Personal Shopper, Olivier Assayas (2016)

Personal Shopper

Personal ShopperAnnée : 2016

Vu le : 28 mai 2019

3/10 IMDb iCM TVK

 

Réalisation :

Olivier Assayas


Avec :

Kristen Stewart

Remake muet de Her entre Marc Levy et Kiyoshi Kurosawa et à destination seule des rédacteurs des Cahiers du cinéma ayant un compte Tinder.


Si j’avais à écrire un dictionnaire « j’aime / j’aime pas », il faudrait sans doute une plombe à écrire le premier volume, en revanche, pas besoin d’écrire le second dédié à ce que j’abhorre : tout ce qu’on trouve dans Personal Shopper en fait déjà le catalogue.

A : l’accent américain à Paris, l’accent français des acteurs Français parlant américains, l’accent anglais quand je commence juste à m’habituer à l’accent américain, les adolescentes sous-alimentées en sweat-shirt, les ambiances sous-éclairées pour inspirer la peur, les auteurs qui « captent l’air du temps »

B : le bruit des touches d’un clavier ajouté au cinéma

C : les caméras mouvantes, les casques de moto, les chapelets de phrases ultra-courtes en langage SMS, les chiens, les cigarettes, les cheveux gras ou graissés pour mimer l’effet « sale » ou « négligé » des personnes bien trop accaparées par leur job ou leurs soucis personnels pour se soucier de leur hygiène, les coups de marteau des voisins pour un « oui » ou pour un « non »

D : devoir regarder un film avec autant de plans d’écrans de smartphone, la diction de Benjamin Biolay, les discussions téléphoniques ou chat au cinéma avec des inconnus pour faire peur alors que t’as juste l’impression de suivre des échanges Tinder ou une version muette de Her, les dressing-rooms grands comme des trois pièces

E : l’eau qui goutte pour faire peur au cinéma, les ectoplasmes numériques doublés d’un bourdonnement strident ou sablonneux, les employés qui font ce qui leur est interdit de faire mais qui le font avec la soif de l’interdit et du danger de se faire prendre comme d’autres se droguent dans des chiottes publiques

F : les fashion victims, les filles avec des gueules sinistres parce que ça fait plus joli comme dans les magazines, les films d’Olivier Assayas

G : les gares, les gens capables de dire des phrases comme « je dois passer à Cartier » comme d’autres disent « je dois passer à La Poste », les gens pressées et toujours en retard (toujours over-bookés tellement leur vie est remplie de rendez-vous manqués à ne surtout pas rater), les gens qui prennent des cafés à tout bout de champ comme on prend des verres en soirée pour moins se trouver moins empotées, les gens rivés en permanence à leur portable, les gens qui prennent pressées des verres d’alcool seules chez elles pour avoir l’air moins connes devant des caméras imaginaires

H : l’hiver, les hyper-actifs-hyper-branchés,

I : l’idée que l’esprit de Jerry Lewis puisse venir moi aussi un jour me hanter, l’idée d’un « spiritisme numérique »

J : les jingles SNCF, les jumeaux au cinéma et tout le folklore qui en découle, les jobs bien payés à la con,

L : les lampes à gaz, les lampes à huile, le langage SMS, les lustres en cristal dans les maisons abandonnées (savamment habillés de barbe à papa pour faire « toile d’araignée »)

M : les mugs et les T-shirts orange, les mises à jour Apple, la mode, la musique de plombier pour faire « mystérieux »

O : les ongles rongés

P : les parquets qui grincent, les personal shoppers qui détestent leur job mais le font quand même, les personnages qui disent « j’ai rencontré quelqu’un » (personne dans la vie ne parle comme ça), les personnes qui prennent à témoin des gens quand ils sont au téléphone pour se moquer de leur interlocuteur, les portes qui claquent dans les maisons hantées ou chez les voisins indélicats, les personnes au travail surjouant l’assurance, les petits seins au cinéma toujours prétextes à les montrer nus, les poitrines nues des actrices principales histoire de montrer qui est le patron sur le plateau, les portes à air comprimé dans les trains qui font « tchi-pooh » comme dans Star Wars mais qui ne s’ouvrent en réalité bien que dans les films, les pseudos-sciences, les pulls en V portés sur un torse nu, les pushs en mode vibreur

R : Rudolph Steiner

S : les salles de bain à vasques rectangulaires (et non avec des lavabos randoms), les scooters, les SMS, les signes (ou l’absence de signe interprété comme un signe), les scènes de masturbation, les sonneries à la con sur les messageries instantanées, le spiritisme pris au sérieux

T : les taies en fourrure, les tatouages, les téléphones en mode vibreur dans les films, les trains, les trios pour cordes au cinéma pour faire intelligent

V : les vestes en cuir, les visages maladifs