James Ivory

James Ivory

 

8/10

  • The Householder (1963)*
  • Shakespeare-Wallah (1965)*

7/10

  • Les Vestiges du jour (1993)

  • Retour à Howards End (1992)
  • Chambre avec vue (1985)
  • Roseland (1977) …  commentaire

6/10

  • Maurice (1987)

  • Les Européens (1979)
  • Mr. & Mrs. Bridge (1990)

5/10

  • Chaleur et Poussière (1983)
  • Quartet (1981)

*commentaires simples :

Shakespeare Wallah et The Householder

Ces deux premiers films de James Ivory me laissent sans voix. Je ne m’attendais pas à ça. De Ivory, je ne connaissais que le cinéma très à la mode dans les années 80 et les années 90 (peut-être un peu oublié aujourd’hui). Pourtant, il a commencé par deux films étranges tournés au Bengale avec une équipe qui lui restera longtemps fidèle (et qui seront donc responsables en partie des films plus connus de son âge d’or). The Householder est clairement un film tourné à la Satyajit Ray, mais c’est fait avec quasiment le même génie. C’est terriblement conservateur, la morale du film pouvant être « tout finit toujours par s’arranger dans un mariage arrangé », mais voilà, c’est beau, et ça, aucune idéologie ne peut y résister.

Shakespeare Wallah s’ancre peut-être plus dans ce qui deviendra la marque des films futurs de James Ivory : une jeune actrice anglaise officiant avec ses parents acteurs depuis toujours en Inde qui s’éprend d’un Don Juan local. Comme pour le premier, c’est dans les détails de la mise en scène que Ivory se montre particulièrement doué. Ce n’est pas seulement dans la construction des plans, mais dans la gestion des temps forts. On devine un excellent directeur d’acteurs. Avec pour paradoxe, un phénomène que j’ai rarement rencontré, mais qui peut arriver avec des acteurs faits essentiellement pour la scène : chez certains acteurs, si tout le jeu facial, émotionnel ou de corps est savamment étudié et signifiant (chaque geste semble être pensé pour caractérisé son personnage), la diction n’est pas toujours très juste. L’ironie par exemple, c’est que l’actrice jouant une célébrité de Boolywood, jouant par conséquent des scènes ridicules dans ses propres films, joue admirablement bien les séquences « naturelles ». Et cela alors même que son rôle est à la fois ingrat et difficile à jouer (rôle de femme jalouse, vulgaire et possessive). Celle qui lui fait face, la jeune Felicity Kendal, me paraît beaucoup moins juste dans ses intonations, mais est toujours parfaite dans ses expressions… Le sujet semble d’ailleurs inspiré par ses acteurs, vus que les trois acteurs « européens » de la troupe sont parents dans la vie. Les histoires les plus curieuses prennent parfois leur origine de la réalité…

Merveilleux.


Shakespeare-Wallah, James Ivory (1965) Merchant Ivory Productions Cohen Media Group

The Householder, James Ivory (1963) Merchant Ivory Productions

Roseland, James Ivory (1977) Merchant Ivory Productions, Oregon Four