Robert Altman


Classement :
10/10
9/10
- 3 Femmes (1977)
8/10
- Short Cuts (1993)
- M.A.S.H. (1970)
- The Player (1992)
- Gosford Park (2001)
- Images (1972)
7/10
6/10
- Nashville (1975)
- Le Privé (1973)
- Nous sommes tous des voleurs (1974)
- Un mariage (1978)
- Cookie’s Fortune (1999)
- The Last Show (2006)
- Kansas City (1996)
- The Gingerbread Man (1998)
- Docteur T & les femmes (2000)
- Brewster McCloud (1970
- Reviens Jimmy Dean, reviens (1982)
5/10
- Objectif Lune (1967)
- Les Flambeurs (1974)
4/10
- Company (2003)
- Secret Honor (1984)
3/10
- John McCabe (1971)
Films commentés (articles) :
Article :
Simples notes :
Secret Honor (1984)
La gênance, comme on dit aujourd’hui. Sur le papier, il s’agit d’un rôle en or : un acteur seul devant la caméra pendant une heure et demie. En pratique, l’exercice d’écriture passe très mal le poids des années. De nombreuses références sans doute connues par le public averti des actualités au temps de Nixon font pschitt quarante ans plus tard. Le style proposé ici n’est pas loin de ce que je pratique de temps en temps ici et que je qualifie de « fabulation ». Un peu de publicité, c’est bon pour les algorithmes : j’ai fait ça avec deux députés imaginaires ou avec Macron, comme avec bien d’autres personnalités ou événements. La satire d’une personne connue en la mettant en scène plus ou moins de manière grotesque est une forme d’exutoire. Cela fait du bien pour celui qui l’écrit. Pour le public, c’est une autre histoire. D’autant plus qu’il faudrait abattre un travail hallucinant pour assumer seul ce travail devant une caméra… quand on est déjà un acteur de génie. Philip Baker Hall, malheureusement, n’est pas à la hauteur du rôle. On souffre pour lui, et on s’agace aussi surtout beaucoup en assistant au spectacle grotesque d’un personnage en roue libre dont les trois quarts des dingueries prononcées ne peuvent plus faire écho aujourd’hui.
Reviens Jimmy Dean, reviens (1982)
La pièce est brillante, mais le début a été une torture pour moi. Mon anglais est trop hésitant pour que je me hasarde à m’abandonner totalement aux images sans me référer aux sous-titres (surtout avec l’accent de Cher). Malheureusement, étant dyslexique, impossible pour moi de suivre le rythme des dialogues. Une pièce de théâtre filmée, tout passe par les mots, là où habituellement au cinéma une grosse part passe par les situations. Très vite, j’ai été complètement perdu à ne pouvoir distinguer le passé du présent avec une étrange impression (peut-être volontaire) de regarder Un jour sans fin.
À ça s’ajoutait la prédominance à ce moment du film des actrices pas forcément les plus intéressantes à voir (Sandy Dennis jouait déjà les méchants petits canards dans Qui a peur de Virginia Woolf ; comme dans Shining, de tels personnages sont utiles quand ils servent d’antagonistes symboliques, ou de punching-ball ; mettez-les au centre d’une histoire, et vous vous arrachez les cheveux). J’ai pu me raccrocher par la suite à quelques bribes. Mais difficile de faire la part entre les informations révélées et celles qui m’avaient échappé.
Au-delà de ça, je doute que ce format soit idéal pour le cinéma. C’est trop écrit. Très bien écrit, avec beaucoup de densité et d’évocations (au théâtre, on évoque pour éveiller l’imagination du spectateur là où au cinéma on n’a plus besoin de le faire sinon dans des scènes importantes où les dialogues servent à révéler certaines informations, en particulier dans les dénouements), mais cela ne marche au cinéma, à mon sens, que si l’unité de lieu s’accompagne de l’unité de temps, et si l’on permet aux spectateurs (surtout dyslexiques) quelques respirations (même pour montrer des actions muettes impossibles au théâtre : comme les regards ou les petits gestes).
Cher à tout de même un sacré talent, une présence hypnotique, une intelligence corporelle hors du commun. Karen Black (même si je la préfère dans Cinq Pièces faciles) et Kathy Bates sont aussi parfaites.
Les Flambeurs, Robert Altman (1974)
Tout ce qui m’indiffère au cinéma (ou ailleurs) : des mecs cools qui cabotinent sans discontinuer, l’attrait pour l’argent et le jeu, la drogue, des prostituées. Le film a d’ailleurs des faux airs du King of Marvin Gardens, que Rafelson tourne deux ans plus tôt. La quête absolue qui me dépasse : celle de l’argent. Attendre Godot à l’ombre d’un arbre mort aurait plus de sens pour moi que des tocards cherchant à gagner piteusement du fric aux jeux. Petite consolation : la présence de la sœur de l’excellente Paula Prentiss (Les Femmes de Stepford), Ann. Les frangines se ressemblent tellement que je pensais avoir affaire à la première. (La seconde est néanmoins charmante : elle est morte en prison.) Le style Altman trouve ses limites : le désordre génial de son coup d’éclat à Cannes mêlé aux goûts de certains acteurs de la method pour l’improvisation me saoule prodigieusement. Cinquante acteurs enfermés dans un cadre qui donnent l’impression de jouer la meilleure partition de leur vie… Oui, vous êtes tous cools, spirituels, sociables, et un peu drogués, un peu névrosés… Allez, adieu.
Brewster McCloud, Robert Altman (1970)
Entre Hellzapoppin et Michel Gondry. Un bazar qui annonce plus celui de Nashville que de M.A.S.H. (sorti la même année, j’ignore si Altman a réalisé celui-ci après l’immense succès du film). L’absurde loufoque est toujours aussi peu photogénique. Après une introduction catastrophique d’une vingtaine de minutes, il faut attendre le véritable drôle d’oiseau du film : Shelley Duvall. Les clowns féminins sont rares, et ici, c’est une révélation. Elle steal le show et ranime un film qui partait à la catastrophe. Chez les clowns, l’accessoire fait le moine. Quelle idée de génie de lui avoir foutu des faux-cils de revue burlesque. Tellement conforme à son personnage lunaire. Merci ma belle.
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