Rétrospectives et programme à la Cinémathèque française (1er trimestre de la saison 2023-2024)

Il y aura une rétrospective Jean Cocteau. Ici, La Belle et la Bête.

Le programme de la Cinémathèque française est tombé pour la rentrée. Voyons ce qu’on nous réserve pour ce premier trimestre.

Rétrospective Raoul Walsh

Plus qu’une rétrospective, il conviendrait même de parler d’intégrale… Un moment fort de ce début de saison, mais ce sera principalement sans moi. Il y a encore tellement de cinématographies à explorer, à mettre en lumière, des territoires injustement méconnus (en particulier le cinéma de l’Est et asiatique), et la tek trouve encore moyen d’enfoncer les portes ouvertes. On peut supposer que la rétrospective soit la suite logique des événements déjà lancés au printemps dernier concernant le centenaire de la Warner. Prix de gros sur la Warner. Heureusement que j’ai pratiquement déjà tout exploré chez le maître de « l’action ». Car il se trouve qu’il y a quelque chose comme vingt ans, inspiré sans doute par les pitreries des Académiciens, je m’étais lancé comme défi de suivre la filmographie d’un certain nombre de cinéastes en partant de la fin d’une liste alphabétique. J’en étais donc vite arrivé à « Walsh ». Beaucoup de mes commentaires pas bien finauds de l’époque sont partagés d’ailleurs sur le site. Pour Minnelli, je n’avais été revoir qu’un film ; ici, j’imagine que je ferais l’impasse sur les révisions. Je me contenterai, et c’est déjà pas si mal, de deux ou trois raretés :

Un des chefs-d’œuvre muet du cinéaste Faiblesse humaine, situé en bonne place dans les Indispensables du cinéma 1928. L’occasion de voir Gloria Swanson. Probablement The Man I Love, l’occasion cette fois de voir Ida Lupino dans (quoi d’autre ?) un film noir (le film est projeté en même temps qu’une autre séance et est suivi d’une discussion avec une critique, c’est mal engagé). On verra s’il ne me reste pas plutôt de la place pour voir comment se dépatouille Walsh dans… une screwball comedy, Empreintes digitales : Cary Grant et des bijoux, tiens, tiens (et Joan Bennett). Et puis, un dernier muet à la longueur rebutante, Au service de la gloire. (Il y a une discussion après Annie du Klondike, ça devrait valoir le détour d’entendre parler de Mae West qui ne bénéficie probablement pas aujourd’hui de toute l’attention qu’elle mérite — notamment de la part des féministes —, mais on ne peut pas tout voir…)

Cinéma et mode

Pas très emballé. La Cinémathèque nous a déjà gratifié ces dernières années d’un certain nombre de films français du milieu du XXe siècle habillés par Christian Dior. Y a dû avoir que moi qui l’ai remarqué. Les rétrospectives cachées de la Cinémathèque… Bref, je verrai si j’ai des ouvertures pour Phantom Thread et Last Night in Soho. Toujours important de se mettre à la page sur des films récents…

Rétrospective Víctor Erice

Pas un grand fan de son cinéma, mais je n’ai vu que les deux ou trois principaux. Le Songe de la lumière est à voir en priorité.

Avant-première Jean-Luc Godard

Film annonce du film qui n’existera jamais : « Drôles de Guerres » Why not. 20 minutes posthumes pour dire adieu suivies de 60 minutes documentaires.

Hommage à Jerry Schatzberg

En sa présence (et qui arrive à réveiller pour l’occasion les mardis de la Cinémathèque). Je me laisserai bien tenter par du glauque en perspective avec Portrait d’une enfant déchue.

L’autre Prévert

Pierre donc. Verrai sans doute L’affaire est dans le sac, une référence chez les historiens français du cinéma à ce qui se murmure dans mes cartons (Jacques Lourcelles et cité dans mon Cent ans du cinéma Télérama : leur Top 10 films français des années 30).

Rétrospective Catherine Breillat

La Cinémathèque continue de mettre à l’honneur les femmes cinéastes après les attaques grossières des féministes (sic) suite à la rétrospective Polanski et celle de Brisseau annulée. Deux jours avant, la tek propose un autre premier film, celui de Yolande Zauberman, dans la cave, alors qu’on projettera l’avant-première du nouveau film de Breillat. Télescopage étrange, en tout cas, on pourra à nouveau soupirer quand des intégristes s’insurgeront du manque de diversité à la Cinémathèque au prochain connard bénéficiant des honneurs d’une rétrospective. Qu’elles regardent un peu mieux le programme. La diversité, ce n’est pas à ce niveau que ça pose problème. D’ailleurs, la tek avait mis à l’honneur Kira Mouratova il y a quelques mois (avant la guerre), il y aurait encore sans doute pas mal de femmes cinéastes de l’ère soviétique à éplucher. D’une pierre deux coups.

Et pour en revenir à Breillat, j’en ai vu deux. Une catastrophe. Son premier est à voir, Une vraie jeune fille. Pour le reste, je ne peux que me fier aux notes ou aux prix parce que je n’irai pas y jouer ma peau d’explorateur : Brève Traversée et À ma sœur ont l’air d’être les plus intéressants (je ferai l’impasse sur Romance par exemple qui avait causé quelques remous à l’époque façon Show Girl — je laisse les spécialistes du révisionnisme se laisser tenter, avec trois films supplémentaires, j’en aurais sans doute suffisamment fait le tour).

Rétrospective Cédric Kahn

Fait partie des cinéastes lancés à la fin des années 90 par une série de téléfilms Arte ayant fait date (Tous les garçons et les filles de leur âge). Pas le plus en vue des cinéastes de la « nouvelle qualité française » : après L’Ennui, j’avoue qu’il est un peu sorti des radars. Pas très emballé de prime abord, mais on fera peut-être un effort pour Trop de bonheur qui conditionnera mon intérêt pour la suite (le reste est loin de faire envie).

Rétrospective Pascal Thomas

Dans ce que j’appelle la « nouvelle qualité française », il y a deux époques. Celle qui s’est constituée à la fin des années 90, notamment autour de Desplechin et à travers le parrainage d’Arte, et celle constituée autour de Truffaut ou de son style au cours des deux ou trois décennies précédentes. Même saveur, même eau tiède, même fémisisme (de la Fémis), même adoubement cahieriste (des Cahiers du cinéma). La nouvelle qualité française, c’est un peu la littérature blanche appliquée au cinéma hexagonal : on attend d’un film qu’il ait des qualités littéraires… au cinéma (et le génie, c’est encore d’arriver à vendre ça chez les copains avec qui ils font des entretiens — gagnant-gagnant). Pascal Thomas appartient à cette première « vague ».

Il n’est pas rare de voir des talents ou des films qui sortent de l’ordinaire dans un lot de cartes perdantes. On produit beaucoup, et quand on produit beaucoup (des petits drames de gens sans histoire, le plus souvent — à opposer aux grands drames disparus qui par ses outrances, et ses écarts vers d’autres genres, pouvaient se rapprocher du mélodrame), il n’est pas rare de voir des miracles se produire. Pascal Thomas ne m’a jamais attiré, peut-être justement parce qu’il flirte volontiers avec la comédie. La comédie des beaux quartiers, de plages ou des genoux de Claire. Beaucoup de cinéma français dans ce trimestre à la Cinémathèque, niveau exploration, on fait mieux. « Pour soigner votre réputation, soignez vos relations domestiques : honorez ceux susceptibles de vous honorer à leur tour. » Moi, j’honore personne, je me moque de ma réputation. Et je ne me laisserai pas la chance de croire en Thomas en voyant ses films sans concessions. Na. Je vais voir du Kahn, du Breillat, les mecs, je fais ma part. Changez de disque un peu.

Rétrospective David Fincher

Sérieux. Bon, j’adore beaucoup de films de Fincher, mais est-ce que c’était nécessaire ? Besoin de faire des coups, toujours, puisque la tek proposera l’avant-première de son nouveau film suivi d’une discussion avec la mafia des lieux (les abonnés). Je reverrai bien Alien3 sur grande écran, mais bon sang, entre rétrospectives françaises et cinéma américain, il reste quoi ? (Eh ben, pas d’Alien. Soit véto de Fincher, soit conflit avec distributeur. Plouf.)

Rétrospective Agnès Varda

Mais ? Il y a eu une rétrospective Agnès Varda en 2019 ! Elle radote la Cinémathèque ? Merci Agnès, je t’aime. On se revoit dans trente ans ou là-bas.

(Rétrospective du cinéma mexicain… Ah, ah, là, on tient enfin quelque chose d’intéressant !)… 13 trésors du cinéma… fantastique mexicain

OK. On va s’en satisfaire, hein. On sent l’influence raugerienne (de JF Rauger). Je déteste l’horreur, mais j’ai besoin d’entendre autre chose que du français et de l’anglais dans les films. J’ai les crocs. Je veux du sang. N’y connaissant rien, je me fis… aux notes. Vais essayer d’en voir bien la moitié. Deux ou trois bien prometteurs, cela dit. Même à travers le prisme de l’horreur, ce cinéma mexicain semble décidément cacher bien des surprises.

Rétrospective Kim Jee-woon

Beaucoup d’avant-première, en ce premier trimestre, dites-moi… On essaiera d’en glaner une (de place) pour cette fois (le film parle du cinéma coréen des années 60). Pour le reste, je n’ai jamais été un grand fan des films du bonhomme (plutôt Deux Sœurs que J’ai rencontré le diable). J’espère donc y trouver de quoi amender mon jugement, et ça se fera à coup sûr bien plus en explorant un ou deux de ses premiers films (il semble avoir glissé comme bien d’autres vers les mégaproductions indigestes).

Rétrospective Jerry Lewis

Probablement un peu daté le Lewis. « Jerry » se prononce « j’ai ri », pas « je ris ». (Applaudissement pour les artistes, s’il vous plaît.) J’en ai vu très peu, sait-on jamais. Les deux ou trois plus connus me tendent les bras. Les ricains vont pouvoir encore répéter pendant les vingt prochaines années que les Français sont un peu zinzins : la preuve, ils adorent Jerry Lewis. (Les Cahiers, oui.)

Rétrospective Jean Cocteau

Hum, le seul documentaire qui m’intéressait est projeté avec une de ses pitreries mythologico-expérimentales. Sans moi. Côté Cocteau scénariste : L’amore, « de » Rossellini et avec Anna Magnani fera l’affaire. Il y avait un film espagnol avec Vittorio Gassman pour le moins intriguant, mais il passe en même temps qu’un chef-d’œuvre de… Jerry Lewis. Je me consolerai avec Ruy Blas et la Darrieux.

7eme saison d’American Fringe

Deux documentaires probables à voir : Black Barbie et Bad Axe.

Les classiques de D.W. Griffith

Les Chagrins de Satan (pour voir Adolphe Menjou jeune). Et ce sera tout pour moi. Il en reste un dernier qui m’intéresse, pas forcément un classique : penser à le regarder chez ma voisine en streaming. (Streaming et Griffith sont des mots qui vont très bien ensemble. Très bien ensemble.)

En vrac

Séance gratuite le 18 septembre à la cave de l’excellent La Maternelle de Jean Benoit-Lévy et de Marie Epstein. Je crois qu’on peut remplir les toilettes hommes de la Cinémathèque avec tous mes lecteurs, alors la salle Epstein… ne vous y ruez pas trop nombreux. (Il y a un programmateur qui doit follement aimer le film : il est globalement projeté tous les deux ans.)

Séance spéciale : introduction d’un procédé sonore inventé pour Tremblement de terre. Ça tombe bien, j’ai vu le film quand j’étais môme, et je voulais le revoir.

Avant-première : Wim Wenders. Ah.

Coups d’un soir : Beyond the Valley of the Dolls, Russ Meyer. J’ai souvent priorisé les bons films durant ma (déjà) longue carrière de cinéphile boiteux. On fera une exception pour cette fois.


Je te dis que (je n’irai pas revoir) J’ai rencontré le diable, Kim Jee-woon-2010-softbank-ventures-showbox-mediaplex-peppermint-company

J’ai rencontré le diable, Kim Jee-woon (2010)

Antipathy for Mr. Vengeance

Note : 1.5 sur 5.

J’ai rencontré le diable

Titre original : Ang-ma-reul bo-at-da

Année : 2010

Réalisation : Kim Jee-woon

Avec : Lee Byung-hun, Choi Min-sik, Jeon Gook-hwan

Ce n’est toujours pas ce film qui me réconciliera avec les outrances des films coréens…

Le cinéma n’a pas à être moral, soit. En revanche, le spectateur (en tout cas, c’est mon cas) doit pouvoir se raccrocher à un personnage. Ce n’est d’ailleurs pas forcément une question d’identification parce que je suppose qu’on peut imaginer, dans une telle œuvre, une opposition sadique, criminelle, entre deux monstres. En particulier dans le thriller ou dans l’horreur (ce que le film n’est pas tout à fait au-delà des aspects gores du film), une partie du plaisir du spectateur tient dans son dégoût du monstre décrit. On dit alors qu’on aime détester le méchant…

Le problème dans J’ai rencontré le diable, ce n’est pas le traitement du criminel, sadique comme il faut, mais bien celui du mari victime, membre des renseignements, et qui décide de se faire justice lui-même.

À ce stade, tout va bien ou presque, on sent d’ailleurs dans le scénario cette ambition de mettre en relief l’absurdité de la situation et même de l’aspect illusoire, voire macabre, de cette vengeance, parce qu’elle engendre une multitude de victimes supplémentaires. Non, le problème tient surtout dans la volonté du metteur en scène ou de l’acteur de sauver ce nouveau monstre né à l’occasion de sa vengeance. La conséquence revendiquée de ce choix ? Nous le rendre inhumain.

Le cinéma n’a rien de moral. En revanche, quand on essaye de faire d’un monstre un saint, une sorte d’homme idéal, d’icône de réussite à la coréenne, et que cette réussite passe par la vengeance, en tant que spectateur, cela questionne… Que la situation tragique du film permette à un monstre nouveau de se dévoiler, c’est un jeu admissible, mais qu’on fasse de ce monstre un homme parfait, sensible, droit, là, oui ça pose problème, parce qu’il y a un manque d’adéquation entre les actions du personnage et la manière dont on le présente.

Et au mieux, il y a inadéquation entre les volontés affichées du scénariste et la traduction qu’en fait le réalisateur (une discordance qui ne doit pas être si rare dans le fonctionnement du cinéma coréen ; à une autre époque, on avait connu le même type de désagréments quand les scénarios de Quentin Tarantino étaient mis en scène par d’autres : cf. Tueurs nés ou True Romance). Kim Jee-woon étant crédité d’une « adaptation », on pourrait aller jusqu’à dire qu’il serait doublement coupable, puisqu’il avait tous les éléments en main pour éviter ces impardonnables fautes de goût.

C’est même criant à la toute fin du film qui voit ce mari, après avoir agi froidement et par préméditation comme un véritable monstre, fondre en larmes… Qu’est-ce que c’est sinon une volonté du réalisateur de proposer une réhabilitation ou une justification des actes criminels du personnage ? Il n’est pas interdit pour autant de montrer un criminel pleurer. En revanche, il faut adopter avec lui une certaine distance et s’assurer que la fonction (policier), le statut (victime) ou le passé du personnage ne justifient et ne légitiment pas ses crimes. Peut-être plus qu’une question de morale, c’est une question de mesure, de ton et de distance. Ce qu’il y a de plus difficile à trouver au cinéma. En particulier dans les films dits de genre.

Le pire dans cette histoire, c’est que les répliques les plus sensées du film sortent de la bouche du principal criminel… C’est pour le moins confusionnant.

Au-delà de ça, jolie mise en scène, et bonne interprétation, là, de l’acteur qui incarne le tueur en série : la mise à distance nécessaire dans ce genre de films avec un monstre est bien là, alors qu’avec le mari, on est à fond dans le premier degré problématique.

Il y a bien longtemps, Kim Jee-woon avait su mieux me séduire avec ses 2 Sœurs… Aucun souvenir si l’on y retrouvait un même souci moral et d’empathie envers les personnages principaux. Probablement pas. Le fantastique est moins soumis aux écueils moraux des films policiers.


 

J’ai rencontré le diable, Kim Jee-woon 2010 Ang-ma-reul bo-at-da | Softbank Ventures, Showbox-Mediaplex, Peppermint & Company



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2 Sœurs, Kim Jee-Woon (2003)

La cerise-est

2 Sœurs

Janghwa, Hongryeo

Note : 4 sur 5.

Titre original : Janghwa, Hongryeo

Année : 2003

Réalisation : Kim Jee-woon

Il n’y a pas que les Japonais qui aiment les histoires de fantômes. Les Coréens aussi.

Bon, alors je n’ai pas tout compris… C’est un peu dur de remettre toutes les pièces du puzzle dans l’ordre, surtout tard dans la nuit. De toute façon il reste plein de détails incompréhensibles… C’est presque l’éloge de l’absconcitude, un peu comme si en traversant la frontière, le confucianisme était devenu le confusionnisme… Mais c’est bien parfois de ne pas tout comprendre. Un esprit aussi peu futé que le mien peut en tout cas bien s’en satisfaire, de temps en temps. Je peux apprécier quand un cinéaste nous laisse avec toutes les bobines des fils de l’intrigue encore complètement emmêlées et qu’on essaye d’y mettre de l’ordre. On n’est plus spectateur abruti ; le cinéaste nous fait la fête, il part, et c’est à nous de tout ranger. (Sauf chez Nolan où cet art de laisser le soin à l’autre de tout faire est pathologique.)

En dehors du récit, « un peu » incompréhensible, il y a aussi et surtout le talent, voire le génie de ses acteurs. Les trois rôles féminins, sont hallucinants. On voit rarement une telle efficacité dans un film de genre dans la direction d’acteur, l’interprétation. Le détail des jeux de regard qui révèlent les intentions infimes, éphémères des personnages, les attitudes, le rythme…, c’est presque parfait ça ! Une seule scène révèle à elle seule la qualité des actrices du film. Quand la fille comprend qu’elle « joue » le rôle de sa belle-mère dans une sorte de dédoublement presque incestueux de la personnalité, et donc quand la mise en scène doit nous faire transparaître sur la même image cette idée de dualité, de trouble, de la personnalité de la fille, on voit l’actrice qui joue le personnage de la belle-mère, habituellement dans le registre femme austère, autoritaire, digne, suggère ici par son interprétation qu’elle est en « réalité » sa belle-fille… Elle emprunte la même expression de visage que l’actrice qui interprète ce rôle de la gamine. C’est fait de manière subtile pour qu’on ne se dise pas « ah, ouais, là, elle joue la gamine… » : on s’approche de son écran, les yeux grands ouverts et on se pince presque pour être sûr de ce que l’on voit, si on n’est pas fou. L’actrice est excellente, alors qu’elle l’était un peu moins dans la scène du repas où elle doit avoir un fou rire (le genre de truc impossible à jouer).

2 Sœurs, Kim Jee-Woon 2003 | B.O.M. Film Productions Co., Masulpiri Films, iPictures

À noter encore une actrice sublime (toujours la même), avec une voix cristalline, des décors à l’européenne (style classique, mais… neuf, propre, bien rangé), une langue agréable à écouter (très proche du japonais à mon avis, bien plus que du chinois) et une mort stupide comme on peut en voir parfois racontée sur le Net ou ailleurs : la mère se pend dans l’armoire de la chambre de sa fille cadette, cette dernière la découvre et, en tentant de la détacher, fait basculer l’armoire en avant, sur elle donc ; s’ensuit une lente agonie, écrasée par le poids de l’armoire et sans doute en panique de rester enfermée avec sa mère… Faut oser.



Sur La Saveur des goûts amers :

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Listes sur IMDb :

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Liens externes :


Kim Jee-woon

Classement : 

8/10

  • 2 Sœurs (2003)

7/10

6/10

  • A Bittersweet Life (2005) 

5/10

 

4/10

3/10

  • J’ai rencontré le diable (2010)

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