Chocolat, Claire Denis (1988)

Chocolat, et ne pas finir marron

Chocolat Année : 1988

7,5/10 IMDb

Réalisation :

Claire Denis

Avec :

Isaach De Bankolé, Giulia Boschi, François Cluzet

Je surnote un chouïa, un peu comme un mauvais prof plein de bienveillance pour une mauvaise élève qui n’a jamais fait jusque-là que de mauvais devoirs. Mais ça fait plaisir, enfin un bon film de Claire, mon idole !

Des personnages sympathiques (pas con de tous les mettre dans le même film, mais Claire, comme championne des personnages antipathiques, t’es forte ; j’imagine qu’ils te ressemblent aussi un peu) ça aide pour faire de bons films. Récit elliptique, mais c’est dans les clous, avant de prendre de sales habitudes à force de trouver les trous plus intéressants que le reste. On peut noter aussi une absence totale de savoir-faire en matière de direction d’acteurs, et ça se remarque dans les rares séquences a plus de quatre ou cinq répliques, avec des acteurs franchement mauvais. Faut imaginer que Claire s’en est rendu compte, mais au lieu de se dire qu’elle allait faire des progrès ou prendre juste de très bons acteurs (ce qu’elle a ici avec Cluzet — quand même, un génie, ça peut aider à pas flinguer un film — ou avec une mauvaise Huppert), ben elle s’est dit, pour les prochains films, que pas avoir de dialogues du tout, ou peu, un ou deux échanges par séquence, c’était mieux… Boh, pourquoi pas. Bref, ici, ça passe tout de même très bien, surtout quand les situations sont compréhensibles, qu’on évite pas mal les lieux communs, et que les personnages/acteurs sont sympathiques. C’est L’Amant de lady Chatterley raconté et vu par Tom Sawyer au féminin. Les personnages secondaires antipathiques, manquent peut-être, déjà, de nuance, à n’être qu’antipathiques, mais on les voit si peu, et le reste fait tellement plaisir…

Enfin une copie rendue proprement. Merci Claire, je n’y croyais plus.