Barberousse, Abel Gance (1917)

L’Abel rousse

Barberousse

 

 

Année : 1917

Réalisation :

Abel Gance

6/10  IMDb

Abel Gance singeant les feuilletons de Feuillade ; et les qualités et les énormes défauts du bonhomme, déjà.

C’est l’époque, le montage alterné est partout, alors Abel en fout lui aussi partout. L’occasion peut-être de se rendre compte que le montage, c’est follement amusant, et que déjà, on peut écrire une histoire avec le principe parfaitement mis en œuvre dans J’accuse : un plan, une idée. Abel gruge d’ailleurs un peu ici, parce que ni vu ni connu il nous refourgue quelques plans et nous prend quand même pas mal pour des jambons.

Autre problème, et ça se vérifiera sans doute encore plus dès le parlant pour lui, c’est son amour immodéré pour les histoires niaises, les facilités mélodramatiques voire les logiques d’intrigues plutôt molles ; il aime bien prendre son public pour des jambons Abel, et comme il adore découper, il a peut-être raté sa vocation. J’accuse pas, je constate. L’intrigue donc ici est particulièrement stupide, mais il faut louer l’effort : si Feuillade arrivait quand même à divertir sans tomber dans les grosses ficelles et que Abel y plonge niaisement en prenant un air de « Bah quoi, c’est quoi le problème ? c’est du spectacle ! » (à la Besson, presque), ben il faut avouer qu’il y a déjà certaines audaces qui préfigurent la suite (du split screen, même si on est quatre ans après Suspense de Lois Weber ; des inserts justement de suspense — « Non, non ! ne bois pas ton thé, malheureuse ! » ; j’ai vaguement vu un panoramique d’accompagnement, plutôt rare à l’époque — Griffith était passé par là, dans le Docteur chépluquoi).

Les coups de génie viendront après. Abel se chauffe.