Entre nous (poème galant galeux)

Entre nous

 

Quand le silence noie nos jours d’un brouillard dense

Que la nuit-même se fait l’écho de cette absence,

C’est qu’il est temps, peut-être, de changer de pied et

D’enjamber ces mystérieux obstacles dressés

Entre nous.

 

Tuons l’espace qui nous sépare :

Pour qu’enfin réponse se fasse, c’est la plume

Qu’il faut prendre. Grattons la nuit de ce dard

Vagabond, agitons ces étoiles de  brume

Et entre nous,

 

Jetons une mer de papier.

Bientôt ruissellera du haut de ce pied nu

De nouvelles perspectives longtemps tenues ;

Mille cupides dons se dresseront, charmés,

Entre nous ;

 

Et si ces mots s’adressent à « vous »,

Sache, ***, que cela ne tient qu’à toi

Que ces dernières rimes s’accordent dans la joie

Entre nous.

 

C’est toi qui as la main. Fais en sorte

Que point elle ne me gifle. — En feuille morte,

Remonte-la plutôt jusqu’à ta bouche

Afin que vers ton cœur, le mien y conclue,

 

Pas encore rassasié et à bout de souffle,

Un baiser.