Heureux mortels, David Lean (1944)

Note : 2.5 sur 5.

Heureux mortels

Titre original : This Happy Breed

Année : 1944

Réalisation : David Lean

Avec : Robert Newton, Celia Johnson, Amy Veness

Les futures envies d’ailleurs de David Lean deviennent compréhensibles au regard de ce qu’il a dû se farcir au début de sa carrière avec ces adaptations du faiblard Noël Coward. Il y a un côté I Remember Mama tourné quelques années plus tard sans en avoir le charme.

Si c’est de la comédie, il n’y a rien de bien amusant. Je cherche encore l’esprit britannique dans tout cela. C’est bien écrit, mais le manque de génie ne nous épargne pas l’ennui.

La seule lueur du film, c’est l’idée qui emballe en quelque sorte les trente années de vie dans cette maison modeste : celle un peu nostalgique, voire morbide, que des personnes qui nous sont inconnues ont vécu avant nous dans les lieux qu’on habite, et que quand on partira, on se demandera bien s’il restera quelque chose de nous dans ces mêmes lieux délaissés. La question qui doit émerger en se lançant dans l’archéologie ou dans l’anthropologie fascine tant cela peut devenir troublant de suivre les traces de plusieurs siècles ou millénaires d’appropriation d’un même espace minuscule par des individus, des peuples ou des espèces différentes. Les lieux restent. On les altère en contribuant à y ajouter une maigre couche de crasse et de poussière. Ça sentira toujours un peu le renfermé ou l’humidité pour les prochains occupants. Et l’on espère au moins, nous, matières périssables et temporaires, y laisser quelque chose de supplémentaire. Une mémoire peut-être. Étrange espace partagé successivement par des individus qui ignorent tout des uns et des autres. Sans le savoir, ils y ont développé certaines expériences et habitudes identiques.

Heureux mortels, en effet.


Heureux mortels, David Lean (1944) | Two Cities Film, Noel Coward – Cineguild Production


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