confins du cosmos que d’une simple autre planète (voisine de la nôtre).

Et je suis pas loin de penser que ce nouvel intérêt pour la recherche de vie, historiquement cantonnée au système solaire, en dehors de notre système ne tient qu’aux possibilités depuis deux décennies à pouvoir faire le compte ou presque des systèmes alentours disposant de planètes, à découvrir des planètes dont on se plaît à penser qu’elles pourraient être habitables sans réellement pouvoir le confirmer de manière certaine. Autrement dit, on en vient à lancer de nouveaux projets censés repousser une nouvelle fois les limites de l’observation, espérant bientôt aller jusqu’à découvrir des marqueurs d’une présence de vie lointaine. Or, je veux bien qu’au moins sur un plan statistique, faire le compte bientôt ou un jour, non plus seulement cette fois des planètes potentiellement habitables mais potentiellement habitées, que cela fasse avancer la connaissance, mais on en arrivera alors inévitablement un jour à un point où ces potentialités se heurteront à une réalité physique, celle qu’on ne pourra jamais s’affranchir des distances colossales qui nous séparent de ces mondes et donc en apprendre un peu plus, ou seulement confirmer toutes ces probabilités d’existences inconnues, lointaines et exotiques. Nous le faisons parce que c’est possible, pourrait-on dire pour paraphraser presque un célèbre discours américain, seulement viendra un jour où les limites de l’observation seront atteintes, et en résultera alors une grande frustration. Alors faisons le temps que nos outils et que leurs limites nous permettent de faire le plein de connaissances à ce niveau, mais il faut être aussi conscients des limites de ce pan de l’exobiologie. Parce que pour le reste, la science dans ce domaine me paraît bien plus prometteur en scrutant d’abord les mondes déjà visités de notre système afin d’en apprendre plus sur l’origine du vivant, son développement potentiel ailleurs que sur Terre, et sa nature comparée à celle connue chez nous si on en trouve des traces. Ensuite, comme je l’indiquais avec mon petit récit omeletique, c’est l’environnement extérieur de notre système qui potentiellement deviendra un jour une source d’enseignements sur notre origine, sur la nature de composés et assemblages chimiques encore inconnus faisant le trait d’union entre l’inerte et le vivant, ou sur l’origine de tentatives passées avortées (ou non, avec un peu d’espoir) ailleurs dans notre système. Et cela, face à certaines hypothèses soulevées au fil des explorations, il y a grand espoir, même sur un temps long, de pouvoir les affiner de plus en plus et même espérer faire de réelles découvertes. C’est toute la différence entre une science de l’observation lointaine et une autre où on pourra un jour avoir accès à ce qu’on cherche.

Être trouvés ou trouver de la vie ailleurs ?

Voilà pour ce qui est de la question de la vie extraterrestre selon notre point de vue d’explorateurs et d’exterminateurs (je rappelle que, malheureusement, l’avantage évolutif de notre ancêtre, et cela, avant même Homo sapiens : c’est avec Homo erectus que les « hommes » sont sortis d’Afrique et ont exterminé la faune prédatrice locale concurrente), et qui dans notre esprit conquérant nous laisse au moins penser qu’on finirait gagnant d’une telle rencontre (celui qui « trouve » l’autre pense de fait être plus évolué que le « trouvé » ; l’histoire nous a montré qu’il y a toujours un gagnant et un perdant).

Qu’en est-il si c’est nous qui sommes trouvés ? Eh bien, on l’aura compris, si certains s’en émerveillent parce qu’ils imagineraient cette rencontre forcément comme bénéfique, je la pense, de mon côté, franchement non souhaitable.

D’abord, il faudrait se demander pourquoi nous espérerions rencontrer une telle « vie ». Rappelons, parce que nous avons tendance à l’oublier vu que nous occupons notre temps à lui marcher dessus, qu’une vie autre que la vie humaine existe sur terre. Et vous savez quoi ? On a beau être responsable de son extinction massive, on en est encore à un stade où une bonne partie de cette vie, bien réelle et à portée de main, reste inexplorée ! Elle est pas belle… la vie ?!

Sur terre, les espèces qui cohabitent dans un même environnement sont soit en concurrence sur ce territoire, soit restent indifférentes les unes des autres (ce qui signifie en réalité qu’elles ne sont pas en concurrence pour les mêmes ressources, voire qu’elles procèdent à un niveau plus ou moins élevé à une forme de mutualisme ou de commensalisme). Ainsi, et dans le meilleur des cas, on pourrait imaginer qu’une vie extraterrestre intelligente (forcément intelligente si elle en vient à nous « découvrir ») soit indifférente à notre existence et ne cherche pas ainsi à interagir. Dans la version pessimiste, elle nous considérerait comme concurrente.

Veut-on vraiment savoir qu’elle serait la nature de notre interaction avec une telle vie extraterrestre si elle venait à pointer le bout de son nez à la vitre de notre monde fragile ? Perso, dans ces conditions, je préfère encore qu’on soit les seuls êtres intelligents dans les parages. Une forme de vie non intelligente, ma foi, elle pourrait tout autant exister ou non, on serait incapables de la découvrir (dans l’hypothèse bien sûr qu’on en trouve aucune trace dans notre système), ça nous ferait donc une belle jambe. Mieux vaut rester en haut de la chaîne alimentaire…

Que fait-il donc que notre espèce éprouve tant d’intérêt à se trouver ainsi une telle altérité… loin de ses bases ? C’est sans doute une caractéristique de notre espèce, et l’une des causes de notre réussite évolutive dans l’histoire. Notre curiosité nous a probablement poussé à nous intéresser aux usages, aux techniques, aux modes de vie, d’abord de nos proies pour les chasser efficacement, ou de nos prédateurs pour échapper à leurs attaques, puis aux autres groupes d’humains afin de s’approprier leurs savoirs, leurs techniques, leurs cultures. On est des charognards dans l’âme : l’altérité, c’est d’abord une concurrence potentielle, une source énergétique, même indirecte (apprendre des techniques nouvelles d’un autre groupe, c’est améliorer ses capacités à tirer de l’énergie de son environnement). Ce peut être cette même curiosité qui nous fait imaginer, voire espérer, l’existence d’une telle vie. La crainte ou l’espérer, avant de l’étudier, de l’exploiter et de l’exterminer dans l’indifférence alors que nous regardons déjà ailleurs… Maintenant que nous sommes la dernière espèce humaine sur terre, et que la mondialisation, donc l’uniformisation de la culture, est en marche, nous regardons donc ailleurs. Toujours en quête de nouveaux territoires… et de nouvelles proies. Il ne faudrait pas l’oublier, certes, au fil du temps, la curiosité s’est doublée d’empathie (aussi parce que cette empathie nous donnait un avantage sur d’autres), mais elle reste avant tout une arme visant à assurer la maîtrise de notre environnement et notre domination au sein d’autres espèces concurrentes ou devenues bientôt plus, du fait de la sélection opérée sur elles, que commensales de la nôtre. Les larmes de crocodile, c’est nous qui les avons versées en peignant sur les parois de nos grottes les espèces vénérées que nous allions exterminer.

Au mieux, rencontrer une civilisation extraterrestre pourrait s’assimiler à une rencontre avec une fourmilière qui aurait tout autant d’intérêt ou de capacité à communiquer avec nous. Au pire, elle nous écrabouillerait. Nous cherchons la culture, la technologie, de l’autre pour se confronter à lui, souvent pour en tirer profit, c’est notre âme de charognards toujours. À nos risques et périls.

Il n’est pas inutile de le rappeler. La vie, l’intelligence, l’altérité existent sur Terre, et nous sommes en train de l’exterminer tandis que nous regardons ailleurs afin de trouver ce que nous avons à nos pieds.




Est-ce que faire l’amour à son partenaire endormi, c’est un viol ?

Cahier garnis

Théâtre et scénettes

Théâtre

 

Un couple. Un lit.

L’homme : Il paraît que si je te fais l’amour au réveil alors que tu es encore endormie, c’est un viol.

La femme : Ç’a l’est si on ne s’est pas mis d’accord avant.

L’homme : Ah, et nous, on s’est mis d’accord ?

La femme : Non.

L’homme : … D’accord.

La femme : Mais j’adorerais que tu me fasses l’amour au réveil.

L’homme : Quand tu dors ?

La femme : Oui. Pourquoi tu ne l’as jamais fait ?

L’homme : Te faire l’amour au réveil alors que tu dors ? Ben, parce que je dors aussi.

La femme : Tu te couches souvent tard alors que je dors. Tu pourrais essayer de me faire l’amour.

L’homme : Ce ne serait pas un viol ?

La femme : Non, puisque je te le demande.

L’homme : Et si tu veux pas ?

La femme : Si je ne veux pas quoi ? Que tu commences à me faire l’amour alors que je suis encore endormie ?

L’homme : Oui. Si tu dors, c’est peut-être que tu es fatiguée…

La femme : Je te le dirais si j’étais fatiguée.

L’homme : Comment tu peux me dire que tu es fatiguée si tu dors ?

La femme : Je te le dirais à mon réveil.

L’homme : Donc il faut que je te réveille pour te demander si tu veux faire l’amour ? Du coup, ce n’est plus te faire l’amour alors que tu dors. C’est te réveiller pour savoir si tu peux à toute heure répondre à mes désirs obscènes.

La femme : Mais non ! Tu me caresses, tu me fais des choses, je me réveille, et si je n’ai pas envie, tu arrêtes.

L’homme : Donc là, si tu n’es pas consentante, ce n’est plus un viol, mais du harcèlement. Parce que je te tripote sans ton consentement.

La femme : Tu crois ?!…

L’homme : Mais si je commence directement par la pénétration ?

La femme : Tu sais très bien que ce n’est pas possible.

L’homme : Ah bon ?

La femme : Bien sûr. Comment veux-tu me pénétrer sans passer par les préliminaires. Il n’y a qu’un mec qui pense qu’on peut pénétrer une femme directement.

L’homme : N’importe quoi. Si je mets mon sexe dans ta bouche alors que tu dors, c’est une pénétration.

La femme : C’est vrai.

L’homme : Ce serait donc un viol.

La femme : Hum…

L’homme : Tu es déjà moins consentante, là.

La femme : Pourquoi on parle de ça ? Où c’est que tu as vu ça encore ?

L’homme : Un type se vante sur les réseaux sociaux de violer sa femme tous les matins quand elle dort.

La femme : Elle est d’accord ?

L’homme : On ne sait pas. Il parle pas de ça. Mais il a l’air de dire que parfois, c’est elle qui lui fait des trucs pendant que lui dort.

La femme : Donc, elle est consentante.

L’homme : Ben, on en sait rien. On sait pas s’ils se sont mis d’accord avant. Parce que c’est bien ça l’idée, se mettre d’accord avant. Ou bien, est-ce que par principe, même si on est d’accord, ça reste un viol.

La femme : Mais non. Ça marche pas pour les couples. Le viol dans cette situation, c’est quand l’homme impose un acte sexuel à une inconnue et la prend par surprise alors qu’elle dort. Si on est en couple, ça compte pas.

L’homme : Donc il ne peut pas y avoir de viol dans un couple ?!

La femme : Ce n’est pas ce que je dis. Le contexte joue beaucoup.

L’homme : Quel contexte ? Si on s’est mis d’accord ou pas ?

La femme : Oui.

L’homme : Et si on n’en a pas parlé ? Mettons que cette nuit, je me réveille, et je te fais l’amour.

La femme : Là, ça compte pas. On vient d’en parler. Et je t’ai dit que j’étais d’accord.

L’homme : D’accord. Alors, disons, si hier, je t’avais réveillée pour te faire l’amour.

La femme : J’aurais adoré.

L’homme : Ce n’est pas ce que je te demande. Est-ce que ça aurait été un viol ?

La femme : Non. Parce que j’aurais aimé ça.

L’homme : Donc, si la personne à qui on fait l’amour sans lui demander aime ça, ce n’est plus un viol ?!

La femme : Hum, oui. C’est tordu. La notion de plaisir ne doit pas rentrer en compte…

L’homme : Donc, c’est un viol. Enfin, ça aurait été un viol.

La femme : Ben, oui, mais j’aurais été consentante… a posteriori.

L’homme : Ah. Et tu crois que ça a une valeur légale, ça ?

La femme : Roh, mais on n’en est pas à passer en jugement !

L’homme : D’accord, mais c’est important de définir les choses. Il ne faudrait surtout pas banaliser la question de viol ou ignorer celle du consentement.

La femme : C’est vrai. Mais justement. Dire que tout peut être un viol tend à banaliser le viol. Le véritable viol.

L’homme : Parce que violer quelqu’un qu’on ne connaît pas au petit matin et avec qui on ne s’est pas mis d’accord avant, ou encore la question du consentement en couple, ce n’est pas une question de « véritable viol » ?

La femme : Je sais plus. Tu me laisses dormir ?

L’homme : Je peux te faire l’amour alors quand tu dors ?

La femme : Non, je suis fatiguée.

L’homme : Tu as dit que tu étais d’accord pour que je te fasse l’amour quand tu dormais.

La femme : Oui, mais là, je suis fatiguée.

L’homme : Mais tu ne seras peut-être plus fatiguée quand tu dormiras…

La femme : Oui, mais j’ai pas envie.

L’homme : Mais si je te caresse, tu auras envie.

La femme : Oui, mais j’ai pas envie. N’insiste pas.

L’homme : Tu étais d’accord tout à l’heure, et maintenant tu ne l’es plus. C’est particulièrement féminin ça.

La femme : Et ça, c’est misogyne. Laisse-moi dormir.

L’homme : D’accord, bonne nuit.

La femme : … Mais si tu me fais l’amour quand même et que je n’ai pas envie, ce ne sera pas pour autant un viol.

L’homme : Quoi ? Mais on a justement dit que c’en était un !

La femme : Oui, mais là, ce n’en sera pas un. Tu pourras, un jour, quand j’en aurais envie.

L’homme : Comment je peux savoir quand tu en auras envie… si tu dors ?!

La femme : Ah, je sais pas. Laisse-moi dormir, il faut que je réfléchisse.

L’homme : Tu réfléchis pendant que tu dors, toi.

La femme : Parce que je suis une fille ! Les filles, c’est plus intelligent que les hommes. On arrive très bien à réfléchir pendant notre sommeil.

L’homme : Ah. Je te laisserai y réfléchir alors.

La femme : Tu sauras si un jour j’en envie qu’on fasse l’amour pendant notre sommeil. Ce sont des choses qu’il faut sentir ça.

L’homme : Donc maintenant, on peut faire l’amour alors que les deux dorment. C’est un nouveau concept.

La femme : Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais faudrait essayer.

L’homme : Je te laisserai y réfléchir pendant que tu dors, et je te laisserai prendre les choses en main alors. Parce que moi, quand je dors, je dors.

La femme : Ah ! Et tu ne sais pas jusqu’à quel point tu as le sommeil lourd !

L’homme : Qu’est-ce que tu veux dire ?

La femme : Je t’ai déjà fait des choses pendant que tu dormais, et tu ne t’es jamais réveillé.

L’homme : Ah bon ?! Sans me demander ?! Mais c’est un viol !

La femme : Peut-être, mais tu semblais aimer ça.

L’homme : Si j’avais aimé tant que ça, je m’en souviendrais et j’aurais commencé par me réveiller… Et ça resterait un viol.

La femme : Ah, c’est comme ça ?! Donc si toi, tu veux me faire l’amour pendant que je dors, ce n’est pas un viol, mais si c’est moi qui te fais des choses quand tu dors, c’est un viol ?!

L’homme : Tu m’as dit que tu étais d’accord. Moi, pas question que tu me fasses des choses dans mon sommeil. Surtout si j’en ai aucun souvenir.

La femme : Dans ce cas, pas question à ce que tu me fasses l’amour dans mon sommeil non plus ! Je ne suis pas une poupée gonflable !

L’homme : Même si tu as « envie » ?!

La femme : J’ai pas envie ! J’ai plus envie du tout !

L’homme : Eh bien, dors alors.

La femme : Je n’ai plus envie de dormir du tout !

L’homme : Est-ce que, puisqu’on est réveillés, tu es d’accord pour qu’on fasse l’amour ?

La femme : Oui, faisons-le tant qu’on est éveillés ! Après il sera trop tard !

L’homme : Arrête de crier !

La femme : C’est tellement romantique de donner l’impression aux voisins qu’on se dispute ! Ça m’excite ! Fais-moi hurler !

L’homme : Oh, oui !

La femme : Oui !

L’homme : Ah ! Ça c’est du consentement, ma chérie !

La femme : Oui ! Oui !

L’homme : Oui !

La femme : Encore ! Encore, ne banalisons jamais l’amour…

L’homme : Ou même le viol !

La femme : Oui ! J’allais le dire !

L’homme : Ah !…

La femme : C’est tellement bon en vrai ! Faire ça en dormant, ça doit être une mauvaise idée ! C’est excitant quand on y pense, mais à le faire, ça doit être beaucoup moins drôle ! Surtout pour celui qui dort !

L’homme : Ou celle !

La femme : Oh, mon Pedro, qu’est-ce que tu peux être inclusif, ça m’excite !… Encore !

L’homme : J’y suis, j’y suis ! Oh, la la, celles et ceux qui pensent avoir découvert l’eau chaude en proposant de faire l’amour quand leur aimé(e) est endormi(e)… ne savent pas…

La femme : Oh, c’est trop bon ! Quelle idée de vouloir faire l’amour quand on dort ! C’est une négation totale de l’autre ! C’est tellement mieux, conscients, à deux ! Les yeux dans les yeux !

L’homme : Oh, ma Conchita, tu ne fais pas que réfléchir dans ton sommeil, tu réfléchis admirablement bien quand tu fais l’amour !

La femme : Oh, mon Pedro !… Quoi ?! Déjà ?!!

L’homme : J’étais trop excité !

La femme : Mais non, on continue.

L’homme : Je peux plus.

La femme : Si, on continue !

L’homme : Je peux plus.

La femme : Si !

L’homme : Ce serait un viol.

La femme : Oh, arrête !

L’homme : C’est ce que j’ai fait, j’ai plus envie.

La femme : Moi, si.

L’homme : Hum.

La femme : Encore, sers-toi de ta langue pour changer, homme de peu d’appétit !

L’homme :

La femme : Il dort ! L’escroc ! Le lâche ! Monsieur fait sa petite chose et il s’endort !

L’homme :

La femme : Est-ce que si je lui fais des choses, c’est un viol ? Il a dit qu’il n’avait pas envie…

L’homme :

La femme : Égoïste !


(Ceci n’est pas un extrait des Belles Endormies de Kawabata.)


Autres scénettes dans

Les Cahiers garnis


Entre nous (poème galant galeux)

Entre nous

 

Quand le silence noie nos jours d’un brouillard dense

Que la nuit-même se fait l’écho de cette absence,

C’est qu’il est temps, peut-être, de changer de pied et

D’enjamber ces mystérieux obstacles dressés

Entre nous.

 

Tuons l’espace qui nous sépare :

Pour qu’enfin réponse se fasse, c’est la plume

Qu’il faut prendre. Grattons la nuit de ce dard

Vagabond, agitons ces étoiles de  brume

Et entre nous,

 

Jetons une mer de papier.

Bientôt ruissellera du haut de ce pied nu

De nouvelles perspectives longtemps tenues ;

Mille cupides dons se dresseront, charmés,

Entre nous ;

 

Et si ces mots s’adressent à « vous »,

Sache, ***, que cela ne tient qu’à toi

Que ces dernières rimes s’accordent dans la joie

Entre nous.

 

C’est toi qui as la main. Fais en sorte

Que point elle ne me gifle. — En feuille morte,

Remonte-la plutôt jusqu’à ta bouche

Afin que vers ton cœur, le mien y conclue,

 

Pas encore rassasié et à bout de souffle,

Un baiser.


 

Sonnaiku et autres bêtises mastodonales

Pour mémoire, parce que le compte est laissé à l’abandon, les deux trois babioles transmutées de ce côté depuis mastodon.


Aphorisme suppositoire :

Une perruque à faire pleurer les morts est une perruque difficile à porter.


Étude syntagmatique du jour : un « canular à trois pattes » est un canular boiteux.

On parle aussi parfois de « canular lacté », il s’agit là d’un signe astrologique chinois.

Nous étudierons un autre jour le syntagme « canular sauvage », quand nous aurons le temps de nous replonger dans nos livres d’ornithoryncologie.


Sur la lune demain je vais
Rencontrer un cache
Parent
Pour lui dire combien
Il me manque

Sur sa face constellée
Je porterai deux baisés
Révolutionnaires

Et quand au terme de ma farce
Je lui dirai adieu
Je poserai sur sa main
Un coussin
Pour lui faire
Pouet-Pouet

(Sonnaiku)


Sur les braises
Un vent d’oc
Souffle

La pestilentielle
En couronne ainsi
Font Front Fond

Là-bas les pouets
Maudissent les conteurs
D’histoires

Et tous regardent
Les Onze
À la télévision

La France sans le sou
Y mise sa culotte
Pour qu’on y voit la lune

Chanter de son orifice
Postal
Ailleurs, la flûte

Au cul
Et les cigalettes au bec
Le reste du pays

Croule sous le
Meme débat
Tandis que moi

Derrière mon tricot lover
Sur mes fraises d’oïl
J’ajoute un peu de mon

Indifférence


Hier j’ai vu
Lors de mon passage en Flandre
Deux extravagants tétons
Pincés sur un flanc de colline
Or, si la même main se tendait vers eux
Ce n’était rien à côté
De ce que je compris bientôt
En me rinçant les yeux :

Ces tétons
N’appartenaient pas
À la même femme !

Plein d’espoirs concupiscents
Je me faufilai vers cette forêt wallonne
Avec la ferme idée de me saisir
De l’un ou de l’autre

Arrivé au col
Il était trop tard
Les tétons s’étaient tus

Et une main me fouetta le visage


Brevet vert en main
Me voilà à cuisiner
Des rubans

Dans mes cheveux

Pintade chaude
Et bleue à l’horizon
Bientôt dans ton assiette

Tu mange rat


Moi le pipi gris
Je siffle dans vos verres
À vingt sous

Sous ma coupe
Je bois vos prières
À deux balles

Bal urine
À la commissure des lèvres
Tout dégouline

Line de vapeur moite
Changée en stance
Troubadour

Dourmir rêver
Mourir peut-être
Dit le pouet

Mais de nos pouets
Aux interstices de nos cliques et de nos claques
Tout se mélange

Dans les langes
De l’instance
Mère

Mastodonne d’airain
Aux reins
D’argile

Oui, passer le Rubicon
Et mourir
En chemin

Tout composté
Déjà
…⚘…


Ô moi, eau écarlate !
Quand je baigne dans tes veines
T’as de la veine

Quand je pisse
Hors de tes entrailles
Tu baignes en moi

Ô, gicle ! de tous côtés
De l’air, de l’air !
Libre ! Enfin !

Fini le train-train de la vie
Dans ce cycle infernal
Maintenant la lumière

Ô qu’est-ce là mes globules ?
Je coagule !
Rentrons au bercail

Avant que de l’occire
— Ô rage ! eau de l’espoir !
Nous coagulerons plus tard !

Rentrons, vous dis-je !
— Impossible ?!
Rah, quelle plaie !

Quelle plaie !


Perlimpinpin
C’est le nom de mon papa
Comme lui je suis de la poudre du Bengale

Tous deux faisons des miracles

Sur les réseaux de l’instance pape
Nous saupoudrons un peu de nos larmes
Sur vos tracas quotidiens

Perlimpinpin
C’est le nom de mon papa
Retiens ce nom si tu as mal

Tous deux pouvons te vider les poches

Notre cousin
Marchand de sable
Trime pour le pape

Mais au Bengale
La rémunération est cruciale
Et vos bobos sont notre oseille

De la poudre pour tes yeux
Perlimpinpin


My last fortune cookie:

« What’s wong with you?! »
-你這人怎麼回事-


Dans les spirales
De mes pensées fétides
J’ai vu voltiger

Une mouche

Celle-ci était zinzin
Et me susurrait
Aux synapses

Combien mes volutes arides
La rendait marteau

Tsé quoi mon colibri chéri
J’men vais patauger
Au-d’ssus d’ta tête
Jusqu’à c’que le zag t’emporte
Qu’elle me dit

J’sais plus quoi penser depuis
J’ai la tête dans un étau à bois
J’sens plus mon tournevis

Et la zigzaguante a pris la mouche
La poudre d’escampette

Elle broie du noir
Maintenant

Dans ma cervelle


Je m’en allais flairer le groin dans les roches crevées
Mon patron sur le dos j’étais son féal
Je grattais sous la terre, truffe ! et c’était un régal
Oh, la la que de laies avides ai-je pu renifler !

Mon unique carotte, je la tenais de mon maître
Porcinet rêveur j’égayais vos blondes de mon chant
Porcin. Mon auge était ronde
Et mon patron aussi. Revenu bredouille, le traître

Me fit hisser en haut d’une broche
Tira des ficelles sur mes sabots
Blessés. Un pied près de mon cœur
Vidé.


Hier j’ai vu mon parachute
Par en haut

À la renverse
Je tombe

Soudain
Le vide

(Un parachute ça se regarde par en dessous comme les jupes des filles ou ça se regarde pas.)


Ce matin
Dans mon train
J’ai vu
Dudu

Faire le mariolle

Vers 14heures
Pour son malheur
Dudu
A vu

Un Laguiole

Lui frôler le pif
Paf !

Maintenant
Dudu
Saigne

Il en a une fiole
Pleine

Mais Dudu
Va mieux

Il batifole

Déjà
Dans les couloirs
Du RER

Demain
Dudu
Prendra
Son train

Tout affriolé

Un cornet
Au bout du cou

Façon à
Tutu
Tête

Traînant
Derrière lui
Son maître

Dudu
Mon toutou
Quotidien

Mon agent
De voiries