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Réponses à la vidéo de « Who Got Next ? » : Transphobie : le nouveau combat du basket féminin.
Ces réponses n’avaient pas vocation à être publiées, mais comme j’y ai travaillé plusieurs heures, et comme l’auteur de la vidéo a… supprimé tous les commentaires de sa vidéo après de prétendus « commentaires transphobes et injurieux »*, je dépose tout ça ici.
(*C’est probablement faux. J’y revenais régulièrement et venais de répondre une dernière fois aux arguments juridiques. Il y a bien eu un ou deux commentaires stupides avec les habituelles réponses du type « il n’y a que deux genres dans la nature », tous les autres, en dehors des plates félicitations et remerciements pour la vidéo, étaient des contradictions plutôt polies et mesurées. L’idée que la page ait dû subir une telle vague entre mon dernier passage et la suppression des messages, qui ne doit pas excéder deux heures, me paraît donc hautement improbable. Au contraire, l’auteur de la vidéo commençait à spammer sa propre page sur certaines réponses en les accusant systématiquement de transphobie et en prétendant que leurs messages tombaient sous le coup de la loi. Une autre personne spammait tout autant à coup de rappel à un article de loi. Je n’ai en revanche vu aucune réponse répétée de ce type ni de la part des « modérés » ni de la part d’éventuels réactionnaires qui de toute façon n’ont pas dû tomber sur la vidéo. Un réactionnaire ne s’intéresse pas au sport féminin et ne suit par conséquent pas un média dédié au basket féminin. Mais ça fait plus joli de se prétendre harcelé par des hordes de réactionnaires.
Commentaire du concerné :
« Avant que les commentaires soient publiées sous la vidéo, ils passent un premier contrôle de la part de YouTube. Les commentaires que vous avez vu ont donc passé ce contrôle. Cependant, vous n’avez pas vu les dizaines de commentaires qui n’ont pas passé ce fameux contrôle. »
Dont acte.)

Ces réactionnaires existent, pourtant. Mais ils ne circulent pas dans le réseau de ce média relativement confidentiel. À l’heure où j’écris, la vidéo n’a fait que 456 vues. Quand c’est de la niche, le sujet n’a pas l’occasion d’arriver jusqu’aux réactionnaires, pas spécialement amoureux de sport féminin. Ils n’ont par conséquent pas le temps de venir semer la zizanie. Ça, c’est le contexte français. En revanche, cette toxicité MAGA existe bien aux États-Unis. Elle gravite assez souvent autour de la franchise du Fever.
Un peu de contexte donc. La WNBA a gagné un nouveau public ces dernières années en partie grâce à l’émergence d’une jeune joueuse blanche (puisqu’il faut bien parler ainsi) réactivant l’espoir chez les électeurs racistes de Trump de voir la supposée suprématie des athlètes noirs dans ce sport bousculée par une basketteuse blanche. Tout cela se fait bien malgré la joueuse en question. Depuis quelques années, ces nouveaux fans ont donc grossi les rangs des spectateurs, et notamment sur les réseaux sociaux (le réseau brun en particulier), leur présence est envahissante. Ils viennent polluer les commentaires avec leurs obsessions racistes, libertaires et donc transphobes.
La conséquence de cette présence MAGA autour du basket féminin, c’est que certains sujets prennent des proportions énormes amplifiées par les effets grossissants des réseaux sociaux (souvent au détriment de l’intérêt sportif). Ainsi, quand une autre joueuse du Fever s’exprime sur les athlètes trans dans le sport, le petit jeu des polarisations habituelles est lancé et les polémiques en ligne se trouvent avoir des conséquences bien réelles dans la vie, notamment dans les arénas (manifestations, accrochages, exclusions, etc.).
Je n’ai pas lu les déclarations de cette joueuse. Dès que j’ai vu qu’elle évoquait l’idée de « protéger les petites filles » (ou quelque chose de ce genre), je n’ai même pas cherché à savoir de quoi il en retournait. Sensationnalisme, déplacement du sujet…, cela ne sentait pas bon. Cela ne veut pas pour autant dire que ses commentaires étaient transphobes (je n’en sais rien, en revanche, le public s’était fait son idée et elle est depuis copieusement sifflée – gageons que les hommes ne sont pas les derniers à se manifester).
Le problème dans ce genre de situation, c’est que chacun y met son grain de sel. Et cela fait boule de neige. Certains profitent de l’attention suscitée par la polémique pour attirer les regards sur eux et faire de l’humour douteux (j’ai eu l’occasion de dire sur les réseaux sociaux à quel point c’était malvenu). D’autres encore n’ont d’autre choix que de prendre la parole pour exposer leur point de vue. Souvent avec de bonnes intentions. Parfois, dans l’optique de jouer les chevaliers blancs.
C’est dans ce cadre que décide de se prononcer le média « Who Got Next ? ». Son approche est louable parce qu’elle se pose en défenseure des personnes trans. Le problème, c’est que les arguments sont bancals et que la gestion des réponses à sa vidéo interroge sur l’honnêteté intellectuelle de son auteur…
Celui-ci prétend donc avoir reçu de nombreux commentaires transphobes et injurieux. Je le suspecte au contraire d’avoir réalisé que ses arguments ne tenaient pas la route. Je note par exemple qu’après avoir répondu à mon premier message, il n’avait pas répondu au dernier alors qu’il ne s’interdisait pas de lancer des accusations gratuites de transphobie à qui venait déposer un commentaire.
Il se trouve également que certains commentaires allaient dans mon sens et que mon premier commentaire était celui qui, malgré le soutien que l’auteur n’avait pas manqué d’avoir reçu de la part de son réseau (petit), avait reçu le plus de likes (6 ; oui, on parle d’une petite vidéo sur un média de niche). Voir un tel message constructif (avec probablement ses approximations et apories) contredire la vidéo faisait sans doute un mauvais effet (et on peut le comprendre).
Internet est cependant têtu. Même quand les sections commentaires sont vidées, on peut retrouver la trace de ses propres commentaires. J’ai réussi à récupérer les miens.

(En rab, une réponse à une des rares interventions favorables à la notion de binarité des genres.)
Cette première réponse vient directement à la suite du visionnage de la vidéo. J’invite donc à aller la voir avant de la lire. Je vais amender certains détails avant de la reproduire pour qu’ils soient plus factuels (d’autres erreurs peuvent s’y glisser, tout le monde n’est pas professeur de droit ou spécialiste du domaine, et certaines informations ou décisions des diverses instances sportives peuvent ne plus être d’actualité).
« Il faut distinguer deux choses et vous les mélangez. Si la question de la participation de femmes transsexuelles dans des compétitions féminines est un sujet, il n’est en rien attaché à la question des droits humains.
Le sport repose sur l’équité. La transition de genre est une question personnelle et de droit. Même s’il est exact que le sujet est phagocyté par les transphobes, il ne faudrait pas que les personnes qui ont à cœur les droits humains pensent que parce qu’ils disent noir, il faut dire blanc, ou que parce que des athlètes transsexuelles sont victimes de transphobie qu’il faut, en toutes circonstances, autoriser les athlètes trans à concourir dans les disciplines réservées aux femmes.
Si c’est à chaque fédération internationale de décider*, c’est que chaque discipline a ses spécificités. Pour le cas du basket, il y a bien un problème d’équité. Dire qu’une interdiction porterait préjudice aux athlètes devenues femmes après une transition est exact. Comme il est exact de dire que de telles participations porteraient préjudice à toutes les athlètes n’ayant pas transitionné.
(*C’est plus compliqué que ça. Les fédérations décident pour leurs compétitions. Le CIO peut émettre ses propres avis. Les fédérations nationales peuvent édicter leurs propres règles. Et des ligues peuvent également dicter leurs propres règles d’admissibilité pour les athlètes transsexuelles. Pour le basket français, le sujet semble être à l’étude jusqu’au début de l’année prochaine. La WNBA ou la ligue féminine française n’ont par exemple pas forcément les mêmes règles alors qu’il s’agit du même sport. Pour les autres sports, le cyclisme a décidé d’interdire des compétitions féminines les athlètes qui ont eu une puberté masculine. Ce n’est pas pour autant une décision transphobe : dans son communiqué, le président de l’UCI réaffirme l’accès des athlètes trans aux compétitions et son soutien au droit des personnes à changer de sexe.)
Certaines études semblent se contredire sur les gains de force. En revanche, si certains effets disparaissent rapidement (comme les hormones), d’autres perdurent beaucoup plus longtemps. Comme la masse musculaire. Elle baisse beaucoup, mais pas au point de revenir à une moyenne. Et cela sans doute pour une raison majeure : les athlètes ne vont pas rapetisser.
Une athlète qui a bénéficié d’années d’hormones de croissance en complément de testostérone a bénéficié de la structure osseuse d’un homme. Cette structure ne changera pas. Et ça restera un avantage. Les membres sont plus longs, les tendons plus forts, les muscles encore longtemps adaptés à la morphologie osseuse, les épaules sont plus larges, les hanches sont plus étroites, les os sont plus gros et sans doute d’autres facteurs encore.
Il y a des sports où ça ne joue probablement pas. Dans le basket, la dimension athlétique, la taille, le volume musculaire, la mémoire musculaire, tout cela demeure des avantages qui remettent en cause l’équité des résultats. C’est du dopage rétroactif. Si tu te dopes en prenant des produits qui te permettent d’augmenter tes charges de travail, tu en gardes un avantage pas seulement ponctuel. Avoir bénéficié d’une puberté masculine pour une femme qui a transitionné et qui prétend à participer à des compétitions de femmes, c’est pareil.
Les joueuses de Ligue 2 féminine auraient peut-être leur mot à dire pour illustrer l’avantage supposé de Sylvie T*tard. La liberté n’est jamais totale. Dans un monde idéal, Sylvie T*tard devrait pouvoir jouer à son niveau comme elle le désire. Mais si sa liberté crée un manque d’équité pour les raisons évoquées plus haut et si cela empiète sur le droit et la liberté des autres athlètes féminines à concourir de manière équitable, elle ne devrait pas être autorisée à se mêler aux autres femmes.
(*Je vais éviter de citer son nom complet pour éviter qu’elle ne se retrouve malgré elle systématiquement reliée au même sujet par les algorithmes de référencement.)
Notez donc bien que ce n’est pas une question de droits humains. Les personnes transsexuelles ont leur place dans la société, la discrimination dans la société doit être condamnée. Et à côté de ces évidences, le sport doit définir des règles d’équité. Si on mélange tout et considère qu’il est question de droits humains, on fait fausse route. La liberté, ce n’est pas le droit d’une personne au détriment de celui de toutes les autres. Dans une compétition, un avantage acquis devrait vous mettre hors jeu.
Maintenant, c’est un sujet sérieux. Et la prise en otage, les moqueries ou la haine des transphobes sont à vomir. Mais si eux mélangent tout, merci de ne pas en faire de même. »
La réponse de « Who Got Next ? ».
Merci pour ce commentaire construit et sans animosité.
Le sport en général, quel que soit le niveau, la catégorie ou le genre, est le théâtre d’inégalités de nature physiologique.
Aurait-on dû empêcher Shaq de jouer car il bénéficiait d’un avantage de par sa morphologie ? Ou Wemby car il est beaucoup plus grand que ses adversaires et bénéficie donc d’un avantage non-négligeable ? Allen Iverson car il était trop rapide pour ses adversaires ? Doit-on bannir Han Xu de la WNBA car elle fait 2.11 m et bénéficie d’un avantage ?
Et encore, je n’ai choisi ici que des basketteurs et basketteuses pour illustrer ce propos, mais on pourrait ouvrir cela aux autres sports.
Cela ne semble cependant pas poser de problèmes quand il s’agit d’hommes ou de femmes cisgenres, alors pourquoi cela devrait-il en être un pour les femmes transgenres ?
Leur exclusion de certaines compétitions est une discrimination, et une atteinte à leurs droits.
« Tu prends des exemples qui sont des exceptions statistiques. Ces différences sont acceptées conventionnellement dans le sport. Les femmes transgenres qui viendraient jouer au basket ne sont pas des exceptions statistiques : elles auront en moyenne certaines des caractéristiques de leur genre précédent. Elles seront donc, en moyenne, plus grandes, plus fortes, avec des épaules plus larges, etc.
On a créé une catégorie distincte féminine dans tous les sports, même dans les échecs (tout en pouvant jouer l’un contre l’autre), précisément parce que les différences moyennes entre les deux genres créent des écarts de performance suffisamment importants pour justifier une séparation. Si tu as bénéficié d’une puberté masculine t’octroyant des gains de performance dans ta pratique une fois devenue femme, c’est un défaut d’équité. Si l’on accepte que ces iniquités existent, on peut décider conventionnellement de le faire. Soit. Mais dans ce cas, qui serait ce « on » ? Des hommes ? Toi et moi ? Des institutions ? Qu’en pensent les femmes concernées ?
Quand tu joues contre Wemby, tu reconnais conventionnellement que c’est une exception. Non, Wemby n’est pas un extraterrestre, mais une anomalie statistique. Quand tu joues contre une joueuse qui bénéficie de sa taille masculine passée, de son ossature et d’une partie encore d’autres spécificités, reconnais-tu conventionnellement que tu puisses jouer contre une athlète statistiquement au-dessus de toi parce qu’il se trouve qu’elle n’était pas née avec le bon genre à la naissance ? Je demande à voir. Que l’on demande ce qu’en pensent les personnes concernées. Pour changer. Sur le papier, lutter contre les discriminations et l’exclusion, c’est très joli. Mais quand tu changes une discrimination pour une autre, je doute que cela tienne la route. Et comme par hasard, c’est toujours les femmes qui ont le mauvais rôle.
Ce n’est pas la discrimination le problème. On discrimine sans arrêt sans que cela devienne un problème en soi. On discrimine homme et femme parce que l’on reconnaît qu’ils ne peuvent concourir dans les mêmes catégories : ce serait discriminant pour les personnes supposément plus fragiles athlétiquement, les femmes. Si tu interdis à une femme transsexuelle de concourir dans un sport spécifique après avoir établi qu’elle apporte une iniquité, bien sûr que tu la discrimines. Tu la discrimines des autres femmes. Pourquoi ? Parce que tu ne peux pas discriminer un ensemble de femmes au profit d’une seule.
Si une personne riche décide de devenir pauvre en se débarrassant de tous ses biens et que les personnes nécessiteuses se battent pour avoir accès à une place dans un hébergement par exemple, certains pourraient trouver légitime que cette personne aille voir un parent pour qu’il l’aide. Il s’est peut-être débarrassé de tous ses biens, mais il garde certains avantages qui doivent contester la manière dont il s’intègre à un groupe. L’ancienne personne riche serait-elle vraiment discriminée si on lui soufflait l’idée de demander de l’aide à un parent et de laisser la place à une personne totalement isolée ?
Les inégalités dans le sport existent. Mais c’est une convention de définir le cadre dans lequel certaines inégalités doivent être acceptables et d’autres non. Est-ce que c’est à nous, défenseurs des droits humains, de le décider ? Eh ben, pas si sûr. Nous ne sommes ni athlètes, ni des femmes, ni des femmes transsexuelles. Si, conventionnellement, la majorité des femmes qui ont dû affronter des femmes transsexuelles avec leurs avantages acquis souhaite accueillir ces compétitrices au nom de l’inclusivité, d’accord*. En l’absence de réponse… J’émets une contradiction. »
(* J’ajoute que plus qu’une question de majorité des personnes concernées — même si elles doivent avoir leur mot à dire —, les fédérations semblent davantage faire appel aux données disponibles par la science pour déterminer si dans leur discipline et selon quelles conditions le fait d’avoir été un homme pose une question d’équité dans une compétition.)
Après avoir été plusieurs à tomber sur un ou deux intervenants expliquant qu’ils étaient pour l’exclusion des athlètes trans des compétitions de basket féminin, l’auteur de la vidéo et d’autres leur balance des accusations de transphobie gratuites à coup d’articles de loi. Je me permets une nouvelle réponse (curieusement, tous les autres contradicteurs ont eu droit à leurs accusations en transphobie, moi, je n’ai pas eu droit à un « rappel à la loi » après ce message) :
« Encore une fois, tu mélanges tout. Et ce n’est ni défendre les personnes trans, ni les femmes, ni le droit. La transphobie, en France, est une discrimination punie par la loi = Oui. Exclure des athlètes trans des compétitions féminines (non des compétitions en général, et non de la pratique sportive) ne relève pas de la transphobie (ni même de la discrimination et là encore, ce sont deux choses différentes). Évite de faire dire n’importe quoi au droit. Si tu souhaites que cette exclusion devienne un délit, c’est une chose. Mais ce n’est pas ce que dit actuellement la loi.
Une compétition sportive est basée sur des conventions. Ces conventions visent, entre autres, à respecter une forme d’équité entre les compétiteurs. C’est pour cela que l’on forme des catégories. Des catégories de femmes, d’hommes, mais aussi (et tu le sais bien pour les suivre) d’âge. Personne n’irait porter plainte pour discrimination parce qu’il a été exclu d’une compétition parce qu’il n’en respecterait pas les critères d’entrée liés à l’âge (l’âge est aussi un critère de discrimination dans la société, au même titre que la race, le sexe, l’identité de genre, l’appartenance religieuse et bien autres choses). Si tu estimes (parce que pour l’instant, ce n’est pas le cas) qu’il s’agit d’une discrimination, à toi de démontrer devant la loi qu’une situation où une personne trans s’est vu refuser la participation à une compétition féminine (non la pratique) était discriminatoire. Il pourrait pour cela prouver que les critères de participation, donc d’exclusion, n’ont pas été basés sur des motifs réels et proportionnés. Le sexe n’est pas le seul critère de participation. C’est bien pour cela, encore une fois, que c’est à chaque sport de déterminer le cadre de ces restrictions. Ils ne le font pas en fonction des lois, mais en fonction de critères d’équité et des connaissances physiologiques actuelles appliquées à une discipline en particulier. Un vétéran n’est pas autorisé à participer à une compétition réservée à une catégorie de jeunes. (Je modère a posteriori cette dernière illustration pour sa faiblesse argumentative. Un vétéran ne peut pas « rajeunir »…)
Un critère de participation, donc d’inclusion et d’exclusion, à une compétition, reste une convention. Ce critère peut être contesté, excessif, voire injuste, il ne relève pas pour autant de la haine, de la discrimination ou en l’occurrence ici de la transphobie.
Tu mélanges deux choses. Une « femme trans » et des « femmes évoluant dans une compétition » ne sont pas forcément des notions juridiquement interchangeables. Une femme trans a été un homme. On ne peut pas nier son histoire. Rien n’interdit donc dans la loi le fait de définir pour les compétitions sportives des critères liés au passé des athlètes. Parce que le passé d’un athlète peut représenter une iniquité dans les compétitions. C’est à chaque sport de déterminer ce cadre, pas à la loi (qui défend les individus dans la société, pas dans les compétitions sportives qui doivent déterminer ses conditions de participation comme dans n’importe quel « jeu » mettant en concurrence différents participants).
Le problème vient aussi sans doute de la méprise entre compétition et pratique.
En revanche, il faut regarder si au contraire une exclusion pourrait ne pas être excessive. C’est bien pour cela que chaque règle d’équité doit découler d’une réflexion spécifique à chaque fédération internationale. Personne n’aurait l’idée de séparer systématiquement les rencontres opposant les femmes et les hommes aux échecs. Ils peuvent parfaitement concourir l’un contre l’autre. En revanche, on crée des statuts spécifiques et des compétitions dédiés aux femmes parce qu’il se trouve qu’elles sont encore largement moins performantes que les hommes dans cette pratique (oui, les échecs, c’est un sport). Preuve que chaque discipline doit émettre ses propres critères en fonction de ses spécificités. Pas parce que chaque sport doit se positionner sur le droit de chacun à changer de sexe, mais parce que chaque sport doit répondre, au nom de tous les participants, à une exigence d’équité. »
J’ajoute qu’accuser de transphobie, à coup de rappel à la loi, n’importe qui viendrait apporter une contradiction en exprimant sans haine ni injure son opposition à la participation d’athlète trans dans des compétitions féminines (et uniquement pour le basket), cela reviendrait à dire que les fédérations ou les différentes instances ayant pour l’instant décidé d’aller dans le sens de cette interdiction pour leur discipline devraient être poursuivies pour discrimination transphobe… Cela n’a aucun sens.

« Il n’est pas question d’exclure les personnes trans des compétitions. En dehors de vous et… des transphobes, ce n’est un sujet pour personne. »
Il en va de même des personnes qui lient antisionisme ou condamnation de l’État d’Israël à de l’antisémitisme à celles qui lient opposition à la participation d’athlète trans dans des compétitions féminines dans certains sports à de la transphobie… User d’ad hominem et de déshonneur par association en collant des étiquettes disqualifiantes aussi facilement, c’est aussi être réactionnaire.
C’est là que les chevaliers blancs gagnent toujours la partie. On voyait ce phénomène avec les personnes qui défendaient Lamy et Peltier sans vouloir comprendre ce dont on les accusait. Le simple fait que les deux femmes accusaient leurs détracteurs d’antiféministes ou de masculinistes était une occasion idéale pour ces personnes pour se présenter ostensiblement comme des défenseurs des droits de femmes. Les chevaliers blancs accusent toutes les nuances argumentatives des mots totems comme « masculiniste », « antisémite » ou « transphobe » et ils ont le beau rôle. « Je suis pour mais…, il y a toujours un mais » sera un sophisme que l’on viendra alors vous balancer tout autant facilement à la figure.
Et oui, dans la nuance, il y a aussi des « mais ». Le monde est fait d’exceptions, de spécificités, parfois de contradictions ou de paradoxes. Ce n’est pas une fable avec des bons et des méchants.
Cet argument de prétendre défendre les droits des personnes transsexuelles pourrait être comparé à la réaction d’un défenseur de la vie animale face à une personne qui se serait trouvé attaquée par un animal (un chien, un loup, peu importe) qui aurait été abattu en retour. Le droit, comme la liberté, n’est pas une valeur absolue. Ils s’imposent dans un cadre spécifique. On dit bien que la liberté des uns s’achève là où commence celle des autres. Le droit, c’est pareil. Se positionner contre la participation d’athlète trans à des compétitions féminines dans des sports spécifiques et en fonction de critères spécifiques (puberté masculine) n’est pas en soi une position transphobe : le droit des personnes transsexuelles à participer à des compétitions ne doit pas compromettre l’équité dont toutes les autres athlètes ont droit. Dit autrement, défendre les droits d’un groupe ne signifie pas que ces droits sont absolus et qu’ils prévalent sur tout le reste, tous les autres droits, toutes les situations.
La Défenseure des droits, Claire Hédon, ne disait pas autre chose l’année dernière dans un rapport. Je cite : « Il est donc possible d’édicter des règles limitant ce principe d’inclusion et de non-discrimination, à condition que soit apportée la preuve qu’elles sont scientifiquement justifiées, sur la base d’indicateurs pertinents, et qu’elles opèrent une juste conciliation entre les principes d’équité et de non-discrimination. »

La Défenseure des droits serait-elle aussi transphobe ? Bien sûr que non.