Dead Zone, David Cronenberg (1983)

Dead ZoneDead Zone, David Cronenberg (1983) Année : 1983

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Réalisateur :

David Cronenberg

9/10

 

Avec  :

Christopher Walken,
Brooke Adams, Martin Sheen, Tom Skerritt

Journal de cinéphile prépubère : 5 février 96

Exemple de drame thématique. Le récit ne s’attarde pas sur le superflu et s’attache à garder une unité d’action stricte. L’action trouve cette unité à travers un thème, un sujet, devenant vite par la suite une problématique (la voyance). Chaque séquence est donc une nouvelle illustration de ce problème, une nouvelle avancée, et l’évolution n’est pas linéaire (la fin d’une séquence appelant la suivante) mais procède par ellipses à la fois temporelles et spatiales.

Dead Zone, David Cronenberg (1983) | Dino De Laurentiis Company, Lorimar Film Entertainment

L’ennui ne peut pas être de la partie parce que le spectateur s’applique sans cesse à situer la scène dans un contexte et une compréhension plus vaste. Une certaine simplicité, mais aussi une forme de réalisme distant, se dégage ainsi du film, et qui est la marque de Stephen King. L’effet produit sur une histoire fantastique est saisissant puisqu’on est sans cesse attentif à ce qui se passe sous nos yeux comme pour ne pas se laisser noyer par le mystère de l’ensemble.

Le réalisme et la simplicité apportent quant à eux une forme de proximité de la terreur qui est encore la marque de l’auteur et qui fait son succès. Seul problème et il est de taille : puisque pour l’essentiel, l’intérêt est dans la mise en place du sujet, une fois que le récit se recentre au second acte sur un objectif à atteindre, on perd toute possibilité de jouer sur le mystère, tout concourt au contraire à dissiper ce mystère, et les objectifs, voire les résolutions, peuvent paraître illusoires face aux interrogations, aux possibilités, suggérées dans le premier acte. La question de la résolution dans un récit basé sur le mystère est presque toujours une voie sans issue. Et dès lors, la simplicité de l’ensemble n’est plus un avantage. La solution possible (à vérifier) est peut-être chez King d’étirer au maximum ce premier acte et de faire de la suite le résultat évident de ce qui précède. D’autres multiplieraient les intrigues et les péripéties dès le second acte, joueraient avec les nerfs du spectateur dans le troisième, mais on aurait alors affaire à un tout autre genre : le fantastique ne serait plus qu’un prétexte à une mise en action qui fait depuis toujours la recette du cinéma : le mouvement, la poursuite, la chasse, l’action. King préfère lui rester dans une trame thématique, vite épuisée, mais efficace.