Les imposteurs du Net, chapitre 49, les « garçons officiels » (Twitter)

S’il y a bien un comportement qui me hérisse le poil, c’est l’habitude de certains « comptes » sur les réseaux sociaux à produire des contenus piochés chez le voisin pour s’en faire passer pour les auteurs. Si globalement, le respect du droit d’auteur est largement mis à mal sur les réseaux sociaux, en général, ce qui nous est le plus apparent, ce sont les images. Seulement, personne n’irait s’imaginer qu’une image capturée ailleurs ait comme auteur celui qui la partage. Si avec le journalisme 2.0, c’est peut-être moins évident, et si des comptes comme conflits sur Twitter s’embarrasse rarement de citer ses sources, pour des images de film par exemple, c’est moins problématique. Si la question de la source ou de la citation demeure, ce qui est plus grave, c’est de partager un contenu en se faisant passer l’auteur.

J’ai déjà vécu ça mille fois. Le compte Aurea sur SensCritique partageait en toute innocence de jolies phrases dans des listes et quand on lui faisait remarquer répondait qu’elle les recopiait parce qu’elle les aimait ; en revanche, quand on lui demandait de mettre des guillemets et de citer ses sources, l’innocence laissait place à la suspicion : pourquoi donc venait-on l’agresser alors que de toutes évidences ses intentions étaient pures, et que compte tenu du fait que beaucoup de monde appréciait ses listes, c’était la preuve que ça ne choquait personne. Avant ça, sur un autre site, j’avais même été moi-même « victime » de ces petits recopiages intempestifs : un compte s’amusait à recopier certaines de mes bêtises sur un forum en se faisant bien sûr passer pour l’auteur. Pathétique me direz-vous, mais autant je peux comprendre que certains esprits fragiles aient tant besoin d’attirer l’attention et l’amour des autres (bien que cela reste toujours, de mon point vue, répréhensible), autant j’ai toujours été bien plus surpris par la réaction des personnes qui « suivaient » ces comptes de copistes : même avec preuves à l’appui, c’est vous, quand vous pointez du doigt ces vols et ces mauvaises pratiques, qui aurez toujours tort. On vous questionne toujours sur vos intentions (quand bien même vous êtes victime de plagiat), on minore la gravité de telles pratiques (ce n’est bien sûr pas un drame, mais quand c’est systématique, il faut juste que ça cesse, il y a quoi de difficile à comprendre là-dedans ?), bref, la faute n’est jamais portée sur celui ou celle qui sape le travail des autres, s’en rend (faussement innocemment) propriétaire, mais toujours sur celui qui pointe du doigt l’affaire. Parce que bien sûr, on a toujours quelque chose derrière la tête, c’est toujours parce qu’on est jaloux de la « popularité » des comptes faussaires (ça va presque jusqu’à l’absurde : certains reconnaissent les faits mais défendent toujours les voleurs).

Et là, il y a quelque chose, à mon avis, qui reflète énormément la société dans laquelle nous vivons. Je ne parle pas de celle avec ses réseaux sociaux, qui ne font qu’augmenter, par sa rapidité et sa facilité d’usage, des pratiques qui existent sans doute depuis la naissance des rapports sociaux. Au-delà du cercle familial et du travail, il semblerait qu’on, en tant qu’individu, gagne, ou espère acquérir, une certaine forme de prestige à l’échelle d’un autre réseau, celui-là, ni professionnel ni familial, et pas vraiment non plus amical. C’est le prestige, la renommée, le respect au sein d’un cercle qui tend à s’agrandir plus on le nourrit et plus lui-même nous donne en retour des preuves de reconnaissance. C’est le phénomène de cour, de tribu ou de n’importe quel réseau constitué à l’intérieur d’une société et par lequel ses membres évoluent ensemble, profitant, d’un côté du mouvement de masse que le réseau peut lui-même engendrer, et cherchant aussi d’un autre côté à profiter des opportunités possibles, mais plus souterraines, vous faisant évoluer favorablement à l’intérieur même de ce réseau. De là naît la jolie pourriture de nos relations sociales : l’hypocrisie, la jalousie, une certaine forme de cupidité sociale, la rumeur, la traîtrise même, les alliances intestines contre un autre groupe, voire le complot. De la politique, quoi.

Et à côté de ça, on trouve les outils, ou peut-être les otages, de ces pratiques courtisanes, dont vont se servir les ambitieux, les arrivistes, les Rastignac à l’insu de leur plein gré, etc. Avec quoi gagne-t-on en popularité, en respect ? Comment grimpe-t-on les échelons à l’intérieur de ces cercles d’influence ? Il y en a peut-être d’autres, mais de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, c’était toujours lié à la créativité. Ça ne pose pas beaucoup de problème quand on partage une bonne blague… là encore, je doute que les auditeurs hilares se doutent que celui qui fait rire l’assistance soit le réel auteur de la petite blagounette qu’il tire peut-être lui-même d’un autre amuseur pudique… (Même si, ce serait sur le Net, ce serait déjà bien plus suspect. D’autant qu’une bonne blague, elle tient peut-être parfois plus à comment et par qui elle est racontée. Bref.) Non, on se fait surtout mousser, au mieux, pour des œuvres, des productions personnelles, et cela à toutes les échelles. Le petit copieur en quête d’amour n’ira probablement pas recopier des œuvres établies, ni même des passages (même s’il y a des exemples pathétiques ; là, on est à un niveau supérieur qui se règle au tribunal), mais ira plutôt picorer ici ou là. Ce sera à la fois sa meilleure couverture, mais aussi sa première défense : on ne fait pas de mal quand on ne fait que reprendre de courts passages « qu’on aime bien ». Qui vole les pièces jaunes aux sans-abris vole un bœuf…

Bref, dernier exemple en date, le compte garçons officiels sur Twitter. C’est un compte que je suis depuis quelques semaines puisque ça partage sur tout et n’importe quoi dans le domaine de l’art avec toujours une petite phrase « jolie » qui décrit de quoi il s’agit. Étant plutôt ignare, j’aime bien découvrir à petite dose dans des domaines variés. (Pour paraphraser les « garçons », et je les cite : « en allant voir vos tweets nous réalisons que vous avez une idée et un avis ». Et oui ! Je m’intéresse à tout. C’est affreux les gens qui mettent leur nez partout. La curiosité, quel vilain défaut.)

Le problème, c’est que je suis « un peu » cinéphile, et que là c’était pas de chance, ils publiaient un tweet sur un de mes acteurs préférés, William Powell.

Ah. C’est plutôt la dernière phrase qui tique. J’ai un vague souvenir que Powell avait eu en effet une carrière de second rôle dans le muet et qu’il y avait pas forcément officié dans des rôles comme ceux plus sympathiques qui suivront. Je me rappelle surtout de sa performance dans Crépuscule de gloire, de Josef von Sternberg, où il n’a pas encore tout à fait un premier rôle, mais impressionne dans un personnage de metteur en scène, peut-être loin d’être sympathique, mais certainement pas un « vilain », un « traître » ou une « crapule ». (Il me semble même avoir souvenir d’en avoir parlé dans mon commentaire de film…) Le film lui doit beaucoup, et un peu à l’image d’un Richmond dans Richard III, alors qu’il n’est pas présent une grosse partie du film, il mange presque la vedette… à la vedette dans le finale. Je fais donc quelques recherches, et en effet, avant les deux films qu’il tourne avec Josef von Sternberg, il aurait été plutôt utilisé en tant que « vilain », mais rien de bien remarquable ou de très significatif. L’acteur William Powell, on le découvrira surtout dans des comédies dans les années 30, comme je le fais remarquer dans mon premier tweet :

La réponse des « garçons » est alors d’une triste ingénuité parce qu’ils me livrent, pour justifier leur « propos » (que je pensais alors être le leur), leur source, autrement dit, l’article dans lequel ils ont tout bonnement recopié la phrase de leur tweet.

Je vais lire l’article. Rien à redire là-dessus, l’auteur distingue bien la période du muet où Powell n’est pas franchement considéré comme une vedette (et jouait donc les « vilains ») et le parlant grâce auquel il deviendra après quelques années, et grâce à la MGM, une star. Mais une star de comédie, et donc bien de la MGM, mais la MGM ne l’engagera… que dans les années 30. Donc non, aucun rapport entre la MGM et ses rôles (anecdotiques) de méchant dans des films muets. Et on note au passage que leur explication de merde doublée de l’aveu candide de plagiat a été « likée » par leur pote de cour, Philippe Rouyer, aka un des masters posters sur le réseau (signe déjà que l’entente des petits copains a toujours plus d’importance que la réalité des faits, et signe peut-être aussi d’une ignorance en la matière que lui, comme d’autres, s’appliquerait à faire passer pour de la connaissance.) (Ça commence à se sentir que j’aime pas les usurpateurs, et ça va empirer au fil des réponses.)

Toujours bien rempli de bonnes intentions (on me connaît, je cherche toujours à aider les gens qui se promènent avec une jambe cassée dans la rue avant qu’ils finissent, grâce à mon soutien, cul-de-jattes), je leur soumets alors une révision à la phrase qui la ferait coïncider avec la réalité de la carrière de mon cher Powell (il y a la post-vérité, mais il devrait y avoir la tweet-réalité, la raison qui pousse les gens à publier de la merde) :

Ma dernière phrase suggère que l’exaspération est pas loin, nourrie bien sûr par la suspicion désormais bien établie qu’une bonne part, voire l’ensemble, de leur production n’est que du vulgaire recopiage.

Dans cette situation, étrangement, c’est souvent la même réaction qu’on rencontre. Les « garçons » comprennent qu’ils viennent d’être pris la main dans le pot de confiture (même s’ils doivent être persuadés que cela n’a aucune importance), et que bêtement, soucieux de montrer qu’ils n’étaient pas dans l’erreur, ils ont fait par la même l’aveu de leurs pratiques (cette désinvolture est peut-être due au fait qu’on leur a déjà fait remarquer et que tout le monde s’en fout, mais je ne suis pas les commentaires de leurs tweets pour en savoir plus : c’est le type même de tweet qu’on lit en diagonale et dont on a ni envie de commenter ni envie de lire les commentaires). Quelle réaction donc ? Un peu de sarcasme et de suffisance :

La vérité ne tient pas en 280 signes. La post-vérité, si.

À ce moment, j’ai déjà probablement googlisé certaines de leur production et remarqué qu’un certain nombre d’entre elles étaient piochées sur le Net. Des articles de blog, des sites de galeries, des pages d’encyclopédie en ligne (aucun problème pour Wikipédia donc, mais ça n’empêche pas l’usage des guillemets), dont parfois des phrases qu’ils ne sont pas les seuls à reproduire et que tout un petit monde de blogueurs recopie en cœur sur leur site respectif… J’y ai pas passé une heure, mais ça sentait pas bon. Alors comme je n’ai pas une grande sympathie pour ces gars-là (les voleurs), et en particulier quand on me prend de haut, le ton a commencé à changer.

À quoi, je retrouve le ton évasif, faussement poli, assez provocateur en réalité parce qu’on sent le dédain supérieur qui se cache derrière une telle réponse, de cette supériorité aussi qu’ont les personnes qui pourraient avoir des choses à se reprocher mais qui se savent en sécurité et qui en plus te font bien sentir que toi t’es un peu de la merde à relever la leur puisqu’on est le seul à la voir. Je vois même ça un peu comme de la défiance : leur question sonne un peu comme :« Vas-y, dis-nous ce que tu as à dire, on ne craint rien, on est plus populaire que toi, mais vas-y ». J’ai déjà vu ça plusieurs fois… :

Là, je remarque toutefois une chose qui m’amuse. Ils ont tout de même pris le soin de dé-mentionner Phillippe Rouyer. C’est pas anodin. Ces types-là ne vivent que par et pour la relation qu’ils ont aux autres, et en particulier chérissent celle qu’ils entretiennent avec les gens placées haut dans l’échelle de respectabilité de la société (ou d’une micro-société). Là encore, c’est assez typique de ce genre de « comptes » en quête de « likes », de visibilité, d’attention… et tout ça au prix de quelques recopiages qu’ils pensent anodins. Peut-être plus révélateur encore de cette attitude, on les voit poster publiquement un message à l’attention de Julie Gayet (via la mention donc) afin que celle-ci songe à les suivre désormais comme c’était déjà leur cas et puisque, comme ils le précisent, elle avait retweeté une de leur publication… Dans quel monde vit-on… C’est triste d’en arriver là pour récolter trois mille likes et élargir son petit cercle d’influence… Ça me rappelle tristement les partouzeurs de l’aube.

Je deviens plus direct. Direct, mais courtois. Ils se foutent de ma gueule, mais le sont aussi. Aucune raison d’adopter une autre attitude… Direct donc. Mais… un peu taquin aussi.

Et là réponse, j’avoue, m’a un peu scotché. À différents niveaux. Pourtant, j’aurais dû m’y attendre, parce que là encore, c’est assez typique. On répond innocemment, on fait semblant de ne pas comprendre, et surtout on lâche des aveux surréalistes. C’est dit avec une telle innocence que je suis persuadé que ça ne choquerait pas grand-monde. Comme souvent, on fait plus attention au ton employé qu’aux faits : ici, le fait d’avouer comme si c’était la chose la plus naturelle du monde… eh bien, la fait passer pour la chose la plus naturelle du monde. On parle bien de s’approprier des contenus écrits par d’autres.

Je le cite à nouveau pour bien le mettre en évidence, c’est écrit noir sur blanc : « Nous ne prétendons nullement être auteurs de nos posts. »

Il y a que moi que ça choque ? Peut-être bien que c’est moi le naïf. C’est à ce point répandu de recopier les phrases des autres en s’en faisant (quand même beaucoup, hein) passer pour les auteurs ? J’ai loupé un épisode ? Parce qu’attendez… On ne prétend pas être les auteurs de… heu… ce qu’on écrit, mais… c’est mentionné où qu’ils ne sont pas les auteurs de ce qu’ils écrivent ?! Ah, ça, pour mentionner machin et machine, pour mettre des guillemets et un auteur connu en parenthèse parce que ça fait classe, ils sont forts les garçons, mais dire qu’ils ne sont pas les auteurs de ce qu’ils écrivent (?!), c’est déjà plus compliqué à mentionner.

Typique encore et toujours, le reste du tweet. Nous recopions ce que nous aimons. Sérieux, c’est le disque rayé le plus mauvais de la terre… Donc le fait d’apprécier quelque chose, mérite qu’il soit pillé. La logique m’échappe. Bon, en fait, c’est qu’il n’y en a aucune. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on cherche juste à se faire passer pour les auteurs de quelque chose qu’on a apprécié… pour qu’on nous apprécie à notre tour. Et toujours cette candeur. Comme l’impression à chaque fois qu’on fait remarquer à quelqu’un que non, ça ne se fait pas de copier sur le voisin, et qu’on nous répète en guise de réponse candide : « Mais où est le problème ? » Le problème, c’est qu’on ne vole pas seulement ce qui ne nous appartient pas. On trompe bien quelqu’un parce qu’on fait sien ce qui lui appartient, mais aussi les personnes qui nous lisent. C’est pas bien, point.

Je suis alors bien agacé et j’y vais de ma petite leçon de morale :

On ne prétend pas être les auteurs, mais on profite de la confusion probable et espérée, notamment en oubliant sciemment de mettre des guillemets comme c’est l’usage.

Je réponds :
C’est bien de partager*. Mais songez que quand vous reprenez une phrase, derrière il y a un auteur, parfois peut-être un attaché de presse, ou un passionné, qui lui ne tire ni crédit ni visibilité comme vous le faites.
Par respect pour ceux-là, et parce que je n’ai aucune raison de douter de votre honnêteté*, je vous suggère d’incorporer à vos capsules d’autres garçons formidables.
Je vous présente Pierre & Paul : « ».
Ajouter la source en réponse au 1ᵉʳ tweet, c’est encore mieux. Il y a moyen à ce que ça tienne aisément en 280 signes. Je suis sûr que personne ne vous tiendra rigueur de ces ajouts ; mieux, vous ferez profiter de votre visibilité aux auteurs (créateurs, artistes, mais aussi grattes-papiers) en encourageant vos abonnés à en savoir plus.
Il n’y a pas de contradiction à être « passeurs », ou « révélateurs de beauté », et citer honnêtement ses sources.
* on remarquera les efforts de ma part à rester courtois : qu’on s’énerve, les escrocs n’attendent que ça afin de passer, eux, pour des victimes. (J’ai mis tout ça en un bloc, mais c’est une suite de tweets.)

J’ai dit tout ça d’ailleurs en toute bonne foi. Oui, je suis persuadé que mettre des guillemets et une source ne leur ferait pas perdre d’abonnés. Seulement, persuadés qu’ils sont d’être suivis grâce à la confusion dont ils sont, eux, les auteurs, ils ne peuvent pas concevoir que respecter les auteurs qu’ils copient puissent être compatible avec le fait de partager des « tweets » avec le même contenu ou presque. Parce que, que l’on soit bien clair : si le plagiat est condamnable, je comprends (même si je me refuse de les employer et qu’ils m’exaspèrent à une échelle industrielle comme ils le font) qu’on puisse avoir recours en permanence aux appels du pied via des mentions à d’autres comptes souvent « huppés ». Et je suis hautement convaincu que c’est l’alliance de leurs recherches réelles (celle-là), puis du contenu volé et enfin de ses efforts de lèche sociale qui fait le succès d’un tel compte. Ajouter des signes typographiques montrant bien qu’on n’est pas les auteurs de ce qu’on partage, ou le fait de citer une source, encore une fois, en quoi ça entraverait la visibilité de leurs tweets dans la sphère courtisane et amateur d’arts qui est la leur… ?

Malheureusement, faire la morale à un escroc ne l’a jamais convaincu de se faire plus vertueux (j’aime les causes perdues), et leur réponse se fait plus offensive. On ne se défend plus (puisque c’est acquis que c’est normal de voler le contenu des autres), on attaque :

J’ai un avis sur tout en effet (enfin, en vrai, pas tout à fait, mais on va pas chipoter, je brasse large, oui), parce que je suis curieux et parce que justement, ça doit être un défaut, je m’intéresse souvent plus à des domaines où je peux apprendre que le contraire. Je ne prodigue pas la bonne parole et « n’instruis » pas les autres. C’est bien pourquoi, en partie, je parle si peu de cinéma sur Twitter. (Et là, il se trouve que pour une fois que ça causait d’un acteur que j’adore — ce n’est pas si fréquent —, c’était naturel que j’intervienne.)

Pour la forme, et parce qu’à partir du moment où l’affaire était entendue (le reste n’a plus beaucoup d’importance, on s’échange en général des amabilités d’usage), je partage la fin de nos échanges :

Ma réponse (que je poste encore en bloc pour éviter de multiplier les suites de tweets) :

— Deux choses, messieurs, maintenant que votre malhonnêteté ne vous fait aucun doute.
— La 1ᵉ  : Vous tweetez sur un acteur que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais. Donc quand vous recopiez un texte dont vous n’êtes pas les auteurs et que vous y ajoutez une bêtise, je le vois.
— Vous me citez alors votre « source » : non seulement vous donnez vous-même la preuve que vous voler le contenu des autres, mais aussi vous confirmez que vous n’entendez rien à ce que vous publiez. Vous me direz… un peu comme tous les voleurs de contenu.
— La 2nd : Le plagiat, c’est pas « tweet[er] mal », c’est voler.

(Là, j’avoue que le sophisme de popularité, ça me donne envie de lancer des claques.)

Mon clap de fin :

J’attends avec impatience votre interview chez Pujadas pour vous voir expliquer que le plagiat devient honnête quand on est suivis par x followers.

Voilà, j’en termine. On pourrait me dire encore que j’en fais des tonnes pour pas grand-chose, ou que pff, c’est pas mes affaires. Eh bien désolé, non. Si de tels énergumènes peuvent se faire une place au soleil dans la constellation des gens qui comptent (ou qui le voudraient), à leur échelle, c’est bien que même quand on est informé de la supercherie, on refuse d’accepter le fait qu’on a une part de responsabilité dans le pillage de contenu développé souvent par des petites mains qui ne vivent pas de leur passion ou qui ne tire aucun crédit même symbolique des productions qui leur sont recopiées souvent même sans qu’ils en aient connaissance. Cette complicité, moi je la vois comme inacceptable. Peut-être pas par sens moral, certes, mais parce que publiant moi-même des contenus et ayant été plusieurs confronté (à une petite échelle, Dieu merci) à ce genre de pratique. Il n’y a pas d’échelle de respectabilité chez les auteurs qu’il serait plus acceptable de voler leurs contenus sous prétexte qu’ils ont moins de talent ou moins connus. Je dirais même que les petits créateurs de contenu sont parfois poursuivis par des grosses boîtes lançant des robots de recherche sur leur site pour le compte de gros ayants-droit dans le but de leur soutirer de l’argent. Mettre en lumière le travail d’artistes en tous genres à travers des tweets n’autorise pas que pour ce faire on en vienne à piller le travail des personnes honorant ces artistes reconnus. Je dirai même que piller une citation de Voltaire en oubliant de le citer, sa réputation est faite, le Voltaire en souffrira moins qu’une petite main qui, si on trouve intérêt à le recopier, mériterait sans doute, lui, plus d’être connu, ou simplement respecté et remercié pour son travail. Ce sont les petits qu’il faudrait d’autant plus respecter et protéger qu’ils sont bien plus vulnérables à ce genre de comportement. Comportement nuisible qui tend bien plus à attirer la lumière sur sa propre personne que sur les œuvres ou écrits partagés et recopiés.

Ces messieurs ont au moins une chance. J’ai zéro visibilité sur les réseaux sociaux. Un tel article, c’est loin d’être un contenu susceptible d’attirer du chaland via les moteurs de recherche. Je ne pense même pas qu’il soit utile que leurs précieux followers viennent à connaître leurs pratiques (peut-être certains avaient déjà compris d’ailleurs), car encore une fois, à en croire mon expérience, cela nuit toujours systématiquement bien plus à celui qui agite un chiffon rouge qu’aux incriminés. Le réseau prime toujours sur la vertu. On peut bien saloper l’une pour soigner l’autre.