Nénette et Boni, Claire Denis (1996)

Tous les garçons et les filles de Denis

Nénette et Boni
Année : 1996

Réalisation :
Claire Denis
6/10  IMDb

Une histoire du cinéma français

S’il y a quelque chose d’agaçant chez Claire Denis, c’est de voir à quel point, l’évidence de son talent saute aux yeux, mais qu’elle ne cherchera toujours plus au fil de sa carrière qu’à s’enfermer dans ses défauts qui paradoxalement ont été aussi à ses débuts ses principales qualités.

On y retrouve toujours ce savoir-faire pour l’écriture d’un récit elliptique, bref, concis, censé souvent aller à l’essentiel, mais chez Denis, il y a le choix, qui peut se comprendre au départ, de flirter avec la distanciation. Certains éléments sont introduits dans le récit, et on les comprend, ou pas, vers la fin à mesure que le puzzle se reconstitue. Cela ne réclame aucune explication, et à ce stade, c’est encore une qualité. Ici c’est bien perceptible avec ce qu’elle fait avec les éléments épars du thème de l’arnaque aux cartes téléphoniques.

Seulement, une fois compris, il faut aussi se rendre un peu l’évidence, c’est un motif amusant à repérer entre les lignes énigmatiques du scénario mais ç’a autant d’intérêt que de jouer à un jeu des sept erreurs. Dans le récit d’ailleurs, c’est accessoire. Comme beaucoup trop d’éléments on serait même tenté de dire. Les deux principaux protagonistes ne sont pas concernés.

Dans les films suivants (à des exceptions, Vendredi soir est un film toujours concis, allant à l’essentiel, simple et clair), Denis ira vers encore plus de concision, se refusant à expliquer les situations, montrer les sources des conflits, jusqu’à en devenir franchement pénible, son cinéma ne devenant plus qu’une exposition de situations évanescentes, d’évocations, d’atmosphère, dans lequel on voudrait bien chercher à comprendre quelque chose mais où finalement on y renonce assez vite comprenant surtout qu’on se fout un peu de notre gueule et nous interdisant le plus simplement du monde ce que Denis oubliera le plus souvent par la suite, une histoire. Une chronique sociale, même personnelle, c’est déjà une mise à distance d’une histoire, les situations prennent souvent sens dans leur globalité, mais quand on s’écarte du genre et qu’on tente de proposer autre chose tout en tombant inévitablement dans certains clichés pour se rassurer face aux risques entrepris, on peut légitiment douter de l’intérêt d’une telle démarche.

Une fois encore, un autre des gros défauts du film récurrents dans les films de Claire Denis, c’est la mise en lumière de personnages antipathiques, en particulier masculins. L’actrice qui joue Nénette est formidable (Alice Houri, qui sauvait déjà — même pas en fait — U.S. Go Home), parce que pour rendre sympathique un personnage foncièrement stupide, buté, agaçante et vulgaire, c’est qu’il en faut du talent. Or elle lui apporte, comme ça, l’air de rien, et donnant l’impression d’être la seule à ramer dans cette galère denisienne, intelligence, douceur et sensibilité. Même chose pour Valeria Bruni Tedeschi, qui malgré un physique moins facile que la frangine, arrive à rendre belle sa boulangère amourachée d’un vampire au beurre (Vincent Gallo, forcément), elle aussi vulgaire et stupide (je ne le dirais jamais assez, c’est toujours un exploit pour un acteur de rendre sympathique et crédible un personnage stupide), grâce à sa voix et à son sourire à faire fondre des montagnes. Pour trouver les personnages féminins sympathiques par la suite chez Claire Denis, il faudra se lever de bonne heure. Car ses choix iront presque systématiquement vers les hommes, pour lesquels les rôles écrits sont presque toujours grossièrement antipathiques, et dont les habitués sont d’épouvantables acteurs incapables à la fois de composer un personnage et de retranscrire justement un dialogue (on enlève Cluzet et Lindon, et on garde Colin — qui est encore pas si mauvais ici malgré un personnage là encore insupportable — ou Alex Descas, par exemple — qui en plus d’être mauvais acteur a une personnalité fade, poli, digne des gendres idéaux, bons élèves, qu’on peut repérer dans les séries et téléfilms français). C’est dire si Claire Denis, directrice d’acteurs est épouvantable.

On peut suspecter Claire Denis d’avoir incité le plus souvent les acteurs à improviser dans son film, mais face à la difficulté des situations trop complexes à rendre ou face au manque de talent de ses acteurs (Jacques Nolot se paie les séquences les plus mal jouées du film), on peut imaginer que la cinéaste ait proposé alors des dialogues à ses acteurs. Le résultat est horrible. Au lieu d’insister sur une direction d’acteurs basée sur une improvisation dirigée, elle va au plus simple et balance des tunnels de répliques impossibles à dire pour des acteurs médiocres. Sans doute consciente de ce défaut, et encore au lieu d’insister sur l’improvisation ou sur le choix d’acteurs plus compétents (encore une fois Alice Houri ou Valeria Bruni Tedeschi, pas besoin de leur foutre quarante répliques entre les mains, elles semblent être capables d’improviser et de respecter certaines orientations de jeu pour la séquence avec une spontanéité déconcertante), elle choisira de gommer le plus possible les séquences dialoguées (ou bavardes) de ses films. Alors il y a certes une logique parce qu’elle tend c’est vrai à virer tout ce qui est explicatif dans ses récits, mais là encore ce sera une manie qui ne servira pas vraiment ses sujets. Restera donc ces films d’atmosphère où on nous demande de jouer au jeu des sept erreurs, mais dans un tel brouillard qu’on renoncera bien vite à adhérer à cette distance que Claire Denis nous impose.

Pourtant le film a ses petits miracles. Comme cette séquence avec la fille du planning familial d’une laideur repoussante mais dont le talent tout simple la rendrait presque jolie, où tout à coup la scène bifurque vers complètement autre chose à la faveur d’un coup de fil (on retrouve les éléments de notre thème dispersé façon puzzle dans le récit). Tout repose ici sur le talent de l’actrice (Pépette… qu’on peut lire au générique).

Un autre moment rare, c’est la rencontre entre Nénette et la sage femme. La beauté du malentendu. Un instant fugace de vie que le cinéma parfois est capable de nous rendre. Tout se joue (là encore, paradoxalement, parce qu’on est bien chez Claire Denis) dans les dialogues. Nénette, toujours aimable, précise qu’elle ne veut surtout pas souffrir. La sage femme lui répond un peu sèchement que ça elle aurait dû y penser avant. Nénette réagit au quart de tour, pensant y voir là un reproche quant au fait qu’elle ait décidé d’accoucher sous X. La sage femme, comprenant immédiatement le malentendu, prend alors soin de lui expliquer ce qu’elle voulait dire, tout en lui montrant par la suite une bienveillance forcée mais nécessaire. C’est peu de choses, mais ce sont des détails qui font la force et la justesse d’un certain cinéma. Dommage que Claire Denis n’ait pas insisté sur cette voie.

Cremaster 1, Matthew Barney (1996)

Sorbet de merde acidulée

Cremaster 1

cremaster-1-matthew-barney-1996Année : 1996

Réalisation :

Matthew Barney

1/10 IMDb  iCM

 

 

Probablement le niveau zéro de la création par un artiste ayant atteint le niveau maximum de la prétention.

Dans un certain milieu branché, on parle de performance ou d’avant-garde et les questions de savoir-faire, d’efficacité, d’artisanat, sont mis de côté parce que cela demande de la maîtrise et du talent. Or, quand notre seul talent réside dans la prétention de vouloir faire de « l’art », dans son carnet d’adresses, et de surtout pas se comparer à d’autres arguant que ces “performances” valent par elles seules, le détour, et qu’elles sont toutes en quelques sortes des pièces d’art endémiques issues d’on ne sait quelle génération spontanée, eh ben ça donne ça. On ne juge ainsi plus une œuvre à travers sa maîtrise, mais en fonction de ce qu’elle ira représenter sur notre propre image si on dit l’apprécier. C’est le grand désastre d’une certaine frange de l’art contemporain, et si le cinéma expérimental n’en est pas vraiment touché, en général, il fallait bien que certains petits cons passés par la mode viennent y foutre les pieds.

Voici donc Matthew Barney nous proposant les délires creux et sans maîtrise de son imagination. Jeu de symboles grossiers, défilés de mannequins dans des tenues acidulées se mouvant avec la grâce de cônes de glace, pub assumée à travers laquelle on sent la référence très « pop art » warghrolienne… Tout cet univers creux aurait un intérêt si on avait en réalité affaire à un metteur en scène de talent, à un véritable chorégraphe de ballet, à un vrai monteur, bref, à une quelconque personnalité ayant un minimum de savoir-faire. Seulement pour certains grands prétentieux arrivés dans le gotha par accident ou par relations, le savoir-faire, ça les emmerde, parce qu’ils n’en ont pas, et n’ont même pas idée de ce que ça pourrait être. Aucune notion de mise en scène, aucun sens du rythme, aucun sens du cadrage, choix de musique exécrable, blondasses hideuses, costumes dignes d’une cérémonie d’ouverture de Jeux olympiques… Bref, on a bien compris, qu’il y aura toujours des snobs pour aller vanter les qualités des hartistes qu’ils fréquentent dans leur milieu, mais quand je pense au fric dépensé pour cette orgie de médiocrité et de grandes prétentions creuses, ça me fait un peu gerber. Certes, les grands de ce monde ont bien droit à quelques caprices ; et ça me donnera bien le droit aussi d’entartrer si j’en avais l’occasion ces parasites de la société, cette élite nourrie de vacuités, d’apparences, et de prétentions. Oui, c’est de l’art, et ça permet au moins de poser les bases de la grande médiocrité, mettre le doigt (pas de trop près) sur ce qu’est de la merde bien puante.

Paradise Lost: The Child Murders at Robin Hood Hills, Bruce Sinofsky et Joe Berlinger (1996)

Génération perdue

Paradise Lost

paradise-lost-the-child-murders-at-robin-hood-hills-bruce-sinofsky-et-joe-berlinger-1996Année : 1996

Réalisation :

Bruce Sinofsky et Joe Berlinger

9/10 IMDb iCM

 

— TOP FILMS

Listes : 

 Limguela top films

MyMovies: A-C+

Si le film de cinéma narratif est sans doute la meilleure arme antimilitariste qui soit, le film documentaire est peut-être la meilleure arme pour dénoncer non pas les erreurs de justice, mais ses approximations. Il y a beaucoup d’exemples de documentaires traitant de ce sujet (The Thin Blue Line, Un coupable idéal). Parfois même pour s’immiscer dans un dossier pour en révéler les erreurs ou les enquêtes bâclées.

On est dans l’Arkansas et les techniques d’investigation sont loin de ce qu’on peut voir à Hollywood. Le film dévoile des personnages surréalistes, complexes qui nous donnent à réfléchir sur le sens et l’efficacité des jugements criminels. Il pointe du doigt l’hypocrisie d’un système qui ne cherche pas à établir une vérité mais tout faire pour sauver la face et sa peau. Il montre parfaitement les petits comportements humains qui font que même (et surtout) quand on a des responsabilités, il est impossible d’admettre qu’on s’est trompé, qu’on a fait fausse route, parce que ça égratignerait son honneur et sa réputation. On a une piste, et on ne cherche pas à connaître la vérité ; au contraire, en voulant y croire, on finit par refuser d’ouvrir les yeux sur des choses évidentes. Pire que tout, quand vient le temps d’une remise en question et la possibilité d’un nouveau procès, il n’en est pas question malgré les nouveaux éléments matériels de la défense qu’elle n’avait pas pu produire quelques années auparavant par manque de moyen… Étrange système où on doit prouver son innocence et où de toute façon la décision sera laissée à un jury populaire se faisant une idée sur des apparences.

Le jeu des apparences, c’est tout l’enjeu du film. Les enfants ont été condamnés parce qu’ils étaient « bizarres », différents. Et c’était forcément suspect. Sans preuve, l’évidence se fonde sur ces apparences et les préjugés. On se conforte dans l’idée qu’on a raison parce qu’elle nous est plus séduisante qu’une autre (comme le dit l’un des condamnés, c’est moins effrayant de croire que le meurtre des trois enfants a été perpétré par une secte satanique plutôt qu’assassiné par leurs parents).

Le premier volet est comme le récit d’un mauvais film policier où on sait déjà que les prétendus coupables sont innocents et que le véritable coupable, c’est l’autre gars étrange qui en fait un peu trop. Gars étrange… Encore les apparences. Cela saute aux yeux dès les premières minutes du film. Le beau-père d’une des victimes en fait des tonnes, c’est une caricature et paraît complètement barré. Pourquoi n’a-t-il jamais été inquiété par les enquêteurs ? Mystère. En tout cas, c’est surréaliste de le voir tout à coup appelé comme témoin par la défense parce que ce père a offert aux réalisateurs du documentaire… un couteau. Et ce couteau avait des traces de sang. Cet homme pourrait être à la place des accusés qu’il serait plus crédible. Pourtant, malgré l’étrangeté de ses déclarations, il ne sera jamais inquiété par la justice (ou par la police). Les premiers « désignés coupables » ont toujours tort. Le documentaire a fait son chemin, et le public le voit clairement comme l’assassin. Quelques années se passent entre les deux films. Dans le deuxième, sa femme meurt mystérieusement durant son sommeil. Encore une fois, le mari est suspect, mais jamais inquiété par la justice. Il faut sauver la face et ne pas laisser penser qu’on s’est trompé. Un groupe de soutien s’organise après la diffusion du documentaire sur HBO, et là encore, on est dans la caricature. Hollywood qui vient à la rescousse du trou perdu de l’Amérique. Il y a une certaine indécence à vouloir aider les condamnés et leur famille tout en s’amusant, à trouver ça cool… Surréaliste.

Surréaliste jusqu’à la fin quand le père en question, celui sur qui on rejette notre frustration de voir des adolescents impliqués dans cette histoire, accepte de se livrer, non sans défiance, au détecteur de mensonge. Les questions posées, les réponses, laissent à croire qu’on est en face d’un véritable psychopathe, au moins un fou victime d’hallucination… et le verdict dérisoire de la machine, la seule disponible parce que la justice des hommes ne s’intéressera jamais à la question : non coupable.

Dans un film de fiction, on appellerait ça un twist. La réaction du père est, comme à son habitude, grotesque. On ne sait plus qui et quoi croire. Finalement, on se dit que c’est la seule réponse possible : on ne sait pas. Ç’aurait dû être, compte tenu des éléments, la réponse de la justice, des enquêteurs, du bureau du procureur, des jurés et du juge chargé de rouvrir le procès. Mais c’est impossible. Il faut sauver les apparences. Toujours les apparences. Les tueurs se sont ceux qui écoutaient Metalica dans la patrie du blues ; la justice ne peut pas, ne doit pas, se tromper. Et des parents ne peuvent pas tuer leur enfant. Peuvent… ou ne doivent pas, pour les apparences encore qu’on veut donner à sa ville, de son État, de sa communauté.

Quand un pays fait appel autant à Dieu et à la rhétorique pour faire enfermer ses criminels, on est dans l’irrationnel. Si ce documentaire est le parfait reflet du déroulement d’un procès criminel, dans l’Arkansas, aux USA ou ailleurs, ça fait froid dans le dos. Ce film rejoint des films de fiction comme Fury ou The Oxbow Incident qui montraient déjà l’incapacité à juger d’un crime, à trouver des coupables, et la nécessité pour le public ou les victimes d’en identifier coûte que coûte pour satisfaire à l’intolérable insatisfaction de l’incertitude et du doute.

Ces films ne servent à rien. Le grand public et les politiques s’en contrebalancent. Leurs exemples devraient être connus de tous pour éviter de retomber sans cesse dans les mêmes travers, penser à un système moins accusatoire. On peut toujours rêver… L’important, ce n’est pas d’avoir une justice qui marche, mais d’en être persuadé ou de le laisser croire ; l’important, ce n’est pas de trouver des meurtriers, mais d’apporter des suspects crédibles à la justice et aux familles. Triste monde.

Pusher, Nicolas Winding Refn (1996)

Pusherpusher-nicolas-winding-refn-1996Année : 1996

Réalisation :

Nicolas Winding Refn

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 septembre 2007

Il faut s’habituer au début un peu raté où la référence à Scorsese est un peu trop appuyée.

Ça devient intéressant en fait quand le personnage principal se retrouve tout seul avec ses emmerdes : c’est l’histoire d’un type… qui est dealer, et comme dealer, c’est pas bien et que c’est dangereux, bah, il va avoir plein d’ennuis qui se succèdent en peu de temps.

Finalement, le réalisateur a voulu copier les Affranchis, mais il finit plutôt bien à faire une sorte de remake de After Hours (du même Scorsese). Même principe : une fois qu’on est recentré sur le personnage principal, on est collé à lui ; et là, malgré le fait qu’au départ, c’est une enflure, on se prend d’amitié pour lui.

Ah là là, le cinéma, la littérature (De sang froid, de Capote notamment), tout ça en fait n’est bon qu’à nous faire comprendre que tous ces pseudos salauds, ces truands, ces monstres, ne sont rien d’autres que des êtres humains… Ok. Sauf que c’est nul.

Fargo, les frères Coen (1996)

Fargo

Fargo

Année : 1996

8/10 IMDb

Réalisation :

les frères Coen

Avec :

William H. Macy
Frances McDormand
Steve Buscemi

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MyMovies: A-C+

1er mai 1997

Voilà deux films de la nouvelle génération américaine que je voie aujourd’hui (l’autre étant Pulp Fiction), et c’est comme une claque, moi qui ne vois pas beaucoup de films récents.

Deux points communs entre Fargo et Pulp Fiction : le polar dérision, décalé, avec deux styles différents.

Les Coen s’attachent à montrer des petites gens dans un bled pommé et qui jouent à un jeu de grands, et bien sûr on a de catastrophe en catastrophe. Je ne m’attendais pas à voir ce genre de films satiriques sachant rester sympathiques vis-à-vis des personnages. Les premières minutes sont déroutantes, comme un film noir contemporain et en couleur, et avec une forme de dérision absente dans ces vieux films noirs des années 40-50.

Surpris donc, mais aussi émerveillé par la maîtrise de la mise en scène des frères Coen. Le scénario est limpide avec une évolution parfaite, comme un engrenage qui ne peut plus être enraillé une fois lancé. Et enfin émerveillé par l’identité esthétique du film, de son style plein de fraîcheur. Très européen on pourrait presque dire (même si nous semblons adopter la dérision par défaut).


Les Voyages de Gulliver, Charles Sturridge (1996)

Noël 1996

Téléfilm britannique de Charles Sturridge adaptant Jonathan Swift. Cette histoire de Gulliver est superbe. Une réelle aventure fantastique clairement définie avec des enjeux philosophiques sans pour autant atténuer l’intérêt dramatique. Les différents épisodes sont parfaitement tenus par un lien solide qui n’est pas seulement un prétexte à l’unité du récit mais qui possède un intérêt dramatique : sans l’aventure marine et tout le retour en Angleterre, l’œuvre deviendrait un poil trop didactique et perdrait de son mordant, un peu comme Le Petit Prince. Swift est un auteur à découvrir.

(vingt ans après, toujours pas lu)