Henri Decoin

Henri Decoin

 

8/10

  • Mademoiselle ma mère (1937) *

7/10

  • Les amoureux sont seuls au monde (1948) *
  • Les Inconnus dans la maison (1942)

6/10

  • Premier Rendez-vous (1941)
  • Toboggan (1934) *
  • Au grand balcon (1949) 
  • Abus de confiance (1937)
  • Le Café du cadran

4/10

3/10

  • Les Amants de Tolède (1953)*

*Simples notes :
Mademoiselle ma mère

Louis Verneuil s’amuse une nouvelle fois avec les conventions familiales pour les tordre, et nous avec elles. Un boulevard de plaisir.

Les amoureux sont seuls au monde

Le génie de Jeanson en dialoguiste. Record du monde d’aphorismes à la minute (le titre en est un également…). Le film prend peut-être un tour inutilement dramatique à la fin, avec des personnages principaux se laissant un peu trop facilement tenter et sans détours à ce dont on pouvait les soupçonner jusque-là (la femme dévouée, un peu trop dévouée, le mari toujours fidèle un peu trop facilement épris de sa protégée), mais le reste c’est de l’or.

Les Amants de Tolède (1953)

De bons dialogues, mais une intrigue rocambolesque servie par une direction d’acteurs épouvantable (la post-synchro n’aide pas). Decoin se défend dans son découpage technique, les extérieurs sont bons, et petit consolation dans la distribution, Françoise Arnoul dans son rôle de Sancha… Panzo est pleine de vigueur dont le film manque cruellement.

Parce que le film est sans rythme. D’abord parce que le héros disparaît une bonne partie de l’intrigue et laisse tout l’espace à son opposant, qui malgré une tendance sur le tard à vouloir faire le bien pour contenter sa belle, est trop antipathique, trop cruel, et incarné par un acteur à la fois trop fade et trop outrancié, pour arriver à nous faire oublier l’absence du principal héros. Le principal héros, qui est par ailleurs le principal boulet du film : un acteur trop vieux, sans charisme, jouant sans panache les rebelles. À ses côtés, Alida Valli est comme à son habitude sans intérêt. Pas moyen par ailleurs de zieuter du côté de sa toilette ; les costumes sont épouvantables (mal fichus comme des costumes de théâtre apprêtés pour d’autres, et incapables ici de masquer le manque de poitrine de l’actrice — pour porter un corset, il faut du volume, si on n’a pas de poitrine, la dernière chose à faire est de souligner ce manque de poitrine par des bonnets vides…).

Le film est souvent risible. À ce demander si les astuces du roman de Stendhal ne l’est pas tout autant. L’histoire de la malle est par exemple bien idiot, tellement mélodramatique. Le film, s’il souffre par ailleurs (en plus du manque de rythme qui est pas mal lié à la direction d’acteurs qui oublie qu’on  a affaire à une film de cape et d’épées où la précipitation doit régner en maître) d’un manque permanent de rythme, c’est aussi parce que la musique ne joue jamais son rôle narratif comme il le fait la plupart du temps dans un récit du cinéma classique. Les ellipses tombent à l’eau, les transitions musicales inexistantes, et les musiques d’accompagnement vont parfois en contrepoint avec la situation (musique d’ascenseur pour une scène tendue). Un désastre.

Toboggan

La femme, ce combat perdu d’avance. (Film de boxe à la morale implacable et délicieusement suranné. Ça reste très anecdotique.)