Après la noce, Suzanne Bier (2006)

Mads Movie

Note : 3 sur 5.

Après la noce

Titre original : Efter brylluppet

Titre international : After the Wedding

Année : 2006

Réalisation : Suzanne Bier

Avec : Mads Mikkelsen, Sidse Babett Knudsen, Rolf Lassgård

Le retour du bon vieux mélodrame à l’ancienne (façon muet) : un milliardaire entrepreneur mais sans entreprise ni employés, ni travail (c’est beau les facilités scénaristiques) ; la révélation d’une paternité cachée depuis vingt ans ; une maladie foudroyante diagnostiquée six mois à l’avance ; un beau fils intéressé que par l’argent du beau-père milliardaire et qui feint d’aimer sa femme tout en la trompant (un tel machiavélisme ne se rencontre que dans les mélos, dans la réalité, les gens sont probablement cyniques, mais pas au point d’en arriver à de tels extrêmes — la fiancée étant naïve comme il faut) ; un bienfaiteur danois sans profession et au passé trouble exilé en Inde pour s’occuper des petits orphelins on ne sait comment (le Danemark n’est pas un pays colonialiste, mais le film en aurait presque la saveur) ; un don bienvenu qui tombe du ciel pour régler par magie tous les conflits…

Je ne pensais pas de tels excès scénaristiques possibles au vingt et unième siècle sinon dans l’esprit d’une gamine de quinze ans écrivant ses premières histoires. Dans la réalisation, c’est pas beaucoup mieux, les inserts ou cuts de remembrances presque subliminaux sont insupportables.

Le film évite le ridicule en fait un peu grâce à son montage (à l’exclusion des cuts donc), à cette manière très Arte de réaliser les films pour ce qui est donc un mélodrame de bas étage (à la Lars von Trier, pourrait-on dire, le film étant d’ailleurs produit par sa boîte habituelle, et le bonhomme s’y connaît également en mélo, mais lui, il lui est arrivé à le faire avec génie, c’est-à-dire en osant toutes les audaces et n’ayant pas peur des excès, tout le contraire ici puisque ça reste somme toute très sage et conventionnel), et surtout grâce à ses deux ou trois acteurs principaux. À croire que Mads Mikkelsen est de tous les films danois depuis quinze ans maintenant et que rien ne peut se faire ou se voir sans sa gueule impassible et sa carrure d’athlète incongrue et faussement débraillée… J’ai dû voir trois ou quatre de ses films ces trois dernières semaines… Rarement des réussites. Druk étant sans doute le pire entre tous : moins mélo, mais à la morale franchement suspecte. (On est loin de La Chasse par exemple, qui par son sujet, à la fois audacieux et resserré, unique, avait lui su bien plus me convaincre.)

 


 

After the Wedding, Après la noce, Suzanne Bier 2006 | Zentropa Entertainments, Sigma Films


 

 

Liens externes :