M. Butterfly, David Cronenberg (1993)

M. Butterfly

M. Butterfly Année : 1993

5/10 IMDb

Réalisation :

David Cronenberg

Avec :

Jeremy Irons, John Lone, Barbara Sukowa

N’importe quel pékin sait que derrière les femmes de l’Opéra se cachent de hommes… Une confusion des genres risible tant notre René, tout naïf et forcément français qu’il est, s’efforce de ne pas voir le « poteau rose » sous la robe pudibonde de son M. Butterfly chéri.

En fait, le film est déjà fini quand on comprend la méprise. Lors de la première scène, j’avoue m’être laissé prendre : on se dit : « Bon, cette Chinoise n’est pas particulièrement jolie… » La suite est un désastre. Comme l’impression de voir un film sur un gosse de quinze ans qui croit encore au père Noël à qui l’entourage n’arrive pas à dire qu’il n’existe pas. Parce que moi je suis faible, et je suis un mufle cinéphile : toutes les femmes dans les films, je les embrasse en même temps que le héros (seulement si c’est consenti bien sûr, sinon je m’insurge avec elle, toujours). Et un chanteur d’opéra, j’avoue que c’est tout en bas dans les cartons de ma garde-robe à fantasmes (oui, j’ai une garde-robe).

Remarque, grâce à ce film, je crois avoir compris l’origine de l’expression « faire un bébé dans le dos ». Aussi, pour répondre à un personnage avec une poitrine dans le film, la position favorite de René, ce n’est en effet pas le missionnaire, sinon on l’aurait très tôt ramassé à la « petite cuillère » (à moins tiens, qu’en bon Français, René préfère les « petites grenouilles »…).

À oublier.


 

Le Mystère Von Bulow, Barbet Schroeder (1990)

Bulow le mollusque

Reversal of FortuneLe Mystère Von Bulow, Barbet Schroeder (1990)Année : 1990

IMDb  iCM

 

Réalisateur :

Barbet Schroeder

 

6/10

 

Avec  : Jeremy Irons, Glenn Close

Vu en juin 2008

Les histoires de tribunal, c’est toujours la même chose… Coupable, non coupable, comment trouver des preuves, quelles preuves, la personnalité de l’accusé, etc. Et le résultat, est toujours le même. Parce que la justice, la recherche de la vérité, les faux-semblants, oui, c’est fascinant.

L’une des plus vieilles histoires traite aussi de la culpabilité, de la vérité : Œdipe roi. Mais c’était intéressant parce qu’il y avait autre chose : des révélations, du péché, du vice… Là, les révélations ne sont rien d’autres que la découverte de la fabrication de preuve, de vices de procédure, et surtout le mystère persiste.

Le film pose des questions et ne cherche pas à trouver des réponses. On nous donne à manger pendant tout le film et au final, on nous dit « on ne sait pas ». Intéressant, très réaliste, la justice ne trouve pas toujours la vérité, belle morale… Mais pour un film, ce n’est pas suffisant, au moins si rien ne nous y prépare. On reste sur sa fin, un bel exemple de « tout ça pour ça ».

Dans une histoire souvent, on a un point de départ, ce point de départ suggère deux ou trois fins, mais les meilleures histoires savent nous surprendre en faisant avancer ce point de départ, en modifiant les enjeux en cours de route suivant les nouveaux éléments, et donc, en reconsidérant les possibilités du dénouement. « Comment Jocaste était la mère d’Œdipe ?! mais ça change tout ! » Or là, on a un point de départ, et à la fin on est pas plus avancé qu’au début. Ce schmilblick n’a pas avancé d’un iota. À quoi bon.

Sans compter qu’on a du mal à s’identifier à un personnage aussi froid. Certes, il a de l’humour plutôt douteux, ça en fait presque un monstre sympathique, mais ça ne va pas plus loin, justement parce que le récit est bridé par son devoir de réserve, d’impartialité. Du coup, le personnage de Von Bulow reste autant un mystère que l’affaire. Intéressant… pour un point de départ, mais n’importe quelle fin a besoin d’un dénouement, d’une révélation, sinon point de catharsis. Rien ne l’interdit, chacun fait ce qu’il veut, mais pour moi ça appauvrit pas mal les possibilités d’une histoire et de son intérêt.

Les fins ouvertes, c’est bien, mais seulement quand elles ouvrent vers autre chose ; quand elles ne font que laisser en suspens une question posée pendant tout le récit et qu’elles décident de ne pas y répondre… à quoi bon ?

Le Mystère Von Bulow, Barbet Schroeder 1990 | Sovereign Pictures, Reversal Films Inc., Shochiku-Fuji Company

La Maison aux esprits, Bille August (1993)

La Maison aux esprits

The House of the SpiritsAnnée : 1993

Vu le : 26 mai 1997

6/10 IMDb

 

Réalisation :

Bille August


Avec :

Jeremy Irons, Meryl Streep, Winona Ryder, Glenn Close, Antonio Banderas

Journal d’un cinéphile prépubère : le 26 mai 1997

J’aime bien ce genre de films, la mise en scène n’est ni prétentieuse ni sophistiquée, mais conventionnelle, classique, transparente. Le spectacle est assuré par un montage alterné ; il est émouvant quand les personnages se laissent regarder. Pourtant la saga est peut-être un peu trop rapide à l’échelle du drame proposé : les séquences de différentes époques se succèdent trop rapidement, on n’a pas le temps de s’identifier pleinement aux personnages (ou contrainte sans doute commerciale, mais la saga est trop dense pour à peine 2h30). On ressent très bien que la saga n’est qu’un procédé comme un autre, presque inutile, car tous les événements auraient pu et aurait dû être échelonnés sur pas plus de dix ans : des invraisemblances se font sentir, après vingt ans, Irons retrouve la même pute comme s’il l’avait quittée la veille… Les actions et événements sont trop restreints par rapport à la diversité qu’on pourrait trouver en une génération…