Je suis une légende, Francis Lawrence (2007)

I am a Legend Année : 2007

Réalisation :

Francis Lawrence

4/10  IMDb

Il ne se passe pas grand-chose, le film est trop court. La mise en scène n’est pas si mal, sobre, les images des synthèses c’est nouveau, mais pas plus mauvais que les figurants maquillés… Le chien joue très bien, dommage que Will Smith soit si mauvais. Il est tellement habitué à en faire des caisses, que là, quand il ne faut rien faire, il en fait toujours trop et comme il est à chaque plan, il n’arrive pas à oublier la caméra, et ça se voit… Je n’ai pas lu le bouquin, mais ça pas grand intérêt, très peu évolution finalement, de flash-back de merde où on n’apprend rien, des personnages secondaires qui arrivent trop tard et que la longueur du film rend totalement inutiles. J’aime bien l’atmosphère rendue par la mise en scène, mais soit il fallait rester là-dessus et laisser les créatures dans l’ombre, soit adopter des contrepoints ailleurs que dans ces scènes avec les créatures, qui sont vraiment bidons telles qu’elles nous sont montrées. Un manque d’intensité flagrant, moins dû à la mise en scène que par le nombre de péripéties digne de ce nom. Bref, c’est trop mou ou pas assez, trop au milieu, trop consensuel, trop Will Smith.

Et pour être franc, je dois être stupide, mais je n’ai rien compris au film.

(edit : le bouquin est un chef-d’œuvre)


Sur La Saveur des goûts amers :

Top des films de science-fiction (non inclus)


Alfred the Great, Clive Donner (1969)

Alfred the GreatAnnée : 1969

 

Réalisation :

Clive Donner

7/10  lien imdb
MyMovies: A-C+

Vu en janvier 2008

L’autre “Grand”

Film méconnu (quand je ne connais pas, ça l’est forcément), et pourtant c’est hachement bien !

Très épique, à la limite du pompeux, comme chez David Lean, mais juste comme il faut. Le genre de productions qu’on ne sait plus faire aujourd’hui (cf. le Kings of Heaven où on se fait diablement suer).

L’histoire du Roi Alfred, le premier souverain de l’union anglaise. Je connais plus l’époque des deux roses (et encore…), Shakespeare oblige… Passionnant.

 


Au-delà du Missouri, William A. Wellman (1951)

Midwestern

Across the Wide MissouriAcross the Wide MissouriAnnée : 1951

Réalisation :

William A. Wellman

6/10 IMDb iCM
Avec :

Clark Gable
Ricardo Montalban
John Hodiak

Wellman aime faire des trucs débiles. Ici, pendant que les acteurs parlent autour d’un calumet, ils se refilent un pou… N’importe quoi…

Il n’y a pas vraiment de scénario. C’est un peu flemmard. « L’intérêt » du film réside dans sa et dans la nature. Un western loin du Far West. On doit aller de l’Iowa au Montana. C’est vallonné, il y a des lacs et des forêts, c’est le pays de castors et le tout est beau, rarement vu au cinéma.

Les personnages ne sont pas de « vrais Américains » (pas de John Wayne en vue, archétype de l’Américain sans racine européenne). Mais on a plutôt affaire à un joyeux melting-pot : des Écossais, un Français, des Indiens et… un Clark Gable. Rien que pour le voir faire pan-pan-culcul à son Indienne de femme, ça vaut le détour. Le reste… passons notre tour.


Ma femme est une sorcière, René Clair (1942)

Ma sorcière s’appelle revient

Ma femme est une sorcière

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : I Married a Witch

Année : 1942

Réalisation : René Clair

Avec : Fredric March, Veronica Lake

TOP FILMS

77 mètres de film, 1cm51 de Lake…

Un bonbon ! Une pure comédie comme en faisaient les studios ricains à cette époque. Que du bonheur… Le film a la « qualité » du code Hays où tout est strictement « épuré », emballé. À se demander comment certaines scènes ont passé la censure. La robe en mousseline de Veronica Lake où on voit poindre ses tétons, l’auréole en prime. Ou ses jambes nues au-dessus des genoux… Arrêtez ! Ce que c’est sexy ! C’est suave, c’est bon…

Bon, bon bon…

Le film a inspiré Ma sorcière bien aimée. Seule différence notable, mais elle a son importance, le couple n’est pas marié, mais c’est papa et sa fifille. C’est tout le moteur de film de Clair. Ensuite… une voiture volante qui s’écrase sur un chêne magique… tiens, tiens, ça rappelle JK Rowling — un hommage sans doute, ou un vieux chocogrenouille collé sous une table.

Veronica Lake jouera plus tard dans l’excellent Dahlia bleu, et enchaînera en quelques mois Le Voyage de Sullivan, Tueurs à gage et la Clé de verre. Trop acide en bouche la Veronica… Dommage qu’on ne l’ait pas vue plus souvent derrière son écran cellophane. Quelle bombe ! 1m51 à sucer ! Quel magnifique bonbon !

À noter aussi l’apparition de Susan Hayward en caramel mou. Une autre bombe acidulée qui sera plus savoureuse en couleur… Parce que la Lake, par sa seule présence (minuscule), elle met de la couleur à la pellicule. Parfaitement éclairée par René Clair, il est vrai.

Vous entendez ce petit crissement derrière l’écran ? J’ai rouvert la boîte. J’en redemande. Veronica Lake fond trop vite en bouche…


I Married a Witch, René Clair (1942) | Rene Clair Productions, Paramount Pictures

Un homme d’exception, Ron Howard (2001)

Pas si ronron que ça

A Beautiful MindUn homme d'exception, Ron Howard (2001) Année : 2001

Réalisation :

Ron Howard

7/10  IMDb

Je n’ai jamais été un grand fan de Richie Cunningham derrière la caméra, mais là il faut avouer que son film à oscar est plutôt passionnant. (Même s’il a justement un peu trop le côté « film à oscar », si on accepte de ne plus voir le côté affreusement formaté du film…)

En premier lieu, parce que je ne savais pas du tout sur quoi j’allais tomber, (je parle de l’histoire, pas des effets de mise en scène, toujours pareil chez Ronron) et donc, comme le film change comme brusquement de sujet, j’ai été totalement pris. Je me suis fait avoir.

Le début du film, Russell Crow m’exaspérait un jouant son personnage timide, renfermé, toujours à rouler les yeux toutes les cinq secondes pour voir si on avait bien compris qu’il était un peu bêta dans les rapports humains…, et puis paradoxalement quand il fait vieillir son personnage et qu’il devient plus dérangé, l’acteur lui se montre plus dépouillé, moins démonstratif, et l’histoire gagne en clarté, en impact. Surtout à la fin. Du bon vieux dénouement à la fois larmoyant et positif comme en raffolent les critiques quand il faut tirer sur Hollywood (moi non plus je ne me gêne pas). Pour moi, c’est passé… Quelque chose de prémâché quand on a du mal à digérer, ce n’est pas si mal de temps en temps.

Et puis, rien que pour Jennifer Connely…


Braindead, Peter Jackson (1992)

Braindead Année : 1992

Réalisation :

Peter Jackson

5/10  IMDb

Culte ? Mouais… Je fais la même chose dans ma salle de bains avec du Tahiti douche, deux ou trois élastiques et de l’huile de moteur… et ce ne sera tout autant pas drôle.

Le début du film (je parle que du début, après ce n’est que du gore donc aucun intérêt autre que de la “tranche” de poillade) est grossier, avec des effets lourds… Je veux bien que ce soit à petit budget, mais ce que je n’aime pas c’est le côté « fait comme à la maison », ou « à la main », totalement assumé. Et le ton général du film… C’est rigolo quand on fait ça entre copains, mais pour un film, se farcir ça pendant une heure et demie, c’est un peu lassant, un peu comme s’enfiler cinq épisodes de suite de Mr Bean ou de Contes de la crypte. Le ton sur ton, le perpétuel second degré… moi je préfère le ton subtil, l’humour caché des films d’horreur sérieux ou des Hitchcock. Bref, c’est un peu lourd.

Et puis, j’ai eu la bonne idée de manger pendant le film (je sais je suis con) et là, l’une des premières scènes gore, celle de la crème anglaise… j’en ai ri de dégoût… les “hooooohhh” et les “heurghhhhh” me sont sortis de la bouche. Après, y a peut-être le côté digestion qui fait que j’ai pas supporté… Autant, j’ai appris à aimer les films de Romero ou de zombies en général, autant quand ça tourne au gore, à l’humour tomatoketchup, je n’aime plus du tout.


Dark Star, John Carpenter (1974)

 

Dark Stardark-star-john-carpenter-1974 Année : 1974

 

Réalisation :

John Carpenter

5/10  IMDb

Quelle belle daube !

Comme quoi, quand on a la possibilité de faire plusieurs films, on peut s’améliorer. Carpenter, c’était pour moi tout de même le réalisateur de l’académisme avec Cinémascope immuable, petite musique d’ambiance angoissante… On comprend que c’est ce qu’il a voulu faire en voyant ce premier film achevé.

La scène avec l’extraterrestre vient vraiment d’une autre planète… à prendre au second degré. L’ironie, c’est qu’elle pourrait avoir influencé la scène dans Alien quand Harry Dean Stanton pourchasse son chat dans la moiteur des couloirs de son vaisseau spatial (Dan O’Bannon a d’ailleurs écrit les deux scénarios)… Même Lucas a piqué un ou deux trucs pour son Star Wars.


Sur La Saveur des goûts amers :

Top des films de science-fiction (non inclus)


Zodiac, David Fincher (2007)

Zodiac

Zodiaczodiac-david-fincher-2006 Année : 2007

Réalisation :

David Fincher

8/10  IMDb
Avec : Jake Gyllenhaal, Robert Downey Jr., Mark Ruffalo, Chloë Sevigny, Brian Cox

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Listes sur IMDb :

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MyMovies: A-C+

Fincher oublie un peu les effets grandiloquents qui paralysent parfois son style et se focalise sur un sujet, mais il garde sa densité, sa précision, son sens ciselé de la mise en scène.

L’Amérique ne va pas chercher trop loin des histoires. C’est la Grèce antique d’aujourd’hui. Elle peut se servir des mythes qui naissent dans son quotidien pour alimenter des fictions.

L’histoire donc d’un vrai serial killer qui narguait les médias et la police en leur envoyant des lettres dans les 70’s.

On suit le point de vue d’un flic et plus particulièrement d’un illustrateur du San Francisco Chronicle qui cherche à démasquer celui qui se fait appeler le Zodiaque et qui zigouille de bons Américains.

Un sujet très finchien, finalement… sauf que là, si on a droit à la scène de meurtre, c’est surtout le côté « Les Hommes du président », l’enquête touffue, qui sert de fil conducteur au récit.

On y comprend rien, mais on s’y laisse prendre. Ils pourraient nous dire n’importe quoi qu’on goberait tout parce qu’on ne connaît pas le dossier, mais les voir se torturer l’esprit pour démasquer le coupable, piétiner, trouver des indices, se planter…, c’est captivant. Terriblement cinématographique. Ou comment la vie réelle peut créer une nouvelle dramaturgie avec des idées inédites (déjà les Hommes du président, c’était des faits réels)… Passionnant.


Raisons d’État, Robert de Niro (2006)

Raisons d’État

The Good Shepherdraison-detat-rober-de-niro-2006 Année : 2006

Réalisation :

Robert de Niro

6/10  IMDb

Encore un acteur réalisateur. De Niro. Bien plus abouti que son précédent. C’est l’assurance en tout cas d’avoir des grands acteurs et surtout qu’ils sont bien dirigés. Même si au départ, on voit ni Damon ni Jolie dans les rôles… Dommage que le film toutefois soit toujours sur la même note, la même atmosphère. Ça finit par être un peu rasoir. Heureusement qu’il y a cette relation avec cette femme sourde qui colore un peu le film…

La mise en scène est parfaite, mais il aurait fallu qu’il prenne un peu plus de risque, se mette plus en danger, parce que là, c’est tout le temps la même chose, on n’est jamais surpris. C’est sage disons, digne d’un bon élève de classe de cinéma. Mais ça manque de fantaisie et de folie. Là aussi pas de ton caché. Le sujet du film, c’est le mystère, l’ombre, mais justement rien n’est mystérieux, les enjeux sont un peu flous.


Little Caesar, Mervyn LeRoy (1931)

Le Petit César

Little Caesar
Little Caesar, Mervyn LeRoy (1931)Année : 1931

Réalisation :

Mervyn LeRoy

Avec :

Edward G. Robinson
Douglas Fairbanks Jr.
Glenda Farrell

8/10 IMDb

— TOP FILMS

Les Indispensables du cinéma 1931

Listes sur IMDb :

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MyMovies: A-C+

Le premier film du genre, semble-t-il. Suivront L’Ennemi public et Scarface. Il y a presque quelque chose de mathématiques dans ces années… Ce film, arrivant juste après la grande crise de 29, pourrait clôturer à sa façon ce qu’on avait appelé les « années folles ». C’est aussi la grande révolution du cinéma avec l’apparition du parlant (qui scellera l’hégémonie du cinéma hollywoodien sur le reste de la production mondiale). C’est l’instauration du crime et des gangsters dans le cinéma et l’imaginaire collectif ; c’est la période « pré-code » où tout est possible, au moins pour trois ou quatre ans. Et donc presque dix ans après, on revient curieusement à la décennie précédentes des années folles dans Ces fantastiques années 20, où James Cagney pourrait presque passer le flambeau à Humphrey Bogart pour une nouvelle décennie qui s’annonce : celle des films noirs et de détectives. Sans compter que 1939 sera également le début de la guerre en Europe… Avoir des périodes si bien délimitées dans le temps, presque décennie par décennie, c’est presque étrange…

L’année suivante LeRoy fera tourner l’acteur de Scarface (Paul Muni) pour jouer dans un autre de ses grands films : Je suis un évadé. Après ça, l’un (Muni) ne tournera plus que des daubes (reste qu’il faudrait voir ces films et en dehors de certains, je ne les ai pas vus), et l’autre LeRoy, ne tournera plus (il me semble) de film de “crime” (la notion d’auteur parfois chez certains cinéastes ne veut tout simplement rien dire)…


Little Caesar, Mervyn LeRoy 1931 | First National Pictures