Notes de visionnage 2020

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septembre – décembre 2020

 

 

L’Exercice de l’Etat (2011)

Commentaire : 

L’Exercice de l’État, Pierre Schoeller 2011 Archipel 35, Les Films du Fleuve, France 3 cinéma

Coco (2017)

Après un début extrêmement laborieux où on navigue en plein stéréotypes mexicains, le film est réellement sauvé par son délire fantastique, macabre et bon enfant. On retrouve les ficelles habituelles de Disney, mais cette fois plus culturelles, juste dramatiques… Et faut avouer, que même usées jusqu’à la corde, elles sont plutôt efficaces. Le mystère sur le passé de « Coco » se dissipe peu à peu, le discours effleuré sur les pilleurs (de contenu artistiques) est assez réconfortant ; une manière d’honorer aussi un peu tous les artistes de talent oubliés. Et je me suis allé à une petite larme. On notera tout de même que Disney ne perd pas le nord : si le discours semblait dire à un moment qu’on pouvait aussi tout à fait vivre avec le seul hommage de ces proches (les vrais qui savent), on ne cracherait pas finalement sur un peu de gloire posthume, histoire  — aussi  — de capitaliser sur la mémoire des morts.

Le Professeur, Valerio Zurlini (1972)

Commentaire :

Le Professeur, Valerio Zurlini 1972 Mondial Televisione Film, Adel Productions, Valoria Films (6)_

Susana la perverse , Luis Buñuel (1951)

C’est fou de voir à quel point la période mexicaine de Buñuel est aussi sous-évaluée par rapport à sa période française… Je trouve la française profondément ennuyeuse, parfois un peu trop directe dans les allusions, maladroite même (en voulant dénoncer la bourgeoisie, il montre des personnages antipathiques, et en moquant l’Église, il enfonce un peu les portes ouvertes).

Alors, on ne va pas dire qu’avec Susana la perverse Buñuel ne verse pas dans les allusions directes, parce que c’est franchement le cas, tout est outrancier, mais c’en est presque drôle. Au lieu de tomber dans le pseudo-intellectualisme à cause d’un rythme à la con, du bavardage, Buñuel ici fait du vrai cinéma populaire, mais surtout une satire, certes outrancières, mais finalement assez juste sur la conception que peuvent avoir les hommes vis-à-vis d’une femme qu’ils convoitent. Bien sûr, on pourrait voir le film au pied de la lettre et penser que toute la faute repose sur les épaules (et quelles épaules…) du personnage féminin clairement pervers, voire sadique. En réalité, c’est probablement plus les hommes qui en prennent pour leur grade. Et je suis pas loin de penser que quel que soit le comportement de cette jeune femme, tous les hommes auraient eu des pensées salaces à son égard et auraient, au moins, essayé de surinterpréter le moindre signe qu’elle aurait pu leur donner. Et les hommes surinterprètent d’autant plus facilement ces signes quand la taille est fine et les cuisses brillantes. Parce qu’au fond, dans ses manipulations, elle ne s’y prend pas si mal pour éviter que ces hommes ne comprennent qu’elle les allume tous en même temps : après tout, tout le monde aspire au bonheur (même sexuel), et on se convainc assez vite que le bonheur promis nous est exclusif… et dû. La seule chose qui motive en fait les hommes à décider si une femme est une « salope » ou non, c’est qu’elle se soit refusée à eux ou qu’elle leur est de toute évidence inaccessible. Or, puisqu’elle donne à chacun des preuves de bonheur futur, même fugace entre les foins, aucune raison pour eux de suspecter, encore, qu’elle en est une (de salope).

Tout le monde est coupable dans le film. C’est en ça qu’il est fascinant. Et une parfaite satire du genre humain, particulièrement masculin. Ils pourront bien la désigner comme une perverse : pour une perverse dévoilée, il en faut des gros pervers qui se seront laissés mener par le bout du…

Les Animaux fantastiques, David Yates (2016)

Toujours aussi conciliant avec l’univers de J.K Rowling, même si à force d’en être resté éloigné des années, je suis comme touché par un sortilège d’oubliette. Et toujours aussi fasciné par la capacité de l’auteure à user des mêmes artifices pour construire ses histoires à partir des personnages et de leur histoire personnelle. Ça remonte à la surface dans le récit, ça se télescope avec les révélations qui émergent ici ou là, ça rentre en opposition, ça joue aussi pas mal du twist ou du contre-pied sans en abuser, et surtout ça imagine un certain nombre de personnages dont les premiers traits de caractères apparaissent très rapidement, et qui pour certains démontrent une certaine obstination chez elle à enfoncer certaines évidences ou thématiques qui lui sont chères. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique mon indulgence ; je dois partager un certain nombre de ces obstinations, sauf si bien sûr Rowling a le talent de me faire croire que ce qu’elle y met correspond à mes attentes. À cet égard, c’est sans doute l’esprit de prof qui s’exprime ici chez elle, mais je lui trouve un certaine bienveillance vis-à-vis des cancres, des élèves en difficulté, tourmentés ou incompris : je ne pense pas me tromper en disant que la grande majorité de ses « méchants » sont des ces élèves que le « système » n’est pas parvenu à récupérer à temps. Beaucoup sont des terroristes d’ailleurs, des personnages marqués par une grande intolérance à l’autre (justement souvent parce qu’ils ont souvent souffert au départ de l’intolérance des autres), et ce sujet trouve réellement un écho à ce qui se passe aujourd’hui dans nos sociétés où des « élèves » de la nation, méprisés, rejetés, par la société pour leur différence, retourne cette difficulté contre les autres et en font une force jusqu’à devenir une menace (terroriste parfois) pour cette société.

Le film n’est pas sans défaut par ailleurs. L’acteur qui joue Norbert est trop « parfait », trop beau, pour jouer un tel personnage à côté de ses pompes, du coup, il surjoue le mec bizarre et lunaire. Guère convaincant. En revanche, l’acteur qui joue le moldu, ainsi que son personnage (sorte de pendant de Ron), est peut-être le véritable héros de cette histoire. L’effet boule de neige présent dans nombre d’histoires se situant dans un monde imaginaire est poussé à la limite (du ridicule) à la fin quand toute la ville est touchée par un sortilège géant d’oubliette, ignorant la possibilité que les nouvelles extravagantes de la ville aient été transmises dans le reste du monde (l’univers n’est pourtant pas une boule de neige).

El bruto, Luis Buñuel (1953)

La période mexicaine de Buñuel est décidément ma préférée, et de loin. On flirte avec le film noir, et toujours la misère sociale, l’opposition de classes, l’assemblage épars de diverses solitudes qui n’ont plus que la cruauté pour s’exprimer, etc.

Black Panther, Ryan Coogler (2018)

Pas fameux. La première heure est insupportable, il faut attendre que le roi soit destitué pour avoir un peu d’action, mais c’est un tout autre film qui commence en plein milieu. Les personnages sont sans intérêt, les acteurs pas beaucoup plus, la mise en scène est crade et on voit rien mais c’est une habitude dans le genre. Il n’y a guère que l’univers et le design qui vaut le coup d’œil : le côté hybride tradition high-tech ne pouvait que me séduire.

(Et y a rien de plus barbant que devoir supporter à la fin des films de ce genre, une scène bonus essentielle après le générique, plus une autre sans doute un teasing pour je ne sais quel personnage Marvel… Bientôt on aura le générique à la moitié du film.)