Le Diable probablement, Robert Bresson (1977)

Le Diable probablement
Année : 1977

 

Réalisation :
Robert Bresson
5/10  lien imdb
Avec :
Antoine Monnier, Tina Irissari, Henri de Maublanc

 

21 avril 1997 (commentaire brut et non retravaillé, attention les yeux)

Le pseudo-intellectualisme (ou didactisme) explicite, et qui semble être revendiqué par l’auteur, mine totalement l’identité, le style du film. Dès que le message écologique réapparaît dans ce contexte « m’as-tu vu ce naturalisme sociologique » à la Godard mauvais cru, on s’emmerde profondément, ce qui pourrait nous intéresser est bâclé : cette histoire d’amour, le développement psychologique du personnage solitaire et rebelle. Là où Bresson pourrait mettre en scène des corps, des situations (dans les lits, sur les quais… tout ce qui est autre chose qu’un bureau ou un appartement), mais surtout, on s’ennuie à cause (certains diraient grâce) aux voies déshumanisées propres au style bressonnier, mais qui là en fait trop, parce que ces personnages n’en sont pas pour autant rendus plus attrayant ou mystérieux. L’ambiance est donc antipathique, chloroformée. Où quand l’absence de talent d’un acteur à la Léaud se fait passer pour un art en se créant toute une technique du faux.

N’est-ce pas Bresson qui disait mettre en scène des effets pour suggérer des causes, créant ainsi le mystère ? Là, rien. Ce Bresson est une petite poubelle renversée sur un trottoir urbain.

Par contre, la scène avec le psy est intéressante (très inspirante…). Car si elle n’est pas extraordinaire, elle suggère, elle, beaucoup de nouvelles situations et dialogues possibles : Bresson aurait pu faire des répliques courtes dominées par un ado cruel en dirigeant tel un diable la conscience du psy. Avec des répliques intelligentes et audiacieuses : un drame peut-être basé là-dessus et faisant aller la situation jusqu’au bout en la faisant évoluer satiriquement dans les règles de situations rares et surprenantes (cf. Fellini par exemple) avec des thèmes comme la cruauté et la cupidité (à la fin l’ado se fait bien tuer pour son fric). Un truc presque absurde dans le sens incohérent dans l’évolution des actions, pas de séquence, juste une continuité.