Un petit côté Pays de neige très agréable, mais moins mélodramatique, plus social. Nobuko Otowa (égérie d’abord de Mizoguchi, puis de son amoureux Shindô) est exceptionnelle en prostituée (elle échappe à la vulgarité et en fait un personnage habile et tendre, ce qui n’était sans doute pas aisé à déceler dans le roman ou dans le scénario — l’apport précieux des acteurs de génie…).
Une introduction bâclée, une densité indigeste qui assomme dès les premières minutes du film, des fonds verts systématiques… MTVesque. Je préférais hautement la naïveté assumée de The Girl Who Cut Time. Il y a une navrante habitude au Japon à vouloir tirer le cinéma vers la BD, voire l’anime. S’ils se contentaient de faire du cinéma avec les moyens qui sont désormais les leurs ?… Et puis, on est pas loin d’un Mandico, à savoir une surenchère permanente des effets sans souci pour l’harmonie ou la subtilité. Épuisant, toujours épuisant.