Alexander den Store, Mauritz Stiller (1917)

Alexander den Store

Alexander den Store

Année : 1917

Réalisation :

Mauritz Stiller

4/10 IMDb

Voilà ce que ça donne quand un génie réalise le pire scénario possible. Reste quand même quelque chose, l’évidence d’un savoir-faire, qu’il mettra tout de suite à l’épreuve dans son film suivant, Le Meilleur Film de Thomas Graal. Faut dire aussi que c’est pas que le scénario, un Victor Sjöström ou une Karin Molander, ça se trouve pas à tous les coins rues.

Reste le miracle d’un type qui en un ou deux ans a mis en place à peu près tous les codes du langage cinématographique classique tout en continuant ici de faire profiter de son savoir-faire en matière de mise en place et de direction d’acteurs. Y a un côté très Chaplin des premières années Essanay[1]. Du burlesque sans slapstick (on est plus dans le vaudeville) mais avec un abus quelque peu indigeste du montage alterné (tellement de scènes en parallèle qu’on finit par ne plus rien comprendre) et une maîtrise remarquable des raccords (de mouvement surtout, et là encore, c’est le paradis pour mesdemoiselles les portes — le vaudeville s’y prête, c’est un genre où les portes claquent, forcément).

Mais là où Mauritz Stiller s’amuse, c’est déjà avec de timides mouvements d’appareil. Ça vaut pas certes les cabrioles de Hotel Imperial mais tout de même : un joli travelling latéral sur trois convives en train de dîner. C’est beau le talent quand même, même dans des films misérables.


[1] Les films Essanay de Charlie Chaplin