Qui a commencé à dire « le Covid » et pourquoi c’est fautif ?

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Il n’est pas inutile de rappeler pourquoi il y a une guéguerre et comprendre (apparemment) d’où c’est parti. Parce que quand on comprend comment tout a commencé, plus facile de remettre en question l’argument avancé par certains de « l’usage ».

Au tout début de l’épidémie, au mois de janvier, on a parlé un peu partout dans les médias, donc dans la population, du « coronavirus » ou du « nouveau coronavirus ». Puis le 11 février, l’OMS donne un nom au virus ET à la maladie :

La Covid-19 pour la maladie et le SARS-CoV-2 pour le virus.

https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses*

La page a été supprimée depuis, une autre a été créée par la suite (dans sa documentation, l’OMS parle toujours de « la COVID-19 ») :

https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/technical-guidance/naming-the-coronavirus-disease-(covid-2019)-and-the-virus-that-causes-it

Cette information est reprise, semble-t-il par l’AFP, qui, parce que les journalistes ne sont pas connus pour être des experts en sciences (et la pression de l’actualité faisant que les correcteurs ne sont alors peut-être pas consultés quand on a besoin de sortir une info rapidement…) est la première à faire la méprise. Une méprise qui sera reproduite partout.

Je parle bien de méprise. La méprise entre le virus et la maladie provoquée par le virus.

L’OMS était pourtant claire dans son communiqué (et déjà en français). Seulement, pour l’AFP, et pour tous ceux qui suivront et qui ne prendront pas la peine de retourner à la source de l’AFP se contentant de la recopier, si le communiqué de l’OMS est clair, eh ben il pose problème aux vulgaires vulgarisateurs d’informations que sont les agences de presse : Covid-19, la maladie, c’est plus simple à retenir que SARS-CoV-2, le virus. Dilemme, depuis janvier, l’usage (là, oui), il est de parler du virus, celui auquel on se réfère en parlant de « coronavirus » ou alors plus justement de « nouveau coronavirus ». Et puisqu’on parlait jusque-là du virus pourquoi changer ? Méprise volontaire ou non de l’AFP et de ceux qui ont suivi, le fait est qu’on a préféré utiliser le terme de la maladie pour l’employer à la place de celui du virus. Ce n’est donc pas une question d’usage, mais une méprise des médias qui ont interverti les termes pour aller au plus simple. Ces termes ne sont pas tombés du ciel par l’usage populaire, il s’agit de termes définis par des organismes scientifiques selon des règles qui sont propres à la science (c’est le Comité international sur la taxonomie des virus). Il n’y a pas un usage populaire et un autre scientifique : l’usage, ici, doit suivre ce qui est prescrit par ceux qui ont défini les termes. De la même manière qu’il serait fautif de parler aujourd’hui de Pluton comme d’une planète alors que cette désignation lui a été retirée par ceux chargés de nommer les planètes, il est fautif de parler du Covid.

« Le coronavirus » est ainsi devenu « le Covid-19 » en pensant se référer au virus, alors que « Covid-19 » a toujours été la maladie.

Et quand l’Académie française rappelle qu’il faut dire la Covid et non le Covid, elle ne fait que rappeler ce qui avait été décidé quelques semaines plus tôt à l’OMS. L’Académie ne décrète rien du tout. Et l’OMS va encore moins consulter des linguistes ou des académiciens pour savoir quoi dire : c’est elle, l’OMS, qui décide, et elle décide en fonction d’une logique on ne peut plus simple : une maladie, c’est féminin. La tuberculose, la grippe, la variole, etc. Le Sida, par exemple, n’est pas désigné comme une maladie, mais comme un syndrome, et est donc… masculin. Ce n’est pas une question d’usage, mais de grammaire basique, et donc de mauvais usage. Et même s’il était question d’usage, l’usage c’est d’utiliser « la » pour un nom féminin.

Pour finir de s’en convaincre, il suffit de trouver un synonyme à « Covid-19 », si vous dites « le Coronavirus », c’est bien que vous parlez du virus pour ce qui est en fait désigné comme une maladie.

Dès le 11 février, Le Monde reprend la dépêche AFP et reproduit la méprise en parlant de Covid-19 pour le virus :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/11/coronavirus-le-president-chinois-demande-des-mesures-plus-fortes-alors-que-le-bilan-depasse-les-1-000-morts_6029127_3244.html

Joli moment de confusion : « Le virus s’appellera désormais officiellement « Covid-19 », a annoncé mardi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève. Cette dénomination remplace celle de 2019-nCoV, décidée à titre provisoire après l’apparition de la maladie. »


septembre 2020

Ironiquement, quand un compte certifié Twitter les mentionne pour s’expliquer de leur usage du masculin, les correcteurs du Monde répondent :

Je réponds à mon tour en citant la phrase de février où ils font une méprise entre le nom de la maladie et celui du virus. Aucune réponse, mais une tripotée de clics sur mon profil. 68 abonnés certifiés, « danseur sur table », j’ai pas le bon profil pour espérer une réponse.


Mise à jour fin novembre 2021 

Je reviens sur ce que je disais plus haut sur un point : différents usages peuvent cohabiter au sein d’une même langue s’ils appartiennent à un registre, donc un contexte et par conséquent un usage propre. Surtout après deux ans d’usages, et de cohabitation d’usages (en reprenant pour le reste les arguments de l’année dernière).

Ainsi, je réponds à la chaîne YouTube Linguisticae ceci : 

C’est intéressant, mais pour se positionner, il faut savoir de quoi on parle. Est-ce que quand vous parlez de le ou la Covid vous parler du virus ou de la maladie ? Presque toujours, dans l’usage courant, on parle du virus. Donc je veux bien que les linguistes parlent du Covid parce que dans le langage populaire, il s’agit du virus. En revanche, dans la communauté scientifique, on parle plus de la maladie Covid. Qu’on soit donc dans une communauté ou une autre, on ne parle pas de la même chose. Pour parler du virus, on parle de Covid, chez les scientifiques, pour parler du virus, on parle du Sars-cov2.

Définir, ça aide, faire un peu d’étymologie, ça éclaire souvent pas mal aussi : le terme « la Covid » précède celui de « le Covid » (même s’ils sont “nés” le même jour). Pourquoi ? Parce que, qu’est-ce que c’est “Covid” ? C’est un terme définit par des scientifiques pour remplacer les termes populaires existants (souvent des syntagmes péjoratifs ou imprécis, ici c’était « le virus chinois », le “coronavirus”). C’est donc un terme définit par la communauté scientifique au sein de l’OMS. C’est ainsi que ça se passe, c’est un collège d’experts qui se charge comme dans nombre de sciences de définir les choses. Par exemple, si vous voulez dire que Pluton est une planète, OK, la majorité comprendra et sera d’accord, mais en l’occurrence, ce n’est ni l’usage ni le nombre qui décide, mais une communauté d’experts. Pour une maladie ou un virus, c’est la même chose (même si on peut accepter différents niveaux de langage, un populaire et un autre scientifique plus précis ou correct), et à l’OMS, on avait donc décidé que ce serait « la Covid » (et j’insiste, avant qu’il y ait débat sur “le” ou “la”, ce sont les experts de l’OMS qui ont parlé de « la Covid »).

Or, c’est une dépêche de l’AFP, reprise immédiatement par tous les journaux et médias, qui a mal lu le communiqué de l’OMS et qui a confondu les deux termes définis que sont « la Covid » et « le Sars-cov2 ». On parlait alors rarement de « la maladie à coronavirus » dans les médias ou ailleurs, on ne parlait presque toujours que du « nouveau coronavirus » ou « coronavirus » ; et pour faire simple, ou par méprise, l’AFP a alors écrit à tort que l’OMS avait fait le choix « du Covid » pour définir le « nouveau coronavirus » (Sars-cov2″ étant probablement plus compliqué).

Maintenant, ce n’est pas la première fois qu’un usage populaire apparaisse à partir d’une erreur. Le plus souvent, c’est le téléphone arabe, il faut attendre des siècles pour que l’usage change. Ici, c’était immédiat. On peut donc dire les deux, mais cela relèverait surtout à la fois de quoi on parle (du virus ou de la maladie) et dans quel contexte et avec qui.


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Pseudo-féminisme et misandrie, un exemple

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Violences de la société

Au rayon du féminisme, il y en a un qui m’exaspère et que j’évoque souvent dans mes billets, c’est le féminisme radical, qu’on peut également appeler pseudo-féminisme parce que ça n’a rien d’une lutte pour la défense des droits des femmes. On peut encore tout simplement parler pour cette dérive de « misandrie » (ces femmes se définiront d’ailleurs volontiers misandres, comme s’il y avait de la gloire à mépriser autrui).

Ce qu’il y a de profondément exaspérant dans ces dérives agressives, c’est qu’elles sont particulièrement visibles sur les réseaux sociaux, voire télégéniques dans les médias, et que ça donne une image du féminisme absolument déplorable, et de ce fait hypothèque une bonne partie de la crédibilité d’un mouvement de lutte qui milite encore pour dénoncer les dernières inégalités dont les femmes sont victimes. C’est un peu comme avoir la peste comme avocat.

Et je ne sais pas si les féministes ont conscience que la violence de certaines qui se présentent comme féministes (mais semblent aussi parfois en être de véritables idéologues suivies puisqu’elles sont celles qui gueulent le plus fort) est telle qu’elle rend impossible tout dialogue, et donc toute avancée. Si le but c’est d’emmerder le monde, c’est réussi, si c’est crier sa douleur, ça peut se comprendre, mais ce n’est pas pour autant que ça changera quelque chose (autant faire des prières au ciel), mais si c’est pour avoir gain de cause, il y a fort à parier que le résultat, ce sera zéro. C’est difficile de comprendre que la haine et la violence, ça ne provoque que haine et violence en retour ? Si le but, c’est de se faire plus violent que les hommes, de changer les inégalités actuelles pour en provoquer d’autres au profit des femmes, je doute que ces messieurs se laissent faire. Et en attendant, à part crier dans le désert et jouer parfaitement le rôle que certains leur donnent, celui d’hystériques, je ne comprends pas bien la manœuvre…

Donc si les féministes ne dénoncent pas ces comportements agressifs, eh ben je vais le faire, à l’ombre de ma condition d’homme privilégié. Quoi de telle que l’élite pour dénoncer les pratiques des gueuses ?… Non, désolé de ne pas obéir à une logique de mâle, ou de groupe auquel j’appartiens (sic), par nature, et auquel je ne me revendique pas en tant qu’individu. Je parle en tant qu’individu soucieux de justice et d’égalité, individu qui se doit de dénoncer des comportements néfastes aux causes auxquelles il croit. Je ne suis pas féministe, m’ayant entendu dire d’ailleurs une fois que ça m’était interdit étant, physiologiquement, un homme (et comme je suis susceptible, quand on m’ostracise d’un groupe, je n’insiste pas), en revanche, je suis égalitariste. Et c’est en tant qu’égalitariste (non en tant qu’« homme ») que je m’exprime. Je n’ai pas le droit ? Eh bien, je le prends, parce qu’en plus d’être égalitariste, je suis un emmerdeur. C’est bien à ça que sert un billet d’humeur (et comme de toute façon, dès qu’on discute, on se fait bloquer sur les réseaux sociaux, c’est encore le meilleur endroit où s’exprimer).

Bref. On va prendre un exemple précis afin d’illustrer l’absurdité, le mépris et la violence que certaines de ces pseudo-féministes peuvent développer. Ça devient une habitude, je suis sur Twitter, le pire endroit sans doute pour discuter : pas assez de place pour mettre de la nuance dans ces messages, on ne sait pas parfois à qui on s’adresse, donc les échanges se passent tout bonnement de politesses, et ça prend rarement des gants quand on pense « tenir un connard » et qu’on veut lui faire la fête avec l’approbation de sa « communauté ».

Le contexte. Un Youtuber fait un fil pas très adroit, c’est le moins qu’on puisse dire, en se livrant à une suite de pseudo-révélations sur les pires choses qu’il a pu faire dans sa vie. Au milieu de tout ce bazar balancé, on le saura, volontairement sans précautions, il y a un message qui fait hurler, et qui m’a valu de pondre mon précédent billet, ironique celui-ci (mais l’ironie n’est pas gratuite sinon, là encore, elle est maladroite est vaine) : le garçon affirme commencer à faire l’amour à sa copine alors qu’elle est encore endormie, y ajoute quelques tournures vulgaires et méprisantes à l’égard des victimes de viol, et finit avec une pirouette pour dire que si c’est un viol, alors c’est sa copine qui le viole une fois sur deux. On peut difficilement bricoler affirmations plus tendancieuses, et visiblement, c’était le but recherché, du moins en partie. Je ne reviens pas sur la question soulevée, cela faisant objet de ce précédent billet, et le sujet m’interpellant quand même, les réactions outrées de certains me faisant parfois ouvrir grand les yeux plus que pour le message original, je me laisse aller dans mes lectures, et de fil en aiguille, je me retrouve où il ne fallait pas : un compte écrivant :

« Quand les féministes disent « les hommes », ça veut dire « le groupe social homme », et non « tous les individus hommes ». On peut avancer maintenant messieurs ? »

Honnêtement, une telle phrase pour moi ça ne veut rien dire, et en plus de ses grands airs savants (pure foutaise, le groupe social homme n’existant pas, mais ça, je capte bien que c’est véhiculé par une idéologie, la même qui a inventé la notion de « patriarcat », dérivant d’un concept lui bien réel de « société patriarcale »), ça prend un ton méprisant qu’on peut comprendre puisque la personne en question se présente comme autiste, et c’est vrai que c’est un ton cassant typique des autistes, mais comprendre ne veut pas dire laisser faire (un autiste a du mal à user de diplomatie, mais avoir du mal ne veut pas dire qu’on doit le laisser s’émanciper des bonnes manières, surtout, pardon, quand on veut convaincre). On pourrait ajouter que si on voulait parler clairement, et ne pas être, pour le coup, inclusif, on peut prendre la peine de nuancer ses syntagmes afin de ne pas inclure « tous les individus hommes » dans le lot. Parce que sinon, ça fait un peu provocation gratuite, histoire de laisser penser, aux hommes, qu’on parle de tous les hommes pour les froisser, pour avoir le plaisir ensuite de s’entendre répondre qu’on n’y inclut pas tous les hommes, et en plus de ça d’y mettre le ton pour bien faire comprendre à ceux qui pourraient se sentir visés, non seulement qu’ils sont stupides, mais que s’ils se trouvaient visés, ce n’était peut-être pas sans raison… L’art de prendre les gens pour des cons. Ce petit plaisir qu’on a à rabaisser l’autre pour bien lui faire sentir combien il est inférieur… Et j’aurais dû me méfier, parce que toutes ses réponses sont comme ça. C’est presque ironique de voir quelqu’un se donner autant de mal pour dénoncer la domination autoritaire des hommes et user soi-même d’une autorité déplacée pour asséner ses vérités et répandre sa haine. D’ailleurs, c’est assez étonnant, elle ne sait pas toujours si ses interlocuteurs sont des hommes ou des femmes, donc, a priori, elle semble juger que ceux qui n’abondent pas dans son sens sont des hommes…

Moi, tout innocent que je suis (enfin pas tout à fait, j’avais déjà lu quelques-unes de ses réponses), et parce que je ne suis pas autiste, j’essaie de me parer de mes jolies sandalettes de diplomate, ça racle quand même un peu, et je rétorque sur son fil de discussion : « Et quand certaines féministes disent « les féministes », ça ne signifie pas « nous, toutes les féministes », mais « le courant féministe auquel j’appartiens » ou « moi, féministe ». On peut avancer maintenant ou est-ce qu’on se dénigre comme vous le faites en commentaires ? »

En ni une ni deux, blocage direct sur le réseau. Mentalité « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». Ah oui, si c’est avec ça que les féministes (toutes) comptent avancer, je peux prendre le pari qu’on est au bout des avancées en matière de lutte contre les inégalités.

Je pleure un peu parce que je suis sensible. Puis je reviens faire un tour quelque temps après sur le fil via un autre navigateur (je suis bloqué, hein), et je vois qu’elle a suspendu son compte (mis en privé je crois). Le lendemain, en faisant quelques recherches, je lis ici ou là des followers prétendant qu’elle s’est fait agresser ou harceler… Je suis à moitié surpris vu l’agressivité qu’elle déploie, elle, à travers ses nombreux tweets, La haine provoque la haine comme disait un vieux professeur… Et il se trouve que pour le coup, il ne faut pas compter sur moi pour chercher à savoir si c’est vrai (il y a quelques tweets désobligeants qu’elle a masqués ou bloqués, mais de là à parler de harcèlement… son fil était devenu viral, les gens réagissent dans les deux sens) ou s’il faut montrer un peu d’empathie à quelqu’un qui manifestement ne veut pas en avoir (l’autisme n’excuse rien, et d’ailleurs, à ce niveau, elle n’a pas encore tort, puisque le manque d’empathie n’est pas en soi immoral). Ce qui est immoral en revanche, c’est insulter et agresser des interlocuteurs (hommes, presque toujours, donc c’est bien précisément des agressions sexistes, misandres). Et ça, elle se permet de le faire en permanence, alors non pas forcément directement face à ses interlocuteurs, mais publiquement (diffamation). Celle qui devient agressive quand elle vient à parler de ces hommes qui parlent de « salopes » quand il est question de certaines femmes et qui insulte donc certains hommes en particulier en les traitant à plusieurs reprises de « connard » (pas sur le fil en question mais sur de nombreux autres tweets). Va expliquer aux hommes que tu exiges la fin des privilèges des hommes (sic) en le traitant de « connards », ce n’est pas gagné.

Je retranscris la suite de tweets qu’elle a écrits parce que ça illustre parfaitement le discours général, agressif, méprisant, haineux de ces pseudo-féministes :

« Si vous ne comprenez toujours pas, il s’agit de la différence fondamentale entre les comportements de groupe et induits par le groupe, et les comportements individuels ».

>(Resterait à prouver que les « hommes » forment un groupe social distinct.) (Faudrait aussi qu’elle arrive à prouver que chacun de ses contradicteurs appartient à ce groupe dit social.)

« Maintenant, si vous êtes calmés* et ouverts à entendre quelque chose de moins agréable : Comme vous faites partie du groupe social “hommes”, vous avez chacun votre part de responsabilité, à degrés divers, dans la misogynie du système. »

*on tend un peu vers un complexe de persécution, mais selon le docteur ce n’est pas encore préoccupant.

>D’accord, donc je résume la pensée : tous les hommes naissent libres et égaux, mais quand tu nais avec une paire de couilles, tu es à la naissance responsable des inégalités dont sont susceptibles d’être victimes celles qui naissent avec un vagin. On est dans le « naissent libres et égaux MAIS ». Par essence, l’homme est coupable. OK, donc tu veux construire une société sur ce principe, à savoir que de toute façon, l’homme doit être tenu responsable des inégalités dont souffrent les femmes… Ce genre de discours qui détruit toute notion de libre arbitre et de liberté, c’est assez dangereux en fait. On mettrait « race » à la place de « groupe social hommes » que ça ferait encore plus tourner de l’œil.

Et puis… même si on n’est pas d’accord avec cette grille de lecture stigmatisante, haineuse et basée sur du flan, admettons qu’on arrive à imposer l’idée que tous les hommes sont des connards, on fait quoi après ? Un tel discours repose sur quels types de revendications ? Quelles solutions ? Non, c’est « je vous prouve que les hommes sont des connards », et puis plus rien. Ce qui est normal, on voit mal comment on pourrait construire un projet de société avec un groupe qu’on désigne intrinsèquement comme persécuteur d’un autre.

La suite :

« C’est pourquoi certaines féministes font le raccourci « all men are trash », parce que même si vous, individuellement n’êtes pas un connard qui viole des femmes, vous êtes bien souvent un peu trop silencieux face à ces violences, »

>Oui, mais de toute façon, à quoi bon qu’il y ait des hommes qui dénoncent les viols puisqu’on arrivera à leur dire qu’ils appartiennent à un groupe social qui reste trop silencieux face à ça… C’est sans issue, quand tu n’es pas coupable, tu es coupable du silence des autres. C’est même pratique au fond, parce qu’à quoi bon que des hommes prennent fait et cause pour les femmes, ou des victimes en particulier (de viol ici), puisqu’ils sont quoi qu’ils fassent déjà coupables ? Si l’homme est par essence soit un violeur soit complice par son silence, et donc si tous les men are trash, à quoi bon faire l’effort de lutter pour ces causes ?!…

« ou bien un peu trop inconscients de comportements misogynes que vous avez ou avez pu avoir. Parce que vous n’êtes pas qu’un individu. Vous êtes un élément d’un groupe. »

>Oui, de quels comportements misogynes on parle ? Là encore, on suggère qu’il y aurait, par nature, des comportements généraux misogynes. D’accord, mais si on ne les identifie pas clairement, comment lutter contre ? Non, rester aussi vague en fait, ça permet… de créer des groupes, qui par leur seule nature sémantique s’opposent. La vue de groupe, c’est très pratique pour ne pas se laisser enquiquiner par la nuance. Et puis je veux bien croire qu’on est tous un élément d’un ou de plusieurs groupes, mais du groupe des hommes… Ben, non. C’est même assez incroyable qu’on puisse d’un côté lutter autant pour masquer l’appartenance à un sexe (sur les cartes d’identité par exemple, est-ce que c’est utile ?), et puis trouver bien pratique de réveiller ces appartenances pour en faire un totem ennemi à abattre (cf. mon billet sur les totems).

« Exemple : Si vous êtes dans une foule, vous pouvez très bien vous dire « moi je veux aller tout droit ». Mais s’il y a un mouvement de foule, vous dévierez avec la foule quoi que vous fassiez, et sans vous en rendre compte. »

>OK…

« Vous pensez peut-être être un « mec bien ». Cependant, vous avez été éduqués à être un homme dans une société où le viol est banalisé (culture du viol), où les hommes sont encouragés à avoir certains comportements de supériorité, etc. Il est impossible que vous en soyez vierge. »

>Ah oui, « impossible » carrément. Si je veux bien croire que des gamins soient éduqués pour valoriser leur virilité, je doute que beaucoup s’identifient pleinement à ça… Et bon sang, quelle tristesse si on était éduqués à devenir des « hommes » (et donc des femmes, ça vaut aussi pour elles, non ?)… On note en tout cas la jolie rhétorique du « on peut être un mec bien mais ».

« Et ce, même si vous avez été élevé par des familles respectueuses des femmes. Votre famille n’est responsable que d’une partie de votre éducation. Il y a aussi l’école, les publicités, les lois, les médias, les groupes sociaux dans lesquels vous évoluez, etc. »

> familles respectueuses des femmes… Il y aurait donc des familles où on serait élevé pour ne pas respecter les femmes ?! Ce délire… Et puis désolé, mais la principale éducation qui forge un individu, c’est soi-même. On décide soi-même de qui on est. Chacun, certes, avec certaines limites imposées par le cadre dans lequel il vit, mais si ce cadre est lâche, je vois mal comment il pourrait être en mesure de contraindre un individu. Dans un pays libre, personne ne décide pour nous. Elle, par exemple, quelqu’un l’a éduquée pour devenir féministe radicale ? Non, c’est le fruit de son parcours personnel, pas celui d’un formatage de la société. À moins qu’il n’y ait que les féministes qui aient ce pouvoir merveilleux de s’émanciper des groupes que la société désigne pour tous ? Ça donne un petit air de Spartacus à toutes ces femmes opprimées appartenant à ce groupe autodésigné comme celui des femmes, groupe dominé par celui des hommes, et auquel quelques femmes éclairées et méritantes, celui des féministes, parviendraient seules à s’émanciper. On gagne sur tous les plans : non seulement, on désigne un groupe comme responsable des inégalités homme femme, mais en plus, puisqu’on est les seules capables de révéler cette nature des choses, cela fait du même coup de nous des esclaves éclairées, des Spartacus. On retrouve cette manière tordue d’arranger la réalité pour se voir en prophète jusque chez les tenants du créationnisme, du reptilisme, des divers complotistes, religieux ou sectes. Que certains rationalistes tombent dans le piège et adhèrent à de tels extrêmes est assez navrant.

« Et tout ceci n’a rien à voir avec votre « nature profonde d’homme ». Ce n’est pas de l’essentialisme. C’est votre identification par la société au groupe “homme” qui vous met dans cette situation. »

>Justement. Il faudrait demander aux hommes s’ils s’identifient au groupe « hommes ». Identification, c’est se reconnaître. Donc si on se reconnaît, on est capable de nommer ce groupe. Or, si on nie l’existence même de ce groupe, et donc en être un élément, on nous rétorque qu’on n’a rien compris. Joli raisonnement circulaire. Par définition, on ne peut pas s’identifier à quelque chose dont on ne reconnaît pas l’existence…

« La société n’est pas neutre. Elle est parcourue de rapports de dominations de groupes les uns sur les autres. Chaque groupe social influence et conditionne les individus qui le composent, malgré eux. Être un homme dans un système social misogyne ne fait pas de vous des connards Ce qui fait de vous des connards c’est bien sûr quand vous êtes misogynes individuellement, par conviction, mais aussi quand vous refusez de reconnaître ce système et votre responsabilité dans celui-ci ».

>Ne reconnaissant pas ce système, je suis donc un connard. Est-ce qu’en retour ça me donne le droit de traiter tous ceux (ou celles) qui pensent qu’on appartient à groupe d’hommes (ou de femmes) de connards ou de connasses ? Je suis égalitariste, tout le monde devrait être capable de traiter chacun de connard.

Et cette volonté d’attribuer des étiquettes aux individus (quand on est soi-même pas mal esclave des étiquettes qu’on se choisit pour soi-même : amusez-vous à repérer à quels groupes ou pratiques s’identifie par ailleurs une personne se disant si ouvertement féministe, on peut souvent en faire toute une liste), ça me rappelle une expérience perso en 6ᵉ d’un môme qui me soutenait que j’étais catholique parce que j’avais été baptisé. Ben non, je suis libre, c’est moi qui décide à quel groupe j’appartiens. Et je pense même qu’appartenir à aucun groupe, il n’y a pas plus grande liberté. Et mon sexe physiologique n’est pas un groupe social auquel je peux m’identifier. Le genre n’est pas un groupe social.

« Même si votre responsabilité est dans la plupart des cas issue de votre conditionnement d’homme. Ces comportements misogynes que vous ne voyez pas font aussi souffrir les femmes, même si vous ne les violez pas. »

>D’accord, donc on a compris, tous les hommes sont des connards… Et après.

Eh bien, après, c’est bien ça le problème. Le pseudo-féminisme, ou féminisme radical, ou misandrie, c’est un mouvement de pensée haineux, qui ne propose rien. La seule chose que propose le pseudo-féminisme, c’est la haine d’un groupe désigné par un autre groupe qui se désigne lui-même comme victime de l’autre (tordu). Tu n’as rien fait, tu es déjà désigné comme coupable à travers un groupe qu’on a attribué pour toi. Ça rappelle quand même les pires heures de notre histoire cette affaire… Et sans aller jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, cette attribution arbitraire et haineuse à des groupes prédéfinis sur des caractéristiques physiques, perso, ça me rappelle l’absurdité ethnique qui a mené au génocide rwandais. Donc oui, je suis en train de dire que laisser passer une telle haine de groupe autodésigné, c’est potentiellement dangereux. Et ça commence par la légitimité des violences individuelles.

Le reste du fil où elle tacle systématiquement les personnes venant discuter :

https://twitter.com/astrono_girl/status/1282713000160514048

(Il faut lire les commentaires masqués, dont certains n’ont rien d’offensant et ne déploie certainement pas autant d’agressivité qu’elle peut le faire quand elle s’adresse à des comptes identifiés « hommes ».)

Quelques exemples de cette jolie courtoisie misandre : « Si tu es un homme et tu veux faire avancer les choses, fais comme les hommes qui font avancer les choses : tais-toi, écoute les femmes, ne critique pas leur façon de crier leur souffrance, éduque les hommes autour de toi. » « Bordel, faut vraiment qu’une femme t’éduque au respect élémentaire ? »

Sinon : « T’es sérieux là ? t’es pas capable de comprendre la différence entre un groupe et les individus qui le composent ? Les effets de groupes qui surpassent les actes individuels, t’en as vraiment jamais entendu parler ? Les actes de conformation, les mouvements de foule, tout ça ? »

(Moi j’en ai entendu parler au rayon des pseudo-sciences.)

Et puis, exemple de logique tordue (et amusante) : « Quand une femme dit « all men are trash », elle dénonce le système de domination masculine et l’inaction des hommes pour le changer. Quand un homme dit « toutes des putes », il méprise les femmes (et les travailleuses du sexe), par pure haine. »

Je proposerais bien une expérience sociale vu que c’est à la mode : comparer les réactions sur un réseau social à un tweet disant « all men are trash » et un autre « toutes les femmes sont des putes ». On verra le niveau d’acceptabilité. Pourtant, non, le niveau d’irrespect est bien identique, et derrière le « all men trash », il n’y a rien d’autre qu’une insulte misandre qu’on tente de faire accepter en disant qu’on s’attaque à un système dominant. Petit point godwin du jour : dire que les juifs étaient dominants partout dans les sociétés européennes de l’entre-deux-guerres, c’était justement une excuse pour les désigner responsables des principaux maux de ces mêmes sociétés. Parce qu’ils étaient supposés dominants, ça légitimait l’agressivité qu’on avait à leur égard. On légitime, on théorise même, une violence, d’accord…

Maintenant, on peut mettre cette agressivité sur le compte de l’autisme de cette personne, mais on pourrait alors se demander comment on peut élaborer une telle idéologie des rapports sociaux tout en feignant d’ignorer une des règles sociales les plus élémentaires : le respect.

C’est triste de voir un tel déploiement de fausse intelligence érigée en vérités absolues, indiscutables (surtout par des hommes) et prônant une telle haine d’un groupe qui n’existe pas mais dont les individus visés, eux, existent bien. Sérieusement, si par exemple, on veut traiter la question du viol avec ce logiciel, à quel moment les revendications et les propositions apparaissent ? C’est une suite de mise en accusation permanente avec zéro capacité à présenter des solutions pour aider les victimes et sortir les agresseurs de leurs travers sexuels et oppressifs. Pour éradiquer un problème, on cherche à le comprendre ; si avant de désigner le problème, on a trouvé le coupable… ça ne commence pas très bien. En l’occurrence ici, s’il est question de viol, eh bien, pour lutter contre, ça ne sert pas à grand-chose de se démener pour faire comprendre aux hommes qu’ils en sont de toute façon coupables… Pour lutter contre le viol, on cherche à comprendre les situations susceptibles de tourner en viol, on éduque hommes et femmes, individuellement pour qu’ils soient conscients des processus et des situations menant au viol, puis collectivement, on définit aussi ce qu’est un viol (l’épisode du viol conjugal au petit réveil montre que ce n’est pas si évident à définir), et globalement on fait en sorte de changer la société pour que les femmes aient plus facilement accès à des postes de direction et de pouvoir (parce que ça impliquera plus fortement l’idée qu’une femme n’est pas un individu au service d’un autre… du sexe opposé) que l’image de la femme dans les médias, la culture et la publicité ne soit plus rapportée à celle d’un objet ou d’une potiche (on ne peut pas forcément imposer les choses, mais il faut penser à des programmes d’incitation, de quotas, voire si ça ne suffit pas, en passer par des taxes et par la loi : c’est difficile par exemple d’interdire la publicité dégradant l’image de la femme ?). Bref, une recherche de solutions, pas de faux coupables.

Autre absurdité de la rhétorique pseudo-féministe et qui permet à ses tenants d’avoir toujours raison : accuser leurs détracteurs d’être masculiniste et de n’avoir aucune légitimité à parler parce qu’ils profitent d’un rapport de domination. Tu peux toujours dire que cette demoiselle agressive dessert la cause qu’elle prétend défendre, on te fera un grand fil condescendant comme ça :

https://twitter.com/Marie_Peltier/status/1282410002955870211

Et elle n’aurait pas l’excuse de l’autisme, elle se désigne comme autrice et vit donc de ses théories de haine et de la mise en scène des violences qu’elle peut subir.

Continuez de donner le bâton pour vous faire battre.

On pourrait faire un petit jeu. Depuis les années 70 que ces théories existent, quelles sont les avancées en matière de droit des femmes gagnées par les tenantes de ces théories, et quelles sont les avancées à mettre au crédit des féministes ou des hommes qui les supportent ?

Est-ce que faire l’amour à son partenaire endormi, c’est un viol ?

Un couple. Un lit.

L’homme : Il paraît que si je te fais l’amour au réveil alors que tu es encore endormie, c’est un viol.

La femme : Ç’a l’est si on ne s’est pas mis d’accord avant.

L’homme : Ah, et nous, on s’est mis d’accord ?

La femme : Non.

L’homme : … D’accord.

La femme : Mais j’adorerais que tu me fasses l’amour au réveil.

L’homme : Quand tu dors ?

La femme : Oui. Pourquoi tu ne l’as jamais fait ?

L’homme : Te faire l’amour au réveil alors que tu dors ? Ben, parce que je dors aussi.

La femme : Tu te couches souvent tard alors que je dors. Tu pourrais essayer de me faire l’amour.

L’homme : Ce ne serait pas un viol ?

La femme : Non, puisque je te le demande.

L’homme : Et si tu veux pas ?

La femme : Si je ne veux pas quoi ? Que tu commences à me faire l’amour alors que je suis encore endormie ?

L’homme : Oui. Si tu dors, c’est peut-être que tu es fatiguée…

La femme : Je te le dirais si j’étais fatiguée.

L’homme : Comment tu peux me dire que tu es fatiguée si tu dors ?

La femme : Je te le dirais à mon réveil.

L’homme : Donc il faut que je te réveille pour te demander si tu veux faire l’amour ? Du coup, ce n’est plus te faire l’amour alors que tu dors. C’est te réveiller pour savoir si tu peux à toute heure répondre à mes désirs obscènes.

La femme : Mais non ! Tu me caresses, tu me fais des choses, je me réveille, et si je n’ai pas envie, tu arrêtes.

L’homme : Donc là, si tu n’es pas consentante, ce n’est plus un viol, mais du harcèlement. Parce que je te tripote sans ton consentement.

La femme : Tu crois ?…

L’homme : Mais si je commence directement par la pénétration ?

La femme : Tu sais très bien que ce n’est pas possible.

L’homme : Ah bon ?

La femme : Bien sûr. Comment veux-tu me pénétrer sans passer par les préliminaires. Il n’y a qu’un mec qui pense qu’on peut pénétrer une femme directement.

L’homme : N’importe quoi. Si je mets mon sexe dans ta bouche alors que tu dors, c’est une pénétration.

La femme : C’est vrai.

L’homme : Ce serait donc un viol.

La femme : Hum…

L’homme : Tu es déjà moins consentante, là.

La femme : Pourquoi on parle de ça ? Où c’est que tu as vu ça encore ?

L’homme : Un type se vante sur les réseaux sociaux de violer sa femme tous les matins quand elle dort.

La femme : Elle est d’accord ?

L’homme : On ne sait pas. Il ne parle pas de ça. Mais il a l’air de dire que parfois, c’est elle qui lui fait des trucs pendant que lui dort.

La femme : Donc, elle est consentante.

L’homme : Ben, on n’en sait rien. On ne sait pas s’ils se sont mis d’accord avant. Parce que c’est bien ça l’idée, se mettre d’accord avant. Ou bien, est-ce que par principe, même si on est d’accord, ça reste un viol.

La femme : Mais non. Ça ne marche pas pour les couples. Le viol dans cette situation, c’est quand l’homme impose un acte sexuel à une inconnue et la prend par surprise alors qu’elle dort. Si on est en couple, ça ne compte pas.

L’homme : Donc il ne peut pas y avoir de viol dans un couple ?

La femme : Ce n’est pas ce que je dis. Le contexte joue beaucoup.

L’homme : Quel contexte ? Si on s’est mis d’accord ou pas ?

La femme : Oui.

L’homme : Et si on n’en a pas parlé ? Mettons que cette nuit, je me réveille, et je te fais l’amour.

La femme : Là, ça ne compte pas. On vient d’en parler. Et je t’ai dit que j’étais d’accord.

L’homme : D’accord. Alors, disons, si hier, je t’avais réveillée pour te faire l’amour.

La femme : J’aurais adoré.

L’homme : Ce n’est pas ce que je te demande. Est-ce que ça aurait été un viol ?

La femme : Non. Parce que j’aurais aimé ça.

L’homme : Donc, si la personne à qui on fait l’amour sans lui demander aime ça, ce n’est plus un viol ?

La femme : Hum, oui. C’est tordu. La notion de plaisir ne doit pas rentrer en compte…

L’homme : Donc, c’est un viol. Enfin, ça aurait été un viol.

La femme : Ben, oui, mais j’aurais été consentante… a posteriori.

L’homme : Ah. Et tu crois que ça a une valeur légale, ça ?

La femme : Roh, mais on n’en est pas à passer en jugement !

L’homme : D’accord, mais c’est important de définir les choses. Il ne faudrait surtout pas banaliser la question de viol ou ignorer celle du consentement.

La femme : C’est vrai. Mais justement. Dire que tout peut être un viol tend à banaliser le viol. Le véritable viol.

L’homme : Parce que violer quelqu’un qu’on ne connaît pas au petit matin et avec qui on ne s’est pas mis d’accord avant, ou encore la question du consentement en couple, ce n’est pas une question de « véritable viol » ?

La femme : Je sais plus. Tu me laisses dormir ?

L’homme : Je peux te faire l’amour alors quand tu dors ?

La femme : Non, je suis fatiguée.

L’homme : Tu as dit que tu étais d’accord pour que je te fasse l’amour quand tu dormais.

La femme : Oui, mais là, je suis fatiguée.

L’homme : Mais tu ne seras peut-être plus fatiguée quand tu dormiras…

La femme : Oui, mais j’ai pas envie.

L’homme : Mais si je te caresse, tu auras envie.

La femme : Oui, mais j’ai pas envie. N’insiste pas.

L’homme : Tu étais d’accord tout à l’heure, et maintenant tu ne l’es plus. C’est particulièrement féminin ça.

La femme : Et ça, c’est misogyne. Laisse-moi dormir.

L’homme : D’accord, bonne nuit.

La femme : … Mais si tu me fais l’amour quand même et que je n’ai pas envie, ce ne sera pas pour autant un viol.

L’homme : Quoi ? Mais on a justement dit que c’en était un !

La femme : Oui, mais là, ce n’en sera pas un. Tu pourras, un jour, quand j’en aurais envie.

L’homme : Comment je peux savoir quand tu en auras envie… si tu dors ?

La femme : Ah, je ne sais pas. Laisse-moi dormir, il faut que je réfléchisse.

L’homme : Tu réfléchis pendant que tu dors, toi.

La femme : Parce que je suis une fille ! Les filles, c’est plus intelligent que les hommes. On arrive très bien à réfléchir pendant notre sommeil.

L’homme : Ah. Je te laisserai y réfléchir alors.

La femme : Tu sauras si un jour j’en envie qu’on fasse l’amour pendant notre sommeil. Ce sont des choses qu’il faut sentir ça.

L’homme : Donc maintenant, on peut faire l’amour alors que les deux dorment. C’est un nouveau concept.

La femme : Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais faudrait essayer.

L’homme : Je te laisserai y réfléchir pendant que tu dors, et je te laisserai prendre les choses en main alors. Parce que moi, quand je dors, je dors.

La femme : Ah ! Et tu ne sais pas jusqu’à quel point tu as le sommeil lourd !

L’homme : Qu’est-ce que tu veux dire ?

La femme : Je t’ai déjà fait des choses pendant que tu dormais, et tu ne t’es jamais réveillé.

L’homme : Ah bon ? Sans me demander ? Mais c’est un viol !

La femme : Peut-être, mais tu semblais aimer ça.

L’homme : Si j’avais aimé tant que ça, je m’en souviendrais et j’aurais commencé par me réveiller… Et ça resterait un viol.

La femme : Ah, c’est comme ça ? Donc si toi, tu veux me faire l’amour pendant que je dors, ce n’est pas un viol, mais si c’est moi qui te fais des choses quand tu dors, c’est un viol ?

L’homme : Tu m’as dit que tu étais d’accord. Moi, pas question que tu me fasses des choses dans mon sommeil. Surtout si j’en ai aucun souvenir.

La femme : Dans ce cas, pas question à ce que tu me fasses l’amour dans mon sommeil non plus ! Je ne suis pas une poupée gonflable !

L’homme : Même si tu as « envie » ?!

La femme : J’ai pas envie ! J’ai plus envie du tout !

L’homme : Eh bien, dors alors.

La femme : Je n’ai plus envie de dormir du tout !

L’homme : Est-ce que, puisqu’on est réveillés, tu es d’accord pour qu’on fasse l’amour ?

La femme : Oui, faisons-le tant qu’on est éveillés ! Après il sera trop tard !

L’homme : Arrête de crier !

La femme : C’est tellement romantique de donner l’impression aux voisins qu’on se dispute ! Ça m’excite ! Fais-moi hurler !

L’homme : Oh, oui !

La femme : Oui !

L’homme : Ah ! Ça, c’est du consentement, ma chérie !

La femme : Oui ! Oui !

L’homme : Oui !

La femme : Encore ! Encore, ne banalisons jamais l’amour…

L’homme : Ou même le viol !

La femme : Oui ! J’allais le dire !

L’homme : Ah !…

La femme : C’est tellement bon en vrai ! Faire ça en dormant, ça doit être une mauvaise idée ! C’est excitant quand on y pense, mais à le faire, ça doit être beaucoup moins drôle ! Surtout pour celui qui dort !

L’homme : Ou celle !

La femme : Oh, mon Pedro, qu’est-ce que tu peux être inclusif, ça m’excite !… Encore !

L’homme : J’y suis, j’y suis ! Oh, là là, celles et ceux qui pensent avoir découvert l’eau chaude en proposant de faire l’amour quand leur aimé(e) est endormi(e)… ne savent pas…

La femme : Oh, c’est trop bon ! Quelle idée de vouloir faire l’amour quand on dort ! C’est une négation totale de l’autre ! C’est tellement mieux, conscients, à deux ! Les yeux dans les yeux !

L’homme : Oh, ma Conchita, tu ne fais pas que réfléchir dans ton sommeil, tu réfléchis admirablement bien quand tu fais l’amour !

La femme : Oh, mon Pedro !… Quoi ? Déjà ?

L’homme : J’étais trop excité !

La femme : Mais non, on continue.

L’homme : Je peux plus.

La femme : Si, on continue !

L’homme : Je peux plus.

La femme : Si !

L’homme : Ce serait un viol.

La femme : Oh, arrête !

L’homme : C’est ce que j’ai fait, j’ai plus envie.

La femme : Moi, si.

L’homme : Hum.

La femme : Encore, sers-toi de ta langue pour changer, homme de peu d’appétit !

L’homme :

La femme : Il dort ! L’escroc ! Le lâche ! Monsieur fait sa petite chose et il s’endort !

L’homme :

La femme : Est-ce que si je lui fais des choses, c’est un viol ? Il a dit qu’il n’avait pas envie…

L’homme :

La femme : Égoïste !


(Ceci n’est pas un extrait des Belles Endormies de Kawabata.)


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L’argent, comment le métal blanc a façonné le monde, Michael Burke, Graeme Hart (2018)

Note : 4 sur 5.

L’argent, comment le métal blanc a façonné le monde

Titre original : Empires of Silver

Année : 2018

Réalisation : Michael Burke, Graeme Hart

Documentaire de télévision en trois parties diffusé sur Arte. Les reconstitutions ne sont pas toujours les bienvenues, mais les informations historiques apportées sont d’excellente qualité. Pour résumer et pour mémoire :

— Du XVᵉ au XVIIᵉ siècle : la Chine est le pays le plus riche et le plus puissant du monde. Pour prélever l’impôt, un empereur décide de passer par le métal blanc qui en fait le plus grand consommateur du monde. La Chine est autosuffisante en tout, exportant de nombreux de ses produits en Occident (déjà), et important peu… sauf l’argent. Pour assurer le paiement des impôts, les Chinois se mettent donc à importer en masse ce métal, produit en Amérique du Sud dans les colonies espagnoles. Ceci fera la richesse de l’empire espagnol, qui, en retour pourra se mesurer aux grandes puissantes de l’Europe de la Renaissance. Au début de cette mondialisation, c’est bien la Chine le pays le plus puissant du monde (l’Empire du milieu, alors que les nations européennes basent leur richesse sur leurs colonies et n’ont pas accès au marché intérieur chinois).

— Au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle : la dépendance (entre autres) de la Chine à l’argent a provoqué l’effondrement de la dynastie Ming (milieu du XVIIᵉ siècle) et la dynastie qui suit, les Qing, referme un peu plus l’accès au territoire chinois aux étrangers. Le XVIIIᵉ est prospère, mais les ennuis commencent quand en 1793, la Grande-Bretagne envoie un émissaire pour réclamer une ambassade permanente et l’ouverture des frontières (contrairement à l’Espagne avant elle, l’Empire britannique ne dispose pas de grandes ressources en argent). Fin de non-recevoir de l’Empereur, seulement arrive très vite la révolution industrielle et les marchands (à travers surtout la Compagnie des Indes Orientales) vont bientôt avoir les moyens militaires de faire pression sur le pouvoir chinois qui ne voit rien venir. En effet, les Occidentaux, qui tentent depuis des siècles de trouver un produit susceptible de s’introduire sur le marché chinois, trouvent au début du XIXᵉ siècle ce qu’ils cherchaient depuis longtemps : l’opium. Produit dans leurs colonies en Inde, les trafiquants britanniques inondent la Chine d’opium en toute illégalité. La crise sanitaire est telle en Chine que l’Empereur charge un de ses fidèles de saisir et de détruire une grande quantité d’opium et envoie une note à la reine Victoria lui demandant d’intervenir pour faire cesser les trafiquants de drogue. La réponse de la Reine : elle envoie l’armée, et c’est le début de la Première Guerre de l’opium… Tu le sens, là, l’impérialisme occidental ? On fait la guerre parce que la Chine refuse l’ouverture de son territoire, mais en fait, c’est parce que les Britanniques ne peuvent pas y écouler leur drogue comme ils le voudraient. L’Empire britannique s’est construit en partie sur le trafic de drogue, et donc des guerres pour en assurer le trafic. Joli… Grâce à la supériorité technologique des Britanniques sur les Chinois, ces derniers sont vaincus et selon le traité de Nankin (un précédent au traité de Versailles dans le genre humiliation) doivent céder l’ouverture de leur territoire aux étrangers, l’île de Hong-Kong et une première salve d’indemnités (tu perds une guerre que tu n’as pas déclenchée, tu paies, logique). L’ancienne grande puissance étant désormais affaiblie, les rapaces commencent à venir la dépecer en multipliant les agressions sur son territoire et réclamant toujours plus à la Chine : les Français s’y mettent, mais aussi les Américains (alors que leur développement avait été assuré par les importants capitaux chinois — déjà) et même les Japonais, déshonneur suprême, qui ont profité plus tôt que les Chinois de leur ouverture au monde (et donc à la technologie). Voilà comment une Chine en ruine entame le XXᵉ siècle, précipitant la chute de son empire… Merci qui ?


L’argent, comment le métal blanc a façonné le monde, Michael Burke, Graeme Hart (2018) | Matchlight, Arte


Sur la Saveur des goûts amers : 

Top des meilleurs films documentaires