Pandora, Albert Lewin (1951)

The Flying Avatar

 Pandora (1951) Albert Lewin
Note : 9/10

Lien iCM Pandora (1951) on IMDb 7,1/10

 

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Réalisateur Albert Lewin
Année 1951
Avec James Mason, Ava Gardner,
Vu le 10 mars 1996 A, puis B le 7 mai 2006

Pandora and the Flying Dutchman, Albert Lewin (1951) Dorkay Productions, Romulus Films

Mars 96

Pandora est une succession d’images fortes. Il n’y en a jamais eu autant dans un film sans qu’elles soient entre elles incohérentes. Elle ne forment pas une unité, ne semblent pas aller vers le même but universel. L’intensité provient certainement, en partie du moins, du contraste entre des événements surréalistes (remarquons aussi la répétition à la fin de la scène de la rencontre entre « Ava Gardner » et « James Mason ») et un monde qui ne l’est pas vraiment. Le film mêle réalisme et surréalisme. N’est-ce pas le principe de la poésie baroque qui s’appuie sur ce genre de contraste ?

Rien ne manque à l’écriture, on peut difficilement faire mieux. Quand on atteint ainsi un tel degré de perfection on tend à l’impression d’universalisme. La construction est exceptionnelle et reste cohérente malgré le nombre d’éléments qui font sa perfection.

Manque juste une réalisation plus originale, authentique, personnelle, ce qui fait l’identité d’un réalisateur (seul Orson Welles à cette époque avait une identité originale [!…]). Cela aurait été le comble de l’universalisme.* Lewin est surtout un auteur et moins un technicien de l’image (!). Même s’il attachait beaucoup à l’esthétique comme une peinture, je ne crois pas qu’il aurait aimé transposer la peinture abstraite au cinéma. Peut-être parce que ce travail sur la réalisation aurait été cet élément de trop qui fait basculer l’excellence dans l’antipathie. Beaucoup, c’est fort, trop, c’est trop.

Je ferais juste remarquer le style de l’action vers la fin du film dans la scène de la pseudo mort de « James Mason » : action irrespectueuse des règles, surréalisme. Une scène qui rendait possible celle des arènes où « James Mason » mort vient voir son meurtrier dans son exercice criminel, et qui lui-même se fera tuer à cause…

*J’étais fasciné par cette idée « d’universalisme ». Une forme de plénitude, d’impression d’achèvement total, qui accompagne certains chefs d’œuvre, et qui est aussi l’ambition d’un art total capable de mêler plusieurs styles, tons, rythmes ou arts. Concept assez flou qui reviendra très souvent par la suite et que j’opposais continuellement à l’idée d’unité.