Jean Negulesco

Jean Negulesco 

crédit Jean Negulesco

Classement :

8/10

  • Humoresque (1946)

7/10

  • Rien n’est trop beau (1959)
  • Three Strangers (1946)
  • Le Masque de Dimitrios (1944)
  • Comment épouser un millionnaire (1953)

6/10

  • La Femme aux cigarettes (1948)
  • Les Conspirateurs (1944)

5/10

Film commenté (article) :

simples notes :

Humoresque 1946

Rarement on aura vu un duo de stars aussi bien éclipsé par une partition musicale (Isaac Stern au violon et sans doute pas pour rien dans les choix musicaux assurant une dynamique folle et des morceaux mettant à l’honneur sa virtuosité – toutes les autres films avec des violons paraissent d’un coup ronronnants et fades) et un second rôle (Oscar Levant en génial contrepoint comique dont chaque réplique pleine de cynisme éclairé vole à chaque fois la vedette à ses partenaires ; sans compter qu’il joue également sa propre partition au piano).

Le scénario n’a rien de bien original, mais toute la saveur du film réside dans la puissance de ces à-côtés. Le reste est de facture plutôt classique avec quelques éléments noirs, il annonce presque Sang et Or, une réplique suggérant à l’attention de John Garfield qu’il a plus l’allure d’un boxeur que d’un violoniste.

Les Conspirateurs (1944)

Adapté d’un roman d’espionnage, le scénario tient la route. Et avec lui toute la production, Negulesco compris. Manque peut-être l’audace, le style, la folie ou la fantaisie qui auraient permis aux films de se démarquer des autres. Une fin plus réussie aussi (le climax à suspense est très bon, mais on y ajoute une séquence de fuite où on abat traditionnellement le méchant comme dans tout bon film du code qui se respecte, parfaitement inutile ou mal menée car on se rapproche alors plus du film noir lugubre, une tonalité que le film ne connaissait pas alors — on était plutôt sur des tonalités propres au thriller d’espionnage) et des dialogues plus percutants.

À ce niveau, le choix des acteurs joue beaucoup. Hedy Lamarr, en petite française sortie de Dachau au bras d’un nazi, est parfaite, mais ce serait en oublier presque qu’elle ne tient qu’un rôle d’appoint : à se demander si Hitchcock n’avait pas compris que pour faire un bon film d’espionnage, il fallait que ce soit avant tout une sorte de comédie du remariage permanente, et ainsi s’assurer qu’homme et femme aient un rôle égal. Hedy Lamarr se contente d’être une sorte de femme fatale un peu molle, un prix que le héros convoite…

Parce que si à côté d’elle, les seconds rôles sont fabuleux (Peter Lorre, Joseph Calleia, Sydney Greenstreet et tous les autres) l’acteur principal, Paul Henreid, est plutôt quelconque : bon acteur, de la présence, de la tenue, mais cette audace, ce style, cette folie, ou cette fantaisie dont je parlais plus tôt, c’est à l’acteur principal de l’apporter, surtout quand les dialogues sont fades. Errol Flynn aurait par exemple apporté beaucoup à ce personnage un peu trop lisse.

On remarquera surtout, c’est ma tendance actuelle, les superbes tenues portées par Hedy Lamarr. À chaque apparition, un nouveau chapeau, une nouvelle robe : pas de grande excentricité, mais toujours beaucoup de créativité dans les formes, et des textures drôle manque classes…

Rien n’est trop beau, Jean Negulesco 1959 The Best of Everything | Jerry Wald Productions, The Company of Artists