Grand Frère (The Cold Deck), William S. Hart (1917)

Grand Frère

The Cold DeckAnnée : 1917

Réalisation :

William S. Hart

7/10  IMDb

Liste

Le silence est d’or

On retrouve les mêmes qualités que dans Le Justicier tourné un an plus tôt. Un sens de l’action et du montage très aiguisé. C’est pas le tout de vouloir jouer en permanence sur le montage alterné, il faut savoir s’en rendre maître. Hart ne fait que ça, parfois trop même pour nos critères actuels ; et oui, 1917, et ça va à cent à l’heure.

L’avantage de procéder en permanence par un montage alterné (que l’on monte à l’intérieur d’un même espace ou qu’on en fasse dialoguer plusieurs à différents endroits), c’est bien qu’on évite très vite les moments de pause et les faux raccords vu qu’on réduit au minimum les raccords de mouvements (les raccords sont toutefois bien présents et tout autant bien maîtrisés, et tout le répertoire y est déjà). Au fond, la première utilité d’un plan alterné, c’est de servir de plan de coupe (intelligent, narratif). Action, réaction, voilà ce que nous montre très souvent le récit (quand il est question d’une action mettant en prise des personnages dans un même espace). Le suspense induit par le montage alterné quand il est question d’espaces différents n’est pas moins maîtrisé (Griffith avait déjà exporté le procédé et fait son succès, et pas seulement pour les thrillers), mais il est si systématique qu’il paraît donc un peu exagéré et daté aujourd’hui.

Bref, on ne s’ennuie jamais. Le personnage de Hart a toujours réponse à tout et même quand il se rend coupable d’une attaque de diligence, il arrive à s’en sortir avec le beau rôle. Et honnête avec ça. Puis bon perdant. La classe quoi.