Les footeux font leur tapin, Jacques Vendroux aussi

L’Euro de foot commence et c’est déjà l’overdose. Je ne peux pas brancher cinq minutes France Info sans qu’il soit question de foot. Pire, impossible d’échapper à Jacques Vendroux, la plaie des commentateurs sportifs, directeurs des sports, officier de la légion d’honneur, ami des grands sportifs, et qui doit résumer à lui seul la médiocrité et le manque de professionnalisme des journalistes sportifs dans ce pays. Il s’était déjà largement exprimé sur les années de France Info concernant les mésaventures injustes (sic) de son grand ami Platini, et voilà qu’il s’impose à longueur de temps, comme invité, ou spécialiste, ami des stars, grand gourou, on ne sait pas très bien, sur les antennes de la radio. J’ai beau chercher, je crois n’avoir jamais entendu cet homme dire quelque chose de fondée. Dernière connerie, qui reflète là encore assez bien la vision du bonhomme et plus généralement le niveau des journalistes sportifs : pour être commentateur de match de foot, il faut une voix. Autrement dit, l’emballage, c’est ce qu’il y a de plus important. On soigne ça, le reste suivra. On comprend mieux pourquoi, la rigueur journalistique, l’angle, la vérification des sources, l’objectivité, tout ça, ça passe en permanence à la trappe. Le plus drôle, ou le plus agaçant, c’est qu’en plus de confondre professionnalisme et camaraderie, le bonhomme ne cesse de prendre les auditeurs pour des cons. Aussi, apprend-on quelques termes de journaleux du sérail qu’il a bon cœur, à nous simples tocards, de nous expliquer : un blanc, à la radio, c’est quand plus personne ne parle, ou un écran de contrôle dans la tribune de presse, on appelle ça… un écran de contrôle. Tout est toujours évident, formidable, et très bien expliqué avec Jacques Vendroux. Il rayonne, il est sympathique, il nous expliquerait même comment on fait les bébés avec le plus grand sérieux du monde, dit même pouvoir nous expliquer les tactiques mises en place par les équipes même s’il ne le fait jamais, et au moins, pour ça, je crois qu’il aurait raison de se taire, non pas que je doute de ses capacités (quoi que), mais parce que dans un match, ce n’est pas le rôle du commentateur. Le commentateur, il commente ce qu’il voit et il ferme sa gueule. Les questions tactiques s’il y en a, il y a des techniciens de la technicité, consultants, qui sont là pour ça.

Je remercie TF1 d’avoir débauché un commentateur enfin discret, ne cherchant pas à nous expliquer ce dont on n’a rien à foutre et que lui-même ne comprend pas. Mais je ne remercie pas Radio France de nous imposer cinquante fois par jour la gouaille insupportable de ce bonhomme qui ferait presque passer les antennes du groupe pour de simples discussions de comptoirs de bar.

Ah oui, j’oubliais. Ce même personnage était invité sur la même radio sur laquelle il est directeur des sports pour faire la promotion de son livre de souvenirs (on peut louer l’indépendance et le professionnalisme du groupe) où il racontait fièrement ses folles escapades en voiture avec ses copains footeux dans le bois de Boulogne durant lesquelles il fallait s’amuser à piquer les perruques de travelos : celui qui en rapportait le moins devait payer l’addition. Ah, le bon vieux temps ! la camaraderie ! le journalisme d’investigation… « Autrefois, les joueurs étaient proches de nous ! » Mais mon gars, aujourd’hui, les joueurs, ces racailles, se taperaient les travelos parce qu’ils respectent au moins leur travail.

À mon tour de présenter l’addition :

— 24 perruques « Gaston Durant » 28 788 francs.

— 179 heures de tapins perdus 4 500 francs (estimation faites sur le prix des services proposés, et je suis gentil, c’était le plus souvent en heures creuses)

— une oreille arrachée avec une boucle Zemina à 80 francs : soin hospitalier, 1 300 francs hors couverture.

— 5 mois de thérapie de groupe 700 francs

— 3 ans de thérapie, seul, suite à l’échec de la thérapie de groupe précitée (j’étais sujet aux moqueries les plus cruelles) : prise en charge par l’association Wig en fête (faites un don).

Je vous laisse faire le calcul, Jacques. Vous n’aurez qu’à faire un tour de table avec vos amis pour réunir l’argent. (Toutes ces sommes sont bien sûr à convertir en euros.)

Vive le service public. Vive les Bleus. Vive le foot.