L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu, Andrei Ujica (2010)

L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu

Autobiografia lui Nicolae CeausescuAnnée : 2010

Vu le : 31 mars 2019

4/10 IMDb

 

Réalisation :

Andrei Ujica

archive.ro…

Grosse déception. Aucun travail éditorial (si tant est qu’on puisse parler pour un documentaire de travail éditorial) : on assiste juste à un montage d’images d’archives sans autre cohérence que chronologique ayant pour sujet Ceausescu. À peine voit-on quelques images du procès expéditif qui introduit et conclue le film, un peu comme pour en accentuer l’effet spectaculaire déjà connu de « l’histoire officielle » servie alors sur les écrans de télévision. Je ne vois donc pas bien l’intérêt. On en ressort avec un peu d’empathie pour le dictateur, c’est dire si l’effet produit est pour le moins étrange et laisse comme un arrière-goût d’inabouti.

On peut même dire que ces trois heures d’archives sont pénibles à voir, autant que pourraient être celles passées par un documentariste ayant visionné bout-à-bout trois heures de rushes aux archives de la télévision locale…

Les plus adroits y auront sans doute vu un sens caché et imaginé voir une sorte de génie à nous exposer ici certains signes, sauf qu’on aura très franchement bien du mal à me convaincre d’y voir autre chose que ce qu’un ordinateur aurait pu tout aussi bien monter…

12h08 à l’est de Bucarest, Corneliu Porumboiu (2006)

12h08 à l’est de Bucarest

A fost sau n-a fost?Année : 2006

Vu le : 30 mars 2019

8/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Corneliu Porumboiu


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Une idée lumineuse, une obsession et une représentation face caméra en guise de Guignol moderne. À la fois poétique et drôle.

L’idée lumineuse, c’est celle que les révolutions (en tout cas celle-ci) font en quelque sorte tache d’huile en se répandant presque comme par capillarité d’une ville à une autre, à l’image des réverbères s’allumant un à un dans le crépuscule des villes. C’est la première image du film, et on ne le comprend alors évidemment pas à cet instant. Que l’allégorie soit pertinente ou non, ça importe peu, elle est jolie et illustrée de la meilleure des manières. D’ailleurs, si tout le film repose sur un seul questionnement (y a-t-il eu ou non une révolution dans cette ville « à l’est de Bucarest » ?), rien sur le contexte réel politique pour le moins confus étant à l’origine (en partie) de cette révolution (la manipulation par certains de rumeurs faisant état de massacres dans la ville de Timișoara, rumeurs propageant le chaos et allant s’amplifiant face à un pouvoir à l’agonie et précipitant sa chute dans un finale spectaculaire digne de la fuite de Varennes). Rien sur la manipulation des faits connus donc, mais une interrogation quasi-identique liée aux agissements des uns et des autres localement. Comme le dit un des protagonistes, chacun sa révolution, mais aussi chacun son rapport vis-à-vis de la manipulation de l’information et des faits.

Le tout prend en tout cas un détour franchement hilarant. L’absurde, ou le cynisme, d’un Puiu par exemple, se transformant ici en une farce lors de l’émission de télévision locale dédiée justement à cette question : y a-t-il eu des contestations réprimées dans la ville avant la chute du pouvoir ou la foule n’est-elle sortie sur la place de la mairie que pour fêter la fin du régime… Le procédé est économe (une grosse partie du film consiste à montrer trois hommes assis face caméra) mais follement efficace. Le comique vient ici beaucoup moins des répliques que des situations embarrassantes auxquelles les trois participants à cette émission devront faire face : révélations par les auditeurs, soutien malheureux et maladroit d’un commerçant chinois, références mythologiques vides de sens…

Une petite merveille.

La Mort de Dante Lazarescu, Cristi Puiu (2005)

La Mort de Dante Lazarescu

Moartea domnului LãzãrescuAnnée : 2005

Vu le : 28 mars 2019

9/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Cristi Puiu


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Apparemment le premier film de cette nouvelle vague roumaine apparue au début du siècle. La méthode est quelque peu différente de celle qu’emploiera le réalisateur quand il se mettra lui-même en scène pour Aurora (il y est presque muet), parce que si on suit là encore de bout en bout le même personnage principal, et cela sur une durée très limitée, si les plans-séquences (rarement fixes) sont là encore bien présents, c’est beaucoup plus bavard.

Semble alors se dessiner une technique de direction d’acteurs, tendance naturaliste, et comme seuls probablement des acteurs sont capables de les mettre en œuvre. Je parle d’improvisation dirigée : si certaines répliques (notamment tout le lexique médical) sont probablement écrites à l’avance, une grande part de liberté semble être laissée aux acteurs, du moins lors du travail préparatoire, les laissant proposer un certain nombre de pistes donnant de la chair aux personnages (autrement dit une histoire personnelle, un vécu avec les autres protagonistes). Une fois que tout cela serait mis en place et respecterait la ligne que ce serait fixé Puiu, il peut alors tourner. Je serais curieux de voir sa méthode de travail avec les acteurs.

Le résultat est en tout cas formidable. On suit l’agonie d’un vieil homme irascible, persuadé, lui, que c’est son vieil ulcère qui fait des siennes, et devant, accompagné de l’infirmière l’ayant pris en charge depuis la première heure, subir la répétition quasi-absurde des diagnostics pratiqués des médecins urgentistes déjà débordés et plus accaparés cette nuit-là par des accidentés de la route. La conscience de Dante Lazarescu s’amenuise à mesure que notre empathie grandit pour lui, d’abord lassé, piqué, et pour finir comateux face à ce comique de répétition absurde.

Le Concert, Radu Mihaileanu (2009)

Le ConcertAnnée : 2009

Réalisation :

Radu Mihaileanu

7/10  lien imdb

Vu en décembre 2010

 

Difficile de choisir le genre du film. Comédie, mélo, comédie musicale… La forme est clairement une comédie, après il y a tous les éléments du drame pour en faire un bon tire larme (ça marche d’ailleurs), et en même temps la musique bien sûr est partout… Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, ou plutôt je pensais que tout le film serait un concert… J’ai donc été étonné de voir les quatre cinquièmes du film.

Une franche comédie donc, parfois assez lourde avec des scènes un peu invraisemblables, des revirements assez faciles (Miou-Miou qui décide qu’après tout il faut que la violoniste joue…). Scénario assez mal fichu dans sa structure, mais peu importe, on s’amuse pas mal au final, et on prend pas mal de plaisir dans la scène de fin du concert.

Toute l’histoire russe, le secret, etc. c’est vraiment du n’importe quoi, pour mieux le traiter et rendre ça plus vraisemblable, plus lyrique, il aurait fallu y mettre une demi-heure de plus de film, prendre le temps de créer de vrais personnages. Or là, c’est déjà dur de faire jouer ensemble des acteurs de différentes nationalités… alors les faire jouer des scènes charnières pour développer leur personnage, surtout en voyant la qualité assez médiocre de la direction d’acteur (Miou-Miou est nulle comme d’hab quand il n’y a pas de réal derrière) ça aurait été impossible.

L’histoire dramatique perd d’ailleurs pas mal d’intensité ou de crédibilité à côté du ton assez proche de la farce qu’on a pendant tout le film. Mélange des genres assez dangereux donc. Mais encore une fois, peu importe, on prend du plaisir et c’est le principal pour ce genre de film (oui chui bon public).