Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón (2006)

Séquence ça finit ?

Children of MenLes Fils de l'homme, Alfonso Cuarón (2006) Année : 2006

7/10

IMDb  iCM

Listes :

SF préférés

Réalisation :

Alfonso Cuarón

Avec :

Julianne Moore
Clive Owen
Chiwetel Ejiofor

Film d’anticipation plus ou moins anglais avec Clive Owen. Ça change des trucs formatés ricains. On sent l’influence d’une part de Kubrick (ou de Welles si on remonte à plus loin) et même de certaines ambiances de jeu vidéos en vue subjective (y avait un jeu qui s’appelait Stalingrad je crois…).

Le scénario n’a aucun intérêt : le roi mage qui joue les sages-femmes avec la mère du dernier (ou premier depuis longtemps) bébé et qui fuit les méchants (un petit côté Terminator…). C’est surtout dans la mise en scène, et il faut le dire sur l’ingéniosité de quelques plans-séquence hallucinants, que repose tout l’intérêt du film. C’est peut-être un peu élitiste pour certains, qui ne trouveraient pas ça assez formaté, qui seraient un peu déboussolés par le rythme et la mise en scène en plan-séquence. Mais quand on regarde comment c’est fait, c’est vraiment impressionnant.

Il y a des plans-séquence célèbres où on se dit « mais comment il a réussi à faire ça », avec des illusions d’optique, des objets au second plan qui arrivent au bon moment juste quand la caméra pivote. Là c’est un peu ça, sauf que c’est pratiquement toutes les séquences du film qui sont ainsi. Bien sûr, ça fait « exercice de style », c’est purement formel, mais en même temps l’histoire est tellement bidon, qu’on fait ce que tout le monde fait quand l’histoire est nulle : on regarde les décors… Non seulement donc, c’est réalisé comme ça tout le temps, mais souvent aussi, le plan conjugue des dizaines d’effets (spéciaux ou pyrotechniques) forcément invisibles… enfin visibles, mais un peu comme avec les magiciens, on comprend pas comment c’est fichu et on s’écrit : « Mais comment il a fait, bordel ! »

Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón 2006 Children of Men | Universal Pictures, Strike Entertainment, Hit & Run Productions

Il y a notamment la scène (un plan-séquence donc) dans une bagnole où ils vont en voir de bien belles… Un peu comme si on avait droit à la séance de poursuite sur l’autoroute de Matrix, mais version naturaliste, comme si on y était… Il faut le voir pour le croire, parce qu’il y a des cascades, vraiment… qu’on ne peut pas faire en plan-séquence… ou sinon, la moitié des cascadeurs y passeraient… Bref, je veux pas savoir comment c’est fait, mais c’est impressionnant…

Il y a aussi des longues scènes dans la ville avec des balles qui pètent dans tous les coins, un peu comme dans Il faut sauver le soldat Ryan (moins spectaculaire dans le récit, parce que c’est naturaliste, en temps réel, mais au final plus impressionnant parce qu’on y est totalement).

Un ovni à voir si on aime les expériences au cinéma…