Franz Kafka’s A Country Doctor, Koji Yamamura (2007)

A Country Doctor : Par deux fois, la mouche a volé

Kafuka: Inaka isha

Kafuka: Inaka ishaAnnée : 2007

Réalisation :

Koji Yamamura

7/10 IMDb iCM

 

 

Vu le : 23 septembre 2013

Il faut reconnaître la grande maniabilité du propos derrière la dextérité froide du dessin. Yamamura nous propose ici un voyage dans le cercle rouge des volutes intemporelles de l’esprit circadien d’un garde-malade-champêtre.

La distillation des couleurs à travers l’éclosion de bulles synergiques, faites d’ocres et de fusains, montre une habilité évidente dans l’art circonflexe et n’a rien à envier aux aînés surréalistes dont le cinéaste se reflète sans abandon et sans mal.

Il faudrait toutefois noter la pataude interprétation de l’enfant malade dont les blessures trop fuyantes et gauches ne pourraient convaincre un interprète averti qui en vaut deux. Chacun appréciera par sa foi et percevra l’étrange dignité du canasson à la fenêtre oblongue qui s’était déjà fait remarquer dans un Guernica et qui se faisait depuis bien trop rare à mon goût. Yamamura aura au moins eu le mérite de lui mettre le nez à la fenêtre et de l’y faire monter parfois à cul-tête.

Les décors naturels sont à pâlir. La mise en terre est focalisée sur la niche du chien, et c’est pas plus mal. La musique est chienne. Comme une chose qui vous renifle le visage après le reste. Et le récit à l’équerre par deux benshi ventriloques donnerait la migraine à un mulet.

Gare aux gaffes cas et kojite dans ta face.

Paprika, Satoshi Kon (2006)

Wowrinka chuisse pour pétarade de konneries

PapurikaPapurikaAnnée : 2006

 6/10

Vu le : 25 août 2007

IMDb iCM

 

Réalisation :

 

Satoshi Kon

 

Un film sur la réalité et le rêve. Ça ressemble au début à du Phillip K Dick, et puis ça tourne petit à petit à du Chihiro… J’avais été déçu par Perfect Blue — plus parce que j’étais tombé sur autre chose de ce à quoi je m’attendais —, et là, c’est un peu la même chose : c’est très bien fait, mais au bout d’un moment, c’est trop, ça part trop dans trop de délires.

Le film a le défaut de vouloir montrer ce qui fait peur, en l’occurrence, mettre en scène une parano, lui donner vie, mais c’est comme dans Alien, Psychose ou les Dents de la mer : si on donne vie au fantasme, aux peurs du spectateur en lui montrant l’objet de ses craintes, tout d’un coup, on a moins peur, on y croit moins, et finalement, on se dit « tout ça pour ça… » Il vaut mieux suggérer que donner à voir… C’est un peu comme une première nuit d’amour : on se fait tout un film, et quand ça arrive, on est déçu. En fait, tout l’intérêt réside dans la projection du plaisir (ou de la peur)… Il est toujours plus stimulant de poser des questions angoissantes ou fascinantes que d’y répondre, parce qu’on y répond parfois que par « oui » ou par « non » (vachement transcendant, un peu comme dans les films à énigme : pendant tout le film on se demande « qui ? » « pourquoi ? » et quand on a la réponse à cette question à la fin c’est plutôt « Ah… OK…bof — j’aurais préféré ne pas savoir en fait… »).

Mais bon… là aussi le charme des personnages, et surtout de Paprika, donne de la saveur à toute cette sauce pleine de féerie, de n’importe quoi, autour d’un gros steak abscons (un peu comme chez K Dick : on fait mine de comprendre quand en fait, on ne comprend rien…).

Paprika, Satoshi Kon (2006) | Madhouse, Sony Pictures Entertainment