Before the Nickelodeon: The Cinema of Edwin S. Porter, Charles Musser (1982)

Before the Nickelodeon: The Cinema of Edwin S. PorterAnnée : 1982

Réalisation :

Charles Musser

5/10  IMDb

La narration est assurée par Blanche Sweet, l’actrice apparaissant dans le film de Griffith, The Lonedale Operator.

Plutôt amusant la dernière phrase sur la manière dont l’histoire est sans cesse réinventée… Porter a été longtemps oublié pour une bonne part parce que ses films n’avaient aucun intérêt artistique, une sorte de Ed Wood des débuts du cinéma. Certes, Porter a été un pionnier, mais sa contribution a surtout été de créer des erreurs grossières à son art, permettant ainsi sans doute aux autres avec plus de talent de ne plus les commettre.

La plupart de ses « meilleurs » films (Life of an American Fireman, The Great Train Robbery) ont été inspirés par les films anglais produits à petit budget et qui eurent alors un grand succès à l’époque grâce à toutes les innovations qu’on y trouvait mais aussi à leur fraîcheur. La machine industrielle américaine ensuite a fait le reste et les vainqueurs se chargent d’écrire l’histoire.

Aucun doute que Porter, et même Griffith, ait vu les films de l’école de Brighton[1] (Méliès, cité dans le documentaire, l’est pour avoir eu un impact moindre), avec James Williamson par exemple, et son Fire[2] (1901) : Porter a proposé alors un remake du film, mais avec un défaut de continuité dans le montage. Williamson invente le montage, Porter invente le faux raccord. Williamson invente la grammaire du cinéma, Porter invente la faute d’orthographe. Tout à fait charmant. Impact majeur. Porter pour The Great Train Robbery, s’inspire de William Haggar et de son Desperate Poaching Affray, et encore de Frank S. Mottershaw’s pour son A Daring Daylight Robbery, et encore une fois Porter ne comprend pas la logique de la continuité qui faisait la saveur de ces films.

Bref, l’atout majeur de ce cinéma de la côte est américaine, c’est la rationalisation de l’industrie du film. Cette révolution industrielle, sorte de taylorisme pour le cinéma, ne devait pas se faire en Angleterre, et si la France était alors encore leader en ce domaine, la guerre allait redistribuer les cartes.


[1] L’école de Brighton

[2] Fire!