A Serious Man, Joel Coen et Ethan Coen (2009)

Coen épaisse

A Serious Man
A Serious ManAnnée : 2009

Réalisation :

Joel Coen et Ethan Coen

5/10 IMDb

Depuis Fargo[1], ont-ils fait un film intéressant ? Je ne crois pas. Toujours bien écrit, bien construit, mais il manque un petit quelque chose qui donne de la chair aux bons films. Toujours le même problème, ça ne va pas assez loin.

Le héros principal a des emmerdes, OK, mais ça ne semble pas être insurmontable, c’est le quotidien de beaucoup de gens. Les enchaînements d’emmerdes c’est assez commun. Ce qui fait la force d’un film comme After Hours par exemple, c’est qu’on est fixé sur un personnage, on s’identifie beaucoup mieux ainsi, et ses ennuis montent crescendo. La restriction temporelle permet paradoxalement de prendre son temps, car on n’a pas à se familiariser après chaque ellipse avec une nouvelle situation. Et le cinéma des frères Coen picore de plus en plus, à vouloir condenser une action dans un temps long, on ne comprend et on ne s’identifie plus à rien (c’est le problème de beaucoup de productions pseudo-indépendantes d’ailleurs).

On ne sait pas trop si le sujet, c’est les emmerdes du personnage, les situations loufoques avec les différents rabbins, ou encore la « duplicité quantique » (on dira) des événements. Le personnage principal est professeur en mathématique et on le voit au début énoncer la fameuse expérience du chat de Schrödinger où la bébête est à la fois morte et vivante dans cette situation (j’ai jamais rien compris à la mécanique quantique). Et le film semble se terminer volontairement ainsi, si bien qu’on reste un peu sur notre fin ne sachant pas de quoi il retourne… Vouloir illustrer une telle expérience dans un film… c’est juste maboule, on n’y comprend que dalle. Bref, ils n’ont pas été sérieux sur ce coup-là les frères Coen… Croire que le public puisse comprendre l’allusion, et en plus, comprendre la physique quantique à travers le film, c’est juste heu… bah tiens, à la fois con et intelligent.

Y a rien de plus chiant qu’une œuvre qui se prend au sérieux, mecs (surtout dans un film qui est présentée comme une comédie — certes à la Coen).

J’attends qu’ils cessent de nous pondre des “parcours” de personnages sans intérêt, et qu’ils reviennent à la mise en scène de faits divers, à des portraits d’hommes perdus dans une situation inextricable. Les Coen, c’est de la série B bien exécutée qui détend là où satire. J’ai pas envie de voir autre chose.


[1] Fargo