Jason Bourne : l’héritage, Tony Gilroy (2012)

Jason Bourne : l’héritage

The Bourne LegacyAnnée : 2012

7/10 iCM TVK IMDb

Vu le : 29 août 2019

Réalisation :

Tony Gilroy


Avec :

Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton

Étonné de voir la réception calamiteuse de cet opus qui rentre pourtant parfaitement dans la logique des trois premiers.

Les services secrets d’une nation pourrie pour qui la fin justifie les moyens et qui décide ici de se débarrasser de tous ses agents infiltrés pour une vague histoire de virus, ça ne fait pas très « au service secret de sa majesté », et c’est loin d’être politiquement correct. Pourtant, on n’est peut-être pas si loin de la vérité : pas vraiment au niveau des moyens (humains) utilisés dans la “bataille”, mais de la corruption concentrée dans les « gens de pouvoir ». De ce pouvoir US qui n’hésite pas depuis le 11 septembre à employer des méthodes illégales, voire mafieuses, sous prétexte de sécurité intérieure : les premiers de cordée de la sécurité (les agents secrets) deviennent ainsi les premiers sacrifiés. L’héritage de Jason Bourne, il est là : une sorte de James Bond contre sa majesté. Et pas parce que notre Bond US serait devenu un ennemi de la patrie, un traître ; non, seulement parce que sa majesté (l’Oncle Sam) estime que son existence présente désormais un danger pour elle, et que sa vie (puisqu’il est censé être à son service) lui appartient. Or, si le James Bond des années 60 jusqu’à aujourd’hui navigue dans un monde bipolaire, Bourne se fait plutôt l’écho des peurs liberticides (à la limite parfois du conspirationnisme) actuelles. Le tout en restant fidèle à un vieux principe bien américain, celui de la lutte des libertés individuelles, qu’on oppose à un État surpuissant voyou. La vie d’un homme, même super-agent, n’appartient qu’à lui-même. Et c’est son droit de se défendre.

La recette ne change pas. On y introduit deux acteurs fabuleux qui n’ont pas besoin de l’ouvrir beaucoup pour attirer notre sympathie : Jeremy Renner est parfait, je lui trouve même beaucoup plus de charme et de charisme que le bon élève Matt Damon ; et puis Rachel Weisz, c’est encore une des rares actrices, pas forcément bien jolie, qui arrive à tout exprimer, de l’émotion, de l’intelligence, de l’amour, en un simple regard. Oui, c’est un film d’action, les acteurs y causent peu, mais tant qu’à faire, autant s’entourer des meilleurs sinon autant se mâter un Fast and Furious. Un couple de renégats comme ça, chassés par des nations fascisantes, je suis prêt, depuis mon canapé, à les suivre jusqu’au bout du monde.