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Cinéma en pâté d’articles

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Le Syndicat du crime II, John Woo (1987)

John Woo adore aussi le montage-séquence. Il utilise le même procédé que de Palma (les billets tshitthith…). Un exemple parmi cent autres : Séquence à 1h28m26s

I’m Here, Spike Jonze (2010)

La séquence traditionnelle résumant une merveilleuse journée passée entre amoureux. Une séquence qui résume d’ailleurs assez bien le film : une merde avec de la musique de merde.

Zero Focus, Yoshitarô Nomura (1961)

Le film est tellement dense qu’il se prête beaucoup au montage-séquence, et le film pourrait même en être un très long. Au sens stricte, il y a au moins deux séquences accompagnées de musique, et beaucoup d’autres dirigées par la voix off du personnage principal.

Explorers, Joe Dante (1985)

Construction du vaisseau (cliché utilisé dans les séries à la McGyver ou à la Agence tout risque) en alternance des scènes dans la classe…

Ryuji, Toru Kawashima (1983)

De nombreuses séquences de transition, descriptives ou elliptiques pour ponctuer l’évolution du récit, le tout avec une musique pop rock de Kenichi Hagiwara collant parfaitement au ton du film.

La Femme en question, Mikreh Isha (1970)

Récit d’une rencontre d’un homme et d’une femme ponctué par des séquences en montage-séquence. Comme dans Ryuji, le procédé peut être un peu prévisible et répétitif, mais il reste efficace et inventif.

Le Joueur d’échecs, Raymond Bernard (1927)

Magnifique séquence en montage alterné. Le montage-séquence cette fois ne traduit pas le temps qui passe, mais plutôt la simultanéité d’événements se déroulant en même temps. Il accentue également le lyrisme de la séquence. On n’est pas loin de Gance ou de Coppola : musique, fondu enchaîné, partition de l’image (l’un des plus beau plan du cinéma avec la scène de la cavalerie qui charge et les touches du piano en incrustation en bas de l’écran…).

Autre séquence fabuleuse, la scène où le Russe se fait attaquer par la garde des soldats automates.

La Fleur de l’âge, John Guillermin  (1965)

Mise en place de l’épouvantail. Tout le film est un chef d’œuvre technique (voir le commentaire plus bas).

J’accuse, Abel Gance (1919)

Avant La Roue, Abel Gance montrait déjà avec J’accuse que son ambition était de proposer un récit en image, une écriture, qui soit propre au cinéma. La notion de séquence chez Abel Gance ne veut rien dire. Tout ses films muets pourraient presque être considérés comme une suite de montage-séquences. Quand le cinéma, influencé par le théâtre, laisse évoluer ses personnages devant l’écran pour les voir lentement arriver à une action, Abel Gance procède presque par images instantanées, par situations furtives. Image après image, les pauses visuelles proposent une nouvelle avancée dans l’histoire, comme les photogrammes d’un photo-roman ou d’un roman tout court. Des évocations. Pourquoi donc se perdre en montrant évoluer les personnages ? En une fraction de seconde, on comprend ce dont il est question, autant passer à autre chose.

L’Emploi du temps d’une matinée, Susumu Hani (1972)

Même principe que La Femme en question. Montage permanent entre deux époques pour reconstituer les raisons du suicide d’une jeune fille de 17 ans durant ses vacances avec des amis. Les séquences au présent sont déjà très travaillées, montées, jouant sur les évocations, et celles au passé tournées en couleur 8mm censées être les images du film inachevé de leur film de vacances est encore plus ponctué comme dans un montage-séquence. Un procédé très utilisé dans les années 60 au Japon. L’ajout de la musique aide à plonger dans une humeur, et facilite l’identifier aux trois personnages principaux, seuls véritables sujets du film, comme l’incessante répétition des mêmes images, miroirs cherchant en vain à capter qui ils sont.

Le Règne de la joie / Broadway Melody of 1938, Roy Del Ruth (1937)

L’une des collaborations de Slavko Vorkapich. Robert Taylor fait le tour des producteurs pour quémander les derniers sous qu’il lui manque pour son show. Le jeu de surimpressions est magnifique.

Le Lieutenant souriant, Ernst Lubitsch (1931)

La séquence de transformation de Miriam Hopkins. Pretty woman !

Taxi Driver, Martin Scorsese (1976)

La scène de l’Alka-Seltzer effervescent, les promenades, et la scène d’entraînement :

Scorsese, en bon héritier des films noirs, utilise le procédé pratiquement à chacun de ses films, comme ici dans Les Affranchis :

Il était une fois en Amérique, Sergio Leone (1984)

La scène du téléphone (avec certains plans dignes des meilleurs plans séquences, en structurant des plans à l’intérieur du plan – combinaison des deux procédés) :

(beaucoup d’autres montage-séquences dans le film)

Je sais où je vais, Michael Powell et Emeric Pressburger (1945)

La scène du rêve de mariage. Et au-delà de ça, toutes les scènes de transition parfaitement classiques, héritages des transitions opératiques, procédé usant plus ou moins du « montage », propre au cinéma classique et qu’on retrouvera… jusque chez Truffaut.

Kohraa, Biren Nag (1964)

Musical oblige, le film en est plein, façon clip, mais bien sûr avec toute l’inventivité d’un film gothique hollywoodien de l’époque classique et une bonne part de kitsch. Le début du film est impressionnant.

The Maker, Christopher Kezelos(2011)

Dans les courts d’animation, c’est souvent un passage obligé (comme en publicité d’ailleurs).

Gone Girl, David Fincher (2014)

Fincher est donc un habitué (adaptant l’écriture littéraire à l’écriture cinématographique). On a ici, notamment, toute la séquence à 1h10, sorte de révélations et aveux prématurés, avec voix off, musique, et retour en images brèves sur la préparation de sa disparition. Typiquement Finchier.

Eaux troubles / Destins de femme, Tadashi Imai (1953)

La prostitué raconte son enfance misérable. Séquence muette avec musique mélo.

Law and Order, Edward L. Cahn (1932)

Un montage-séquence pour commencer plein de plans un peu fouillis qui semblent tirés de westerns du muet, suivi immédiatement par un petit plan sympathique à l’exact opposé : la présentation de la faune douteuse d’un saloon (type de séquence que Scorsese reprendra dans de nombreux films). Puis un autre en arrivant à Tombstone avec roulettes et tables de jeu (là encore Scorsese si je me rappelle fera la même chose dans Casino).

La Belle et le Clochard (1955)

La scène Bella Notte, ou la nuit d’amour. Du classique. On lance la musique et on fait défiler les tableaux.

Les Mémoires de Matsuko (2006)

Tout le récit est construit autour du principe du montage-séquence, à la Citizen Kane, voire plus récemment à la Love exposure (du mal à comprendre qu’il y ait une telle différence de renommée pour ces deux films d’ailleurs). Récits à l’intérieur du récit… forcément l’écriture est plus celle d’un manga ou d’un roman. C’est dense, parfois un peu trop, justement parce que la forme du récit monopolise toute l’attention. Le film de Welles savait utiliser le plan séquence en contrepoint, là ça frise souvent l’overdose, on se pose jamais.

 

Les Sœurs Makioka / Bruine de neige, Yutaka Abe (1950)

Usage classique qui montre combien le cinéma japonais a toujours été à l’écoute des procédés classiques utilisés à Hollywood.

Daisan no kagemusha, Umetsugu Inoue (1963)

Entraînement de la doublure du seigneur de la forteresse.

House, Nobuhiko Ôbayashi (1977)

La scène où Angel fait le récit de l’histoire de sa mère et de sa tête à ses copines.

Les Préparatifs de la fête, Kazuo Kuroki (1975)

Tout le générique de début.

 

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