Basil Dearden

Basil Dearden

Classement  :

10/10

9/10

8/10

  • Hold-Up à Londres (1960)
  • La Victime (1961)
  • Les Trafiquants du Dunbar (1951)
  • Au cœur de la nuit (co, 1945)

7/10

 

6/10

5/10

Films commentés :

Notes simples :

Les Trafiquants du Dunbar, Basil Dearden (1951)

Plus réussi que le film précédent. On se rapproche déjà de l’atmosphère des films noirs parfaitement adaptés ici au style marin britannique (bateaux arrimés aux quais, ruelles pavées et humides, fog londonien, bars ou auberges mal famées, etc.). Beaucoup de petits récits en parallèle, aucune star, et aucun personnage principal, c’est la force du film. Un marin est habitué aux petits trafics en faisant passer des objets de contrebande sous le nez de la douane, et se retrouve malgré lui associé à de plus gros poissons que lui. Après y avoir mêlé son meilleur ami et découvert de quoi il s’agissait, il tente sur le tard de rattraper ses erreurs… La gageure éternelle quand on met en scène des petits malfrats, c’est de les rendre sympathique. Pari réussi ici, pourtant ce marin accumule pas mal d’actions moralement répréhensibles ; comme quoi, la personnalité joue beaucoup quand on en vient à juger quelqu’un, difficile de ne le juger qu’à travers ses actions. L’histoire d’amour naissante entre la petite blonde et le bon noir est aussi attachante : deux perles tout simplement, et même si les perles se font rarement remarquer pour leur originalité, on aime les contempler, c’est ainsi qu’on est capable de s’émerveiller devant la moins originale des actions, mais aussi la plus ancienne : la rencontre amoureuse. L’originalité est d’ailleurs, puisque pour une fois ce n’est pas la police menant l’enquête qui résout l’affaire et arrête les méchants (même si elle arrête les principaux), mais notre marin qui se rend de lui-même (ne me remercie pas pour le spoil).

Opération Scotland Yard, Basil Dearden (1959)

Présenté dans le cadre de la rétrospective british noir de la cinémathèque, il s’agit plutôt d’un classique whodunit sans caractère avec comme seule particularité peut-être celle de traiter le sujet du racisme à la fin des années cinquante en Angleterre. On n’y retrouve d’ailleurs la même astuce à peine crédible que dans Mirage de la vie ou dans La Faille (possible que j’ai la mémoire qui flanche). Bref, l’occasion de dire à quel point j’ai assez peu d’intérêt pour le genre. Les énigmes, c’est bien gentil, sauf à la fin. Quant au principe de devoir jouer les apprentis devins ou inspecteurs en levant le petit doigt pendant le film afin de désigner le coupable, je trouve ça particulièrement stupide comme petit jeu. Le spectateur est censé suivre le déroulement de l’enquête en même temps que le détective, parfois avec des séquences supplémentaires censées soi nous mètre sur de fausses listes, soit nous éclairer sur le véritable coupable… Je ne crois pas une seconde qu’on puisse rationnellement deviner la résolution de l’histoire avant le détective et avant la fin : tous ceux qui prétendent le contraire sont des imbéciles faisant confiance à leur instinct ou à leur déduction quand ils viennent juste de gagner une manche de bonneteau. Cela amuse donc peut-être certains à jouer les détectives pendant un film et à « trouver » le coupable, moi je n’y vois strictement aucun intérêt. Que ce soit chez Agatha Christie ou chez Conan Doyle, il me semble que l’intérêt est le plus souvent ailleurs. C’est un peu le cas ici, mais pas suffisamment (les répliques liées aux sujets antiracistes du film sont les bienvenues, mais disons que ça ne peut être qu’un angle accessoire rendant un film encore meilleur quand il est bon). Ce qu’avaient les films noirs en plus par rapport à cette veine des récits policiers britanniques, c’est que leurs détectives sont toujours un peu coupables à leur manière, de parfait antihéros.