Kids, Larry Clark (1995)

Dégénération sida

KidsAnnée : 1995

Réalisation :

Larry Clark

5/10  IMDb
Avec :

Leo Fitzpatrick, Justin Pierce, Chloë Sevigny

Vu en mai 2010

Suivre une bande de petits connards qui pensent qu’à baiser, fumer, boire et accessoirement lyncher un mec dans la rue (tandis que Chloé-la-raison les recherche sans jamais pouvoir les rattraper), très peu pour moi.

Les gosses ne sont pas des victimes, ce sont des petits cons n’ayant aucun respect pour rien. On peut comparer ça aux timbrés qui prennent la route en étant bourrés. Qu’ils se tuent en bagnole, c’est leur problème, mais qu’ils embarquent avec eux d’autres qui n’ont rien demandé, et c’est des criminels. Il ne faut pas se tromper sur la responsabilité et la victimisation : un type qui se bourre la gueule, il est responsable de sa gueule de bois, et des conséquences de sa cuite. Si boire, c’est se rapprocher du criminel qui est en nous, ici, s’amuser, l’est tout autant. Le respect de la dignité de l’autre, de son intégrité physique, c’est pas un truc qu’on apprend à la majorité. Ces petits cons jouent à être adultes, ils veulent être adultes ? qu’on les voit donc également comme des criminels, pas des victimes. Ils savent parfaitement ce qu’ils sont en train de faire, et en ont strictement rien à foutre tant qu’ils s’amusent et se sentent libres. Vingt ans après ils reviendront nous dire que la vie n’a pas été facile avec eux, qu’ils étaient inconscients ou victimes de la société. C’est juste des petits cons qui n’ont aucun respect pour la vie. Des déchets. Aucune sympathie pour ces mecs, et par conséquent pour le film.

Le chassé-croisé tout au long du film entre la vision d’abord féminine et masculine de la chose se resserre finalement à la vision là de la vraie victime, féminine qui cherchera tout le film le connard qui l’a contaminée pour le prévenir dans sa grande bonté. Tout ça tendrait à nous dire, dans son échec, qu’il n’y a pas d’issu à cette tragédie que vit cette génération pendant les années sida, et tend donc à en faire de saintes victimes d’un contexte. J’y verrais plutôt l’échec des victimes à pouvoir raisonner leurs bourreaux (et dans n’importe quel contexte) et l’impasse de cette génération (impasse dont elle seule est responsable). Ce n’est pas la faute de la société, ni la faute d’un contexte épidémique. La société, c’est eux qui la font et c’est eux qui la rendent malade, sida ou pas. Si les années sida ont succédé aux années frics, c’est pas innocent : les 90’s, c’est la gueule de bois de vingt ans de fêtes non stop.

La Sevigny, y a pas à dire, elle est dans tous les sales coups. Là, au moins, elle a le beau rôle. À peine déflorée qu’elle chope le sida. À peine, l’apprend-elle, qu’elle se fait violer. Vive la vie.