Réponses à la vidéo d’Osons causer « Pour le climat, faut-il la décroissance ? »

Les capitales

Science, technologie, espace, climat


Assemblage des divers commentaires apportés à la vidéo

 

Vidéo catastrophique.

« indicateurs économiques indicateurs physiques »

Même le prix de la baguette est un meilleur indicateur que le PIB. Il mélange les torchons et les serviettes. Ce qu’il faut découpler, c’est les baisses d’émissions globales avec les indicateurs économiques.

L’économie n’est pas l’alpha et l’oméga du monde dans lequel on vit. Quelle valeur a l’air ?

« Ma montre indique qu’il est 23 H, il continue de faire jour. C’est ma montre qui a raison. Les chiffres sont têtus ! »

Ta montre ne décrit pas la réalité. Le temps physique et le temps social sont deux choses différentes. Si ta montre ne décrit plus le monde dans lequel tu vis, change d’indicateur.

Donc on ne compare pas des indicateurs physiques (émissions de CO2) avec une construction comptable censée mesurer une certaine conception de l’économie. L’économie elle-même est une construction sociale, non physique.

Qu’est-ce que la croissance pour les économistes ? C’est décider arbitrairement qu’il est bon pour une société d’augmenter chaque année un peu plus son PIB. Ah ? Et pourquoi ne déciderait-on pas arbitrairement que le prix de la baguette augmente chaque année de 5 % ?

Un indicateur économique, c’est une construction abstraite du monde, il ne décrit qu’une fraction du monde réel, physique.

Tu dois diminuer tes émissions ? « Arrête ». Ne te cherche pas d’excuses. « Oui, mais moi, mon prix au kilo par tonne de soja a diminué le dimanche, je suis un bon citoyen… »

« le trompe-l’œil du PIB »

Il s’agit donc d’une vision géoéconomique sur une question et un enjeu physique. Les statistiques économiques ne traduisent parfois que ce que l’on veut voir. Une part de ces baisses sont dues à certaines améliorations, d’autres sont circonstancielles : quand tu délocalises tes industries, le PIB attaché à cette production passe du côté des pays émergents. Les biens restent. Tu te laves les mains parce que tu as transféré le problème à ton voisin. Mais le problème persiste.

Image d’illustration de la page Wikipédia du sujet du découplage

Pays ayant réduit leurs émissions tout en assurant leur croissance économique. (Le graphique présente les émissions de CO2 liées à la consommation, c’est-à-dire celles causées par des produits consommés localement mais fabriqués ailleurs. — Wikipédia)

Il faut arrêter de raisonner en termes de PIB. Ce n’est pas un indicateur pertinent pour la décarbonation.

Une maladie se développe, tu crées un médicament : hop, c’est de la « croissance ». Un incendie détruit tout un village, tu reconstruis, hop, c’est de la « croissance »… C’est un indicateur pernicieux pour quantifier la prospérité d’un territoire. Destruction créatrice…

Le PIB, ce n’est pas de l’activité, c’est de l’agitation : le monde n’est pas un joujou mathématique, cette agitation est soumise à des contraintes physiques, à des contraintes d’accès et de disponibilités des ressources. Ce n’est pas un jeu de meccano que tu peux construire et déconstruire à loisir.

Il y a tout à un tas de facteurs environnementaux et énergétiques que le PIB et l’économie décident d’ignorer parce qu’ils compliqueraient les calculs. Or, ces facteurs finissent toujours par varier. Une contrainte sur une ressource un jour peut complètement désorganiser les flux de production.

Comment tu recycles ? Comment est-ce que tu consommes dans un monde avec de plus en plus de contraintes environnementales ? Est-ce que tu as déployé assez de moyens de production bas carbone pour maintenir une « croissance » durable ? La marge prise n’était-elle pas trop optimiste ?

Donc dans le doute, tu essaies de faire au mieux et tu arrêtes à te chercher des statistiques pour te balancer des bons points. La décroissance telle qu’imaginée par les économistes doit aussi être une question mise sur la table. Parce que sans radicalité, on s’expose à des trajectoires mal conçues.

Et quand la fête est finie, on se retrouve avec des experts nous ayant dit : « on pensait que vous pouviez encore garder le même niveau de vie tout en faisant attention à éteindre la lumière, mais on n’avait pas pensé à intégrer ce facteur dans nos équations et du coup, on a trop de retard. »

C’est comme avec le nucléaire. Bien sûr que l’on peut décarboner en suivant une trajectoire parfaite dans le respect des accords de Paris sans forcément changer radicalement notre mode de vie. Mais c’est plus compliqué. Comme c’est plus compliqué de le faire sans nucléaire. Parce que, si, il y a urgence. Le dire ce n’est pas être fataliste.

C’est au contraire appeler à plus de radicalité. Parce qu’à l’heure actuelle, le réchauffement climatique est une réalité pour les personnes les plus fragiles et pour les écosystèmes dont le PIB n’a rien à faire. Un écureuil qui meurt : gratuit. L’eau insalubre : gratuit.

Tu troques un animal mort faute d’habitat contre une parcelle dédiée à un data center : croissance ! Tu dois traiter l’eau : croissance ! Il faut reloger des sinistrés : croissance ! Le PIB, c’est l’indicateur des pompes funèbres. C’est l’avenir que l’on enterre.

Il est urgent que l’on arrête d’intégrer des facteurs de croissance ou des indicateurs comme le PIB dans le discours sur la décarbonation.

(Et pour autant, oui, il faut aller vers une forme de « décroissance ». À tous les niveaux, pas vu uniquement à travers le PIB.)

« sophisme de composition »

(l’Europe a découplé > la planète entière peut donc le faire)

Sa vidéo montre qu’il s’est complètement laissé enfermer dans son sujet. En étudiant la trajectoire de l’Europe, il en conclut que ce n’est pas aussi catastrophique que prévu et cela le rend optimiste. Sauf que l’Europe n’est qu’un acteur de cette transition nécessaire.

Les autres, en dehors de la Chine, ne vont pas dans la bonne direction. Même l’Europe, avec une gouvernance désormais franchement à droite, va détricoter tous ces mécanismes et ces objectifs. Elle a aussi d’autres priorités (la guerre, l’immigration et le pire est à venir).

Le discours de Jancovici prend en compte la globalité des facteurs. Il n’est pas par ailleurs favorable à la décroissance : il dit qu’elle est déjà à l’œuvre, que les indicateurs du PIB (donc de la croissance) ne sont pas bons et que l’on a déjà basculé vers une décroissance subie.

La trajectoire globale reste très préoccupante. Même 2 degrés, c’est déjà une catastrophe et ils sont désormais inévitables. Il prétend que le risque du discours de Jancovici est l’inaction, je crois au contraire que l’optimisme de cette vidéo favorise l’inaction.

Le problème, c’est que le monde a ses aléas. L’économie ne prend pas en compte les facteurs énergétiques comme le rappelle justement Jancovici. On le voit avec les guerres actuelles : un grain de sable dans la machine, et toutes les données pourraient être appelées à être revues du tout au tout. Ce sont des prévisions, des hypothèses. Le monde réel suit ses propres logiques. Et des facteurs imprévus entrent toujours en jeu. Chaque jour, on entend de nouveaux scientifiques concéder que leurs prévisions étaient basées sur des modèles trop optimistes. Un peu parce qu’ils savaient d’avance qu’on les traiterait d’alarmistes. Les réalités actuelles dépassent les prévisions passées. Sortir une telle vidéo en présentant le problème par le bout de la lorgnette est donc lunaire.

En mettant le sujet de la décroissance au cœur de son sujet qui est en fait la décarbonation, il valide la pertinence de cet indicateur.

D’autres disent qu’il faudrait mieux penser en termes de croissance dans certains secteurs et de croissances dans d’autres. En tout état de cause, le PIB est out.

« niveaux de responsabilité et aspect politique »

C’est aussi une question morale et politique. En parlant des petits gestes sur la sobriété et des responsabilités individuelles, c’est oublier l’immonde part des inégalités dans le réchauffement climatique. Comme rappelé dans la vidéo, les pays pauvres sont moins concernés par la décroissance, mais c’est aussi le cas des pauvres des pays riches. Non seulement leur part de responsabilité active via la consommation est ridicule, mais ils portent moralement une responsabilité nulle dans le problème : ils n’ont ni les moyens de changer de mode de vie ni le pouvoir de faire changer les choses.

Ni même les informations pour ce faire.

La responsabilité incombe principalement, voire totalement, aux classes privilégiées des pays riches. Ils tirent leurs privilèges, leur richesse, de cette « croissance », de l’histoire d’une captation des ressources des pays pauvres par les riches.

Leur mode de vie n’a rien de vertueux (aller parler ensuite de petits gestes aux pauvres, c’est indécent). Et eux auraient la capacité de faire changer les choses au niveau décisionnel.

Ce ne sont pas les pauvres qui écrivent les règles et dessinent les trajectoires. Ce ne sont pas les pauvres qui peuvent montrer l’exemple.

Le capitalisme valide cette vidéo. « Osons continuer sur notre trajectoire. Les indicateurs sont bons. C’est la réalité qui a tort. »

« Le Réveilleur contre Jancovici »

Objection du Réveilleur (qui a relu le script de la vidéo) à mes commentaires :

Pas tellement d’accord. Il y a la croyance (mal justifiée) chez JMJ que la décroissance adviendra pour des raisons strictement physiques. C’est dangereux et dépolitisant parce que cette croyance peut pousser à une posture attentiste.

Il ne s’agit pas du tout d’une croyance. Si je comprends Jancovici, il fait le constat que l’on n’a jamais réussi à concilier « croissance » autrement qu’avec les ressources fossiles. Justement grâce à leurs incroyables propriétés physiques. Il ne « croit » pas que c’est une règle absolue : Pour lui, c’est parce que c’est plus compliqué avec des renouvelables qu’il faut non seulement investir massivement dans ces solutions tant que l’on dispose encore de ces énergies fossiles, mais aussi se préparer à faire des choix de société parce que physiquement ce n’est pas tenable.

Là où Jancovici est politique, c’est qu’il pense nécessaire d’utiliser le dernier souffle des industries fossiles non pas pour produire des trucs à la con, mais pour bâtir un monde durable. Parce qu’il sera beaucoup plus dur de construire une usine d’éoliennes avec des éoliennes.

Dire « ça va être dur, il faut mettre toutes les billes de notre côté et changer de modèle de société, définir des priorités », c’est beaucoup moins dépolitisant, fataliste, dangereux ou attentiste que de dire « on fait notre part en UE, c’est possible, il suffit de délocaliser nos émissions ».

Tu refourgues le problème aux pays émergeant, tu leur interdis de suivre ensuite une croissance à deux chiffres, et en plus tu voudrais après coup qu’ils continuent de subvenir à ta consommation tout en ayant eux aussi une « croissance » décarbonée.

Ils vont la décarboner comment leur « croissance » les pays émergents qui sont appelés à être les dernières usines du monde ? En délocalisant en Afrique et sur Mars ?

Non, il faut arrêter avec les modèles basés sur la croissance. C’est un indicateur faussé qui favorise les pays riches. Le beurre et l’argent du beurre ; les poubelles, pour les pays pauvres.

Tu construis ta maison et une ferme avec trois briques, du ciment et beaucoup d’eau. De temps en temps, tu as besoin un peu des trois pour les réparer. Mais tu te rends compte que des briques, il n’y en a plus que deux, que le ciment est de mauvaise qualité, et de l’eau, tu en manques.

Arrive ton voisin, tu lui dis que ça va pas le faire et qu’il ne va pas pouvoir construire sa maison. Tu lui dis que maintenant, c’est un régime de paille pour tout le monde. Tu lui concèdes qu’il va pouvoir bâtir sa maison avec une brique et de la paille.

Mais comme il a besoin de ciment et d’eau, houla, ça ne va plus du tout ! Et à côté de ça, ce n’est pas normal, tu as délocalisé ta ferme chez lui, mais il devient beaucoup plus gourmand que toi en eau et en ressources ! On avait dit que c’était régime de paille pour tout le monde !

Parce que moi, bien au chaud dans ma maison en briques, à manger les trois carottes et le lait produit dans ta ferme polluante, je respecte mes engagements ! Fais un effort, c’est possible. Fais comme moi.

Désolé, ce n’est pas ma vision de l’équité.

Le Réveilleur :

Je suis désolé mais scientifiquement/physiquement cette idée (si tu préfères le terme à croyance) n’est pas si facile à défendre. Si on parle de JMJ ici et pas de la vision scientifique de la transition (GIEC/AIE… etc), c’est bien parce qu’il y a un gap entre les deux notamment sur ces points.

Le fait est qu’on n’a de toute façon pas d’autre exemple. Le monde a été durable, puis l’industrialisation s’est faite grâce aux énergies fossiles. Ce n’est pas une question scientifique, quand ton modèle est unique, c’est de l’histoire.

Le Réveilleur : 

Le problème n’est pas là. C’est l’extrapolation. X sera toujours vrai parce que X a été vrai jusqu’ici est irrationnel. Ex : Mon cœur battra toujours parce qu’il a battu jusqu’ici. (Et si c’est ton argument, le découplage absolu de pays en empreinte est déjà une réponse je pense.)

Dire que le monde industrialisé ne s’est jamais passé des énergies fossiles et qu’il faut alors prendre ça en compte pour préparer la décarbonation et organiser la société, ce n’est pas du tout dire qu’aucun monde industrialisé ne pourra jamais fonctionner autrement.

C’est une question de faisabilité, pas d’impossibilité. Vous trahissez mon propos. C’est dur (faisabilité), il faut donc se préparer à une transition plus douloureuse et faire le deuil d’une certaine idée de la prospérité.

Le Réveilleur : 

Les experts qui travaillent sur les scénarios de transition ont bien conscience qu’on part d’un monde fossile. Pour autant, la vision de JMJ & consort semble loin d’être majoritaire dans ces milieux.

(Aka, « de toute façon Jancovici, c’est pas un vrai expert. »)

« la croissance, l’indicateur qui cache la forêt »

Autre chose. Il n’y a pas que les questions économiques. La planète est un espace fini. Ne traiter la question du climat qu’à travers le prisme de la croissance (donc du PIB), c’est refuser de voir que le climat (et le CO2) n’est qu’un facteur parmi d’autres de la durabilité.

Très bien, les tenants de la croissance verte nous disent que c’est possible d’atteindre la neutralité carbone tout en augmentant chaque année des points de PIB. Super projet. L’espèce humaine est une espèce invasive, et on continue ?

Premier obstacle : il est moral. La croissance infinie ne peut se faire qu’au détriment des écosystèmes (je rappelle pour ceux qui n’en ont rien à battre qu’on est en bout de chaîne). La croissance mondiale infinie et la préservation des écosystèmes, des espèces ne sont pas compatibles.

Deuxième obstacle : la question des matériaux. Il n’y a pas que les énergies fossiles au rayon des ressources. On ne recycle pas à l’infini. Certains matériaux sont déjà critiques. Donc, quand il n’y en aura plus pour tout le monde, afin que tout le monde puisse croître librement,
on fera quoi ? La guerre ? On ira extraire les matériaux dans les fonds marins ? Sur la Lune ?

Notre mode de vie n’est pas durable. La décroissance va nous tomber dessus de gré ou de force. Mieux vaut s’y préparer et adopter dès aujourd’hui des modes de production et de consommation plus durables.

« Le pari de la croissance verte »

L’idée qu’une croissance verte est possible, c’est un pari. Un pari que l’on prend bien plus facilement que l’on ne veut pas renoncer à notre confort et à nos privilèges et que ceux qui devront en assumer l’échec seront nos enfants et nos petits-enfants.

On le fait, ce pari, sur le dos des générations futures donc, mais aussi sur celui des écosystèmes, héritiers de milliards d’années d’évolution et d’histoire. C’est une grosse responsabilité. Dessiner des trajectoires, parler de « faire sa part », c’est de l’inconséquence.

Un tel pari, c’est un suicide collectif que l’on tire à pile ou face au nom de tous les autres.

Il faut arrêter les paris économiques et politiques et accepter l’idée que la société de consommation hypothèque notre avenir et l’héritage de notre planète.

La seule réaction rationnelle face à un danger, ce n’est pas un « pari », mais la radicalité. Celle d’arrêter.

« “Nous, c’est nous” et épouvantail »

Objection de Samuel Leuenberger :

Ça tombe bien, la vidéo précise justement que le sujet c’est l’EU en partant du principe que ceux qui vont la regarder n’ont de capacité d’action qu’en EU.

« Pour le climat, faut-il la décroissance ? Est-ce que les décroissants ont raison sur leur diagnostic ? Et en particulier en France et dans l’UE ».

C’est très exactement le sujet de la vidéo. Il prend donc un exemple pour en tirer une conclusion.

Par ailleurs, il s’agit d’un homme de paille, voire une manipulation, parce qu’il coupe Jancovici pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas.* Jancovici n’est pas un décroissant : pour lui, le PIB n’est pas un indicateur pertinent. C’est bien pourquoi il parle d’empreinte carbone. Mais soit, si on parle en termes de croissance, selon lui, on est déjà dans une phase de décroissance subie. Il n’est pas partisan de la décroissance, il dit que c’est déjà acté et que ça arrivera de toute façon et que la question devrait plutôt être de savoir comment s’organiser pour prioriser les secteurs importants.

*La phrase d’Osons causer : « Parmi les tenants de la décroissance, citons Jean-Marc Jancovici, c’est le plus visible. » Et il encapsule cette phrase (qui déjà est loin de montrer que son auteur est pour la décroissance) : « Je crois, moi, que ça nous plaise ou que ça ne nous plaise pas, que la décroissance, on ne va pas y couper. ».

La suite immédiate de Jancovici sur la question de la décroissance au Figaro est parfaitement éclairante et sans ambiguïté. Juste après cette phrase, l’interviewer lui demande en parlant de la croissance : « Vous la souhaitez ? » Réponse de Jancovici : « Ce n’est même pas le sujet pour moi. […] La décroissance, elle est inexorable. Je crois que de dire qu’il ne tient qu’à nous de faire en sorte que l’avenir soit de la décroissance ou de la croissance, je pense que malheureusement, c’est une mauvaise manière de voir le problème. »

Il n’est donc pas favorable à la croissance, il dit qu’elle est inéluctable. C’est discutable, mais c’est ça sa position. Et puisque selon lui elle est inexorable, il faut s’y préparer.

Quand tu fais dire à quelqu’un quelque chose qu’il ne dit pas et que tu prends un exemple pour tirer une généralité, c’est déjà que les prémices de ton discours sont caduques. Avec une conclusion claquée au sol : il faut être optimiste, notre exemple montre que c’est possible. Ben, non.


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