La Fille de tes rêves, Fernando Trueba (1998)

Note : 2.5 sur 5.

La Fille de tes rêves

Titre original : La niña de tus ojos

Année : 1998

Réalisation : Fernando Trueba

Avec : Penélope Cruz, Antonio Resines, Jorge Sanz, Rosa María Sardá

Quelle idée de proposer des comédies sur des monstres historiques et réels… ! L’humour s’exporte mal. Le film aurait un petit quelque chose d’amusant, on lui pardonnerait cette faute de goût. Seulement, une comédie avec des juifs et des nazis qui ne servent que de prétexte à des situations qui n’ont rien de drôle mais que l’on fait jouer comme s’il s’agissait de grandes pitreries, ça interroge les limites du genre.

Rien à signaler sur les acteurs d’ailleurs, voire sur la mise en œuvre, disons, technique…

Mais il appartient à la réalisation d’adopter la bonne approche, éviter le mauvais goût, et ne pas forcer trop présomptueusement les portes de la décence. Cet humour quelque peu poussif ne proposait déjà rien de bien glorieux, si en plus le contexte historique met mal à l’aise, cela en devient gênant et problématique sur la durée d’un film. Imaginons que Trueba ait gommé totalement l’aspect humoristique de cette histoire, ne resterait qu’une panoplie de personnages stéréotypés difficile à supporter. Rien de plus habituel en comédie, me direz-vous. Mais notre intérêt pour certains personnages a tendance à favoriser d’éventuels élans de sollicitude à l’égard des films où ils évoluent. Je ne parle même pas des personnages secondaires, parce que pour les principaux, c’est une catastrophe : la star au grand cœur qui veut sauver un juif (pas des juifs, son juif, celui avec de jolis yeux bleus), le metteur en scène amoureux de son actrice et qui entretient une relation avec elle alors qu’il est marié, l’acteur principal qui révèle une nature opposée au personnage qu’il interprète…

À ranger à côté de La vie est belle dans les films européens blindés de thunes qui cherchent un compromis commercial entre la comédie et le drame et qui se vautrent. On y retrouve d’ailleurs quelques éléments de la réussite de La Belle Époque : de l’humour et un film d’époque. La différence peut-être, c’est qu’il n’était pas outrageusement boursouflé comme La Fille de tes rêves. Comme quoi, c’est bien le fric, parfois, qui dénature les comédies légères. De la légèreté à la lourdeur ; de la comédie qui reste à hauteur humaine à un trop-plein d’ambition…


La Fille de tes rêves, Fernando Trueba 1998 La niña de tus ojos | CARTEL, Fernando Trueba Producciones Cinematográficas, Lolafilms


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