La raison d’État est toujours…

Quand une population à Beaumont-sur-Oise suspecte une bavure après la mort d’un des leurs interpellé par la gendarmerie, la raison voudrait qu’on se dise que, même si les interrogations sont légitimes, il n’y a aucune raison de penser qu’un légiste ait mal fait son travail. Dans tous les cas, la prudence est de mise, et si contre-expertise il y a, la raison voudrait qu’avant de se prononcer, on fasse preuve de retenue et de doute.

Mais quand, cette fois, un tireur massacre plusieurs personnes à Munich, malgré la prudence affichée, raisonnée, de la police locale et de la chancelière, le Président Hollande parle immédiatement « d’attaque terroriste », on pourrait être en droit de demander d’un chef d’État autant de prudence qu’on pourrait le faire à l’encontre des proches d’Adama Traoré.

Au lieu de ça, le Président Hollande s’engouffre sans honte dans un discours opportuniste qu’on pourrait taxer de naïveté s’il n’était pas un habitué de ce type de déclarations provocatrices. Déjà pour lui, après le massacre de Nice, il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait là d’un « acte terroriste » (« le caractère terroriste ne peut être nié »).

Comme le disent les enfants, c’est celui qui le dit qui l’est.

C’est celui qui parle de « terreur » qui entretient la terreur. Le terroriste, c’est aussi celui qui instrumentalise et attise la peur à des fins calculées et personnelles.

Ces déclarations stupides et dangereuses pourraient être prise pour de la maladresse si tout n’était préparé et pensé à l’avance. Loin d’être en guerre, les États doivent non seulement faire face à des faits divers plutôt sordides, mais en plus doivent se laisser manipuler par certains opportunistes, manipulateurs, lâches qui en sont à leur tête. Du moins en France.

Inutile de voter pour le Front National, il est déjà au pouvoir. Il y a peut-être même pire qu’un monstre. Un monstre se présentant avec la face bonhomme d’un petit homme joufflu et à la voix tremblotante. Parce qu’aux jeux des apparences, il passera rarement pour ce monstre craint.

Cet homme-là est un escroc pour avoir déjà menti à ceux ayant voté pour lui sur ce qu’il ferait s’il serait élu, mais en plus, nous avons affaire ici à un traître.

Les politiciens depuis quelques années se vantent d’avoir fait de la communication un élément essentiel de la politique. La communication est donc une arme.

Et quand on utilise cette arme contre son propre pays, contre les intérêts particuliers de la nation et de sa population, on se rend coupable de haute trahison.

Ce Président est un traître.

Un terroriste.

Il n’y a peut-être pas de raison à suspecter une bavure après le décès d’un jeune homme après son interpellation par les forces chargées de faire respecter l’ordre. Mais vivre dans la terreur, la suspicion permanente à l’égard d’un pouvoir qui montre chaque jour sa volonté de tromper et de trahir les siens, peut légitimer beaucoup de suspicions, et une certaine défiance menant parfois à des violences.

Le traître aurait alors le beau rôle en cherchant à apaiser une situation qu’il participe, en premier chef, à tendre et à envenimer.

La raison d’État (de terreur) est toujours la plus forte. Mais attention aux traîtres qui jouent avec le feu. On manipule, et puis arrive un moment où on se rend compte qu’on ne contrôle rien.