Des jours et des nuits dans la forêt, Satyajit Ray (1970)

Quatre Garçons dans le vent

Aranyer Din Ratri

des-jours-et-des-nuits-dans-la-foret-satyajit-ray-1970Année : 1970

Réalisation :

Satyajit Ray

9/10 lien imdb 8,2 TVK  lien iCM
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Avec :

Soumitra Chatterjee
Sharmila Tagore
Simi Garewal
Kaberi Bose
Subhendu Chatterjee
Rabi Ghosh
Vu le : 4 novembre 2016

Chef-d’œuvre plutôt inattendu pour Satyajit Ray. Je ne l’attendais pas sur le terrain de la comédie douce amère.

Comme l’impression que le principe du film (un groupe — uniquement constitué d’hommes ici — venant séjourner quelques jours à la campagne) est un sorte d’archétype dramatique. On le trouve à la fois dans des comédies italiennes, quelques films de l’est, ou dans des classiques hollywoodiens.

C’est merveilleusement bien écrit, c’est drôle, c’est charmant (avec ces petits jeux de séduction attendus), et ça n’oublie de pas de finir avec une note dramatique nous rappelant le fossé entre les personnages décrits tout au long du récit, des nantis, et les “invisibles”, cette majorité silencieuse qui souffre sans se plaindre.

Un film idéal pour mettre en avant le talent de ces acteurs, les habitués des films de Ray.

La ligne narrative se sépare dans le dernier tiers pour se focaliser dans un montage alterné sur chacune des histoires personnelles et amoureuses que ces hommes auront lors de ce court séjour à la campagne.

C’est drôle, charmant, brillant et acide. Autant de qualités ne peuvent que pousser à l’admiration.


(Vu également Enfermé dans des limites, de 1971. Sorte de redite de Charulata mais avec un récit beaucoup plus axé sur le personnage masculin et surtout sur son travail. Loin d’être un naïf, le film montre comment il se laissera corrompre et initiera même une crapulerie pour sauver sa peau et celle de son entreprise. Ray n’oublie pas de prendre un acteur charmant et de le rendre sympathique avant de montrer le processus qui fera de lui un salaud. Seulement tout cet aspect social est un peu ennuyeux, et on ne désire tout du long qu’une chose, revoir les scènes avec sa belle sœur. La corruption est partout. L’hypocrisie aussi.)

La Vie d’un tatoué, Seijun Suzuki (1965)

Puzzle spatial

Irezumi ichidai

la-vie-dun-tatoue-seijun-suzuki-1965Année : 1965

Réalisation :

Seijun Suzuki

9/10 lien imdb TVK lien iCM
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Limeko – Japanese films

Avec :

Hideki Takahashi
Masako Izumi
Akira Yamauchi
Yûji Odaka
Vu le : 2 novembre 2016

On trouvera toujours quelque chose de surprenant dans cette dernière décennie de l’âge d’or du cinéma japonais… Le film souffre de quelques excès tout à fait charmant qui frise la parodie (ce que le Lézard noir[1], vu récemment, était incapable de faire), mais La Vie d’un tatoué est probablement un de ces films étranges où tout s’accorde par hasard pour en faire, parfois, un chef-d’œuvre.

Il y a bien sûr la présence de Seijun Suzuki à la réalisation, qui fait notamment preuve de son extravaguent talent visuel dans la dernière séquence, un affrontement « un contre tous », avec notamment une contre-plongée presque sidérante prise sous le tatami et une plongée en plan-séquence sur le ballet des duels au katana (façon Old Boy).

Pourtant ce sont deux autres aspects qui m’ont fasciné dans ce Irezumi ichidai : l’histoire et le lieu où les personnages évoluent. Les deux sont liés, et si on a affaire à un film de yakuza, on y retrouve l’aspect serial de certains films de l’époque (Zatoichi, La Pivoine rouge — et des Ninkyo eiga qui me restent inconnus) ou même de certains films de samouraïs où on retourne à la campagne pour croiser ces populations autochtones comme dans les vieux contes, ces auberges tantôt accueillantes tantôt inquiétantes, toujours d’étranges lieux de passage et de rencontres. On pourrait presque être chez Dumas ou dans Miyamoto Musashi.

Seijun Suzuki (1965)

L’histoire est simple, d’un grand classicisme, mais c’est l’alliance de ses éléments qui forment une sorte d’alchimie efficace. Un yakuza et son frère se sont faits truander par leur propre clan et échappent de peu à la mort. Ils entreprennent alors de rejoindre la région qui apparaît comme la terre promise, l’Eldorado d’alors : la Mandchourie. Faute d’argent, à nouveau truandés, ils se voient obligés de travailler dans une mine. D’abord mal vus, ils parviennent à gagner la sympathie des mineurs et l’intérêt de la fille du propriétaire. La suite est merveilleusement prévisible, bien huilée comme une symphonie au phrasé déjà connu, jamais dissonant. Et il y a donc dans cet univers, une gestion de l’espace qui rappelle certains westerns ou épopées : chaque scène propose presque un nouveau décor tout en restant souvent dans un lieu reconnaissable, si bien qu’on finit par nous reconstituer mentalement la représentation de l’espace qui crée une forme de jouissance imaginative qu’on retrouve dans assez peu d’autres films. Pour ça, il faut aussi retrouver certains espaces mythiques voire archétypaux (la rivière et ses chutes, l’intérieur de la mine, la cellule de prison, la maison du propriétaire, et les ruelles avec leurs nombreuses échoppes…).

Certains événements sont tellement traités avec désinvolture ou excès qu’on est à la limite de la dérision (c’est trop bien mené pour croire à une véritable série B). Par exemple quand le héros vient à s’évader, ou à sortir plutôt, de sa cellule, ou la manière dont est traitée l’histoire d’amour, le jeu de séduction, on peine à croire en toutes ces circonstances heureuses, mais c’est si bien fait que ça n’apparaît plus que comme un jeu.

Un vrai grand plaisir.


[1] Le Lézard noir

L’Histoire de Jiro, Hiroshi Shimizu (1955)

Oka-san!

Jirô monogatari Jirô monogatari Année : 1955

IMDb link   icheckmovies.com

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9/10

Réalisateur : Hiroshi Shimizu

 

Vu le : 22 juin 2016

Shimizu dans ses œuvres. Il faut encore une fois chercher bien loin un personnage antipathique tant le cinéaste met l’accent sur la bonté (on voudrait le croire) toute japonaise de ces petites âmes qui s’aiment en silence et osent à peine lever la voix quand on les contrarie. Seule la grand-mère joue plus ou moins ce rôle d’opposante, histoire de tirer sur ces vieux acariâtres pour qui c’était toujours mieux avant ; mais le plus beau, c’est que les autres l’écoutent ronchonner et ne semblent jamais lui en tenir rigueur. On se tait et on fait avec. Pour le reste, c’est un tel défilé de saints qu’on en viendrait presque à avoir foi en l’humanité…

La structure est là encore assez similaire à ce que Shimizu a fait par le passé et pareil à ce que Mizoguchi a pu produire par exemple dans La Vie d’O’Haru femme galante[1] : une structure en tableaux. Et à l’intérieur de chaque tableau souvent la même logique. Un panneau annonce l’ellipse et raconte l’évolution depuis la dernière scène, puis on entre directement dans le vif du sujet avec une situation soit heureuse, soit amusante, soit légèrement conflictuelle, et puis on introduit un élément perturbateur, et le tout tournera au tragique dans une séquence finale souvent rehaussée de musique. C’est le principe de la douche écossaise qu’affectionnait Kurosawa en alternant comme en musique les mouvements lents et rapides. L’astuce principale du film repose pourtant toujours sur le même principe, la même thématique (unité d’action stricte) : Jiro a beau être un enfant aimé de tous, il passe son temps à être rejeté par les siens (souvent bien malgré eux) ; s’est-il enfin habitué à une nouvelle situation, qu’un nouveau drame s’abat sur sa famille. Le procédé est tellement répété qu’on finit par en connaître la musique, et si bien que Shimizu n’a plus besoin d’utiliser les dialogues, puisqu’on a déjà tout compris.

Le charme de Shimizu, et qui le rapprocherait plus d’Ozu que d’un Mizoguchi, c’est qu’il raconte l’histoire soit des petites gens, soit des personnages de la classe moyenne. Souvent des familles de samouraïs déchues, des petits propriétaires ou des entrepreneurs perdant tout du jour au lendemain. Au contraire de Mizoguchi, Shimizu ne s’intéresse ni à l’épique, ni à la grandiloquence froide, ou noble, des personnes de la haute société traditionnelle japonaise. Pourtant il se distingue également d’un Ozu ou d’un Naruse, car il n’est pas totalement dans du shomingeki, ses histoires prennant plutôt place à la campagne qu’à la ville. Le charme de Shimizu, c’est une sorte de nostalgie désuète du bonheur, intemporelle. Le tragique y est toujours très banal, donc touchant, simple. Et si on joue des violons pour souligner l’émotion de la situation, on reste en dehors des excès, en se refusant aux élans impétueux, aux démonstrations de sentiments un peu trop prononcées, aux conflits frontaux. Chez Shimizu, on encaisse, et tel le pin qui vient de subir la tempête, on fait face. Inutile d’en rajouter : l’origine des petits ou des grands drames sont le plus souvent indépendants de leur volonté, on exprime peu ses émotions, et quand on décide de sortir de son mutisme, c’est pour comprendre l’autre, faire un premier pas vers lui. Quand Jiro boude, pourquoi s’étendre en explications et en bavardages ? Il boude et on sait déjà pourquoi, puisqu’on sait que tout commence par le refus chez lui d’accepter sa nouvelle situation, son nouveau foyer, sa nouvelle mère…

Ainsi, Jiro refuse d’abord de retourner chez ses parents après avoir été élevé chez sa nourrice, puis il s’oppose à l’autorité de sa mère, de son père, à ses camarades de classe ; il s’attache à la sœur d’un camarade dont l’odeur lui rappelle la femme qui l’a élevé avant de découvrir qu’elle est partie pour la capitale ; il doit affronter la maladie de sa mère après l’avoir enfin acceptée ; et s’opposer enfin à l’intrusion d’une nouvelle mère… Les vicissitudes initiatiques d’un enfant que l’on voudrait ordinaire, mais qui, dans son comportement montre tout le contraire.

Encore et encore le même principe. La même leçon cent fois répétée. Et la même idée dans ce petit jeu des initiations tant enfantines que parentales : les enfants ont à la fois besoin d’amour et de discipline. Mais surtout… d’amour. Les parents n’élèvent jamais aussi bien leurs enfants que quand ils en apprennent un peu plus sur eux, et sur leur rapport avec leur progéniture. Un enfant doit affronter l’autorité et parfois les manquements de ses parents ; les parents n’ont jamais appris à l’être, apprennent sur le tard, et finalement, c’est souvent plus la vie elle-même qui leur montre la voie. On subit toujours l’autorité de quelqu’un ou de quelque chose et la vie consiste à apprendre à l’accepter, y faire face.

Le plus amusant dans toute cette mise en scène du  bonheur idéal, c’est de voir les acteurs choisis pour incarner ses personnages tous aussi charmants les uns que les autres. Il y a de gros manques dans la distribution de référence sur IMDb et j’ai en tout cas de gros doutes sur certains acteurs (même s’il est vrai qu’ils ont tendance à se copier leurs mimiques). En tout cas, ce sont des personnages vus par ailleurs dans des rôles similaires et on ne peut pas imaginer une seule seconde qu’on ait affaire à autre chose qu’à des perles. La mise en scène de Shimizu aide aussi pour beaucoup parce qu’il sait à chaque fois, en début et en fin de scène, trouver des gestes, des attitudes, allant dans ce sens. Même l’acteur qui joue Jiro (en tout cas le premier, le plus jeune) offre en permanence une sorte de dignité et un détachement qui force à chaque fois le respect. On aura rarement vu au cinéma un enfant bouder avec une telle discrétion, une telle noblesse presque. Quand on le voit ainsi ronchonner en silence contre sa situation et qu’on voit avec quel genre de monstres il va devoir vivre, on rit presque parce que ce sont des anges. L’astuce est là, c’est une sorte de suspense tragi-comique : on sait parfaitement qu’il va reconnaître les qualités de ses nouveaux « parents » et hop, une fois fait, un nouveau drame. On n’a qu’une seule chose à lui dire tout du long : « Mais aime-les bon sang ! »

Et le dénouement est particulièrement réussi. Un bonheur simple, dans lequel on peut enfin s’épancher un peu après s’être tant retenu… Et quoi de plus simple comme bonheur que celui de voir un fils appeler sa mère… ? (La même année, toutefois, c’est la mère au contraire qui appelle sa fille, « Durga ! », dans la Complainte du sentier[2]…) Quelle mère ? Peu importe, celle que Jiro aura enfin acceptée. La mère référente, celle qu’on nomme par son nom. Shimizu évite le ton sur ton en ajoutant une note d’arrogance et d’impatience dans la voix de son jeune acteur ; et Jiro pourrait presque feindre l’innocence en voyant ses parents s’émouvoir de cette reconnaissance tant espérée (l’anagnorisis qu’on dit pour cacher ses larmes).

Ce qui est remarquable par exemple dans la description des rapports humains, c’est que quand deux garçons font face à leur maître qui attend d’eux qu’ils lui disent qui a commencé, il y en a un qui dit l’avoir fait, puis l’autre l’écoute étonné, attend de voir ce qu’il a dire, puis comprend que pour ne pas perdre la face (et l’honneur) il va devoir dire que c’est en fait lui. On se bat aussi parfois, mais il y a une scène magnifique de Jiro avec ses frères dans une sorte de mélange de jeu « à chat » et de provocation : les trois se toisent et se poussent la poitrine avant de ficher le camp comme des petits rats de l’opéra. De la mise en scène et rien d’autre.

Autre petite scène amusante qui résumerait presque à elle seule les personnages irréels de Shimizu. La grand-mère fait un peu la rapiate sur l’argent de poche de Jiro. Son frère lui demande combien il a en poche et Jiro ose à peine regarder. Le maître, tout près, lui conseille de vérifier et en effet, Jiro trouve cette fois la même somme que son frère. Les deux garçons vont alors s’acheter quelque chose. Et qu’est-ce qu’ils cherchent à s’offrir ? Un cadeau pour leur grand-mère. Sérieusement, ça existe de tels mômes ? Non*.

* l’ouvreuse me signale qu’il s’agit des habituels cadeaux qu’on offre à sa famille en retour de voyage, les omiyage, et qu’il n’y a donc rien là d’anormal.

À propos de la mise en scène, là où Shimizu est aux antipodes d’un Ozu par exemple, c’est qu’il multiplie (un peu parfois avec excès) les mouvements de caméra. Ses introductions procèdent presque toujours de la même manière, en glissant latéralement entre les pièces des espaces à vivre. Il utilise aussi abondement les travellings latéraux d’accompagnement. Et certains travellings avant sont d’une grande beauté, toujours réalisés dans le but de produire l’effet d’un zoom sur le visage d’un personnage (il y en a un notamment qui ferait presque penser à du Kubrick quand la caméra suit Jiro quittant ses parents, qui eux sortent de l’écran, et on le suit en train de partir dans la profondeur en jetant un regard interrogatif et hors champ, face caméra, vers ses parents). Le savoir-faire de Shimizu en matière d’échelle de plan est assez impressionnant : la préférence va au début pour les plans moyens, puis il se rapprochera si nécessaire en fonction de la tension, et avec des gros plans, rares mais pertinents, car souvent utiles à porter l’attention sur le regard du personnage plus que sur ce qu’il dit.

Un dernier point parce que je n’ai cessé de penser à ça pendant tout le film. C’est un peu comme si on revivait à chaque tableau l’introduction de Citizen Kane[3] où le jeune Charles Foster est abandonné par sa mère. Le film est comme un condensé de cette scène placée dans une boule à neige qu’on agite à chaque nouveau tableau pour relancer la machine : le jeune Jiro se fera-t-il abandonner encore une fois ? D’ailleurs, dans pas mal de séquences, Shimizu place Jiro au second plan — parfois hors champ, on sait qu’il est là — en train d’écouter les personnages au premier plan. Le jeu de regards, et parfois de cache-cache, dans tout le film est tout bonnement prodigieux (la scène où sa nourrice le laisse au début, montrée en un seul plan, et jouant du travelling latéral sur des personnages qui se quittent sans se voir, c’est une merveille ; moi qui suit en général assez peu sensible aux mouvements de caméra — en un seul plan en plus —, ici c’est bluffant parce que la caméra suit littéralement le départ de la nourrice après avoir introduit la séquence sur Jiro, se cachant pour pleurer, écouter, et se fond presque dans un jeu de cache-cache à l’appel de ses frères…, puis, même principe que la scène qui viendra par la suite et décrite plus haut, la caméra suit la nourrice d’un travelling latéral qui se fait dans la profondeur quand elle se décide à partir par la porte de derrière, et toujours, elle regarde ou espère apercevoir Jiro hors champ, tandis qu’elle est face caméra).

Une merveille ce Shimizu.

Les deux scènes en question quasi similaires :

https://youtu.be/4-BMVYgri9U ? t=11m54 s

https://youtu.be/n3PkmximS2A ? t=1m4 s

Frère aîné, sœur cadette, Mikio Naruse (1953)

De la noblesse des pestiférés

Ani imôto Frère aîné, sœur cadette, Mikio Naruse (1953)Année : 1953

Vu le : 26 Septembre 2013

Revu le : 22 septembre 2016 à la tek

 

10/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Mikio Naruse


Avec :

Machiko Kyô, Masayuki Mori, Yoshiko Kuga


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J’avais pourtant une envie d’ailleurs, j’ai horreur de finir un travail, et la filmographie de Naruse, j’hésitais à la finir… Il me restait quelques films, pas forcément emballé, j’hésitais. Sauf que je vais bien devoir les voir, parce que celui-ci est magnifique.

Du Naruse pur jus. Les liens familiaux, les petites gens, les prostituées de l’ancienne ou de la nouvelle génération. Il est très peu fait mention de prostitution, mais si les jolis kimonos et l’allure ne trompent pas (voire les délicates prières d’une mère à sa fille qui lui demande d’éviter de trop boire…), le terme n’est jamais employé. Parce qu’on est bien loin des maisons closes, des quartiers des plaisirs ou des bars à hôtesse. Tokyo est de l’autre côté de la rivière apprend-on. À la fois si loin et si proche. Ici, c’est la campagne, l’antichambre de la ville grouillante où tout se passe. L’idée n’est pas si éloignée de celle de Suzaki Paradise[1] où la caméra était posée autour d’une boutique à l’entrée du quartier des plaisirs, et où venait s’échouer diverses filles, les mêmes décrites dans la Rue de la honte[2]. Quand les prostituées arrivent (et repartent parfois) de la campagne, eh bien on y est là. On est à l’origine du monde, celui des filles de joies, perdues, pour qui les lanternes rouges des quartiers des plaisirs apparaissent comme un dernier recours de survie.

La société campagnarde n’est pas moins stricte que celle souvent décrite dans les villes. Une fille engrossée avant le mariage, ça reste un scandale, un déshonneur, et ça décide de la trajectoire de toute une vie…

L’entrée en matière est assez lente. C’est qu’il en faut du temps pour présenter le parcours de toute une fratrie. On commence par le père d’ailleurs, ronchon, désabusé, agressif. Le récit brouille les cartes en ne nous révélant pas tout à fait les raisons exactes de ses bougonneries. Et puis, arrive une des sœurs. Sa trajectoire pourrait devenir celle de sa sœur aînée qui est déjà passée de l’autre côté. Elle est très éprise d’un garçon, mais ses parents lui font vite comprendre qu’étant la sœur d’une fille peu recommandable, il ferait mieux de regarder ailleurs… Est-ce qu’on est enfin là où on devrait être ? au cœur du récit ? au sein du drame que toute histoire se doit de présenter ? Pas tout à fait, pas encore. On tourne autour du pot, on essaie de comprendre. On y vient petit à petit. On présente alors la mère, et enfin le frère aîné ; puis, on revient à la sœur cadette, pour faire traîner l’apparition de l’aînée.

Elle arrive alors, avec ses manières d’hôtesse de bar. On décrit ses relations avec tous les membres de la famille, et on se concentre enfin sur sa relation avec son frère. Ils sont comme d’anciens amants, se chamaillent, et sont plutôt vulgaires quand on les compare aux autres membres de la famille. Enfin le sujet est là : la fille est en cloque et, bien sûr, c’est un drame, parce qu’il n’y a pas de père.

Pendant près d’une heure, le film flirte ainsi sans prendre frontalement le problème. Même quand le “père” de l’enfant à naître, un étudiant de la ville, vient pour présenter ses excuses, tout est dans l’art de l’évitement. La sœur aînée est déjà repartie sans laisser d’adresse. Elle revient, parfois… Dans cette séquence avec l’étudiant venu de la ville, le frère et le père voudraient l’insulter, créer un esclandre pour le remettre à sa place, mais le garçon est trop bien élevé pour ça, ils ne s’attendaient pas à ça. Le frère lui donne deux ou trois baffes et lui dit bien toutes ses vérités, mais c’est surtout l’occasion pour nous de découvrir à quel point lui et sa sœur étaient proches, à quel point il a pu souffrir de la voir le quitter… On est toujours sur le fil du rasoir : il montre qu’il le déteste, mais il finit par lui montrer gentiment (et après l’avoir battu) comment rejoindre l’arrêt de bus pour retourner en ville. L’art du détail, et du contrepoint.

Arrive le finale, magistral. Ellipse. Plan sur l’eau dans la rivière, le vent dans les herbes, et la petite musique : un classique pour exprimer le temps qui passe. Et là, attention, ça ne rigole plus. On ralentit le rythme, on arrête la musique, on suit chacun des personnages arrivant chacun de leur côté, placés comme autant de pièces d’échec pour la « scène à faire », tout cela en montage alterné. Des petites séquences de vie où rien ne se passe, sinon la pesanteur du temps présent, étouffé sous un passé trop lourd. C’est aujourd’hui jour de fête, on ne le sait pas encore, on va le découvrir, comme d’habitude, pas la peine d’expliquer, le spectateur finira par comprendre au fur et à mesure. Voilà pourquoi tous les membres de la famille vont se retrouver. Les deux sœurs, si différentes l’une de l’autre. Celle qui a maintenant la beauté criarde et vulgaire des geishas de la ville voisine, et l’autre qui y a échappé, en renonçant à son homme, lâche, comme toujours, et qui a finit par se marier avec une fille de meilleure famille. Toutes deux retrouvent leur mère. Malgré leurs différences, leurs différends, le temps qui passe… c’était comme si rien n’avait changé. La simplicité de l’amour familial. Désintéressé, confortable. On n’est jamais aussi bien que chez maman. Le temps passe avec ses banalités de la vie quotidienne. C’est ça que veut nous montrer Naruse : retrouver la simplicité de tous les jours quand tous étaient heureux, peut-être. Toujours pas de musique, parce que la musique, c’est comme le souffle du spectateur, il réagit à ce qu’il voit, et là on ne sait pas encore ce qu’on fait là : il ne se passe rien. On attend, et plus le temps s’éternise, comme dans un Leone, plus l’ambiance se fait lourde car on sait comme dans un Tennessee Williams que les relations vont tourner à l’orage. Eux sont encore à l’aise, ou font semblant de l’être, mais on ne respire plus. La musique qui s’est arrêtée, on l’a dans la tête, redondante, comme les vrombissements lourds, presque muets, discrets, qu’on entend dans Blade Runner quand on monte avec Roy Batty et Sebastien dans l’ascenseur pour retrouver Tyrell… On attend avec crainte cette explosion dont on comprend qu’elle veut venir. Et elle vient, bien sûr, quand le frère réapparaît en rentrant du travail (un travail dur, honorable, authentique et physique, pour trancher avec le métier jugé facile de la sœur). Il se vante d’avoir battu l’étudiant qui l’avait engrossée le jour où il était venu s’excuser. Elle ne le supporte pas. Comment peut-on être assez brutal pour frapper quelqu’un qui vient s’excuser… On comprend que la vulgaire hôtesse de bar, elle l’aimait son homme. La désillusion vue de la ville, face au déshonneur vu de la campagne. Ce ne sont pas des sauvages, mais des êtres blessés, désespérés d’avoir perdu ce qui les liait les uns aux autres. Naruse n’insiste pas. C’est un mélo tout en délicatesse. Il a montré où il voulait en venir. Et la musique peut resurgir, doucement. On peut respirer. C’est fini maintenant.

Une des dernières images résume assez bien le ton du film. Tout le village se retrouve autour de la rivière lors d’un festival des lanternes. La sœur cadette (la sérieuse) venue avec sa mère, reconnaît près d’eux le garçon qu’elle aime tout fraîchement marié accompagné de son épouse. Comment aborder cette situation ? Comme l’herbe soufflée par le vent : un sourire poli à sa mère pour lui montrer qu’il n’y a pas de mal, et elle lui propose simplement d’aller plus loin. L’art de l’évitement. Ce que n’a probablement pas réussi à faire sa sœur, trop attirée par les hommes, et par tout ce qui brille…

À signaler tout de même, un rôle très inhabituel pour Masayuki Mori qui joue ici le rôle du frère. Peut-être un peu vieux pour le rôle, et pourtant, très convaincant dans son rôle de brute bougonne qui est bien le fils de son père. Et l’ironie, c’est qu’il joue ici avec Machiko Kyô. Tous deux jouaient la même année pour Mizoguchi dans Contes de la lune vague après la pluie… Ce sont les deux qu’on voit sur cette fameuse affiche, l’une reposant sa tête sur l’autre. Cela renforçant donc un peu plus l’impression suggérée pendant tout le film d’une sorte de relation incestueuse entre les deux. Leur interprétation, comme celle de tous les acteurs, est d’ailleurs remarquable. Quand on laisse autant de liberté, de temps, à des acteurs pour s’exprimer, quand ils sont bons, voilà ce que ça donne. Des détails qui tuent, de la subtilité, de la précision. Le plus souvent, ils n’ont rien à faire. Juste à adopter une humeur et à se laisser regarder. Le génie de la simplicité. Facile, évident, comme l’eau des rivières.

(Remake d’un film de Sotoji Kimura (1936) que Naruse s’est lui-même proposé de réaliser.)


[1] Suzaki Paradise

[2] La Rue de la honte

Cette belle vie, Mikio Naruse (1944)

Naruse en campagne

Tanoshiki kana jinsei

Année : 1944

Vu le : 1 Septembre 2013

8/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Mikio Naruse


Avec :

Kingorô Yanagiya, Hisako Yamane, Entatsu Yokoyama


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Avant d’adapter Fumiko Hayashi en 1951 avec Le Repas[1] et de continuer à s’intéresser aux couples, à la famille, voire aux geishas, parfait symbole de la transformation de la société japonaise, dans un style entre mélo et réalisme, Mikio Naruse semble avoir tourné pendant la guerre principalement des comédies légères (peut-être pour éviter de devoir faire des films propagandistes comme Toute la famille travaille ou A Mother Never Dies, même si les comédies à leur manière peuvent être considérées comme des films de propagande vu qu’ils entretiennent le moral des troupes ou des familles…). C’était en tout cas le cas avec Les Acteurs ambulants[2] et Hideko receveuse d’autobus.

On retrouve le même principe que dans Les Acteurs ambulants. Dans un petit village de campagne, un marchand (ambulant) s’installe dans une boutique. Habitants et commerçants, d’abord sceptiques voire irrités de son arrivée et de la concurrence, étonnés de son comportement étrange (le marchand proposant services et conseils en tous genres), finissent par adopter ses conseils de bon sens et de joie de vivre. Parfois des inconnus venant de la ville demandent à le voir, laissant suggérer qu’il est un escroc ou un illuminé. On n’aura jamais la réponse : le marchand s’éclipsant aussi vite qu’il était arrivé.

Peut-être y a-t-il une subtilité, un indice qui expliquerait qui est cet homme et sa petite famille, mais finalement, ne rien y comprendre apporte un sens presque universel à cette histoire toute simple. Lui et sa petite famille n’ont qu’un souci, rendre les gens heureux autour d’eux, faire qu’ils apprennent à mieux vivre ensemble et respecter les petites choses du quotidien comme ce qu’offre la nature (un peu écolo dans l’âme). Ces gens de la ville (image étrange de cette voiture noire stationnant dans cette rue du village) sont comme la fatalité, le sort, qui voudrait s’abattre sur tous ceux qui voudraient répandre le bien autour d’eux… C’est l’époque qui veut ça : deux ans plus tard Capra fera La vie est belle.

Il y a un peu de Capra dans cette histoire, c’est vrai, même si on est loin du rythme imposé par la comédie américaine. On y retrouve la même célébration des valeurs des petites gens, la même absurdité et légèreté de Vous ne l’emporterez pas avec vous. Le rythme, lui, ou le ton, sont plus conformes à ce qu’on trouvait avant guerre chez René Clair (Sous les toits de Paris ou le Million par exemple, et dans le même ton, il reprend l’idée de l’introduction dans Love Me Tonight quand Paris se réveille au rythme des objets de la vie quotidienne). Il faut aussi penser bien sûr aux films de Shimizu de la même époque.

Assez réjouissant, simple et charmant. À ranger dans une boîte avec Les Acteurs ambulants et Hideko, receveuse d’autobus.

Une femme indomptée, Mikio Naruse (1957)

Arakure (Untamed Woman)

ArakureUne femme indomptée mikio naruse 1957 Arakure (Untamed Woman)

Année : 1957

Vu en janvier 2013

8/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Mikio Naruse


Avec :

Hideko Takamine, Ken Uehara, Masayuki Mori


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Limeko – Japanese films

Naruse retrouve son trio de Nuages flottants[1] (Takamine, Mori, et Mizuki pour l’adaptation). On retrouve les thèmes de Naruse : la transition du Japon traditionnel à une société occidentalisée (l’époque du début du XXᵉ est propice avec l’arrivée des inventions occidentales et la mode des vêtements qui va permettre au personnage de Takamine de s’enrichir), la lâcheté (ou la frivolité et l’incompétence) des hommes. D’habitude abonnée aux rôles de femmes qui tient tête, ici Hideko est servie, mais pour une fois, elle joue une servante de la campagne, adoptée, et qui va chercher à élever son statut. La vulgarité du personnage, son audace, son tempérament presque masculin n’est jamais antipathique parce qu’elle y apporte une touche de nuance et d’humour.

Comme c’est une habitude, les événements s’enchaînent à une rapidité  folle ; à chaque scène une nouvelle situation, et les scènes font parfois moins de trente secondes. Ce personnage féminin, c’est une sorte de Scarlett des campagnes. Sauvage, comme l’indique son titre.


[1] Nuages flottants

La Randonnée, Nicolas Roeg (1971)

Whatabout?!

WalkaboutWalkaboutAnnée : 1971

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Réalisateur : Nicolas Roeg

 

Note : 6

 

Vu en Juin 2012

Mais où tout cela nous mène-il ? Dans tous les films de Nicolas Roeg, c’est la même question qui revient sans faille. Pourtant, c’est probablement son meilleur film.

Pourquoi fais-tu des films, Nicolas ? Où veux-tu en venir ? Regarde-moi, Nicolas : je crie dans le désert, je te cherche et je n’y trouve rien ! Veux-tu faire un spectacle en multipliant les belles images et les situations cocasses ou étranges ? Ai-je raté un message subliminal dans tout ce vide sidérant ? Parce que de message, il semble y en avoir un, mais tu sembles t’y accrocher au dernier moment comme un mauvais acteur jouant un naufragé se rappelant tout d’un coup qu’il serait temps de jouer la soif. La fin arrive, bizarre, mystérieuse, hors sujet… Et je me demande à quoi tout cela à bien pu servir.

Est-ce un remake de 2001 l’odyssée de l’espace transposé dans le bush ? Pourquoi pas, de la poésie. Mais dans ce cas, il faudrait me convaincre par la seule force des images et des évocations. Et malgré tous les efforts pour faire joli, ça ne me convainc pas. La demoiselle est certes jolie, mais il y a comme quelque chose de détestable à la voir flirter avec cet indigène. Ça rappelle l’Oiseau du paradis[1] de King Vidor. On inverse seulement le sexe des protagonistes. Une adolescente se perd dans le désert, et passé quarante heures, elle rencontre l’homme sauvage, le vrai, l’unique… Fantasme sexuel digne de l’esprit colonialiste. Bien sûr, il ne se passe rien : les jeunes filles ne rêvent pas de sexe, mais d’exotisme et d’authenticité. Pour te défendre d’y voir l’expédition sexuelle d’une petite Blanche dans le bush, tu lui adjoins un petit frère pour tenir la chandelle. Je préfère songer encore que cette scène finale évoque un rêve.

Alors, si c’est de la poésie, la question est : faut-il convaincre quand on poétise ? La lenteur, le bizarre, l’incommunicabilité ne vont pas d’eux-mêmes instaurer un climat propre à fasciner le spectateur. La perception des images proposées risque d’être différemment interprétée. Et dans ma perception à moi, le plus souvent, il faut donner un sens à ces compositions, une unité, une raison d’être. Et on ne se refait pas, même la poésie selon moi doit passer par le récit. Or, ce que j’y vois (ou ressens), dans ce catalogue d’images belles et exotiques, c’est surtout une histoire linéaire, plate, sans enjeu et sans but. Un fait divers sans saveur, tiède et sec. Une errance peut-être, un rite du passage de la vie d’enfant à celui d’adulte, ou de la vie civilisée à la vie sauvage… Peu importe, c’est le brouillard. Des pistes sont lancées à la volée, telles qu’elles se présentent, comme dans un rêve, et on brode dessus, prétendant proposer une réflexion muette sur le monde ou… je ne sais quoi. Ça ne me convainc toujours pas.

Dans mon expérience de spectateur (et chacun a probablement sa théorie sur la question), je reconnais le talent d’un artiste (d’un écrivain, d’un cinéaste, d’un raconteur d’histoire…) à sa capacité à répondre à une question simple : sait-il à tel instant pourquoi il fait telle chose, et pourquoi il le fait de tette manière plutôt qu’une autre ? Ça m’a toujours semblé être la direction qui comptait. Je peux ne pas y adhérer, mais si j’écoute, si je regarde ou si je lis, je veux comprendre pourquoi je suis là. Même en poésie : s’il s’agit de mettre en scène une danse des fourchettes, je comprends de quoi il s’agit, même s’il y a peu de chance que ça me passionne ou que je comprenne en détail. Il faut un sujet. Un but. Si c’est pour poser son cul sur une chaise à bascule et écouter, regarder le paysage, parler du temps qui fait et rêver, c’est une faculté partagée par tous. Parce qu’au fond, c’est dans la capacité de chacun d’imaginer des histoires (c’est bien pour ça que le film ressemble tellement à un rêve), créer des personnages séduisants, deux ou trois idées qui valent le détour, quelques répliques bien senties, ou bien planter sa caméra sur un paysage et s’émerveiller de la beauté du monde… Tous tes films, mon cher Nicolas, sont des errances d’images statiques et sans profondeur. De simples captures du monde, de la folie, de l’étrangeté. Le regard porté sur le sujet est inexistant. Tu promènes ta caméra dans des situations étranges, tu captures ce qui sort de l’ordinaire, mais ça reste un cinéma de carte postale. Les panoramas, les situations ou les idées se multiplient sans cohérence et sans but. Un artiste donne à voir ; toi, tu ne cesses de regarder ce que tu produis sans apporter une valeur, un regard, un angle à ce que tu nous renvoies. Certes oui, la tentation est grande de se laisser attirer par tout ce qui brille. « Ah tiens, ça c’était intéressant, je le garde ». Non. Si ça sort de l’idée directrice qu’on veut donner à son œuvre, il faut être capable, aussi séduisante soit cette idée, d’en faire le sacrifice. Il ne faut pas se laisser distraire : raconter, c’est être obstiné par un seul objectif. C’est idiot à dire, mais on ne raconte qu’une seule histoire à la fois. Mais c’est idiot aussi : quand on n’a pas d’histoire, on est prêts à s’intéresser à tout et n’importe quoi. Tout ce qui se présente à nous apparaît alors comme un miracle, une bouée de sauvetage. L’imagination pousse aux excès, à l’improvisation ; et au contraire, le talent, c’est la force de l’artiste à renoncer à ces facilités et à ces fulgurances.

Je suis gentil. Je mets un 6. Parce que grâce au désert et à un joli minois, j’ai au moins pu reluquer les décors. Ce qu’on ne trouve pas dans tes autres films, mon petit Nicolas…

Pour voir un bon film situé en Australie, mieux vaut regarder Wake in Fright, la même année.


[1] LOiseau du paradis