Notes de visionnage 2019

Page 1 2 3

septembre – décembre 2019

Le Temps qu’il reste, Elia Suleiman (2009)

L’humour pince-sans-rire qui plaît tant aux festivals et à la critique. Mais « mime de rien », un homme qui regarde sa mère partir est toujours attachant. Même si souvent, au temps du parlant, un visage impassible de mime, est souvent pour moi synonime d’ennui (que ce soit pour Tati ou Suleiman donc).

I Wish I Knew : Histoires de Shanghai, Jia Zhagke (2010)

Jia est un homme amoureux. Il réaliserait un documentaire sur le poulpe des abysses qu’il trouverait moyen d’y faire tourner sa femme chérie. Éclairant sur l’histoire de Shanghai depuis l’ouverture du commerce aux Européens au XIXe siècle et les premières concessions, jusqu’aux guerres du XXe qui ont écartelées la Chine et  les Chinois.

Ça sent la commande (j’ai l’impression que beaucoup des œuvres des Jia ont été financées en partie grâce à des boîtes de production situées à Shanghai), mais Jia en fait quelque chose de vraiment passionnant. Et d’en tout cas assez instructif pour un Européen comme moi ayant une culture assez limitée de la Chine. Jolie mise en scène entre les séquences d’interviews (l’usage du ralenti notamment et de la musique).

La Reine des neiges II (2019)

Entre ce grand moment qu’est Lost in the WOods parodiant les clips des années 90’s et le finale aavec les costumes, les lumières de The Voice, ce serait plutôt La Reine du kitsch. Globalement c’est assez assomant, peu drôle et laid (la prime aux visages 3D mixe entre Shrek et des poupées barbie).

J’accuse, Roman Polanski (2019)

Reconstitution un peu plan-plan. Polanski s’efforce de faire passer une leçon d’histoire pour un thriller – et cet aspect ne me paraît pas bien convaincant, la faute au rythme du film, à l’atmosphère très réaliste malgré les excellents extérieurs et au caractère intrinsque du film qui pourrait mal s’émanciper de sa nature historique. En revanche, l’intérêt principal du film réside pour moi dans sa jolie brochette d’acteurs, et les meilleurs ne sont pas les plus connus. Si Jean Dujardin s’en tire finalement assez bien, je trouve Louis Garel assez mauvais, Didier Sandre paresseux, et Emmanuel Seigner dispensable comme d’habitude. J’ai été très impressionné par Grégory Gadebois qui dès les premières secondes sort un regard en coin vers Dujardin qui dit déjà tout de son personnage, et j’ai rarement vu un acteur avec un phrasé aussi parfait ; autre acteur avec un phrasé qui écrase tous les autres, Hervé Pierre dans le rôle du général Gonse.

24 City, Jia Zhangke (2008)

Bel hommage aux anciens de la classe populaire ayant façonné dans l’ombre la Chine d’aujourdhui. Savoir écouter est aussi un art. Difficile de savoir en revanche jusqu’à quel point Jia rajoute de la fiction dans ces histoires personnelles. S’il ne fait aucun doute que la plupart sont réelles, l’utilisation soudain de deux actrices (voire plus) professionnelles pour réciter, jouer, des récits de vie, laisse assez songeur. Dans ce petit jeu qui s’apparente presque à l’exercice de style à la Une sale histoire, Jia Zhangke a recours à sa femme, mais aussi à une actrice populaire chinoise, et le cinéaste pousse le vice jusqu’à lui faire évoquer son propre nom et un film dans lequel elle a joué (mise en abyme plutôt étrange, mais encore une fois, l’intérêt serait de savoir si le texte initial est fictif ou bien tiré d’un témoignage réel ; Jia aurait alors eu juste l’idée de proposer à l’actrice évoquée dans le témoignage, et évoquant la ressemblance de son auteure avec l’actrice…). Mais en dehors de ces réserves, le film est magnifique, traitant d’un monde en train de disparaître au profit d’un autre.

Xiao Wu, artisan pickpocket, Jia Zhangke (1997)

commentaire

Le Destructeur, Georg Wilhelm Pabst (1954)

commentaire

Die 3 Groschen-OperGeorg Wilhelm Pabst (1931)

J’ai raté la version française, mais je m’en passerais bien après avoir vu celle-ci. Pabst digère mal l’arrivée du parlant, c’est lent et n’a aucun sens du rythme. Pour une opérette, c’est plutôt un problème. Les décors et les tours de chant valent le détour, le principe en tableaux avec l’utilisation de narrateur, rappelant Shakespeare ou le théâtre grec, est typique du théâtre de Brecht, mais le principe (forcer la distanciation et donc la réflexion) ne marche absolument pas. Désolé Bertold, ta pièce, c’est une opérette qui vaut pour son argument (qui vaut bien Underworld de Josef von Sternberg) mais qui vaut surtout pour ses deux ou trois morceaux chantés. Le discours politique, la critique sociale, est totalement noyée derrière tout ça.

Bubù, Mauro Bolognini (1971)

commentaire

Le Renne blanc, Erik Blomberg (1952)

Les mythes prescripteurs de stéréotypes. Si un vampire est un dandy qu’il faut tuer parce qu’il déprave les femmes des honnêtes hommes, une vampire est une sorcière pervertie par ses pulsions sexuelles qu’il faut achever parce qu’elle envoûte les hommes – et achever, si possible, par son honnête mari. Nuance qui réserve aux femmes le “beau” rôle. Notons, accessoirement, que dans un cas comme dans l’autre, ça légitime le meurtre : d’un côté celui de l’amant, de l’autre celui de la femme.

L’Héritage, Mauro Bolognini (1976)

commentaire

Les Secrets d’une âme, Georg Wilhelm Pabst (1926)

commentaire

La mia signora, Comencini, Bolognini, Brass (1964)

Énième film à sketches produit par Dino pour la sua signora. Mangano et Sordi s’en donnent à cœur joie interprétant mille et un visages du couple, pas toujours légitime. Interprétation bluffante, du populo au privilégié. Le plus réussi et aussi le plus long est celui où Sordi court après un ministre jusqu’à son yacht pour lui proposer on ne sait quel projet et qui, quiproquo oblige (avec une petite pique au théâtre de Ionesco au détour d’une discussion sur le théâtre dans laquelle Courteline et donc le vaudeville l’emporterait…), se trouve soudain assisté dans son approche par une prostituée que le ministre prend pour sa femme.

Symbol, Hitoshi Matsumoto (2009)

commentaire

La Fin d’Hitler / Le Dernier Acte / Der letzte Akt, Georg Wilhelm Pabst (1955)

commentaire

Ça s’est passé à Rome / La giornata balorda, Mauro Bolognini (1960)

commentaire

Le Procès, Georg Wilhelm Pabst (1948)

Le cinéma d’après-guerre allemand use autant de finesse à combattre l’antisémitisme qu’il le faisait pour attaquer les juifs sous le pouvoir nazi. C’en est presque risible de voir à quel point les caricatures ont changé de camp.

Notre nazi, Robert Kramer (1984)

commentaire

Swallow, Carlo Mirabella-Davis (2019)

commentaire

Arrangez-vous, Bolognini (1959)

Une famille hérite d’une location qui se révèle être une ancienne maison close, et c’est parti pour un tour de quiproquos et de tartuferies sans fin. Une autre forme de « collaboration » inavouable.

ParacelseGeorg Wilhelm Pabst (1943)

Film historique expurgé de toute tentation propagandiste mais pas de ses aspects ludiques un peu mièvres sur un précurseur de la médecine, à mi-chemin entre ésotérisme et médecine expérimentale. Décors gothiques fabuleux.

Crise, Georg Wilhelm Pabst (1928)

commentaire

The Assassin, HHH (2016)

commentaire

Deux bons films noirs avec Sterling Hayden.

Le premier, Crime Wave, est du genre noir poisseux, naturaliste, portrait sans concession des repris de justice et de la difficulté pour ceux parmi eux faisant le choix du droit chemin de s’y maintenir. Le second, Crime of Passion, est plus classique dans sa mise en scène, un noir de série A, mais assez cynique et aussi imparable que le premier. Plus question ici d’anciens détenus, mais d’un personnage féminin tirant un peu trop fort les ficelles pour imposer son mari, à la condition modeste et à l’ambition quasi nulle, à des postes plus haut que lui dans la police. Un rôle presque écrit sur mesure pour Barbara Stanwyck : elle qui jouait vingt ans plus tôt les femmes prêtes à tout pour monter les échelons, image sans fards de la femme active et émancipée, se voit proposer sur le tard un mariage qui la renverra illico à ses fourneaux (un rôle qui n’est pas sans rappeler le destin d’un personnage interprété par Joan Crawford quelques années plus tard). Un choc pour elle, et la source de ses conneries futures. Les deux films ont en commun un casting large assuré par des acteurs impressionnants.

Doctor Sleep, Mike Flanagan (2019)

commentaire

Le Traître, Marco Bellocchio (2019)

commentaire

Rotaie, Mario Camerini (1929)

commentaire

Terror in a Texas Town, Joseph H. Lewis (1958)

commentaire

Dracula : Pages From a Virgin’s Diary, Guy Maddin (2002)

commentaire

Journey Into Light, Stuart Heisler (1951)

Sorte de néoréalisme bigot surligné par violons et trompettes. Assommant. Sterling Hayden en impose, mais quel acteur médiocre…

Thirst, Park Chan-wook (2009)

commentaire

The Tall Target, Anthony Mann (1951)

commentaire

Das Stahltier, Willy Zielke (1935)

commentaire

Les Lèvres rouges, Harry Kumel (1971)

Affreuse ambiance porno-chic tout du long et deux effets spéciaux usés jusqu’à la corde parce que le film ne tient qu’à ce fil : la voix langoureuse de Delphine, et les robes de Seyrig. Parce qu’à côté de ça, bon, le scénario est digne d’un giallo fauché, mais le pire c’est encore cette mise en scène refilée à un mauvais élève de fac. Le montage est si mal foutu lors de certaines séquences, les situations si mal dirigées, que c’en est franchement embarrassant.

Joker, Todd Phillips, (2019)

commentaire

Les Longs Adieux, Kira Mouratova (1971)

commentaire

Fando & Lis, Jodorowski (1968)

Le plus sans doute que je puisse encaisser de cet escroc. Et encore, ce que j’aime dans son film, on le doit sans doute plus à Arrabal dont j’ai vu le texte travaillé il y a de ça des années. J’avais une sympathie pour les personnages avant même de voir ce que Jodo en ferait. C’était absurde, surréaliste, touchant, et une alliance formidable dans laquelle l’un n’est rien sans l’autre. Jodo en a fait forcément un objet baroque fourmillant d’inventivité, d’expérimentations, et d’excès en tout genre. Il charcute Arrabal, dont il ne reste pratiquement rien, mais ce rien, c’est encore le plus poétique et le plus symbolique du film.

Psychomagie, Jodorowski (2019)

commentaire

Brèves Rencontres, Kira Mouratova (1967)

Narration éclatée à la Woolf/Conrad, cadres et mouvements de caméra virtuoses (pouvant parfois rappeler Tarkovski, même si la comparaison est facile), une des plus vieilles histoires du monde (deux femmes pour un homme, mais sans opposition, en ne gardant que le meilleur ou presque, comme un cinéma impressionniste des instants fugaces de la vie, et dont le récit éclaté permet une surprise de taille : la cohabitation sous le même toit et en toute harmonie des deux femmes… sans leur homme). Du grand art. Cette Kira Mouratova est à découvrir.

Ad Astra, James Gray (2019)

commentaire

Once Upon a Time… in Hollywood, Quentin Tarantino (2019)

commentaire

Born to Be Bad, Nicholas Ray (1950)

commentaire