Ken Loach

Ken Loach

Classement :

10/10

9/10

  • Family Life (1971)
  • Pas de larmes pour Joy (1967)

8/10

  • Ladybird (1994)
  • Moi, Daniel Blake (2016)

7/10

  • Bread and Roses (2000)
  • Kes (1969)
  • Looking for Eric (2009)

6/10

  • Raining Stones (1993)
  • Land and Freedom (1995)
  • Carla’s Song (1996)
  • Riff-Raff (1991)
  • Sweet Sixteen (2002)

5/10

  • Le vent se lève (2006)

Films commentés (articles) :

Simples notes :

Sweet Sixteen (2002)

Ce serait n’importe qui d’autre à la réalisation, je tirerais mon chapeau. J’ai grandi avec Loach, j’ai découvert ses premiers films en étant estomaqué par son naturalisme. Puis certaines de ses œuvres récentes semblaient sortir un peu du cadre qu’on attendait de lui. Il s’embourgeoisait en filmant des stars. Sweet Sixteen a dû être réalisé au moment où ma lassitude n’était sans doute pas encore totale. Je l’aurais vu à l’époque, j’aurais probablement trouvé ça brillant, dans la veine de ses films naturalistes les plus aboutis. Seulement, voilà, après vingt ans, j’ai l’impression de retrouver une fille pour qui, adolescent, je pouvais avoir le béguin. Avec la fille, tu te dirais fatalement que rien n’a changé malgré le poids des années : les mêmes expressions, la même présence, le même regard. Et le béguin serait parti, le charme rompu. Voilà l’effet que produit sur moi un excellent film de Ken Loach aujourd’hui. Rien n’a changé. La même précision dramaturgique, la même perfection dans la direction d’acteurs, la même acuité sociale presque (ou tout à fait) militante. Et pourtant… Pourtant quelque chose n’opère plus. Cette lassitude, je l’ai surtout ressentie jusqu’à la moitié du film. Le sujet m’indiffère. Le récit était un peu trop cousu de fil blanc. On savait que ça tournerait tragiquement et que ça servirait de leçon ou de morale. Les fables de Loach. Mon vieux béguin, passé le choc de l’indifférence, quand je l’ai vu raconter cette histoire de pauvre gosse tout heureux d’offrir un logis à sa maman, aveugle sur ses intentions, cela m’a tout de même fait quelque chose. Le béguin avait quelque chose à dire. C’était un peu tard, mais ce fut sympathique, Kenny.