La politique nominative et les petits papiers de la cour

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Dans un jeu politique où la communication est au centre de tout, les réunions et papotages entre journalistes et « politiques » sont des exercices incontournables pour les sociétés « démocratiques » dans lesquelles nous vivons. Au premier regard, on pourrait se dire que tout ce qui produit du sens (politique) a du bon, sauf que ces rendez-vous n’en produisent aucun, et s’ils peuvent à l’occasion évoquer quelques idées ou avoir le mérite d’exprimer une position (politique), le principe en est toujours le même : jouer. En politique, il y a ceux qui jouent, et ceux qui avancent des idées.

Les premiers sont poussés par l’ambition (la gagne). Qu’on commente le jeu ou qu’on y participe, les enjeux sont toujours les mêmes. Qui ? Qui va gagner ? Qui va se présenter ? Qui pour tel ou tel poste ? Qui a dit quoi ? Qui pense quoi de qui ? C’est ce que j’appelle la politique nominative.

Et à côté de ceux qui font ainsi mumuse, il y a ceux qui se refusent de jouer et qui conçoivent la politique comme une affaire sérieuse. Inutile de dire que quand on refuse de jouer le « jeu », soit ce qu’on dit reste inaudible, soit on finit malgré soi par y jouer. La cour, même quand on ne veut pas en être, on y est poussés de force…

Le jeu de cour, la courtisanerie, le jeu politique, la politique politicienne, la politique spectacle, ou la politique nominative, donc…, devraient être identifiés, condamnés, parce qu’ils rendent de fait illégitime, suspecte, toute décision ou affirmation.

La courtisanerie est partout : quand on papote avec un ami au sujet d’un autre, on entre dans ce jeu, peut-être inconsciemment, mais on cherche l’appui de l’autre, contre un autre, pour son intérêt personnel ; quand on discute avec sa concierge, on ne fait rien d’autre que de parler « des uns et des autres », et tout ce qu’on pourrait apprendre pourrait être utilisé contre eux… Dans un monde ou le « réseau social » est devenu si important, on comprend qu’il soit devenu la règle jusque dans la logique de l’espace public et dans l’organisation de la société par ceux qui la font. Mais en politique, l’individu, seul, est un nuisible qui agit contre l’intérêt général, pour son intérêt particulier. La démocratie est censée organiser au mieux les activités, échanges, débats, politiques, pour décider ensemble ce qui est le mieux pour tous. C’est un système pensé pour agir contre les réflexes individualistes, aristocratiques, qui sont le propre des organisations politiques primitives. Mais il arrive que « l’appareil » démocratique perde de vue ses principes fondateurs et mette en place de nouveaux usages obéissant, à nouveau, à des logiques de cour et à des guerres de personnes. Le « qui » est toujours plus facile à identifier que le « quoi » ou le « comment ». C’est pourquoi il se partage et se communique mieux. Ainsi, dans la vie (le jeu) politique française, les hommes politiques se lancent dans des carrières (politiques) comme d’autres se lancent dans le football ou la chanson. La politique, on y vient faire carrière. Les citoyens votent pour des candidats, puis applaudissent leurs représentants, et au final, tout ne devient plus qu’un jeu de cour où chacun doit user des meilleurs stratagèmes (on parle de « bons stratèges ») pour arriver à ses fins (d’abord entrer à la cour, puis se hisser au plus haut du pouvoir). Où est l’intérêt « politique » dans tout ça ? Nulle part. Mais l’honneur est sauf, parce qu’un responsable politique peut toujours chanter la Marseillaise pour prouver son attachement aux valeurs républicaines.

Il ne faudrait pas confondre « ère de l’information » avec « ère de la communication ».

Si on échange des contenus, il est souvent vide de sens, ou compressé pour être au mieux échangé : plus c’est grossier, plus ça se répand. Et si les « politiques » suivent les conseils de leurs communicants, le problème, c’est bien également que les animateurs de ces « débats politiques », ou commentateurs de cour, les journalistes, font plus de la communication que de l’information.

Ainsi, la situation ne serait peut-être pas aussi critique, si les différents acteurs de ce « jeu » n’acceptaient pas de participer de la même manière à ces enfantillages. Autrement dit, à la fois « politiques », mais également « journalistes », s’acoquinent un peu trop facilement avec les facilités (et les bénéfices) de la politique nominative. Un homme politique pourra toujours tenter de se positionner sur le terrain des idées, il sera malgré lui (ou pas) rappeler sur celui des personnes et des ambitions. Tout cela aurait été follement amusant au XVIIIᵉ siècle dans les jardins de Versailles, seulement le petit peuple a faim…

Un exemple illustre mieux ce décalage entre le jeu « politique » auquel prennent part « aristocrates de la politique » et « chroniqueurs de la cour ». Voici une transcription de la bien nommée « interview politique » à la matinale sur France Info. En gras, tout ce qui a trait aux considérations personnelles. (On voit qu’au début, c’est encore pour initier un semblant de discours sur un sujet de société réel, ensuite, on se perd totalement dans les discussions de cour.)

— Bonjour Jean-Christophe Cambadélis.
— Bonjour.
— Faut-il interdire les Nuits debout place de la République à Paris ? Pierre Aidenbaum, maire socialiste du IIIᵉ arrondissement dénonçait ce matin sur Franceinfo l’occupation permanente de la place, et ce, après des violences commises ce week-end. Que faire ?
— Dénoncer, ce n’est pas interdire. Il est vrai que tant que c’était bon enfant, on pouvait tolérer, même si l’occupation, la privatisation d’une place n’est pas totalement possible. Et même si nous sommes dans une période pour le moins troublée du point de vue des risques de terrorisme. Mais là, depuis quelques jours, la violence s’est invitée, à tel point que les organisateurs de la Nuit debout ont été chercher, le comble, les CRS pour les aider samedi dernier. Donc la difficulté est là. C’est-à-dire qu’on peut discuter, dialoguer, c’est un élément extrêmement important dans notre vie publique, dans notre moment présent. Mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas le tolérer.
— Alors justement, qu’est-ce qu’on fait puisque nous sommes au douzième jour de ce mouvement ? (On va en dire deux mots d’ailleurs.) Que faire ? François Fillon, chez les républicains, s’étonne qu’on ait d’un côté l’état d’urgence, et de l’autre, dit-il, on tolère ce type de rassemblement.
— Écoutez, moi je crois que… il faut le tolérer. Mais il faut l’encadrer. Donc, il faut que les forces de l’ordre soient là pour…
— Une Nuit debout avec des CRS ?
— Ce serait les CRS debout… qui seront là pour faire en sorte que les violences ne viennent pas perturber ceux qui veulent discuter.
— Des CRS debout dit Jean-Christophe Cambadélis, c’est un nouveau concept ? Que dit le responsable politique que vous êtes face à ce mouvement dans lequel les politiques ne sont pas les bienvenus ?
— Pas simplement les politiques, ce qui prouve que c’est très intéressant. Pas de politiques, pas d’experts, pas de journalistes. La volonté de discuter entre soi, d’échanger de répondre à des questions, il y a une dimension contre-société, c’est pas du tout, moi, mon orientation, mais je crois que c’est une sorte de re-politisation par le bas.
— Vous y êtes passé vous-mêmes, ils ne vous ont pas reconnu d’ailleurs.
— Oui, on m’a reconnu. Il pleuvait. C’était le premier jour.
— Vous aviez un chapeau ?
— J’avais une casquette.
— C’est ça !
— Donc ils n’avaient pas l’habitude de m’voir dans cet accoutrement.
— Quand vous dites qu’il n’y a pas d’experts. Il y a par exemple Frédéric Lordon*, c’est plutôt un expert…
*  beau paradoxe, puisque Lordon refuse de se voir comme un leader, mais pour un « journaliste », il faut des noms, alors on le met en avant, et ne se pose alors plus qu’une question, fondamentale, courtisane : « Mais jusqu’où Frédéric Lordon ira-t-il ? ». Passionnant.
— Oui mais vous savez, ces émissions où on met trois experts avec un politique, et qui tourne en rond dans les chaînes d’info, etc. Bah, là, les gens en ont ras le bol. Ils veulent discuter entre eux. Je trouve que c’est pas mal.
— Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls reçoit ce matin les syndicats étudiants et l’unef réclame toujours le retrait pur et simple de la loi El Khomri, qu’est-ce qu’on fait ?
— On continue…
— On continue quoi ?
–… au niveau du gouvernement, et du parlement, à améliorer la loi. Il y a un processus parlementaire qui est en marche, la commission à l’assemblée nationale a traité le sujet. Il y a pas mal de propositions qui sont intéressantes, et on va dans ce sens. Voilà. On n’a pas décidé de la retirer, donc on va l’améliorer.
— Vous entendez ces parents d’élèves qui témoignent, qui redoutent des dérapages policiers : il y a des gosses dans la rue ?
— Bien sûr.
— Qu’est-ce qu’on fait ?!
— Qu’est-ce qu’on fait… bah ils sont pas obligés de manifester. Vous êtes drôle, vous… Les manifestations, c’est une prise de risque*. Tout le monde le sait, donc aux parents de discuter avec leurs enfants, et de leur dire ce qu’ils pensent de la loi. S’ils pensent qu’il faut la retirer, bah ils manifestent, s’ils pensent qu’il ne faut pas la retirer, ils ne manifestent pas…
* la question portait sur les dérapages policiers…
— L’unef est déterminée. C’est le retrait, sinon rien.
— Écoutez, l’unef… Rappelez-moi depuis 1960, quand l’unef* a défendu une loi présentée par un gouvernement ? Jamais. Donques, là ils sont pour le retrait. Prenez les bouts de film de ma jeunesse, donc il y a quarante ans, et vous verrez que mot à mot, c’est exactement la même chose que maintenant.

* on change le cheval pour une écurie, c’est pareil.
— Ce matin, on lit dans la presse, Monsieur Gattaz qui dit qu’il en veut plus. À gauche, on en veut pas. Monsieur Gataz n’en veut plus… Enfin, on a l’impression, d’un incroyable embrouillamini.
— Écoutez, on ne fait pas des réformes sous le diktat, ou la recommandation, de Monsieur Gattaz. On fait des réformes pour l’ensemble des Français. À partir du moment où on veut une réforme équilibrée, évidemment que Monsieur Gattaz est contre. Parce que lui, il veut une réforme qui soit en résonance avec les revendications du MEDEF. Moi, je veux des réformes qui soient équilibrées, où il y a à la fois de la souplesse, mais en même temps, de la sécurité pour les salariés. Je sais que ça défrise, mais ça, c’est pas mon sujet.
— Jean-Christophe Cambadélis, vous êtes le premier secrétaire du PS, c’est ça hein ?
— Absolument.
— Il y a une question à vous poser ce matin. Parce qu’on discutait entre nous avant cette interview, est-ce qu’il y aura un jour une primaire à gauche ? On n’a pas très bien compris c’que vous aviez dit lors du conseil national du parti socialiste. Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce qui va se passer, concrètement, quoi ? (Quelque chose de simple.)
— Vous z’avez pas compris parce qu’on a voté à l’unanimité. Je remarque que quand le parti socialiste vote à l’unanimité, les journalistes ne comprennent pas. Parce que, c’est pas possible… les socialistes…
— C’est une synthèse.
— Non, pas du tout ! À l’unanimité. Donc, c’est très simple. Donc, c’est très simple… Nous sommes, pour répondre positivement, à l’appel de notre primaire. Point un. Nous sommes pour une primaire, sans préalable, sans préjugés, avec une seule condition (toute petite condition, très simple) : que tout le monde soit derrière le gagnant.
— Donc, si au mois de décembre François Hollande, président sortant, décide de se représenter, il en passera par la primaire, c’est ça ?
— Il passera par la primaire s’il le souhaite, et à ce moment-là…
— Nan, nan, c’est pas s’il le souhaite…
— Jusqu’à présent, ce n’est pas le parti socialiste qui dicte au président de la république. Donc il passera par la primaire s’il le souhaite. Moi, je le souhaite. Mais à lui de décider. C’est dans le texte. Si vous lisez les textes du parti socialiste, c’est « si le président de la république le souhaite ».
— Donc, il n’y aura pas de primaires si François Hollande se représente et ne veut pas passer par la primaire.
— Mais il (le) passera par la primaire, si tout le monde est dans la primaire. Si c’est simplement un regroupement de personnes qui sont contre sa politique, il peut pas y passer.
— Mais il y a des gens, sauf erreur de ma part, qui ont dit qu’ils ne seront pas dans cette primaire. Donc on est en train de parler d’un truc qui n’aura pas lieu.
— Ça j’en sais rien, mais en même temps moi je souhaite la primaire, parce que, c’est très simple s’il y avait une primaire, ce serait le moyen le plus économique de rassembler la gauche. On discuterait, à la fois sur le bilan de ce que nous avons fait, on serait en capacité de (se) projeter dans l’avenir, et le premier janvier, c’est terminé, le débat à gauche est fini : on se tourne vers la droite. Ce serait tout de même très économique. Bah voilà, maintenant, il faut essayer de la construire, il faut essayer d’apaiser les craintes des uns et des autres. J’ai bien compris que la crainte du parti communiste et des verts, c’était que François Hollande gagne la primaire, m’enfin bon… quand on est pour une primaire, il faut quand même accepter le résultat du match.
— Donc, rendez-vous, au mois de décembre.
— Avant. Rendez-vous au mois de juin où on prendra les décisions définitives.
— Jean-Christophe Cambadélis, vous avez vu Emmanuel Macron au 20h de France2, hier soir ? Le ministre de l’économie est « en marche ». Et il va faire du porte-à-porte. Est-ce que c’est la bonne idée, est-ce que c’est la bonne méthode ?
— C’est vachement moderne. De faire du porte-à-porte. Nan ?… C’est vachement moderne !
— Et pan !
— Moi je trouve ça vachement bien. Voilà, il faut du porte-à-porte… D’ailleurs je l’invite dans le XIXᵉ à le faire ensemble.
— Vous lancez l’invitation ce matin à Emmanuel Macron ?
— Oui, oui. Viens Emmanuel, on va faire du porte-à-porte tous les deux dans le XIXᵉ arrondissement.
— Sérieux ? C’est ironique ?
— Pourquoi ce serait ironique ?
— Bah, parce que ça l’est !
— Mais pas du tout !
— Donc vous invitez le ministre de l’économie… enfin vous voulez l’accompagner dans sa démarche… de porte-à-porte.
— Non. Je veux qu’il vienne avec moi dans le XIXᵉ arrondissement de Paris, c’est ma circonscription. Donc, on ferra les cages d’escalier ensemble.
— Il revendique 13 000 adhérents depuis le lancement de son mouvement. Un toutes les trente secondes, a-t-il dit. Vous le croyez ?
— Pourquoi ne devrais-je pas le croire le ministre de l’économie ? Je crois ce qu’il dit. Il est ministre du gouvernement, je n’ai pas raison de mettre en cause la parole d’un ministre du gouvernement de la gauche.*
* la question porte sur le nombre d’adhérents d’un homme politique, pas sur une question économique, c’est beau comme du Jarry.
— Franchement, Jean-Christophe Cambadélis, il est candidat, intrinsèquement, vous le sentez candidat ?
— Mais écoutez, tout le monde sait que Emmanuel Macron ne sera pas candidat contre le président de la république s’il se présente. Tout le monde sait qu’il est comptable du bilan de Manuel Valls au gouvernement. Tout le monde sait qu’il n’est pas au parti socialiste. Et tout le monde a compris qu’il voulait cette idée un peu baroque, mais que je regarde avec attention, c’est faire triompher la gauche dans la droite. Voilà, c’est très bien.
— Faire triompher la gauche… dans la droite ?!
— C’est ça, non ? Quand on est ni de droite ni de gauche.
— Il dit, ni gauche, ni droite…
— Voilà… Donques, c’est faire triompher la gauche dans la droite.
— Il prône une solution radicale.
— Oui, c’est quoi les solutions radicales ? Pourquoi il les a pas proposées au gouvernement ?
— Donc pour vous, vous n’y croyez pas.
— Mais c’est pas que je ne le crois pas ! J’écoute. Moi je fais ça avec tout le monde. J’écoute et j’essaie de comprendre. Vous voyez, il n’y a pas que les journalistes qui ont du mal à comprendre.
— Il vous agace terriblement, monsieur Cambadélis.
— Pas du tout. Mais pas du tout.
— Au ton qui est le vôtre, on voit bien…
— Si on veut faire un peu d’humour, on est agacé. Mais moi je ne suis pas agacé par monsieur Macron. Je trouve que… il est de quelqu’un de très intéressant dans l’espace public en ce moment. Les médias en raffolent. Tant mieux, comme ça on parle pas du reste.
— Quand vous voyez Emmanuel Macron qui agace un peu autour de lui, peut-être vous, on ne sait pas ce matin, que vous voyez Ségoleyne Royale critiquée pour sa gestion de la région Poitou-Charente, par Alain Rousset qui a récupéré la grande région, que dites-vous ce matin ? Halte au feu ?
— Oui, un peu. Je crois qu’on peut essayer de trouver des solutions. Il y a un audit qui a été fait. À partir de là, il ne s’agit pas de s’envoyer le bilan à la face des uns et des autres (la droite le fait assez). Mais d’essayer de surmonter… S’il y a eu des difficultés, moi je connais pas le dossier, mais s’il y a des difficultés, il faut les surmonter ensemble. On est quand même membre de la même famille.
— Jean-Christophe Cambadélis, vous allez lancer cette semaine, comment ça s’appelle… l’alliance ?
— La belle alliance populaire ! Pourquoi…
— C’est quoi… comme « en marche », c’est encore un machin politique.
— C’est « marchons ensemble », là. Il s’agit de rassembler des citoyens qui seront majoritaires dans l’affaire. Des syndicalistes, des responsables associatifs, et des politiques de différents horizons, il y aura quelques surprises, vous verrez… et qui veulent réfléchir… ensemble*. Et faire des propositions, travailler à ce que sera un nouveau progressisme dans le moment que nous traversons.

* l’idée du progrès, ce n’est donc pas d’échanger des idées, mais de se réunir. C’est une partouze en fait, et on peut dire qu’elle est politiquement correcte parce que non discriminante… Tout le monde peut venir, on se fout de vos idées, seul votre cul compte.
— Et il y a quand même un décalage absolument phénoménal quand on vous observe les uns les autres comme on peut vous observer ici tous les matins, entre ce que vous nous dites et les gens qu’on croise dans la rue… La belle alliance populaire, OK super, en marche, Manuel Valls de son côté… Enfin tout ça n’est pas un peu lunaire, monsieur Cambadélis ?
— Pas du tout. À partir du moment où vous avez cette capacité à mettre au centre des citoyens… Vous me dites les citoyens, ceux qu’on rencontre dans la rue… eh ben là, on les met dans un regroupement. Nous, nous ne nous opposons pas…
— À un an des élections, toujours… on fait des regroupements citoyens et après on les abandonne.
— Pas du tout. C’est pour ça que nous avons fait les états généraux dès que je suis arrivé au parti socialiste. Mais nous, nous n’opposons pas, comme certains, le citoyen aux organisations politiques…
— Ça, c’est pour Emmanuel Macron.
— Pas du tout, pas du tout. Nous pensons, que nous devons gagner ensemble. Et que nous devons proposer ensemble. Et qu’il n’y a pas d’experts ou de politiques au-dessus du citoyen, et qu’il n’y a pas de citoyen qui sait sans aussi dialoguer avec les experts et les politiques. Donc, nous allons travailler… ensemble.
— Jean-Christophe Cambadélis, le chef de l’État va parler aux Français, sur France2, jeudi soir. Comme Chirac d’ailleurs, avril 2005, c’était il y a onze ans. À quoi ça sert ?
— Il me semblait… je sais pas, j’avais lu un peu partout que… on s’étonnait que le président de la république ne parle pas. Donques, quand il ne parle pas, on le critique, quand il parle, on le critique. Ça fait partie du Hollande-bashing, c’est très porté en ce moment. Il s’exprime dans un dialogue, avec des Français, c’est bien ce qu’on lui demande ? Je crois qu’il doit faire la pédagogie de son quinquennat, expliquer ce qu’il a voulu faire, ce qu’il a fait, ce qu’il a réalisé, ce qui a le moins marché.
— Tout à l’heure, vous moquiez, avec sympathie, le porte-à-porte d’Emmanuel Macron, là aussi, ça va être une émission, qui va être intéressante, mais c’est aussi une recette un peu déjà vu : le président qui souhaite s’adresser directement aux Français.
— C’est une sorte de porte-à-porte devant l’ensemble des Français. Je trouve que c’est une très bonne idée. La vie est cruelle, c’est ça le slogan du jour, non ?
— Très sincèrement, vous pensez que le chef de l’État peut rebondir avec ce type de dialogues ?
— Mais il ne cherche pas à rebondir. Il cherche à s’expliquer. Après, on verra s’il rebondit… C’est pas le sujet du jour. Ne réduisez pas une intervention à une déclaration qui viserait à changer la face de la France dans le moment présent. Il s’agit simplement de dialoguer. Je crois que c’est nécessaire pour notre pays.
— Merci à vous.

C’est ça. Merci à tous de saloper la vie politique en la réduisant à une chronique de cour.

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La République des dingues, ou l’Intégration par la guerre

Violences de la société

— B’jour, c’est pour venir travailler, m’sieur. Vous pouvez me laisser entrer ?

— Allez-vous-en, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, alors on en accueille aucune.

— C’est moi que vous traitez de misérables, mon frère ? Je suis juste venu travailler. Vous croyez que je viens pour le plaisir ? Voler votre pain ? Je suis pas un criminel…

— Dehors.

— Dehors ? c’est curieux, c’est c’que d’autres avaient dit à des Français dans mon pays et il a fallu une guerre pour que les Français s’en aillent. J’ai le droit d’être là, selon les lois de la république française, m’sieur, j’ai le droit… Regroupement familial.

— J’croyais que tu venais travailler…

— Les deux. Vous croyez quoi ? Que j’suis un parasite ?

— Y a de ça.

— Eh ben… on peut dire que vous tirez les leçons de votre propre histoire.

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— Papiers, s’il vous plaît.

— Vous vous croyez où, là ? Ça fait trois fois qu’on me les demande aujourd’hui. J’ai vraiment besoin de vous les montrer trois fois pour m’inscrire à l’université ?

— T’es pas content, tu peux retourner dans ton… lycée. C’est l’administration française.

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— Papiers, s’il vous plaît.

— J’ai une phobie administrative, j’en ai marre de votre fichue paperasse.

— Et vous comptiez vous inscrire à l’ANPE comment ?

— Je sais pas…

— Si vous voulez devenir ministre, la phobie administrative, c’est pas possible.

— J’avais déjà compris, merci.

— Ah, c’est inscrit que vous êtes Français ?

— J’ai l’air de parler chinois ? Je suis né en France. Mais pas avec les bons papiers, apparemment.

— En fait, vous vous êtes trompé de guichet. Vous auriez pu me donner le fichier employeur tout de suite…

— Ah, désolé, c’est la première fois que je viens. Je suis pas un habitué.

— Sachez-le pour la prochaine fois.

— Je compte pas rester longtemps, ne vous en faites pas.

— Oui, c’est sans doute déjà ce qu’avait dit votre père en arrivant en France.

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— M’man, il est où papa ?

— Je sais pas Kevin. Il est parti.

— Il nous aimait pas ?

— Je sais pas Kevin. Je crois déjà qu’il avait déjà du mal à s’aimer lui-même. Difficile cela dit quand les autres vous renvoient sans cesse une image désastreuse de vous.

— La maîtresse, à l’école, elle dit qu’il me faudrait une figure paternelle pour que je puisse idéalement construire mon propre moi. Sans quoi, je risque de manquer de repère et me révolter un jour contre l’autorité. Je crois que c’est une adepte de la psychanalyse. Je n’ai jamais porté beaucoup de crédit à ces idioties. C’est comme l’astrologie, un peu de bon sens saupoudré de croyances ridicules…

— Il y aurait donc du bon sens derrière les prétentions niaises de ta maîtresse ?

— Je sais pas. Si je dérape, ce sera sans doute plus à cause du nom stupide que tu m’as donné. C’est une chose de devoir subir les railleries de tous les Jean-Michel, mais devoir en plus être moqué par les Mohammed, ça fait peut-être un peu trop…

— C’est un nom très commun en France de nos jours. Tu ne t’inséreras que mieux quand tu seras grand.

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— Kevin, c’est le vrai nom de ton père, Rachid ? Il est Américain ?

— Il est Français. Rends-moi mes papiers…

— Si tu veux aller à la mosquée, ça va pas le faire.

— Samira, j’ai pas dit que je voulais aller à la mosquée, j’ai dit que je voulais étudier le Coran. Mon père peut bien s’appeler Kevin ou Marie-Joseph, ça change rien à l’affaire.

— Tu parles l’arabe ?

— Non, seul mon grand-père le parlait et je suis trop peu allé au bled pour le comprendre seulement.

— Si tu veux étudier le Coran, il faut le faire en arabe, sinon c’est pas pareil… Va voir l’imam, il pourrait mieux te l’expliquer que moi.

— Je te l’ai déjà dit, Samira. Je ne veux pas aller à la mosquée.

— Pourquoi ?

— Parce que… Je cherche… à comprendre. Je fais déjà mes prières, j’ai arrêté les conneries, j’essaie d’être sérieux… Mais la mosquée, non, je m’y sens pas chez moi.

— Y a trop d’Arabes sans doute.

— Très drôle.

— Rachid, ça veut dire que tu veux qu’on arrête de sortir ensemble ?

— Pour rien au monde, Samira. Je t’aime. C’est parce que je t’aime que je veux me rapprocher de la religion. Mes parents n’étaient pas pratiquants, c’est le moins qu’on puisse dire. Et regarde où ça les a menés.

— T’es pas obligé. Moi-même, je ne suis pas très pratiquante. Je crois en Dieu, je vais à la mosquée, mais ça va pas plus loin. Ce que je veux, c’est être avec toi, c’est tout. Et… que tu continues de m’apprendre à nager !

— D’accord, Samira, mais il va falloir songer à aller là où tu n’as papier.

— Dans le grand bain ! Comme Bonnie and Clyde !

— Ça se voit que t’as vu le film…

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— Nous allons faire un plan pour la banlieue. C’est scandaleux que certains parents réclament que dans les écoles, il y ait des groupes séparés de garçons et de filles pour la piscine. On va les noyer au Karcher, vous allez voir !

— Oui, qu’on leur enlève leur badge d’entrée à la piscine municipale ! Racaille !

— Déchéance de navigabilité pour tous les Laurent Gbagbo !

— Euh…

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— Rachid, appelle-moi. On avait rendez-vous devant la piscine samedi dernier et je n’ai plus de nouvelles.

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— C’est quoi ce bruit assourdissant, t’as entendu ?

— Non. Ça devait être le plan banlieue.

— Je rigole pas, j’ai entendu un truc.

— C’est ton imagination. Je te trouve un peu à cran ces derniers temps, calme-toi.

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— Ce soir, la France a peur. Il faut avoir peur. Car notre nation a été attaquée par un ennemi venu de l’extérieur. Un ennemi plus dangereux que le chômage, que la décroissance et la dette réunie. Plus dangereux que la petite cuillère attaquant le Flanby. (Même.) Mes chers compatriotes : j’ai peur. Ayez peur avec moi. Communion dans la peur et gouttons, ensemble, cet instant rare où jamais plus vous ne me regarderez autant comme un chef incontestable. Ayez peur. Et votez pour moi. Voilà mon programme. N’écoutez pas le Premier Ministre avec ses dérives extrémistes : moi seul vous protège contre les méchants à tête de Sith.

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— @GensDansLeBesoin Si vous êtes sur Paris et ne savez pas où coucher, je connais quelqu’un. #OpérationPortesOuvertesPourlesFrères

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— Français, nous sommes en guerre ! Les musulmans intégristes (je ne parle pas des musulmans, notez bien) nous ont déclaré la guerre. Nous sommes en guerre. Et cette guerre, vous allez la gagner. Parce qu’on va être encore plus méchants qu’eux. Il faut terroriser les terroristes. Désintégrer les intégristes. Et quand on en trouvera plus assez pour faire prout, ou quand d’autres péteront sans crier gare, nous en créerons d’autres pour que la fête contenue. C’est ainsi que je déclare l’état d’urgence. Elle nous permettra de lancer des rafles sur tout le territoire sans devoir passer par toute une paperasse ennuyeuse que tous ces gens-là de toute façon ont trop bien appris à se moquer. Et si ce n’est pas suffisant, on leur confisquera leur badge de piscine municipale ! La guerre contre les intégristes désintégrateurs non-intégrés est sans limite ! C’est la guerre !

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— Bonjour, c’est pour une demande d’asile. Je suis Syrien. Je parle un peu le français. J’ai Bac +4. J’ai tous les papiers… je crois.

— Désolé. On a dépassé notre quota de 24 pour l’année. Revenez l’année prochaine peut-être.

— Je ne comprends pas. J’ai des droits.

— Vous avez le droit de partir. Personne ne vous a demandé de venir.

— J’ai été chassé par les bombes…

— Pas les nôtres.

— C’est la guerre là-bas.

— Ici aussi.

— Je vois ça oui. Vous vous trompez de cibles.

— Rentrez chez vous. La foudre ne tombe pas deux fois au même endroit.

— J’ai plus d’argent. J’ai tout dépensé pour venir ici. Je suis coincé maintenant. Ça aurait été plus simple de m’accueillir et de dépenser tout mon argent dans une boulangerie, vous croyez pas ?

— Ça, c’est raciste… Tous les Français ne vont pas chercher leur baguette…

— Et tous les Syriens ne se promènent pas avec des bombes dans les poches. Qu’est-ce que c’est que ça ?

— Votre refus d’asile.

— Encore des papiers… Je suppose que je dois en faire un avion et retourner chez moi avec ?

_______________________________________

— Bonjour Serge Lama.

— Bonjour.

— Ça n’a pas l’air d’aller…

— Je suis malade.

— Ce n’est pas drôle.

— Je sais. Mais c’est la guerre qui me rend malade.

— C’est pas si grave, Serge.

— Je sais. Il est bien là le problème.

— Je ne comprends pas.

— Allah guerre, comme allah guerre.

— Serge… je…

— Ça n’a aucun sens. Voilà ce que je veux dire.

— Ainsi va le monde, Serge.

— Et c’est ça qui me rend malade. On dit « c’est la guerre » comme on dit « comment ça va ? », et puis on va faire ses courses et… On dit à nouveau « c’est la guerre ».

— Et ?

— J’ai un ami qui est mort d’un cancer la semaine dernière.

— Serge ? Ça va aller ? Je ne suis pas sûr de suivre.

— Est-ce que vous avez peur ?

— Euh, non.

— Moi non plus. Et pourtant, on meurt. Tout le monde meurt. Alors pourquoi s’amuse-t-on à dire que c’est la guerre ?

— Ce n’est pas un jeu, Serge.

— Je voulais dire… Pourquoi s’amuse-t-on à se faire peur ?

— Il faut avoir peur, Serge, c’est la guerre.

— La guerre ? Pas la mienne. Vous me recevez pour une interview, vous dites « c’est la guerre », vous allez faire votre papier, vous direz à nouveau « c’est la guerre », et puis vous rencontrerez quelqu’un d’autre pour une interview, et…

— Je vois.

— Mais vous pensez toujours que c’est la guerre.

— Oui. Quand il y a des morts, quand on est attaqués, c’est la guerre.

— Quand on meurt, c’est la guerre ? De quoi meurt-on ? Je suis malade, je pourrais en crever, est-ce la guerre ? Vous avez perdu des personnes proches récemment ?

— Heu… oui.

— Beaucoup ?

— Oui, enfin, ça dépend jusqu’à quand…

— Combien sont morts de la guerre ? Certains sont peut-être morts… terrorisés ?

— Non. Aucun.

— Vous disiez également que vous n’aviez pas peur.

— Non.

— Mais c’est la guerre ?

— Oui, contre les terroristes. Ceux qui… se font exploser.

— D’accord.

— C’est la réalité, Serge. Des gens meurent. C’est… l’état d’urgence.

— Oui, c’est comme ça qu’on appelle le nouveau plan banlieue, j’ai vu. Et le plan cancer, il devient quoi ?

— Le quoi ?

— Le plan cancer. Vous ne saviez pas qu’il y avait un plan cancer ?

— Non.

— On en parle peut-être pas assez. Le cancer, ça ne fait peut-être pas assez peur.

— Serge ?

— On n’est pas en guerre contre le cancer ? Moi si. Vous un jour aussi peut-être.

— Vous me faites peur, Serge.

— Vous ne cessez donc jamais d’avoir peur ?

_______________________________________

— Salut, tu attends depuis longtemps ici ?

— Plusieurs millions d’années, on m’a jamais laissé rentrer.

— Sérieux ? Ils laissent rentrer personne !

— Oh, si ! La peur, la terreur, le mépris…

— J’ai pu rentrer par intermittence, mais j’ai tellement de travail ailleurs… Content de vous avoir rencontré, moi, c’est La Guerre.

— Enchanté, et à bientôt peut-être. Je ne bouge pas de toute façon. Peu de chances qu’ils me fassent rentrer. Je suis Dieu.

— C’est bien ce qui me semblait. On ne vous laisse rentrer nulle part, mais j’ai souvent travaillé pour vous.

— Les gens vont finir par croire que je n’existe qu’à travers vous, c’est plutôt embarrassant.

— Tant qu’ils croient encore en quelque chose.

— Oui. Allez…

— Adieu.

Page info pour les accros

Petite astuce pour les accros du Net, et peser leur addiction :

Cliquer droit sur une page du site* qu’on a en intraveineuse, puis « view page info », puis « security ». Et là, dans la section « Privacy and History », c’est inscrit. Tout est là. « Êtes-vous déjà venu sur le site ? » oui et combien de fois.

*possible également de faire CTRL + i .

Ça donne une idée sur les informations qu’on peut envoyer malgré nous aux robots mangeurs de cookies. Même si le premier bouffeur, ça reste nous.

Et si on vide le cache ?… y se passe quoi ?

La saveur des goûts amers : Vu, 6 523 fois. (Je m’amuse follement apparemment.)


La politique qui en impose

Les capitales

Politique(s) & médias

À la question de la difficulté de reformer en France, un commentateur explique qu’un homme politique élu doit profiter des premiers mois de son mandat pour « imposer ses vues ». Ainsi, si la « France » est dans la rue en ce 9 mars 2016, ce serait parce que Hollande serait resté inactif pendant cette période.

« Imposer ses vues », et cela, donc, juste après que les urnes ont parlé.

Et on parle encore de démocratie ?

Non pas que je sois un fou de démocratie, mais j’avais cru comprendre que c’était le système qui était le nôtre.

Et en fait, ce n’est pas ça. Le système se décrit lui-même presque comme une escroquerie, personne en a honte, et on vient ensuite s’étonner qu’il y ait une « crise de la démocratie ».

Qui la fait la démocratie ? Ceux qui votent « mal » ? Ou ceux pour qui le principe du système, c’est de proposer le « meilleur programme », autrement dit, la plus belle arnaque, pour gagner la course, et une fois au pouvoir… ne pas faire ce pour quoi on a été élu, et parfois, ou souvent, le contraire ?

Deux saloperies gangrènent la vie politique à notre époque. La stratégie et la communication. Les deux bouffent le « système » en le rabaissant à une course au pouvoir. Comment gagner le pouvoir, et comment le mieux faire gober au petit peuple qu’on ne fait pas autre chose.

Les gagnants sont toujours les escrocs. Et les courtisans, commentateurs, ne sont pas autre chose, parce qu’ils jouent le jeu en refusant de parler d’arnaque, d’escroquerie, de supercherie, de mensonge, et ne s’intéressent, comme « eux », qu’à la course au pouvoir.

Cette saloperie « politique », c’est l’élection de Miss France, en pire.

Oui. Tous pourris. Peut-on qualifier autrement des responsables qui une fois élus font le contraire de ce pour quoi ils ont été élus ? Est-ce que la politique a encore un sens ou est-ce que ce n’est qu’un jeu où seule compte la victoire pour ceux qui y participent ?

Parce que pour d’autres, non. Ce n’est pas un jeu.

Hollande aurait peur des « manif » ? Bien sûr. C’est la réalité qui vient gueuler à sa fenêtre. Quand la justice laisse traîner ces salopards mettre en place leurs escroqueries, ceux qui en sont victimes finissent, parfois, par gueuler.

« Mais nous, on sait ce qui est bon pour le pays. Le monde change ! »

Vous savez que dalle. Les escrocs n’ont aucune parole. La règle, c’est la démocratie. Ce n’est pas « ma » démocratie, ou la vôtre, c’est celle que nos « anciens » ont imaginée pour nous. Et vous, vous vous torchez avec. Si vous voulez changer de logiciel, faites-le, proposez-nous-le, arrêtez de véroler et de dénaturer ce que d’autres ont imaginé pour nous.

Qu’importe si le petit Français qui vote, et à qui on demande son avis, a raison ou non. Aucune raison en « démocratie ». Ce n’est ni une technocratie ni une sophocratie. C’est la démocratie. Celui qui vote, c’est celui qui décide. Or, quand il décide, on lui enfile le bras dans le derche. Ce n’est pas joli à voir. Et c’est ça la crise.

Celui qui est élu, qui représente la majorité, et qui décide « d’imposer ses vues » est un escroc.

Et l’escroc a inventé une expression pour légitimer son arnaque : « faire preuve de courage politique ».

Autrement dit : je vous arnaque, mais c’est pour votre bien.

On manie aussi très bien l’aphorisme pour justifier l’escroquerie : « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

La politique, vue par ceux qui la font (ou la défont), c’est donc de faire des « promesses », pour gagner des voix, et ne jamais les tenir… puisque ce ne sont que des promesses. Et celui qui s’y laisserait prendre ne serait qu’un naïf, qu’un « croyant ». On ne se fait jamais berner que par des escrocs, c’est vrai. Et les honnêtes qui ne joueraient pas le jeu des surenchères « promessethiques » n’auraient aucune chance de se faire entendre. Vive le cynisme.

En démocratie, on coule ensemble, pas à cause de certains aristocrates qui décident, et pensent savoir, pour les autres.

Le monde ne change pas. Il a changé. Et il est géré par des escrocs et des imposteurs. Des joueurs et des poètes.

Hollandie

Les capitales

Politique(s) & médias

Pour expliquer qu’un président élu avec un programme de gauche fasse une politique d’extrême-droite (pardon pour l’épouvantail), celui-ci rhétore :

Quand le monde change, il faut changer avec lui.

C’est beau.

Je résume, donc. Quand il dit que le monde change, je doute qu’il parle du changement climatique ou du non-respect des droits des réfugiés, mais des conséquences de la crise de 2008.

En 2008, la crise naît de financiers véreux, profitant du laxisme (idéologie parfois appelée libéralisme ou néolibéralisme) des régulateurs pour faire n’importe quoi (parfois qualifié d’escroquerie organisée et autorisée). Le monde, les marchés, l’économie, tout s’écroule, alors que selon les prévisionnistes (parfois appelés économistes) une telle catastrophe n’aurait jamais dû arriver.

Le monde, l’économie, toussa, est sauvé malgré lui par le petit peuple à qui on n’a pas demandé son avis (système politique parfois qualifié de démocratie représentative), et tout recommence comme en 40 (le CAC).

Et pis, le petit peuple, qui a compris la leçon, envoie un président au château avec son programme de gros gauchiste… et le gros gauchiste, nous explique, donc, tout le long de son mandat pourquoi, puisque le monde a changé, il faut mener une politique de droite extrême (parfois qualifiée d’extrême droite).

C’est l’histoire des quarante chèvres qui sautent de la falaise. Une première dérape, puis une seconde. Et une troisième croit comprendre qu’il faut sauter dans le vide, et une autre, puis encore une autre. À la fin, ne reste plus que deux chèvres qui ont eu le temps de cogiter en voyant leurs copines bêler dans le vide. La première dit à l’autre : « T’es sure qu’il faut sauter ? Ça va nous mener où cette histoire ? » Et l’autre répond : « Il faut toutes y passer, ma grande. Le monde change, le temps est aux chèvres sauteuses. Alors il faut sauter. » Et elles sautent.

Que le capitaine du Titanic décide de rester à bord, c’est son problème. Mais qu’il dise aux femmes et aux enfants, et aux autres, de rester près de lui, j’appelle ça un escroc de la pire espèce. De ceux qui n’auront jamais de compte à rendre à personne et qui sont toujours dans leur bon droit.

Tous pourris. Et je ne parle pas des politiques. Mais des autres, nous. « Pourris par ».

On s’est fait niquer une fois, pourquoi pas deux après tout ? Le feu ne peut pas brûler la main deux fois de suite…

SensCritique, ou la Communauté de l’annale

Les capitales

Réseaux sociaux

Dis-moi combien de fois ils ont cliqué l’année dernière et je te donnerai ta valeur en bourse.

« SensCritique, La communauté du cinéma… en France »… beurk.

Bien content d’avoir été viré de ce site. On y parle « communauté du cinéma » au lieu de “cinéphilie”, et on s’attache à se focaliser sur ce qui est susceptible le plus de plaire et de buzzer : l’actualité, et le village français. Rien à voir avec la cinéphilie, encore moins avec le « sens critique », ni sur le plan de la “critique” (on parle de nombre de notes plus que du contenu) ni sur celui de la vision critique du cinéma.

SC est leader sur les « notes de films sortis en 2015 », mais sur la pertinence de la ligne éditoriale, sur le « nombre de notes des films péruviens sortis en 1965 » ? Du flan, de la semoule, du trompe-l’œil. Merci de m’avoir viré.

Remerciez-moi en retour d’avoir enrichi, comme d’autres utilisateurs naïfs, une base de données de l’ombre qui ne compte que pour du beurre, car n’est légitime auprès des fondateurs et des utilisateurs de cette “communauté” (beurk) que les données des quatre cent un films sortis l’année précédente. Qui c’est l’idiot numéro 1 ?


Merci d’avoir supprimé, avec mon compte, autant de listes poubelles, si contraire au « senscritique » et à la ligne éditoriale du site :
Tadao_Sato_ses_300_Films_Japonais
Golden_Horse_Film_Festival_Les_100_Meilleurs_Films_en_Langue_chinoise
Une anthologie du cinéma français (Claude Beylie)
Les 365 westerns à voir avant de tomber de sa selle
The Hollywood Rush
Les_meilleurs_films_du_siecle_selon_Telerama
(Pour ne citer que les plus insultantes)

Merci aussi d’avoir refusé de me donner accès à mes innombrables tops perso laissés, ô insulte, en privé sur le site au lieu de les partager dans des sondages utiles à la communauté.

Merci d’avoir refusé de me filer un fichier avec tous mes commentaires avant de les supprimer, ainsi que mes annotations, véritables insultes au “senscritique”, alors pourtant que la loi française les y oblige (merci pour le fichier à peine lisible des critiques cela dit). Parce que oui, les commentaires, peut-être pas pour l’utilisateur moyen, mais pour moi si, ça a de la valeur, et jusqu’à preuve du contraire, j’étais propriétaire de ce contenu. J’ai dû en retrouver certains à la main, les plus récents, mais le plus important, toutes mes notes de visionnage, scotchées en commentaire de film ont disparu en supprimant mes notes.

Merci d’avoir volé tous mes messages personnels.

Merci d’interdire aux utilisateurs de régler la configuration de leurs activités pour décider eux-mêmes ce qui tient du privé et ce qui tient du public. Ils n’ont probablement pas assez de sens critique pour juger eux-mêmes de ce qui doit l’être. Quand j’avais demandé à ce que, par exemple, je n’ennuie pas certains ou une partie de mes contacts s’il me venait l’idée de noter les chansons de la Compagnie créole, je me suis vu répondre qu’il fallait assumer… Bien sûr… Je décide de me balader à poil chez moi, et il faut assumer ? Réseau social ou pas, Senscritique est tout comme Facebook régi par les mêmes règles concernant la vie privée. Tout comme le droit à l’oubli, quand le site nous interdit de supprimer une activité particulière ou en la passant en privé. Peut-être bien qu’à l’avenir, la CNIL ira se pencher sur la question pour que les droits des utilisateurs soient respectés, et que, pour le mieux, comme dans tout réseau social qui se respecte (ce qu’est SensCritique, on est d’accord ? Ce n’est pas un site culturel, mais bien un réseau social prenant la culture en otage, ou comme prétexte) ses utilisateurs puissent décider avec qui discuter et décider quel type d’activités doit être relayé en notification.

Merci enfin de ne gérer aucun modérateur sur le site. Les attaques de trolls sont fréquentes, on peut être amenés à côtoyer des utilisateurs bloqués sur d’autres pages quand sur le moindre forum par exemple leurs messages seraient masqués. Qu’on ne s’étonne donc pas, quand certains qui se font sans cesse attaquer… pour la longueur de leurs messages, finissent par en avoir marre d’être raisonnable, de devoir répondre par cent lignes à des emmerdeurs qui se contentent d’une seule. Ça servira toujours de prétexte à virer celui qui demande que ses droits soient respectés et que le site respecte ce pour quoi il semblait être dédié pour certains. Un joli nom “senscritique” pour un site. C’est surtout une jolie supercherie : le sens critique y est non seulement mal vu, il est en permanence traîné dans la boue, et la règle, c’est le mépris et les jeux de cour laissant peu de place à l’intérêt réel que pourraient avoir certains pour des œuvres ou des échanges. D’échanges, sur « sens critique », j’en ai rarement eu. Et c’est pas faute d’avoir essayé.

Une preuve de la bêtise et de l’absence de « sens critique » de ses membres : je poste une nouvelle en critique sur un film. Celle-ci reçoit cinq likes pour cinq dislikes avant d’être tout bonnement supprimée avec le compte. Une nouvelle. Certainement pas un chef-d’œuvre. Combien des utilisateurs ayant liké ou disliké la page ont pris le temps de la lire ? Probablement aucun. Et la longueur est une insulte. Fini de réclamer l’exigence et de me faire agresser pour cela. À présent, mes longueurs et mes petites exigences d’emmerdeur pathologique, c’est ici et pas ailleurs. Je m’en veux presque de ne pas y avoir pensé avant et rien que pour ça…

Merci senscritique.

Les Sauvage c’est les autres

Les capitales

Violences de la société

Accorder la grâce, c’est accepter les règles d’exception. Pour un de sauvé, on en ignore mille autres.

Et le sauve-t-on vraiment ? Sommes-nous sûrs de rendre la justice, ou en tout cas, la détordre ? J’en doute. On répond aux échos assourdissant de la rumeur, et pour qu’elle cède, on se mêle à son tumulte. C’est la négation de la rationalité et de la justice. Le règne de la facilité et de la bêtise.

Que deviennent les mille autres qui pourraient, peut-être légitimement aussi, faire valoir leur droit à la grâce pour avoir été mal jugés, mal compris, stigmatisés comme coupables alors qu’ils n’étaient avant tout que victimes ; et qui eux ne servaient pas opportunément de porte-étendard à une cause discriminatoire (oui). En ces temps où on chasse tant les discriminations, leurs injustices, leurs exceptions, où chacun peut se plaindre des petites intrigues pour arriver à des desseins particuliers, contre l’intérêt général, c’est non seulement idiot, mais c’est aussi un symbole de la médiocrité et de l’opportunisme de notre temps et de ceux qui y prennent part.

Pour un de sauvé, combien de couteaux remués dans la plaie à ceux qui, comme “elle”, s’estiment mal jugés ? J’insiste. Chacun ses échos. En sauver un, c’est non seulement se laver les mains du sort de tous les autres, mais c’est augmenter encore les injustices, donc la défiance et le manque de confiance à l’égard des institutions de son pays. En sauver un, c’est condamner tous les autres. En sauver un, opportunément, c’est se donner le visage du sauveur, du réconciliateur, du juste, quand on ne fait que tout le contraire. Si la grâce est ostensible et semble d’une formidable magnanimité, on ne fait que favoriser, dans l’ombre, les disgrâces à venir.

Que Pilate reçoive ses lauriers et s’en lave les mains donc. Des “autres”. De ceux qui n’existent pas à travers la rumeur, que les opportunistes dédaignent parce qu’ils sont les tristes silhouettes de la normalité. Les oubliés, les disgraciés, les ombres qui sont la masse et qui ont le tort de ne pas présenter le visage d’une exception possible… Une cause… juste (sic).

Qu’on s’en lave les mains donc. Salomon a tranché. La rumeur a eu raison de la justice. La sagesse, ce sera pour une autre fois. Continuons à multiplier les exceptions, à réparer une injustice prétendue par d’autres injustices. L’époque, c’est vrai, ne fait jamais autre chose. Cassez un vase, tentez d’en recoller les morceaux, et s’il vous manque quelques pièces, cassez-en un autre pour espérer lui faire reprendre son apparence d’autrefois. Ou… Pour garder le cap au nord, alors qu’on fait route à l’ouest, on décide tout à coup de basculer vers l’est en espérant y retrouver le nord. Au foot, on dit bien qu’on ne compense pas une injustice par une autre injustice. Tout cela est logique. Mais la rumeur a ses raisons que la logique ignore.

Alors, que faire ?

On regarde. On écoute. Et s’il y a dans les lois certains détails qui restent à mieux définir, on décide de légiférer. Mais il serait alors raisonnable de ne jamais répondre à chaque fait divers par des “mesures”, par des “réponses” gesticulatoires qui ne servent que celui qui les donne, jamais l’intérêt général. On légifère, pour les autres, pour tous. On appelle ça l’égalité, et c’est une cause aujourd’hui sans étendard. Le fait divers, c’est l’exception. La grâce, c’est l’exception. Dans un système qui s’enorgueillit d’être et de prolonger un “état d’urgence” — qui ne peut être que le contraire de l’État de droit, parce qu’aucune justice ne se rend dans la précipitation — dans l’exception d’une grâce possible, il ne fallait pas en attendre davantage de celui qui la donne pour combler de bonheur, et d’illusions, ceux qui la réclament.

Peut-être que chacun espérera alors qu’il aura lui aussi droit à un petit coup de pouce, exceptionnel, pour le tirer d’embarrassantes décisions en sa défaveur. Rien de plus normal là encore dans un monde où tout est fait pour que chacun puisse espérer son petit quart d’heure de célébrité. On se nourrit de mirages et d’espoirs. Et l’exception, elle, se nourrit des mille et une petites injustices plongées dans l’ombre pour qu’une parvienne à la lumière…

J’attends le prochain fait divers sordide impliquant des tueurs d’enfant et on pourra alors songer à réhabiliter la peine de mort.

Magnifique pays. Un pays d’exception. Où il est bon de se prononcer pour des causes justes (sic), parce qu’elles sont censées rendre justice aux petites gens. De la poudre aux yeux. De l’hypocrisie. Celui qui prononcera tout haut une parole discordante passera, lui, pour un ignoble bonhomme, sans cœur et à l’idéologie douteuse (l’apparence est la force des princes). Non, je ne suis pas “féministe”, on ne défend pas “les femmes” face à “des hommes”, parce qu’on ne retrouve pas le nord en basculant à l’est quand on allait à l’ouest, parce qu’on ne répare pas un déséquilibre en poussant la barre à l’opposé, parce qu’on ne répare pas une injustice par une autre injustice… L’équilibre, on le trouve en définissant ce qui est juste et droit. Une injustice ne se répare pas. Et tout ce qu’on fait, on le fait, en tant que législateur, pour les suivants, pour les ombres, les autres, que nous sommes tous.

Un roi et sa cour. Le peuple est content, on a montré le visage du petit dernier et la foule applaudit.

La facilité, toujours. Et j’en reviens à cette citation de Sade :

Celui qui veut remonter un fleuve parcourra-t-il dans un même jour autant de chemin que celui qui le descend ?

Le règne de la bêtise

Les capitales

Politique(s) & médias

On est tous des Sauvage.

Le XXIᵉ siècle où l’âge de la communication. Le règne de la bêtise, la prime à la médiocrité. La démocratie en somme. Ou plutôt, la vague lueur mortifère de la démocratie participative. Tout se communique, et cette facilité rend possible cette belle idée du pouvoir détenu par tous. Un leurre en fait, une arnaque. Car au lieu de renforcer l’État de droit, le sens commun, la diplomatie, l’excellence, le partage (le vrai, celui qui transmet du sens plutôt que des sensations), ces facilités favorisent la démagogie, et avec elle, l’incohérence, le non-respect des règles communes ou la bêtise, la peur, la haine de l’autre…

Deux exemples.

Notre Président méritant, non content d’être remonté dans les sondages lui permettant de bien se positionner au premier tour des présidentielles (et avant ça, imposer sa candidature de fait, sans passer par des primaires — la légitimité de l’à-propos) grâce à des faits divers sordides (oui les actes de terrorisme restent des faits divers, mais il est vrai que quelques victimes tragiques alors qu’on ne s’y attend pas, c’est pire que quelques milliers de victimes sur la route, elles tout à fait régulières donc pas du tout exceptionnelles et sujettes à faire peur, oh !! la terreur !!! « il faut avoir peur ! »), voudrait donc désormais profiter d’un autre… fait divers (à travers son épilogue : une décision de justice). C’est que les féministes viennent de s’offusquer qu’une femme soit déclarée coupable du meurtre de son mari, alors que ma petite dame, c’est qu’elle était battue, elle avait donc bien le droit… Je ne suis ni féministe ni misogyne, en revanche, c’est amusant, quand il y a d’autres, probables, ou plus évidentes injustices, celles-là, on les entend pas : les injustices, ça concerne que les femmes, et il suffit donc d’être une femme pour être blanche “comme” neige… Qui oserait en effet affirmer que la cause du féminisme n’est pas légitime ? Hum… mais est-ce bien du féminisme ? Ne serait-ce pas plutôt de la bêtise et de l’opportunisme ?… Bref, j’en reviens à notre Président méritant, qui flaire là le bon coup de communication. Lui, qui ayant dit que « moi Président » il ne se servira jamais de la grâce pour une question de principe, v’là que tout à coup, les principes s’évanouissent face à la nécessité, ou l’opportunité de gagner des petits points dans les sondages. Comment ? Je lance un épouvantail parce que j’ai toujours l’esprit mal tourné : on apprend qu’après avoir reçu les filles et l’avocat(e) de cette accusée (ou victime, on sait plus trop, ou peut-être les deux mais la confusion des genres, c’est jamais très bon pour faire de bonnes histoires), monsieur Notre Président méritant va réfléchir à ce qui pourrait bien faire, hum, hum hum… Rude décision, c’était pas qu’il avait dit… quoi déjà ? Peu importe. Le règne de la communication n’a pas de mémoire, toutes les RAM sont allouées à la mémoire vive, celle de l’instant. Faut remplir le fil d’actualité, faut que ça buzz !!! Même quand on a rien à dire ou à faire… Pourquoi ne répond-on pas directement, donc ? Pourquoi même recevoir ces dames, n’y a-t-il pas d’autres accusés qui légitiment ou pas aimeraient bien eux aussi être reçu ô… à l’Élysée ? La France… la FRANCE, qui tourne à l’aube des faits divers… On a ni pétrole ni idée, mais on a des faits divers !… Pourquoi donc que ces millions de chômistes ne se retroussent-ils pas les manches pour produire… des faits divers ! Mince, c’est simple… Bref, bref, j’en reviens, toujours à notre Président méritant (j’essaie de m’en écarter mais va falloir que j’en finisse). À quoi va donc servir cette hum… réflexion ?… À faire un sondage, pardi ! Un sondage, ce n’est rien de plus que la démocratie qui s’exprime… c’est ça la démocratie participative. Un institut de sondage t’appelle à 19h, tu réponds à deux ou trois questions pour voir si ça colle, ta seule compétence c’est d’entrée dans la case prévue, celle de « l’échelon représentatif » (hé, c’est la démocratie représentative 2.0 ! pourquoi passer par l’Assemblée, y a la chambre haute définition, le Net, et la chambre basse, le téléphone !). Et alors voilà, le sondé, il a comme caractéristique d’être particulièrement fragile face aux escroqueries, aux apparences, aux idées toutes faites… normal, on lui demande de répondre à des questions dont il se fout pas mal et dont il connaît le plus souvent pas grand-chose (moi-même, je pourrais être sondé par exemple). Le résultat ? Une catastrophe. On voudrait pas refaire un Grenelle sur la peine de mort qu’on voit si y aurait pas du nouveau sur le sujet ? Ce serait marrant de relancer des exécutions et d’aller dans le même temps faire la leçon à tous ces pays sont forcément des barbares parce qu’ils ne mangent pas de fromages comme les nôtres et parce qu’ils causent pas français… Hé, on est le pays des droits de l’homme (lequel, on sait pas, encore un mystère, une légende urbaine née sur un vieux tweet de Victor Hugo). À parier donc (mais je suis pas voyant, je garde espoir, mon côté crédule de sondé potentiel) que la grâce, on va y avoir droit. Parce qu’elle le vaut bien.

Deuxième exemple (et sonde dans le derche). Le sort réservé aux réfugiés. Un réfugié, quand il est chrétien (ce qui pourtant est aussi un malheur en soit, perso je fais pas de discrimination entre les zozos), il est le bienvenu (probablement parce que tous les pédophiles dans la religion chrétienne se concentre chez les curés, alors que chez les méchants musulmans, c’est bien connu, l’absence de clergé trouble la fête et on préfère alors y voir des égorgeurs d’enfants, un peu partout, sans discrimination, tous pareils) ; alors que le réfugié que lui il est pas chrétien bah ça va donc de soit parce qu’on tient à ce que nos enfants se fassent pas zigouiller, il peut rentrer chez lui. Où ? Chez lui. Bah il en a pas, il est réfugié. Ah… Mais moi je réponds au téléphone à 19 h, je peux pas tout savoir… Je cherche donc la cohérence dans tout ça, et le respect des droits internationaux. Les règles contraignantes, c’est toujours pour les autres ; les profitables, c’est toujours pour nous. Nous = celui en position de force. Un chef de guerre américain a dit une fois qu’il n’y avait jamais qu’une seule histoire (une seule règle ou loi on pourrait ajouter), celle du gagnant. Donc du plus fort. Il serait donc logique que face à des réfugiés, on respecte le droit, eh ben même pas, parce que personne ne nous dira qu’on fait mal, c’est nous qu’on est le plus fort… Seulement la bêtise ne s’arrête pas là. On en vient même à vouloir confisquer les biens des réfugiés pour les « dissuader de venir ». Il aurait plu le lendemain de l’accident d’Hiroshima sur la France qu’on aurait dit que le nuage avait interdiction d’éternuer et que sinon on allait prendre des restrictions contre l’Union soviétique !… na ! Je résume, ou je caricature, pour que cela soit plus évident pour ma fragile intelligence : à cause qu’on s’est fait ruiner par l’amant de notre femme qui se trouvait être un banquier véreux, on s’est retrouvé à vendre des allumettes au fils de notre voisin en lui disant « vas-y, c’est marrant, je suis sûr que ça impressionnera ton papa » ; le gamin joue au pyromane et met le feu à la maison, c’est la guerre avec le père parce que c’était toujours le cas (mais on n’a pas toujours des allumettes sous la main) ; et puis le baluchon à la main et sans culotte, le gamin se dit désormais être un réfugié et nous demande à ce qu’on l’accueille vu que nos relations semblaient bien aller, du bon voisinage quoi… c’est la règle, on s’entraide ; et là, patatras, on aide ni les jeunes, ni les étrangers, ni les vagabonds d’ailleurs (« fais voir tes papiers ! » « voilà » « fais voir tes papiers ! » « bah je viens de vous les donner » « t’es pas en règle, dehors ! »), alors retourne chez toi ! Voilà où on est en. Alors je vais pas dire que c’est la faute de l’amant de notre femme, parce que notre femme, en bonne féministe, elle est émancipée, elle fait ce qu’elle veut, seulement nous, on était pas obligé de laisser le banquier faire sa loi. Parce qu’au bout du compte la seule loi qui prévaut, c’est la nôtre, celle du peuple (et ici on pourrait même dire, les peuples — bon voisinage, toussa). Et l’économie est au service du peuple, pas le contraire. Une femme infidèle, c’est correct, l’adultère, sans être forcément bien vu, n’est pas un délit ; en revanche, prostituer son seul capital véritable (son peuple, la nation, etc.) aux quelques salopes qui sont censés faire tourner le monde, voilà qui est la source de beaucoup d’ennuis et de vices inacceptables. On est comme le camé qui pour se payer sa dose, deale à son tour, ou pire… Oui, on est tous des Sauvage : quand on se rend coupable d’un crime, c’est toujours en réponse à d’autres blessures, d’autres crimes, auxquels on a jamais pu faire face. Au lieu d’y faire face à nouveau en regardant le problème (ici celui des migrants mais ça pourrait en être bien d’autres) à sa source, on préfère agir sur les effets immédiats. Celui qui veut remonter un fleuve, parcourt-il, dans un même jour, autant de chemin que celui qui le descend ? (Sade). La facilité, l’immédiateté, « argent facile ! »… La communication, le débit, ne sert à présent que le petit profit. On vend des allumettes, ne cherchons pas plus loin pourquoi on en soufre.

Don’t Let the Sun Go Down on Me, G. Michael & E. John

Les capitales

Science, technologie, espace, climat

Les pilosités électives

On apprend dans le dernier numéro de Sciences et Vie que les femmes européennes s’estiment trop poilues et que c’est bien la faute de leurs aïeules d’avoir toujours privilégié les mâles velus aux petits Poucet glabres et polis. Or, voilà 25 ans que les jeunes filles se plaignent ainsi, et c’est certain, il faudrait plus d’une génération pour voir les imberbes dominer la terre. Et encore, rien n’est moins sûr, tout n’est qu’artifice.

Artifice, et subterfuge.

Les bifurcations capillaires évoluent au fil de la mode, et la mode est souvent trop éphémère pour que les jeunes filles, un jour, se peignent de ne plus avoir de cheveux sur le bas caillou… La mode, c’est comme l’amour, ça va, ça vient : ce qui était un jour au poil se pointe sans prévenir sous le fil du rasoir.

Faisons table rase du passé.

Si vous n’avez pas d’exemple en tête, permettez que je vous cède mon chapeau et vous relate veluement l’histoire d’une révolution qui, si elle n’était pas musicale, était tout du moins, et de pied en cap, hilarante.

C’était le début de l’année 91, et alors que je me demandais pourquoi l’émission de Michel Drucker Star 90 ne devenait pas Star 91, un tube commençait à monter dans les charts comme aspiré par d’étranges capillarités tubulaires : Don’t Let the Sun Go Down on Me.

La chanson interprétée par Elton John et George Michael tournait en boucle d’or à la radio, mais ce qui faisait alors jaser, c’était moins la réunion de ces deux garçons joyeux et polis, que le scandale capillaire auquel s’était livré le sex symbol des années 80, George Michael. (Elton aurait bien voulu mais cela fait l’objet d’un billet plus ancien que je partagerai à l’occasion, intitulé : Les capilosités d’Elton.)

C’est que l’ancien chanteur de Wham ! cherchait à tirer son épingle du cheveu dans cette nouvelle décennie fort concurrentielle en matière capillaire. Et pour ce faire George avait lancé tout une campagne publicitaire visant à le faire entrer dans ce que certains charretiers nomment « l’âge de la maturité ». Le duo, il l’avait déjà fait, il fallait donc proposer du neuf, quelque chose de plus sulfureux, de plus ébouriffant, de moins… rasoir.

Les années 80 sur le plan capillaire sont à ranger dans l’ère des trente glorieuses. L’ère des Beatles, l’ère du poil long et dru, l’ère de la prospérité et de la contestation. Au cinéma, cette ère s’est tragiquement achevée en 1992 quand un jeune cinéaste qui fera la mode des années 2000, David Fincher, impose le crâne rasé à Sigourney Weaver.

Mais le premier à avoir fait vaciller le cheveu, c’est bien lui, George Michael, en cette funeste année 91, qui déclenche les hostilités.

L’ironie, c’est que l’intention (marquetée) de George Michael, était d’abord de s’enlaidir, de proposer un look plus neutre, pour faire oublier ses splendeurs capillaires passées.

Si Louise Brooks avait été un symbole de l’émancipation de la femme, George Michael avait tenté le contraire en cherchant à janséniser son apparence. Mais en voulant imiter la tonsure de Laspalès, il a remis au goût du jour ce qui apparaissait alors comme une étrangeté antique : la coupe à la romaine. Coupe, non seulement rendue populaire, mais théorisée par le célèbre Archimède dans son ouvrage De la capillarité en six cils et au-delà. Gageons que ce sont les gènes de ses grecques aïeules qui ont parlé ici pour lui (ces mêmes aïeules responsables d’un article plein de pilosité dans mon S&V du mois dernier).

Suivront quelques dates marquantes qui feront du poil ras, pour les quelques années à venir, la norme.

Notons par exemple que plus Elton John se voyait sublimé d’une toison nouvelle pour bientôt oser quitter de plus en plus son divin cap, plus la mode marchait, ou poussait, dans l’autre sens. N’est pas George Michael qui veut. Mais c’est un peu ce qui arrive quand le chou fait bon ménage avec la chèvre…

Dès l’année suivante, un docteur des Urgences est intronisé au rang de nouveau sex symbol masculin : l’autre George, George Clooney, adoptant lui aussi la coupe à la romaine.

L’homme des années 90 se doit d’être garni de la touffe, mais pas trop, plutôt rasé d’hier, mais pas trop.

Pour les femmes, la bifurcation s’était amorcée tragiquement avec la Lambada : si encore dans les années 80 la mode était au minou taillé au ras du maillot, la Lambada a lancé les coupes dites à la brésilienne. La mode parfois suit des élans, et quand on coupe « ça », on finit par tout couper. Les jeunes filles ne le savent sans doute pas, mais leurs mères sont allées jusqu’au ticket de métro (les hommes auront au même moment leur période “bouc”). Ce sont elles, ces jeunes filles, qui la décennie suivante ont décidé de laisser le soleil les prendre toutes nues, et donc, comme pour ces femmes évoquées dans Sciences & Vie, de rêver à une peau parfaitement glabre (l’héroïne de Tigre et Dragon, Zhang Zizi, en fer de lance de toute une génération glabre et polie).

Un dernier scandale devait faire basculer pour longtemps l’ère pubienne dans un monde aseptisé, sans âge, sans vie, sans sexualité et sans maladie : celui de la chanteuse Mallaury Nataf exposant son minou velu (brésilien, lambadadesque) aux yeux gauleguenards de millions de petits téléspectateurs du Club Dorothée.

La coupe était pleine. Il fallait faire la guerre aux poilus. George avait lancé la mode. Une mode qu’on n’arrêta plus.

Bientôt, c’était Justin Bieber qui devait apparaître. Mais cela est une autre histoire.

Long poil à toi, George.

La place des religions dans la société

Violences de la société

Il n’y a aucun rapport entre les expériences personnelles et les “histoires” abracadabrantes transmises par les religions. Ces histoires, c’est du domaine du roman, pas de l’histoire. C’est déjà compliqué d’établir la réalité des faits historiques, je vois mal comment on pourrait prétendre connaître une histoire qui n’existe que par elle-même et qui est le fruit d’une transmission ancestrale : la religion s’appuie sur un récit pour perpétuer son influence sur les esprits, pas sur une « histoire », pas sur des faits. Et ça, c’est bien le propre des romans. Et si en plus il faut que nos histoires personnelles soient capables d’en dire long sur la réalité de faits extravagants qui se seraient passés il y a plusieurs millénaires et dont les faits supposés ne sont relatés que par les tenants de cette histoire, ça paraît bien compliqué de pouvoir prétendre qu’il y a du vrai derrière toutes ces aventures farfelues. Sur un plan historique, le Nouveau Testament (tout comme l’ancien, le coran, etc.), c’est donc des foutaises. L’histoire, ce n’est pas une expérience personnelle.

L’intelligence demande à ce que l’on ne se fie qu’aux faits vérifiables, documentés, et même dans ce cas, demande à ce que l’on s’interdise de fixer à l’avance des conclusions, des généralités ou de grandes vérités sur le monde… Si on se prétend intelligent, je ne vois pas ce qui pourrait légitimer qu’on puisse concevoir des événements comme vrais quand on ne dispose d’aucun élément pour les étayer. Les croyants ont d’ailleurs une réponse toute faite à ce problème : ils décident de croire. La foi, c’est bien de décider de croire, personnellement, à des événements dont on sait ne pouvoir prouver la véracité. Les rationalistes répondront alors à leur tour que s’il n’y a pas de nécessité de croire, autant s’en passer. La liberté, c’est de laisser les autres croire en ce qu’ils veulent tant que ça n’implique aucune conséquence dans la vie commune. Le totalitarisme est en revanche plutôt dans le camp des tenants des religions qui n’ont cessé dans l’histoire de vouloir imposer leurs croyances ; c’est même ainsi que ces croyances se sont répandues. Les croyances d’aujourd’hui, ce sont les croyances des vainqueurs, les croyances que nos aïeux païens se sont vus imposés par force, non par conviction ou… par foi. On ne voit pas la Lumière, on te la fout de force dans l’œil. Si les enfants de ces païens décident de suivre les croyances de ceux qui ont autrefois privé leurs aïeux de leur liberté de croire à d’autres histoires farfelues, c’est bien qu’ils sont ignares et idiots. L’histoire permet justement de montrer cette imposture, libre à chacun de chercher à continuer de croire. Même de croire qu’ils sont détenteurs de la vérité, ou de l’intelligence suprême. Ceux qui ne croient pas ne sont pas dans la croyance. Ça résout assez simplement le problème. Pas de nécessité de croire : pas de croyance, point.

Peut-on vivre sans Dieu ? Parfaitement. On en a tous les jours la preuve ; l’histoire n’a jamais cessé de le démontrer. Libre à chacun, individuellement, de croire, mais merci de ne pas imposer un sujet superflu dans la société, parce qu’on l’a vu là encore : c’est bien la croyance qui mène au totalitarisme. Cette liberté est un acquis du siècle des Lumières et des sociétés qui en sont issues. On doit tout le progrès qui a façonné le monde d’aujourd’hui à ces idées, et l’idée de Dieu en a toujours été exclue. Remercions donc plutôt les lumières de vivre dans le monde actuel plutôt que les religions qui ont au contraire œuvré pour l’abrutissement des individus et le déclin des sociétés.

Les valeurs ? Jusqu’à preuve du contraire, on vit dans une société dont les valeurs sont celles, toujours, des lumières. Où est Dieu dans la république ? C’est le rapport qui est souvent fait aux États-Unis : comment être bon, avoir des valeurs, si on n’est pas croyant. Je repose la question : où est Dieu dans la république ? Où est Dieu dans la constitution ? Où est Dieu dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ? Nulle part. Il est garanti à chacun de posséder ses propres croyances, mais la société elle-même n’a pas pour sujet une question inutile pour le bien commun.

Est-ce de l’hyper-rationalisme ? Pourquoi « hyper » ? J’ose espérer que chacun de son côté et une société toute entière tendent vers la rationalité.

Les idées, ça tue. Au moins là, ce n’est pas l’apanage de la religion. L’idée et l’instrumentalisation de cette idée… La croyance, c’est bien l’instrumentalisation d’une idée : faire passer une idée pour vraie sans avoir à l’étayer de faits concrets. La religion est la promesse d’un meilleur monde, et les promesses n’engagent jamais que ceux qui y croient. La religion avait aussi tendance à « rationaliser » le monde pour en expliquer la nature, mais après plusieurs siècles d’avancées en compréhension du monde, on devrait être capable de comprendre que la traduction ou l’explication du monde faite par les mythes religieux ne tiennent pas. Si ça ne tient pas alors qu’elles prétendent disent le vrai, c’est donc bien que ce sont des fraudes. Au contraire du monde vu à travers le prisme de la religion à travers ses promesses de monde meilleur après la vie, la république des athées n’est pas une promesse d’un monde meilleur, et elle ne croit pas, elle ne promet rien qui ne pourra être tenu parce que personne ne revient de ce monde meilleur pour témoigner qu’il existe ; la république, elle fait, elle accomplit pour le bonheur présent, ici, et maintenant. Et cela vaut en particularité pour ce qui concerne le “bien”, le droit, la liberté ou la paix. Chacun peut participer à ce bien commun et surtout chacun peut être témoin de ses accomplissements ou de ses manquements. La responsabilité des religions dans ces progrès ? Rien, nada. Les croyants sont donc des imposteurs, des fous, des ignorants, et les alliés d’une force allant toujours plus contre ces valeurs qui ont forgé notre monde. Est-ce qu’on a vu des sociétés religieuses capables d’être autre chose que des tyrannies ? Non. Que les croyants me parlent encore de morale. Croire, c’est favoriser les totalitarismes. Pour une raison simple : croire, c’est s’interdire la raison. Qu’importe le bien commun ici et maintenant parce qu’on promet à tous un monde meilleur une fois qu’on aura cassé sa pipe. Le joli chèque en blanc.

Si un croyant a besoin de la religion pour légitimer une morale là où un athée n’a besoin que de sa conscience, ça signifie qu’un croyant pourrait être tout aussi capable d’accepter quelque chose d’immoral qui lui serait dicté par Dieu. C’est avec cette logique qu’on légitime les diverses violences exercées par les divers croyants depuis une éternité. Être immoral au nom de Dieu. Les croyants n’ont pas de conscience, mais une soumission aveugle en leur dieu. Et c’est bien cette soumission aveugle qui depuis des millénaires est source de « désordre et de confusion générale ». La soumission volontaire ne profite jamais au bien commun.