Icarus XB 1, Jindrich Polák (1963)

Ikarie XB 1

Ikarie XB 1 Année : 1963

6/10 IMDb

Réalisation :

Jindrich Polák

Naissance probable de la SF moderne.

Le high-tech est ce qui vieillit le plus mal (le robot de Planète interdite, la maquette du vaisseau glissant dans l’espace façon jouet d’enfant). On retrouve le Lem de Solaris (folie des passagers ; utilisation du sommeil comme ressort dramatique ; présence des ET sous une forme imperceptible pour l’homme impliquant une forme d’incommunicabilité subit qui n’est pas sans rappeler le rapport spirituel à Dieu, la présence de ces entités mystérieuses se faisant à travers ce qu’en d’autres circonstances on définirait comme des miracles ; voyage sidéral), les couloirs si typiques en forme de nid d’abeilles, et même quelques notes de Jerry Goldsmith (celles du réveil dans Alien si je me rappelle bien, d’ailleurs, une bonne partie d’éléments ressemblent à Alien)…

Au-delà de ces aspects décoratifs donnant le ton aux décennies suivantes, ça reste assez mal maîtrisé. Les défauts de beaucoup de films de l’est de l’époque, à savoir un jeu très guindé et lent. Des décors et des effets, certes impressionnants pour l’époque, mais arrive toujours un élément qui rappelle qu’on est en effet en 1963 et que subsistent quelques éléments d’une science-fiction bientôt révolue : l’arme au rayon laser, les vues de l’espace et des planètes complètement ratées (à des années lumières de ce qui se fera seulement cinq ans après avec on sait quoi). J’avais peur à ce niveau quand arriverait la scène tant attendue de la découverte de la planète blanche, mais ironiquement, le plan de planète est là parfaitement réussie (vue d’une planète forcément en hauteur avec ses canaux comme un mélange de Mars et de Manhattan).

Ce qui est raté en revanche, c’est le contrechamp de la réaction de l’équipage. Dernier aspect qui ne marche pas du tout, celui du film d’équipage justement : dans Alien, Scott et ses copains se recentrent au milieu du film sur Replay, pas seulement faute de mieux, mais bien parce que l’idée géniale de Alien comparée à celui-ci, c’était le principe de film à élimination, donc forcément, on se recentre sur les survivants, et difficile de s’identifier à un équipage dans son ensemble (le thème de la communauté chère à nos amis cocos ne décidément pas le poids face au thème de l’individualisme ; l’héroïsme des foules, personne ne peut y croire). Ici, les deux hurluberlus partis explorés le vaisseau inconnu sont morts, et les deux autres sortis pendant une attaque de l’étoile noire seront gerris par les aliens gentils ; pas le meilleur moyen pour faire grimper l’intensité, à moins de prendre ça pour une grande purge et de se demander, avec beaucoup d’imagination quand on n’a jamais vécu dans un régime totalitaire, si le prochain sur la liste, ce n’est pas justement nous. L’incommunicabilité des peurs, ou simplement des cultures. Aussi.

Stalker, Andreï Tarkovski (1979)

Stalker

Stalker

Année : 1979

Réalisation :

Andreï Tarkovski

7/10 IMDb
 ✓Cent ans de cinéma Télérama

Revu le : 11 juillet2017

+2 pour la mise en scène à la revoyure.

La quête me laisse toujours aussi froid. Ça paraît trop évident que tout ça mène nulle part, et les pseudos interrogations philostropiques qui arrivent en particulier en bout de chaîne sonnent bien creuses.

Le design post-éboulis dans la gare de fret de Pétaouchnok est toujours aussi moche, je ne m’y ferai jamais.

C’est aussi très, trop, bavard. Des séquences trop longues ou statiques (c’est une habitude chez Tarkovski, mais quand on n’est pas capté par les images, on reste très vite sur le quai et on s’ennuie). Pas de montage, fini les jeux de ralentis ou d’effets que le cinéaste a renié (Cf. Le Temps scellé[1]). Tarkovski qui se fait dévorer par Bresson en quelque sorte, et sa volonté de le rejoindre dans une ascèse minimaliste (jamais bon quand on est un génie de chercher à en copier un autre surtout dans sa plus mauvaise période).

Direction d’acteurs et acteurs exceptionnels cela dit. Manque la présence de personnages féminins tout le long du trajet. Je serais bien resté avec Ouistiti et sa mère à tordre des cuillères et à foutre du lait partout.

Ah, et on dit donc “stallequeur” et non “staukeur”. Le terme est anglophone, mais il est prononcé par des Russes, à la russe. Veri importanchko.


[1] notes et commentaires sur Le Temps scellé : 1, 2, 3

 

Alien, Ridley Scott (1979)

Revoyure

Alienalien-le-8eme-passager-ridley-scott-1979Année : 1979

Réalisation :

Ridley Scott

Avec :

Sigourney Weaver
Tom Skerritt
John Hurt
Yaphet Kotto
Harry Dean Stanton
Ian Holm
Veronica Cartwright

10/10 IMDb iCM

Listes :

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Notes pour un septième voyage.

Toujours sympathique les relectures de chefs-d’œuvre, surtout sur grand écran. Amusant aussi de voir qu’à la Cinémathèque on tient tant à parler d’interprétation à travers le biais de la psychanalyse. Ne peut-on pas parler d’interprétation, de symboles, de références, sans ramener ça systématiquement à une escroquerie vieille d’un siècle ? Toutes les interprétations sont possibles, il n’existe aucune science pour en légitimer une plus qu’une autre. La mienne, j’essaie de la faire à travers un autre prisme : je préfère essayer de comprendre la force, la justesse, la puissance évocatrice de ce film, de ce qu’il éveille en une grande majorité de spectateurs, grâce à des mythes plus anciens, à des thèmes qui pourraient avoir tout de… psychanalytiques mais qui ne le sont pas.

Bref. Quelle (nouvelle) lecture après cet énième visionnage ? Eh bien, comme l’impression que Alien, c’est le mythe d’une petite fille défiant la volonté toute puissante de ses parents souverains. C’est une petite fille refusant l’ambition surhumaine de cette même autorité. Après la « mort de Dieu », et son absence dans le grand cosmos, que reste-t-il aux souverains cherchant à établir une lignée d’hommes en perpétuelle recherche de la mutation nouvelle qui leur assurera la « vie » éternelle, et maintiendra l’espèce entière au sommet de la constellation des vivants ? Eh bien, l’expérimentation médicale, génétique, voire eugénique. On en est encore à rabâcher le premier mythe de la science-fiction, Frankenstein. Mais ce n’est pas la mariée de Frankenstein, à laquelle on a affaire ici, c’est sa fille. Et si ce n’est pas le Minotaure, c’est Ariane qui finit par tirer son épingle du jeu.

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Qui est Maman du Nostromo ? C’est la femme du pharaon, la grande prêtresse, chargée de faire appliquer les désirs de son défunt mari. Le Nostromo, c’est la pyramide (ou le labyrinthe) dans lequel le souverain une fois mort veut voir ses parents (femme, concubines, fils et filles) réunis pour une dernière procession en son honneur, un sacrifice, une opération, une mutation, une copulation, une alliance (comme celle ayant fait naître le Minotaure) censés à la fois lui permettre de gagner la vie éternelle via la « recherche militaire » et l’établissement d’un sanctuaire inviolable, mais aussi assurer la survie de l’espèce, mutée, grâce à l’apport de cet agent… étranger. L’alien. L’idée ici, c’est comme dans tous les sacrifices, de faire en sorte que les parents ignorent tout de desseins du souverain. Seuls la grande prêtresse (Maman) et un prêtre serviteur (Ash) sont au courant pour mettre en œuvre cette union sacrée capable d’engendrer un monstre, puis le sacrifice des frères et sœurs ayant eux-mêmes, dans une sorte d’inceste si familier des souverains antiques, donné naissance à cette créature d’un nouveau genre, à la fois alien et humaine, donc, demi-dieu, donc légitime à régner encore parmi les hommes.

Ripley, c’est donc Ariane et Thésée à la fois. Mais aussi un peu Alice qui découvre le monde souterrain des adultes dans le terrier. Son but est de s’échapper de la pyramide où doit s’opérer la mutation, une fois qu’elle aura compris son rôle dans cette machination. L’un après l’autre, l’agent étranger est uni à ses frères et sœurs, elle sera la dernière. Mais Ariane se rebelle (les mythes ne sont jamais allés que contre l’ordre établi). Et tandis que tous les autres échouent, elle parvient à se démêler des entrailles de la pyramide et immole dans le feu le fruit monstrueux des ambitions de son père. Ripley, c’est l’homme, ou la femme, qui se reproduit à l’identique. Sans mutation. Une reine, mais une reine humaine, à hauteur d’homme. C’est nous. C’est aussi, comme dans toute bonne histoire, le retour à la normale, mais non pas un retour à la tyrannie d’une seule volonté, le retour à une forme d’état apaisé, loin des forces gravitationnelles, coercitives, de la société. Ripley, c’est encore la révolution contre l’oppresseur et le diktat d’un seul homme. Ni dieu, ni père. Ripley, toujours, c’est nous. L’humanité au temps présent, héritière d’une longue lignée de survivants après des millions d’années d’évolution. C’est celle qui n’a pas encore enclenché, ou forcé, la prochaine mutation. L’humanité à un temps t, l’humanité en mode pause et qui se révolte encore face aux mutations inutiles. Ripley, c’est encore, Alice, la princesse fourmi encore vierge ayant réussi à s’échapper du terrier et s’envolant pour fonder une nouvelle colonisation… à moins de retourner chez elle, portant en elle l’échec de sa mutation, ayant refusé le mariage, une grossesse non désirée sinon par « l’autorité souveraine »… Rattrapée par la société de son père, offerte à nouveau à son emprise, le vol de la révolution ne dure toujours qu’un temps. L’appel à la mutation est toujours plus fort, car cette force souveraine, c’est celle de notre survie. L’alien, c’est d’abord cet adulte, ces parents, qui volent à l’enfant son innocence en lui privant de sa condition d’individu, pour lui rappeler à ses obligations dans la grande lignée des vivants et des souverains : vivre, c’est s’accoupler avec l’étranger, pour mettre au monde des monstres. La jeune reine peut s’effaroucher, mais si à la fin du premier acte, elle fait la nique à cet étranger qui voulait l’engrosser d’un monstre, elle y passera pour de bon à la fin de la prochaine bobine.

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Fini les interpénétrations.

Petite subtilité de mise en scène découverte lors de cette révision. Ridley Scott nous annonce à un moment qui des 7 passagers survivra. Quand les trois explorent le vaisseau spatial extraterrestre émettant ses signaux d’avertissement, la séquence se termine par un gros plan du pilote fossilisé. On ne distingue pas grand-chose delui, mais par un léger fondu, le montage suggère que Ripley se trouvera à son tour dans cette position, puisque le plan suivant, c’est elle, qui apparaît, pratiquement dans la même configuration. Et en effet, le film se terminera sur un gros plan tout à fait identique… Subtile le Ridley. (Quand a-t-il cessé de l’être ?)

Dernière remarque concernant l’emploi du suspense. Plus qu’un film d’horreur, c’est sans doute plus un thriller usant parfaitement des codes du suspense, au sens presque littéral. On sait que Hitchcock opposait les séquences tournées vers un principe de suspense et celles vers un principe de surprise. L’un des avantages du suspense, c’est qu’il permet de revivre (Replay) le même plaisir à chacun des nouveaux visionnages. Les surprises, les twists, ne marchent qu’une fois, et paradoxalement, si on y prend un plaisir lors d’un second personnage, c’est bien parce qu’on connaîtra ce qui suit et au lieu d’être surpris, on sera tendu dans l’attente de ce qu’on sait déjà de ce qui vient. Le suspense permet d’instaurer une ambiance tendue tout en connaissant la suite. La plupart des scènes du film joue sur cette attente. À une exception peut-être : quand Ripley amorce la destruction du vaisseau, qu’elle revient vers la navette et y rencontre la bête, c’est une surprise. Même si, c’est une rencontre forcément attendue, quand Ripley décide de rebrousser chemin pour annuler le processus de destruction, c’est un retour en arrière jamais très bon dans une histoire. Alors que ça devrait être une période de tension maximale, à la revoyure, la séquence perd de son intérêt parce qu’on sait la première fois qu’elle y rencontrera la bête et retournera à la passerelle de commandement. Au contraire, par exemple dans la scène du repas, à la première vision, on pourrait être surpris bien sûr, mais en fait toute la séquence joue sur le même principe de suspense : la tension est redescendue, il ne se passe rien, et ce calme suspect doit éveiller une tension chez le spectateur qui comprend à ce moment que quelque chose va se passer, sinon la séquence n’aurait aucun intérêt. La surprise de la « naissance thoracique » n’est alors que l’achèvement de ce qu’on sait déjà, et il faut même noter le côté amusant de la séquence lors d’un nouveau visionnage, parce que la sidération des personnages à ce moment n’est plus le nôtre, on adopte presque à cet instant le point de vue du monstre, et on rit avec lui quand il glisse sur la table et s’enfuit. Il n’y a pas, ou plus, de surprise ; on jouit d’un plaisir sadique, enfantin même, comme quand une de nos blagues stupides a réussi son coup (boule puante, bombe à eau, coussin péteur…). Dans l’autre scène clé du film, le viol raté de la fin, on a encore affaire à une fausse « surprise ». À nouveau, si on s’éternise, c’est bien qu’il va se passer quelque chose, et on se doute d’autant plus qu’il se passera quelque chose, qu’on ne peut pas, nous spectateurs, nous enfuir ainsi sans avoir vu l’alien mourir dans l’explosion du Nostromo. On voit d’ailleurs la créature avant Ripley, et sa présence n’est une surprise que pour elle ; à nouveau, on prend ses distances avec le point de vue de la victime, et on gagne un peu à nous identifier à l’alien. Notre plaisir de spectateur est toujours un plaisir sadique, pas du tout lié à un enchaînement d’événements et de situations (donc à leur surprise relative) ; rarement, sinon dans des films d’horreur (et même dans Frankenstein — rappelons-nous de la scène avec la gamine et de la créature au bord de l’eau), on verra un film proposer de se mettre à la place d’un tel monstre (et dans les films suivant l’alien redevient un monstre à abattre). Le suspense marche à plein parce qu’on a aucun doute que dans ce duel final, la femme finira par l’emporter sur le monstre, mais si la situation marche autant, c’est bien que finalement on arrive à s’identifier un peu à un monstre sur lequel on sait finalement peu de choses. Ridley Scott évite ainsi une séquence d’action superflus et se concentre toujours sur la tension, l’attente et la peur de ce qui vient, l’idée de tâtonnement, d’embuscage. On comprend dès qu’elle enfile la combinaison que sa volonté est de le jeter dans le vide, toujours, aucune surprise, aucune lutte, ou improvisation. À la revoyure, c’est bon comme pour la première fois.


À lire : Ridley Scott est-il un auteur ?

Vu le : 9 mars 1995 (A) + 6 autres fois

Revu le 28 septembre 2016 (tek)

Rollerball, Norman Jewison (1975)

Roulé-boulé de la mort

Rollerball

Note : 3 sur 5.

Année : 1975

Réalisation : Norman Jewison

Avec : James Caan, John Houseman, Maud Adams

Assez abscons tout de même. Je m’attendais à un pur divertissement et en fait le film semble déjà critiquer ce qui viendra par la suite : la prise de pouvoir des organisations sur le monde, pas seulement sportive. Remplaçant ainsi les États. Le sport comme opium du peuple, comme moyen de contrôler les masses. « Le confort, c’est la liberté » clame un des personnages. À mon avis, ça rejoint Orwell et toutes ces mises en garde de la S.F quant à l’aliénation de nos esprits. C’est clairement une lutte de l’individu face au système. Le système, c’est le mal. Le système contrôle nos esprits, etc. Il y a du vrai dans tout ça, sauf que le personnage de James Caan fait partie du système. C’est bien le système qui lui a permis de devenir une star. L’organisation crée un sport, et elle refuserait qu’il y ait des héros ?! ça n’a pas beaucoup de sens. On voit clairement le lien entre les jeux antiques, les gladiateurs. Je vois mal James Caan en Spartacus. Il se révolte parce qu’on veut le mettre à la retraite… Donc, il accepte le système, il en est la star. Vraiment bancal comme raisonnement.

Ce qui est curieux, c’est que peu après à cette époque, Stern prend le contrôle de la NBA et c’est Jordan qui arrivera un peu plus tard, monopolisant tout autant l’attention du public que le personnage de Caan pour son sport. Ça pourrait être une dénonciation du profit, de la course au spectacle (les matchs de rollerball existent aujourd’hui, un comble… dénonce des pratiques, à la Scarface, et tu auras toujours la plupart des gens qui comprendront de travers le film, d’où l’intérêt d’être clair…). C’est un hymne à l’idéalisme, une critique d’une certaine forme de technocratie tout juste bonne à restreindre les libertés individuelles autant dire le communisme (très mentalité us ça où au contraire de chez nous on veut toujours moins d’état, ce qu’ils auront dans les 80’s avec Bush), et en même temps une critique de la violence… J’avoue que ça veut pas trop dire grand-chose.

Il faut aussi souligner l’ennui du film. Les scènes de jeu sont répétitives, mais heureusement pas si présentes que ça dans le film. Il y a une volonté à la Orwell de présenter une société aseptisée où pas un esprit rebelle ne doit dépasser. Pour éviter que ça dépasse d’ailleurs on tue toute forme de culture, on détruit les livres d’histoire… Ça fout bien les jetons et c’est super froid, mais ça crée l’ennui aussi parce que c’est loin d’être un monde sympathique. Le personnage mène entre les scènes de rollerball une espèce d’enquête pour essayer de comprendre comment fonctionne l’organisation. Le problème, c’est que c’est juste survolé. On a aussi pas mal de scènes de bavardage éthérées, affalés dans des divans, à se demander ce qu’est le monde… Aucune psychologie, forcément, le but est de décrire des personnages sans âme… Autant voir THX de Lucas.

Moi qui m’attendais à un film d’action… C’est un peu comme voir Arnold Schwarzenegger philosopher dans Conan. On a un peu du mal à y croire, et surtout on n’est pas loin d’avoir une morale aussi fumante qu’une citation de Jean-Claude Van Damme.


Rollerball, Norman Jewison 1975 | Algonquin


Listes :

 

Liens externes :


Je t’aime, je t’aime, Alain Resnais (1968)

Cat Soup

Je t’aime, je t’aimeAnnée : 1968

Réalisation :

Alain Resnais

6/10  IMDb

Vu en septembre 2008

Un exercice de style comme les aime Resnais. Un de plus.

C’est moins réussi que d’habitude. Trop formel. Il faut savoir piocher dans ce qui nous est proposé. Le film est un peu comme une boite de chocolat. On choisit, on aime ou on aime pas. Les différentes saynètes sont de valeur très inégale. Et dommage que l’introduction, obligatoire pour comprendre le contexte, n’apporte finalement rien à ce qui va suivre.

Quelques répliques, des situations absurdes, en chocolat :
— il y a une quantité de choses qu’on apprend pas dans les livres. (Ah)
— la résolution de la question du qui sommes nous et pourquoi : et si Dieu avait créé le chat à son image et que quelques millénaires après il aurait crée l’homme dans le seul but de servir le chat. (Ahah)
— Claude Rich à son chat : « ah, tu es réveillé toi ? tu veux pas aller au bureau à ma place ? »
— la leppre d’excute à un plient écride en charatia et que pourbant on cromtrend partaitement… (surréaliste)
— le guide Michelin des cimetières (ça c’est une idée)
— la scène du crayon (on croirait du Cocteau, surréaliste)
— le type qui tue sa copine parce qu’elle sourit pendant son sommeil et qu’elle est malheureuse dans la journée — jaloux d’un rêve presque…
— « quand je fais l’amour avec des filles c’est comme si je restais happé par toi » « c’est tout de même désolant que tu vois d’autres filles » « peut-être mais je ne pourrais pas savoir ce que je viens de te dire »
— « je suis toujours ponctuel dans mes retards » « tu devrais écrire une encyclopédie des excuses pour ne pas aller travailler »

Bref, on y retrouve la déconstruction du récit et de l’histoire du Nouveau Roman, la même attention portée aux mots.

Il y a un peu de la Jetée dans l’histoire (le film de Chris Marker a un but et n’est pas un simple exercice de style) ou la folie de Eternal sunshine of the spotless mind.

Silent Running, Douglas Trumbull (1972)

Silent Running

Silent Running Année : 1972

Réalisation :

Douglas Trumbull

5/10  IMDb

Trumbull est surtout réputé pour être un grand maître des effets spéciaux (souvent spatiaux). 2001, c’est lui, Blade Runner, c’est lui… J’avais plutôt bien aimé Brainstorm, mais là ce Silent Running, c’est vraiment pas terrible. Le scénario n’est pas si mal que ça, mais la mise en scène est hasardeuse et les effets spéciaux d’un ridicule affligeant… à croire que les effets de 2001, son à mettre au crédit (unique) de Kubrick et que ceux de Blade Runner aient juste profité des avancées techniques effectuées pour Star Wars par son copain John Dykstra (mais j’en doute aussi parce que Dykstra a lui aussi réalisé un film, avec des effets spéciaux très douteux…).

Le film est sympathiquement écologiste, les deux robots semblent avoir inspirés les droïdes de la Guerre des étoiles… Les idées sont dans l’air stratosphérique.


 

Dark Star, John Carpenter (1974)

Dark Stardark-star-john-carpenter-1974 Année : 1974

Réalisation :

John Carpenter

5/10  IMDb

Quelle belle daube !

Comme quoi, quand on a la possibilité de faire plusieurs films, on peut s’améliorer. Carpenter, c’était pour moi tout de même le réalisateur de l’académisme avec Cinémascope immuable, petite musique d’ambiance angoissante… On comprend que c’est ce qu’il a voulu faire en voyant ce premier film achevé.

La scène avec l’extraterrestre vient vraiment d’une autre planète… à prendre au second degré. L’ironie, c’est qu’elle pourrait avoir influencé la scène dans Alien quand Harry Dean Stanton pourchasse son chat dans la moiteur des couloirs de son vaisseau spatial (Dan O’Bannon a d’ailleurs écrit les deux scénarios)… Même Lucas a piqué un ou deux trucs pour son Star Wars.