
Images
Titre original : Images
Année : 1972
Réalisation : Robert Altman
Avec : Susannah York, Rene Auberjonois, Marcel Bozzuffi, Hugh Millais, Cathryn Harrison
Joli exercice de style. Le sujet, entre psychologie et horreur, est suffisamment mis de côté pour que la mise en scène prenne le dessus sur lui. « Mettre de côté », cela signifie souvent pour le cinéma de genre, fuir toute forme de propositions grotesques. Et en la matière, en dehors de la fin (on sait grâce à Stephen King que les histoires d’horreur ne peuvent jamais s’en tirer sans avoir recours à une résolution stupide), le film évite soigneusement la surenchère et les détours abracadabrantesques. Altman a alors les coudées franches pour reproduire tous les trésors d’ingéniosité que les techniques cinématographiques déploient depuis le début du Nouvel Hollywood.
Le spectateur rentre vite dans l’ambiance mystérieuse à travers des extraits du roman fantastique dont l’actrice est elle-même autrice. Voix off : check. Musique contractuelle dans la droite ligne de ces films d’horreur propulsés en tête du box-office (John Williams) : check. Reste la photographie.
Allez savoir comment Altman a dégotté Vilmos Zsigmond, d’abord pour son film précédent, et donc pour celui-ci. Toutes les spécificités de la photographie du Nouvel Hollywood sont au rendez-vous : caméra en mouvement, usage intensif du zoom, du flou, lumière naturelle… La même année Zsigmond éclaire Délivrance. D’autres chefs-d’œuvre suivront. Photographie : check.
Le travail sur les décors, tant intérieurs qu’extérieurs, est aussi à signaler. Les intérieurs riches et denses des deux maisons offrent un savant mélange de réalisme, de curiosité, de fantaisie et de rusticité. Et que dire des splendides « locations » britanniques parfaitement appropriées au sujet du film ? Routes sinueuses, chute d’eau, campagne verdoyante, etc.
Réaliser un film, c’est parfois savoir réunir une équipe de talent. À cela s’ajoutent donc aussi les acteurs (Susannah York qui trouve ici un rôle sur mesure se révèle exceptionnelle de justesse dans un registre souvent habitué aux séries B), mais aussi Altman qui adapte son style de directions d’acteurs bordélique à une distribution resserrée. Une ou deux fois, les acteurs parlent en même temps, mais il y a alors justement un jeu de miroir sonore très intéressant qui s’applique à l’ambiance mystérieuse (on est loin du bordel naturaliste expérimenté sur M.A.S.H que le réalisateur reprendra par la suite jusqu’à l’excès).
Et pour en rester au thème du miroir, les cinq protagonistes adoptent tous et toutes le prénom réel d’un des quatre autres comédiens. Pas mal absurde, hein ? C’est britannique.
Images, Robert Altman (1972) | Hemdale
Listes sur IMDb :
Liens externes :
Si vous appréciez le contenu du site, pensez à me soutenir !
Faire un don ponctuel
Faire un don mensuel
Faire un don annuel
Choisir un montant :
Ou saisir un montant personnalisé :
Merci. (Si vous préférez faire un don par carte/PayPal, le formulaire est sur la colonne de gauche.)
Votre contribution est appréciée.
Votre contribution est appréciée.
Faire un donFaire un don mensuelFaire un don annuel







































