Valhalla Rising, le guerrier qui ne souffle mot, Nicolas Winding Refn (2009)

À l’Aguirre comme à l’Aguirre…

Note : 2.5 sur 5.

Valhalla Rising

Titre français : Le Guerrier silencieux / Le Guerrier des ténèbres

Année : 2009

Réalisation : Nicolas Winding Refn

Avec : Mads Mikkelsen, Maarten Stevenson, Alexander Morton

Vaine tentative d’imitation du petit Nicolas. Entre Aguirre et Apocalypse Now. Seulement comme d’habitude, le bon Nicolas n’a pas de scénario et pense pouvoir s’en sortir en faisant contemplatif à travers sa mise en scène. Pas de chance, sans vent, la barque de Nicolas n’avance pas. Alors il siffle et tente d’imiter le vent en gonflant les joues. Pas de chance non plus, les muses viennent le mettre à l’index et ses joues font prout.

Enfin, puisque Nicolas voudrait malgré tout faire quelque chose de ces quelques filets d’air qui sortent ridiculement de ses joues, il se dit que s’il annonce chacun de ses prouts par des titres de chapitre, le spectateur en sera incroyablement impressionné. Façon Duchamp, ou Magritte. « Ceci est un urinoir. Non, ce n’est pas ça. Je suis une mouette. » Cris stridents au loin qui font mystérieux. Et du coup, ça fait encore pschitt, mais Nicolas est content. 

Nous, un peu moins. On a payé dix balles pour le voir faire des prouts avec sa bouche, et on n’a plus qu’une chose à dire quand la lumière revient et qu’on croit se réveiller d’un long sommeil : « Souffler n’est pas joué, Nicolas. »

Il fait le malin et croit nous impressionner avec le tour des autres qu’il récite comme un enfant de dix ans qui les a appris la veille, mais nous, on voit tout. C’est trop pour de faux.

(En vrai, proposer un film quasiment sans dialogues, ça fait rêver. Mais on aurait pu penser dans ce cas que l’accent soit porté sur le scénario, la force des péripéties. Non, Refn ne vit et meurt que pour la mise en scène. Sauf qu’il est balourd et qu’une mise en scène sans tension et intérêt naissant par la situation, aucune situation mise en scène n’a intérêt à être suivie. La mise en scène est un outil, pas une finalité. Les films purement illustratifs, c’est bon pour la publicité. Et Refn n’a jamais fait que de la publicité. Son produit, c’est lui-même. Rien à vendre, rien à dire. Du vent plat.)


Valhalla Rising, Le guerrier silencieux, Nicolas Winding Refn 2009 BBC Films, La Belle Allee, NWR Film Productions, Nimbus Film Productions, One Eye Production


Liens externes :


Drive, Nicolas Winding Refn (2011)

Frein moteur

Drive

Varoum

Note : 3 sur 5.

Année : 2011

Réalisation : Nicolas Winding Refn

Avec : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Oscar Isaac

Histoire copiée sur celle du Driver de Walter Hill avec Ryan O’Neal). Même job, même désir de ne pas être mêlé aux affaires, même apathie, même jantes émasculées. Mais si la mise en scène est excellente et rappelle les effets du duo David Lynch-Badalamenti, on se lasse du peu d’unité dans l’action et du manque de destination même feinte… On rêve d’un Vanishing Point cotonneux, sans but véritable, sans histoire, une ligne droite dans le récit sur la tragique route du nihilisme. Mais non, ça devient une histoire d’amour. D’accord, on suit, ça se tient, pourquoi pas… Puis, ça se casse la gueule quand après un nouveau coup de volant ça devient un film de gangsters. De Lynch, on passe à Tony Scott. Parfois (même souvent), il faut prendre le risque de ne rien dire et faire confiance à la simplicité, surtout quand on vise le minimalisme, l’atmosphère.

Un film raconte d’abord une histoire. Le scénario peut avoir l’épaisseur du papier à cigarette comme Vanishing Point, c’est pas un problème. Ou d’une blague Carambar. Suffit d’être cohérent. Une idée peut faire un film. On lance, et on la regarde planer jusqu’à se mettre en orbite. Là, une fois la fusée lancée… ça drive. Un bolide qui gesticule n’a aucune chance d’être mis en orbite. On tire le rideau au lieu d’y grimper… La faculté d’un Vanishing Point, toujours, c’était de filer droit. Un vrai engin de gars : le Point G ne se trouve pas, il s’enfile. Droit. À l’essentiel.

Drive, Nicolas Winding Refn 2011 | FilmDistrict, Bold Films, MWM Studios

Le metteur en scène a du talent, y a d’autres histoires à se mettre sous le nez quand même…

(Piqûre de rappel :) Ah, d’accord, le réal c’est le mec qui avait fait Pusher… Y a du progrès, mais y a fort à parier qu’il soit incapable de choisir un bon scénario ou de les écrire lui-même…

(Bis, ter :) Je ne suis pas rancunier avec Nicolas. Je me suis également farci Only God Forgives, et on y trouve indéniablement la même patte (en carton) de l’auteur : du vide, de la pesanteur molle, du sexe coupé (j’ai rien contre, cela dit, même si ça me laisse quelque peu circoncis) et des images même pas jolies.

Et je crois être assez maso pour être capable de regarder Valhalla Rising. J’ai de l’espoir.


Liens externes :


Pusher, Nicolas Winding Refn (1996)

Pusherpusher-nicolas-winding-refn-1996Année : 1996

 

Réalisation :

Nicolas Winding Refn

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 septembre 2007

Il faut s’habituer au début un peu raté où la référence à Scorsese est un peu trop appuyée.

Ça devient intéressant en fait quand le personnage principal se retrouve tout seul avec ses emmerdes : c’est l’histoire d’un type… qui est dealer, et comme dealer, c’est pas bien et que c’est dangereux, bah, il va avoir plein d’ennuis qui se succèdent en peu de temps.

Finalement, le réalisateur a voulu copier les Affranchis, mais il finit plutôt bien à faire une sorte de remake de After Hours (du même Scorsese). Même principe : une fois qu’on est recentré sur le personnage principal, on est collé à lui ; et là, malgré le fait qu’au départ, c’est une enflure, on se prend d’amitié pour lui.

Ah là là, le cinéma, la littérature (De sang froid, de Capote notamment), tout ça en fait n’est bon qu’à nous faire comprendre que tous ces pseudos salauds, ces truands, ces monstres, ne sont rien d’autres que des êtres humains… Ok. Sauf que c’est nul.

Pusher, Nicolas Winding Refn 1996 Balboa Entertainment

Pusher, Nicolas Winding Refn 1996 | Balboa Entertainment


Nicolas Winding Refn

Classement :

8/10

7/10

6/10

  • Only God Forgives (2013)
  • Drive (2011)

5/10

  • Pusher (1996)
  • Valhalla Rising, le guerre silencieux (2009)

*Films commentés (articles) :

Pusher, Nicolas Winding Refn (1996)

Nicolas Winding Refn