Rébellion, Masaki Kobayashi (1967)

L’Affront hirsute

Rébellion

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Jôi-uchi: Hairyô tsuma shimatsu

Année : 1967

Réalisation : Masaki Kobayashi

Avec : Yôko Tsukasa, Gô Katô, Etsuko Ichihara, Tatsuya Nakadai, Tatsuo Matsumura

Je suis partagé entre deux choses en voyant le film. D’une part, la maîtrise formelle et technique de Kobayashi émerveille le regard à chaque seconde de pellicule : ce cinémascope (ou Tohoscope) aussi large qu’un tatami, cette profondeur de champ, ces mouvements de caméra en travelling d’accompagnement pour accentuer ou non une émotion, ces plongées vertigineuses… La maîtrise est totale. Kobayashi utilise tous les effets disponibles dans la réalisation d’un film, et surtout, tous ces procédés mis savamment en œuvre servent l’histoire. On ne se dit jamais qu’il en fait trop ou pas assez : chaque choix de réalisation, chaque angle de caméra (même quand il la penche) semble être une évidence quand on la voit. Il y a en plus une beauté plastique certaine, dans les cadrages un rythme parfaitement calculé dans le montage, et une précision dans la direction d’acteurs qui devient belle dans son économie : on est presque dans la beauté stricte, hiératique et apaisante d’un jardin japonais. Bref, on ne peut pas rêver meilleure mise en scène pour présenter une histoire.

Le hic, et c’est là où j’aurais une réserve sur le film, le traitement de l’histoire telle que présentée ne me semble pas être d’un intérêt optimal. L’angle traité est soit curieux soit étranger à mes canons, mes attentes, mes goûts, ou mes conceptions du récit. La fable est forte, une de celles qu’on raconte aux enfants, sur un vieux samouraï devenu trop docile avec ses seigneurs et qui se rebelle pour que son fils n’ait pas le même destin que lui : marié à une mégère qu’il n’a jamais aimée. Il finira par ne plus obéir aux caprices de ses seigneurs et à y laisser la vie.

Sur le papier, ça fait envie. Le tout, ensuite, c’est de transcender la petite histoire. Passer de la fable, de l’idée, à une conception dramatique qui obéit plus ou moins toujours aux mêmes codes. Et là, problème, le scénario ne transcende rien du tout. Le canevas suit une logique tracée à l’avance et ne fait que reproduire événement après événement le cheminement d’un samouraï qui ne souhaite plus obéir aux absurdités du pouvoir seigneurial. Ça se limite au récit de ce qui aurait pu être un simple fait divers, et si l’idée était d’y suggérer une certaine fuite comme l’inéluctabilité d’un échec, façon tragédie écrite à l’avance, pourquoi pas, mais ce n’est pas ce qu’on ressent ou ce qui est annoncé. Un assemblage d’événements, ce n’est pas ce qui fait une grande histoire. Si toute fable a sa morale, gonflée à l’échelle du film, que nous dit-elle ici ? Qu’il faut cesser d’obéir à des idiots et qu’il faut se laisser guider par l’amour, ne plus être loyal envers un seigneur mais envers ceux que l’on aime… OK, ce sont de bonnes intentions, mais ça ne va pas bien loin, on frôle même le poncif. Ça manque de contradictions, d’oppositions, de doutes, de revirements, puis de passion, qui donnerait une légitimité ensuite à retomber dans la facilité d’une telle morale. La trame de l’action, elle est là, ce qui manque, c’est une mise en relief de la fable à travers la psychologie des personnages : ce sont eux qui doivent apporter ces contradictions, ces doutes, pour qu’on puisse refaire le même chemin qu’eux, et à travers l’identification, retrouver la logique de la fable. Là, le chemin intérieur du personnage principal est réduit au strict nécessaire, et rien autour de lui ne vient alimenter ses doutes ou contrarier ses convictions premières. On sait qu’on doit aller d’un point A à un point B, et on n’y va pas par quatre chemins. Les revirements, on les trouve une ou deux fois dans ces diverses péripéties, mais jamais à l’intérieur même d’une scène pour instaurer un peu d’incertitude dans tout ça. Résultat, pas de tension et les événements se succèdent froidement les uns après les autres. D’un côté, la fuite (ou l’inéluctabilité de la fin) donne un certain rythme au film, mais ça le fait également tomber dans une platitude qui se traduit pour le spectateur par de l’indifférence (sans le formalisme exceptionnel, le film ne s’en tirerait pas si bien).

Rébellion, Masaki Kobayashi 1967 Jôi-uchi Hairyô tsuma shimatsu | Mifune Productions Co. Ltd., Toho Company

Manque alors un angle, un point de vue, une vision, qui aurait su me saisir. L’histoire en elle-même n’est pas suffisante, il faut que les personnages nous épatent, sortent de l’ordinaire, nous égarent, nous interrogent, nous bousculent. La rébellion n’est pas une vertu. Ce n’est pas ça qui montre la grandeur d’un homme. Un chien peut se rebeller contre son maître comme il peut lui être loyal… La vertu, elle est dans le renoncement. Or si le personnage principal est déjà au bout de cette logique au début du film, il n’a plus rien à apprendre, et il n’y aura que les puceaux de la justice pour s’émouvoir de l’implacable subversivité du vieux encore capable de se rebeller contre ses chefs (ou ses pères). Le sujet de la rébellion pouvait être intéressant, s’il était un peu creusé et menait à une finalité plus sage ou plus tragique ; si par exemple, on suggérait l’ombre du doute ou d’un quelconque autre conflit intérieur, dans le personnage de Mifune. L’autre angle possible, celui de la loyauté amoureuse (rester loyal envers l’être qu’on aime — une situation qu’on rencontre rarement aujourd’hui dans des sociétés occidentales) aurait été intéressant s’il avait été plus approfondi : car on ne croit pas une seconde à l’amour entre ces deux amants. Ce n’est pas tout de dire qu’ils s’aiment après avoir effectué un mariage arrangé. Pour y croire, il faut montrer le cheminement, la naissance de cet amour, ses doutes. L’identification à ce couple, notre compréhension de la situation, passe par ce passage obligé. Là, quand ils meurent à la fin (désolé pour la spoilade), on s’en tape, parce que si on sait qu’ils s’aiment parce qu’on nous l’a dit, on ne peut pas y croire parce qu’on ne l’a pas vu. Comme on dit, il n’y a que des preuves d’amour… En dehors de la mise en scène donc, tout manque de relief. Le plus significatif de cette platitude reste les dialogues… Avec des situations tiraillées entre amour et devoir (ou honneur), on aurait pu être chez Corneille, mais les dialogues ne révèlent rien de la personnalité de personnages, de leurs doutes, leurs contradictions, ni même de leurs peurs ou de leurs interrogations… Si on enlève tout ça qu’est-ce qui reste ? Des dialogues froids du genre : « Si vous forcez le passage, je devrais vous retenir au péril de ma vie ». Réponse de Mifune : « Je n’y peux rien. » On dirait des dialogues d’une série de dessins animés le mercredi après-midi.

Au moins, ce film, m’aura peut-être fait comprendre ce que reprochait Kurosawa à Mifune dans Barberousse (et à tort à mon avis). Il trouvait qu’il jouait le personnage de Barberousse trop durement, de manière trop sèche. Et c’est vrai qu’on verrait mal Mifune jouer dans un autre registre que celui-ci. Quel que soit le personnage, il joue invariablement l’autorité, l’antipathie (tout le contraire de Tatsuya Nakadai, qui interprète ici un samouraï qui fait plus vieux que son âge — jouant de la moue pour le vieillir et le durcir — alors qu’il jouait les gendres idéaux chez Naruse et les samouraïs plus lumineux — mais pas moins pervers — chez Kurosawa — je pense au Garde du corps avec son petit air suffisant le flingue à la ceinture). Or, si ça donnait justement du relief au personnage médecin au grand cœur dans Barberousse, là, il faut bien avouer que ça n’apporte rien du tout, et qu’au contraire, on perçoit peut-être un peu mieux comme ça l’aridité des dialogues.

Ça reste un film agréable à suivre, même s’il manque une certaine grandeur épique au récit, une beauté d’âme, une sagesse capable de transcender le mouvement prévisible des événements… L’idéal, c’est de suivre une histoire et des personnages, d’avoir un angle sur le sujet. Là, on n’a que l’histoire, le fait divers devrais-je dire…, et la beauté formelle, le génie, de la mise en scène de Kobayashi. Une beauté figée, un élan coupé.



Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1967

Top films japonais

Liens externes :


Le Poignard volant, Chu Yuan (1977)

Le grand sommeil

Le Poignard volant

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Duo qing jian ke wu qing jian

Année : 1977

Réalisation : Chu Yuan

Avec : Lung Ti, Li Ching, Tung-Shing Yee

Je n’en finis pas d’être déçu par les films de la Shaw brothers…

Rarement vu un film aussi mal fichu. Pourtant les moyens sont là : beaux costumes, reconstitutions des extérieurs en studio (qui inspireront sans doute Tarantino pour Kill Bill volume 2), une vedette… Mais le scénario, c’est vraiment n’importe quoi. Il y a presque autant de personnages que de séquences. Chacun doit à peine balancer deux lignes de dialogues en moyenne, et souvent c’est une ligne pour dire qui il est, et une autre pour faire une révélation sur qui il est vraiment ! Une fois les préliminaires verbaux achevés, on se lance dans des bims et des bangs d’une platitude sans fin, on croirait le tic-tac d’un réveil…

Au début on a bien droit à deux ou trois scènes dialoguées, mais on n’y comprend que dalle. Ils sont tous à la recherche d’une cotte de mailles en or (ce qui est, soit dit en passant, une très mauvaise idée, l’or étant un métal mou), mais on ne sait pas pourquoi et puis très vite on entre dans des histoires annexes qui nous font perdre le fil. Ironiquement, la mise en scène veut nous aider à y voir clair au milieu de tous ces personnages en accompagnant chacun des nouveaux arrivants d’une incrustation avec son nom. Pour se rappeler des noms chinois, merci ! La même scène se répète en fait à l’infini : le héros arrive dans un lieu et à l’écran, d’un bond (genre Bioman), il dit deux mots au type qu’il vient voir, qui finit donc par lui révéler son secret qu’il cache depuis le début (et dont on se balance parce qu’on ne l’a pas revu depuis perpète et qu’on le mélange avec deux ou trois personnages qu’on croyait déjà morts — ils se ressemblent tous avec les perruques et leur robe). Vient alors la baston (au moment où on commence à bailler), et un autre personnage sorti du bord hors-champ de l’écran se pointe, après un bon de trois mètres, toujours (j’exagère à peine si je dis que la mise en scène y rajoute un zoom rapide sur la gueule du type genre : « Ta-da ! salut c’est moi : Bebel… »). Lui aussi a des révélations à faire : « Hé, les mecs ! Arrêtez de vous battre, je file ma cotte de mailles à celui qui saura retrouver dans quelle scène je suis apparu ». Le personnage principal ne s’y attendait pas du tout (nous non plus et pour cause : il semble tout droit débarquer du tournage du studio d’en face). On se dit que c’est soit un copain qui vient l’aider soit un nouvel ennemi. Baston à trois, c’est plus joli, mais je commence à craindre la scène de la double pénétration. Le méchant agonise (moi aussi), et en mourant révèle le nom de celui qui se cache derrière tout ça. Et là j’ai cru m’étouffer quand l’un d’eux révèle que le personnage tant redouté était celui à qui il le soufflait à l’oreille…, le héros du film… C’est trop compliqué ? En fait le méchant serait en fait le gentil ! — Voilà pour ceux qui arrivaient à comprendre jusque-là (dont je ne fais pas partie). Je crois que tout le monde a renoncé à y comprendre quelque chose même ceux qui prétendent avoir tout compris du Grand Sommeil.

Le Poignard volant, Chu Yuan 1977 The Sentimental Swordsman 多情劍客無情劍 | Shaw Brothers

Après, il y a des variantes subtiles (incompréhensibles) dans le scénario, avec des astuces qui veulent mettre en évidence « l’intelligence » du héros. Évidemment, si le scénariste est un crétin, ça risque de tomber à l’eau et la vraisemblance risque d’être sérieusement titillée.

On a donc notre héros qui se rend à Shaolin (ça, j’avais compris, mais pourquoi, c’est une autre histoire) en compagnie de guignols qui le suivent depuis la dernière scène et qui jouent par rapport à lui les rôles des personnages braves mais bien moins rusés que le héros (comprendre : ils sont vraiment très cons). Toute cette joyeuse bande est poursuivie par le terrible « Cinq-Venin » qui cherche à les empoissonner. La bande arrive dans une sorte de village dans les montages et tous ont faim, mais ils se refusent à manger quoi que ce soit, car ils savent que « Cinq-Venin » est à leurs trousses (déjà ça c’est à la limite de la vraisemblance). Arrive alors un vieux monsieur qui vient s’asseoir près d’eux et qui entame son dîner : des brioches, qui mettent en émoi les aventuriers affamés. L’un d’eux paie quatre ou cinq fois le prix des brioches au vieux monsieur qui repart tout content dans sa baraque. Le brave s’apprête à engloutir les blanches brioches, mais là, le héros, fait « na, na, na, nous je suis le rusé : les brioches sont empoisonnées ! » Comme par hasard à cet instant un pauvre clébard errant passe par là (j’ai même cru l’avoir vu siffler, incognito). On lui file la bouffe, le clébard meurt. Le héros, tel Columbo, prédit que le vieillard qui s’est réfugié dans une baraque s’est enfui et même que la baraque est vide. Gagné ! (Là on est un peu comme après le tour d’un magicien après qu’il a découvert par son extra-lucidité la carte qu’on a piochée). Pas le temps de se reposer, sans transition, de l’autre côté de la rue, des enfants sortent de l’autre baraque du village (c’est un tout petit village : il n’y a que deux baraques, et on sait déjà que la première est inhabitée) et font une scène à leur mère parce qu’ils ne veulent pas manger la soupe qu’elle leur a présentée. Patatras, le même type pas très fute-fute (la faim rend bête sans doute) vient proposer le reste de son magot à la famille pour lui échanger les deux bols de soupe contre des brioches qu’il vient de prendre à un marchand ambulant qui passait comme par hasard par là (lui aussi doit aimer venir se promener au milieu de nulle part en sifflant). Na, na, na, fait le héros, mais c’est trop tard son compagnon a déjà englouti les deux bols de soupe. Il commence à avoir le sang qui coule de ses yeux, le héros reste stoïque car seul lui importe le fait qu’il avait raison et il part à la poursuite de la famille pour prouver dans une implacable démonstration, qu’il n’y a personne, non plus, qui habite dans cette baraque. Quand il se retourne vers son compagnon pour voir si à présent il le croyait, notre héros n’aura jamais la réponse ou la satisfaction de voir son ami lui dire qu’il était le plus rusé, car il était déjà mort. Vraiment pas de chance ! — En même temps, il y a des personnages nouveaux pratiquement à chaque scène alors si on n’en tue pas en gros… à chaque scène, on ne s’en sort pas.



Liens externes :


Les Dents du diable, Nicholas Ray (1960)

Inuk, l’Esquimau

Les Dents du diable

the savage innocent

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : The Savage Innocents

Année : 1960

Réalisation : Nicholas Ray

Avec : Anthony Quinn, Yôko Tani, Peter O’Toole

Ça spoile large et sec, vous êtes prévenus.

Anthony Quinn, qui a dû jouer une cinquantaine d’ethnies différentes tout au long de sa carrière, est Inuk l’Esquimau. Chasseur solitaire, Inuk est à la recherche d’un gibier plutôt rare dans le grand nord : une épouse. On lui présente deux filles accompagnées de leur mère, mais Inuk tarde à choisir ; quand il se décide enfin, un autre est déjà parti avec la fille. Il part alors sur la banquise à leur poursuite, en traîneaux, en embarquant l’autre fille et sa mère… en guise de troc. On ne s’embarrasse pas avec le folklore chez les Esquimaux : « Tu veux être ma femme ? OK, tiens je donne ça à ta mère… ─ Non, tu veux pas ? OK, je prends ta sœur… »

Inuk les retrouve très vite mais au dernier moment il change encore d’avis et préfère repartir avec l’autre fille. Inuk ne sait pas ce qu’il veut. L’autre chasseur lui dit qu’il peut prendre l’une ou l’autre, pour lui, c’est du pareil au même… Inuk est embarrassé. Il hésite, et repart avec celle qu’il ne voulait pas au début… et la mère. Toujours la mère.

Les Esquimaux sont simples et naïfs. Ils sont toujours en train de rire. Et leur langage est unique. Ils ne connaissent pas le “je”, ils parlent d’eux-mêmes à la troisième personne en disant « cet homme ». Pour parler d’une autre personne, ils n’ont pas plus de pronoms, ils disent : « Cette femme inutile ». Ils se décrivent au lieu de s’identifier. C’est charmant.

Alors que Inuk chassait l’ours polaire, un autre Esquimau tue l’animal avec un fusil. D’abord apeuré, Inuk souhaite très vite posséder la même arme. L’autre chasseur lui dit qu’il y a des hommes blancs qui en échangent contre des peaux de renards. Pendant toute une année, Inuk chasse donc le renard et la saison de chasse terminée, il se rend au sud pour procéder à l’échange. L’homme blanc a des coutumes étranges. Il boit un jus qui fait rire, il ne donne pas sa femme pour être aimable avec l’étranger, il vit dans des baraques en bois, et il est méchant aussi… Une femme sait quand son homme s’aventure un peu trop vers le sud et qu’il est temps de repartir. Voyant le danger que représente cette société pleine de vices, elle fait du chantage à Inuk pour retourner dans son igloo : elle demande qui la voudrait pour femme. On ne s’embarrasse pas de folklore. Le mythe du bon sauvage n’est pas loin. Ils repartent, sans fusil. De l’équateur aux pôles, Inuk ignore que la même histoire se répète.

Les Dents du diable, Nicholas Ray 1960 The Savage Innocents Gray Film-Pathé Appia Film Magic Film (1)_

Les Dents du diable, Nicholas Ray 1960 The Savage Innocents | Gray Film-Pathé, Appia Film, Magic Film

De retour dans le Nord, un missionnaire leur prêche la bonne parole. Le Seigneur viendrait chez eux s’ils voulaient bien l’écouter. En voilà un seigneur bien intentionné. Inuk demande donc si ce Seigneur leur apporterait à manger. Ce n’est pas tout, mais il faut nourrir chaque bouche dans un igloo… Dialogue de sourds. Pour changer de sujet et honorer son invité, Inuk propose au missionnaire de la viande pourrie. Le Seigneur a trop gâté son berger, il fait le difficile et est impoli : « Non merci, on ne mange pas de viande pourrie chez moi. » Inuk est offusqué. « La viande est pourrie, mais les asticots sont bien vivants ! » Inuk se retire avec sa femme pour éviter que ça ne tourne plus encore au conflit. Ils reviennent en proposant une partie de jambes en l’air. Le missionnaire se trouve en position délicate. Chez les Esquimaux, on appelle ça « rire ensemble ». C’est mignon, d’autant plus qu’ils sont toujours en train de rire… Le missionnaire est outré… Inuk se sent une nouvelle fois insulté. Il tue le missionnaire et ils repartent à leurs occupations comme si de rien n’était. Inuk remarque cependant que les hommes blancs ont des têtes un peu molles.

La femme d’Inuk est enceinte. La vieille mère, devenue incapable de faire quoi que ce soit, est alors abandonnée au beau milieu de la banquise, comme le veut la coutume. La mère aura eu le temps avant ça d’expliquer à sa fille ce qu’elle sait concernant les bébés. Tout est rare, leurs connaissances sont limitées, et ni l’un ni l’autre n’a jamais rencontré de jeunes enfants. Si c’est un garçon, elle devra couper le cordon avec ce qu’elle a sous la main, le lécher et le garder ; si c’est une fille, elle devra la jeter dans la glace. Le premier-né doit toujours être un garçon, un chasseur. Une fille serait incapable de se nourrir.

Les Dents du diable, Nicholas Ray 1960 The Savage Innocents Gray Film-Pathé Appia Film Magic Film (4)_

La femme d’Inuk accouche, seule, dans l’igloo, à même la neige en creusant un petit trou. Inuk est content de voir que c’est un garçon. Sa femme lui dit comment il s’appelle, et Inuk lui répond : « Comment tu sais qu’il s’appelle comme ça ? » Et puis, c’est le drame… Le bébé n’a pas de dents ! Inuk gronde sa femme de lui avoir donné un bébé sans dent. Elle parvient à convaincre Inuk de le garder en priant que ses dents poussent. Ouf, ils pensaient sérieusement l’abandonner.

Peu de temps après, Inuk se fait intercepter alors qu’il chassait. Des hommes blancs sont venus le capturer pour avoir tué le missionnaire. Inuk explique que c’est le missionnaire qui l’a insulté dans son igloo en refusant de manger sa viande pourrie et de coucher avec sa femme. « La loi, c’est la loi ». Le choc des cultures…

Inuk les suit donc mais arrive une tempête. Il propose son aide, il a plus d’expérience, mais ces Blancs savent décidément tout mieux que tout le monde. La banquise se brise sous le poids du traîneau, et en tombant dans l’eau glacée, l’un des Blancs meurt. N’ayant plus de fusil, l’autre homme (premier rôle de Peter O’toole au cinéma) est obligé de suivre Inuk pour espérer rester en vie. Les chiens de traîneau manquent de les bouffer. Ils sont seuls dans le grand désert blanc. Lawrence de la banquise.

Inuk et le policier arrivent en vue dans l’Igloo d’Inuk. Ils sont sauvés. Sa femme et son fils n’avaient presque plus rien à manger (si le père chasseur meurt, se perd, disparaît, c’est toute sa famille qui disparaît avec lui ; la notion de village n’existe pas : ce sont des nomades qui créent leur igloo quand vient la fatigue ─ pas la nuit, parce qu’il y a un jour et une nuit par an ─ et quand ils tombent sur un autre igloo, ils font juste connaissance).

Le policier le prévient que s’il l’aide à survivre, il sera obligé de le ramener en ville. Mais Inuk est un bon chrétien… pardon, un bon sauvage (les Esquimaux ne se prennent jamais le chou). Inuk le suit, mais au dernier moment le policier a des remords. Inuk ne veut pas partir, l’autre l’insulte pour l’obliger à partir. Il n’y aura pas de procès.

 

The End

 

Manquait juste Omar Sharif.


 


Liens externes :


Le Sabre du mal, Kihachi Okamoto (1966)

Soldat de plomb

Le Sabre du mal

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Dai-bosatsu tôge

Année : 1966

Réalisation : Kihachi Okamoto

Avec : Tatsuya Nakadai, Michiyo Aratama, Yûzô Kayama, Yôko Naitô, Tadao Nakamaru, Kei Satô

Dommage que ce ne soit pas en couleur, je trouve le film trop sombre. Il y a la même sophistication dans la mise en scène que chez Leone…, le même goût des détails, le même désir de donner aux objets (les armes le plus souvent) une importance. C’est pourquoi la mise en scène semble mettre tant en avant la violence. C’est le sujet du film. Même mise en scène ultra soignée, Cinémascope à l’italienne (le Tohoscope me semble plus large que celui employé par les Ricains et les Ritales), même profondeur de champ, même découpage mettant en valeur les espaces et les atmosphères. Tout ça, ça fait une jolie carte postale de l’horreur découpée au katana, mais, même si Okamoto sait parfaitement créer des ambiances, diriger ses acteurs, et si son sens du rythme est parfait, il manque un petit quelque chose à mon goût.

L’histoire est bidon. Les personnages du Leone sont des archétypes, ceux d’Okamoto, des clichés. Il n’y a pas beaucoup de différences entre les deux, souvent les archétypes sont des clichés qui ont la belle vie. C’est un vide total dans le développement des personnages. Pas d’évolution dans leur comportement (le cliché est statique quand l’archétype possède un parcours établi à l’avance), pas de désir, de conflit intérieur, de dilemme. Des robots. Seule l’action compte et les personnages ne sont que des pions victimes des événements. Le comportement des personnages, c’est une soupe bien complexe. Et là, on a affaire à une huile de moteur qui ne sert qu’à faire avancer les rouages de l’action. Les personnages sont pris en otage par le déroulement de l’histoire : leur destin est tout tracé, ils n’ont pas le choix, pas de libre arbitre, pas d’évolution, pas de retournement, tout est figé. Bref, ça manque de chair et de lumière. L’action, c’est bien, mais ce sont les personnages qui doivent la faire avancer, pas une sorte de deus ex machina permanent.

Le Sabre du mal, Kihachi Okamoto 1966 | Takarazuka Eiga Company Ltd., Toho Company

La différence avec Leone, c’est que ses personnages sont attachants, ils ont une vie, des désirs contrariés, des ambitions secrètes ou affichées. Ils ont un petit côté robots eux aussi, mais on voit très vite qu’ils ont leurs démons, leurs conflits, les incertitudes, leurs peurs. On sent qu’à tout moment ils peuvent prendre une décision qui nous surprendra, parce qu’ils ont un libre arbitre, donc la possibilité pour eux d’agir en dehors de toute logique ou de révéler une part alors inconnue d’eux-mêmes. C’est encore plus présent dans Il était une fois dans l’Ouest où le personnage de Bronson et celui de Cheyenne semblent sans cœur, mais ce n’est qu’une façade. Leur cœur s’est comme durci dans l’air sec et ensoleillé du désert. Mais il est là. On le voit notamment dans leur rapport avec le personnage de Claudia Cardinale : leurs mains lui disent « salope » mais leur voix, leur cœur, lui montre de la considération. Et dans les faits, ils sont là pour l’aider… On sent bien qu’ils répriment leurs sentiments.

Dans Le Sabre du mal, les personnages ne ressentent rien ou sont déjà desséchés par leurs désillusions. Leur comportement est figé et déterminé par les événements. On ne peut s’attacher aux personnages. Le film ne devient alors qu’un ballet, une chorégraphie de la violence. Ç’a autant d’intérêt qu’un môme qui met en scène une bataille de soldats de plomb. Il faut encore avoir le goût de faire mumuse.

Au côté du personnage principal, antipathique, le film gagne en douceur avec la présence de Michiyo Aratama, mais c’est trop peu pour faire contrepoint.

Dans la collection « le Sabre de », je choisis sans hésiter « Le Sabre de la bête », où un samouraï trahi par les manipulations politiques successives dont il a été victime, se dit être comme une bête, prête à tuer qui vient le provoquer, mais apte aussi à fuir son ennemi par instinct de survie, contrairement aux principes d’honneur du bushido. Un parcours et une problématique bien plus attachante.



Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1966

Listes sur IMDb :

✓Jidai-geki à lame

Liens externes :


La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)

La Cité interdite

Man cheng jin dai huang jin jia La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)Année : 2006

5/10 IMDb iCM

Vu le : 23 septembre 2007

Réalisation :

Zhang Yimou


Avec :

Chow Yun-Fat, Gong Li, Jay Chou

Beuark… Le plus mauvais Yimou ?! C’est pourtant avec Gong Li et Show Yun Fat…, on aurait pu espérer mieux…

Seule la fin est « un peu » plus intéressante. Les trois quarts du film sont avant tout décoratifs (eh oui, c’est beau) : des suites de scènes dans les chambres luxueuses du palais… terriblement statiques et sans intérêt. Autant de personnages (quatre ou cinq) que dans une tragédie classique. Ça ressemble à ces poissons qui n’existent et qui ne vivent que dans des petites étendues d’eau, à deux ou trois cents individus, et qui survient à la gloire de la consanguinité.

À l’instar d’Œdipe, on a droit au dénouement de la filiation et de la révélation d’un inceste. Ça prend un tour un peu même shakespearien, gore, quand tout le monde dans cette petite famille impériale complote contre tout le monde et que finalement tout se termine dans une gigantesque tuerie sanglante. On tend plus du côté de Titus Andronicus que d’Hamlet, mais ça réveille tout de même. On passe des scènes de chambres aux scènes de baston entre chevaliers d’or et chevaliers… d’aluminium. Une sorte de remake de la grande bataille du Seigneur des Anneaux, avec d’un côté une armée d’abeilles tueuses et de l’autre des mouches tsé-tsé prêtent à tout pour sauver… leur roi. La démesure la plus totale (et sans second degré… — au secours John Woo, où es-tu ?).

Autrefois donc, dans la cité interdite, quand on se chamaillait, ça se terminait avec des milliers de chevaliers en armure sur la place des duels. Avec notre minable bataille d’Azincourt, on peut vite aller nous rhabiller…


La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur (1951)

Pirates, pirates, ah ah ah !

La Flibustière des Antilles

Note : 4 sur 5.

Titre original : Anne of the Indies

Année : 1951

Réalisation : Jacques Tourneur

Avec : Jean Peters, Louis Jourdan, Debra Paget

Qualité Tourneur : densité de l’action, mais avec… peu d’action. 80 minutes de film : on ne s’ennuie pas, et on a l’impression de faire le tour du monde. Tourneur coupe les instants de bravoures obligés dans les films de pirates, parce qu’au fond, la baston, c’est toujours un peu la même chose… Donc tout est centré sur une évolution rapide de la trame. Une histoire simple mais bien ficelée — que du bonheur.

Ce serait intéressant de produire de tels films aujourd’hui, qui ne se prennent pas au sérieux, qui ne se compliquent pas la vie en voulant faire du grandiloquent et en prenant le risque de se casser la gueule. Ça manque. Les fantaisies doivent forcément être de grosses machines publicitaires. Aujourd’hui, les petits films (tournés pour des centaines de millions de dollars) rêvent de casser la baraque et ça s’en ressent, ça pète dans tous les coins, c’est forcé, prétentieux…, et ce que Tourneur se permet ici d’éviter pour se concentrer sur la trame et les personnages, on ne pourrait pas le faire de nos jours où chaque scène est pensée pour devenir un grand moment d’anthologie.

Peut-être que certaines séries TV justement ont ce rôle aujourd’hui : on met le paquet sur l’histoire, les personnages, et ensuite, on évite de donner les clés à un réalisateur qui se la joue trop perso…

On sait ce qu’il en est advenu des pièces romantiques et bourgeoises du XIXᵉ siècle ; tous ces excès finiront au cabinet. Le sucre et les cris ne durent qu’un moment. La simplicité d’un page Tourneur, ça marque toute une vie.


La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur (1951) | Twentieth Century Fox


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1951

Listes sur IMDb :

✓MyMovies: A-C+

Liens externes :


Dragon Tiger Gate, Wilson Yip (2006)

Dragon Tiger Gate

Lung Fu MoonDragon Tiger Gate, Wilson Yip (2006)Année : 2006

5/10

Vu le : 25 août 2007

Liens : IMDb  iCM

 

 

Réalisation :

 

Wilson Yip

Avec :

Yuk Long Wong
Louis Koo
Isabella Leong
 

Le mélange de kung-fu et de comics est intéressant, c’est sans doute la meilleure idée du film, mais on n’y croit pas une seconde.

L’histoire est vraiment très peu crédible avec des raccourcis débiles et simplistes… Ce n’est pas un problème quand c’est une histoire de baston généralement, mais là on sent qu’il y a une volonté de mettre l’accent sur l’histoire… Seulement, quand on n’a rien à dire on ferme sa gueule ou on s’arrange pour que ce qu’on dit ait un accent, un ton singulier qui éveille l’intérêt.

Bref, ça se prend trop au sérieux, mais ça ne se donne pas les moyens de ses ambitions : scénario bâclé et plus étonnant mise en scène d’une grande puérilité (on croirait voir un film dirigé par le type qui réalise Taxi et Yamakasi avec des effets de caméra, des mouvements sans intérêt qui alourdissent la narration).

En gros, ça ressemble à Tortues Ninjas : des couleurs criardes, des murs en carton-pâte, un canevas facile et des personnages sans intérêt (Heureusement qu’il n’y a pas d’adaptation ciné des Chevaliers du Zodiaque parce que ça ressemblerait sans doute à ça*).

*depuis 2007, quelqu’un a osé, paraît-il…


Alexandre, Oliver Stone (2004)

Alexandre

AlexanderAnnée : 2004

Réalisation :

Oliver Stone

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 juillet 2007

Intéressant si on ne connaît que le minimum sur le bonhomme (comme moi, c’est-à-dire qu’il est allé loin en Asie, qu’il avait un cheval qui s’appelait Bucéphale, et qu’il avait eu comme précepteur Aristote). On peut ainsi apprendre, en plus, qu’il était allé jusqu’en Inde, qu’il s’est marié avec une « barbare », qu’il n’a pas eu d’héritier et que Ptolémée était l’un de ses amis d’enfance avec qui il a conquis l’orient. Voilà, avec ça, plus besoin de voir le film.

Parce qu’en lui-même, il est franchement indigeste. Un plouc irlandais dans le rôle d’Alexandre, Lara Craft pour maman et Val Kilmer pour papa, heu non, c’est trop. Et puis, le fait que la Farrelle joue les homos comme une fillette, ça fait un film parfois ridicule, en tout cas peu crédible…

Et un film sur Ptolémée ou Aristote plutôt ?


Capitaine Sky et le Monde de demain, Kerry Conran (2004)

Copy Capt

Capitaine Sky et le Monde de demain

Sky Captain and the World of Tomorrow

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Sky Captain and the World of Tomorrow

Année : 2004

Réalisation : Kerry Conran

Avec : Gwyneth Paltrow, Jude Law, Angelina Jolie

Un beau gâchis tout de même.

Le réalisateur aurait d’abord dû regarder Vidoq pour voir que tout faire en images de synthèse avec aucun extérieur, ça manquait vraiment de vie. L’image est vraiment très moche.

Le scénario… j’ai rarement vu autant de copier-coller. Beaucoup de films se sont déjà inspirés de Star Wars et plus particulièrement de l’Empire contre-attaque, souvent sous forme d’hommage, là ça va un peu trop loin tout de même dans « l’hommagination ». Captain Sy, c’est Han Solo, il est suivi par la Paltrow qui joue le rôle de la Princesse Leïa : ils n’arrêtent pas de s’engueuler, de se vanner, mais finalement, ils s’aiment… On a droit aux mêmes scènes de poursuite en avion, le même rythme, les mêmes péripéties. On a même droit à la Cité dans les Nuages pour retrouver au milieu de nulle part un vieil ami « qui ne peut que nous aider »… Un petit passage sous l’eau en hommage aux meilleurs James Bond, et puis Dagobah (la même scène d’intro de l’avion qui s’échoue dans un marécage et la bête mystérieuse sous l’eau…). Alors ça tourne à l’hommage à King Kong (de Jackson), puis à Indiana Jones. Et on retourne dans la Cité dans les Nuages, où captain Sky retrouve ses amis qu’il est venu délivrer (les mêmes séquences de Luke venant à la rescousse de Han et de Leïa). Son ami est une sorte de R2D2 humain, puisque c’est un génie créatif et technologique… Petit hommage à sir Laurence Olivier, histoire de dire qu’on a été les premiers à donner un vrai rôle à un acteur mort, et là ça tourne à une sorte de mix entre l’Empire contre-attaque et la scène du héros sur une passerelle digne des grandes stations secrètes dans James Bond, où le héros affronte une sorte de chevalier Sith… Bing, c’est un robot, hommage fugace à Terminator… Un petit détour vers le premier épisode de Star Wars (comprenez Un nouvel espoir) avant le compte à rebours qui va tout faire exploser (Alien n’est pas loin). Le copiage à des limites. L’Empire contre-attaque étant un acte perdu au centre d’une trilogie, l’épisode n’a pas vraiment de fin…, alors hop, hommage final à James Bond, avec la fusée qui décolle avec notre bon vieux capitaine et sa charmante James Bond girl qui se retrouvent une fois que la fusée a explosé dans un canot de sauvetage en plein milieu de l’océan, où ils seront tranquilles pour se bécoter…

Et tout ça, bien sûr, avec une musique ultra-présente, symphonique à la Williams…

Non. Merci.


Liens externes :


Ghost Rider, Mark Steven Johnson (2007)

Faust en bécane

Ghost RiderAnnée : 2007

Réalisation :

Mark Steven Johnson

5/10  lien imdb
Avec :

Nicolas Cage

Vu : 22 avril 2007


Marvel n’est pas un gage de qualité… Ou quand Terminator se trimbale à Dallas avec sa bécane… Complètement débile.

Je ne connaissais pas la BD, mais c’est fortement inspiré de l’histoire de Faust (déjà je ne suis pas fan). Je me demande ce que N. Cage est allé faire dans ce film ; il y a même Peter Fonda en Mephysto, c’est dire…

J’aimais bien l’acteur qui faisait le personnage principal “adolescent”, il semblait sortir de Melrose Place et ça donnait un côté too much au film, un peu comme dans Starship trooper. Et puis, Cage arrive, et là on comprend qu’on n’allait pas se marrer…

Nicolas Cage est censé avoir le même âge que sa copine jouée par Eva Mendès, alors qu’ils en ont bien 25 de différence. On pourrait en rire, mais on sent que ce n’est pas quelque chose dont le film a envie de s’amuser : « Non, Nicolas, est beau, jeune, il a des tablettes de chocobdo, il enfourche une bécane comme un jeune… »

Vous me direz, Eva Mendès, elle tient le film sur ses deux lolos… : elle a des nénés si gros qu’il lui est impossible de fermer sa chemise, quel malheur ! — pauvres petits !… (Ça doit être à cause des rhumes successifs que les bimbos ont toujours la même voix cassée…)

Le principe est un peu le même que dans tous les comics, mais là c’est vraiment un peu trop gros, ou mal fait, ou je ne sais pas quoi. Bref, le super-héros (en moto) vit parmi les humains mais ne peut révéler sa véritable nature, donc il est seul avec son « joli chopper », pourtant comme il est très attachant, il a toujours des canons qui reviennent du passé (ou qu’il rencontre le plus souvent) et qui lui rappellent qu’il est un être humain comme tout le monde. Alors, le héros se laisse aller, et c’est là que le méchant qui a la sale habitude d’épier le héros par des judas, se dit à haute voix : « Ha ! ha — Ha ! Ha ! ha… j’ai trouvé son point faible ! » On imagine la suite…

Après Faust en moto, j’attends avec impatience Faust à la plage avec sa planche de surf…