La Grande Muraille, Frank Capra (1933)

Frank von Caprenberg

The Bitter Tea of General YenThe Bitter Tea of General YenAnnée : 1933

Réalisation :

Frank Capra

6/10  IMDb

Avec :

Barbara Stanwyck

Nils Asther

Capra s’essaie à la démesure stylistique de von Sternberg. Et au moins sur le plan du design, il faut dire qu’il fait sans doute un peu mieux. Ce n’est pas tant qu’on assiste à une orgie de décors, c’est surtout qu’ils sont particulièrement riches et soignés. On remarque également quelques trucs que le réalisateur au niveau du montage emploiera par la suite (« je me souviens » « je rêve… »).

Pour le reste, c’est bien trop statique : une fois que la Stanwyck est tenue captive, toute l’action patine, jamais les enjeux et les conflits reliant l’Américaine et son général chinois n’offriront un semblant d’évolution. Dans l’Empire contre-attaque (ou déjà Un nouvel espoir) par exemple, l’idée est de procéder à un montage parallèle pour attiser la tension, se faire rencontrer deux espaces, deux groupes opposés. Ici, l’opposition ne peut venir que de l’intérieur puisque les protagonistes sont tenus dans le même lieu. On est un peu comme dans le théâtre classique français dans lequel les tensions naissent d’une situation connue et déjà bien établie, devenant intenable, et où tout le développement qui vient est d’abord psychologique, tourné sur le dialogue plus que sur l’action. Seulement ce huis clos ne propose absolument rien pour entretenir efficacement l’intensité et donner à espérer voir le verrou sauter, puisque de conflit et d’opposition, il y en a peu en fait, et les enjeux mal définis ou dérisoires. On s’en moque en fait.

Un film donc plutôt hybride pour Frank Capra, qui dénote un certain savoir-faire, surtout au niveau du studio (la Columbia cherche semble-t-il à diversifier son catalogue mais le fait avec un genre qui nécessite une trame bien plus serrée et des locations plus diversifiés ; on y arrivera notamment en adaptant des grands classiques de la littérature et en s’appuyant plus sur un « destin », un récit courant sur plusieurs années, plutôt que celui de ce qui pourrait n’être qu’un « épisode ») mais le tout reste trop… baroque pour être satisfaisant.