Napoleone Buonaparte, un uomo d’Elba, Stanley Kubrick (inachevé)

L’inachevée partition

Note : 4 sur 5.

Napoléon Bonaparte, l’homme d’Elbe

Titre original : Napoleone Buonaparte, un uomo d’Elba

Année : 1962

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Moi-même

Tournage entre entre 1982 et 1997, par intermittence.

J’ai un aveu à faire. J’ai tué Kubrick.

Six ans avant sa mort et dans le plus grand secret, Stan réalisait un film en République tchèque intitulé Napoleone Buonaparte, un uomo d’Elba. Si je peux aujourd’hui témoigner de l’existence de ce film, c’est que j’étais de l’aventure. Oh, ce n’est pas pour me vanter, on a trouvé bien d’autres acteurs servant d’asile à ce grand personnage de l’histoire, mais je suis presque soulagé de savoir qu’on ne verra probablement rien de ce film.

Stanley avait l’habitude de travailler sur le montage le soir même après avoir visionné les rushes, et au moins les deux premières années où il m’autorisait encore à voir le résultat, moi son acteur principal, de ce que j’ai vu, je peux dire que ce n’était pas brillant.

Prétextant que j’avais la bouche grande ouverte les trois quarts du temps, Stan retournait sans cesse les mêmes plans sans jamais être satisfait du résultat, et il imputait bien sûr cet échec à ma grande gueule. Et pourquoi pas la sienne ?…

Je ne discute pas les choix de sa seigneurie, le fait est qu’après six ans de travail, il ne disposait que de quelques plans de la campagne de Russie dont aucun ne concernait son Napoleone.

« Si tu apprécies si peu mon travail pourquoi ne me renvoies-tu pas ? » lui demandais-je un jour.

Pour seule réponse je n’eus qu’un aboiement m’invitant à la fermer. Il n’avait aucune intention de finir son film, je l’ai compris dès le début.

Chaque grand artiste possède une part d’ombre inavouable, un jardin qu’on voudrait préserver intact avant la mort… Et il avait décidé que ce film serait son tombeau.

J’avais une réputation dans le milieu, il ne pouvait pas l’ignorer. J’ai commencé ma carrière cinématographique en 1975 quand on vint me trouver pour interpréter le rôle principal de Jaw. Après une brillante carrière de souffleur-hurleur à Broadway (époque durant laquelle j’ai été remercié pas moins de 14 fois pour mon travail remarquable), c’est naturellement qu’Hollywood s’était intéressé à moi. Mais Spielberg peinait à trouver l’angle idéal pour me filmer et au bout de quelques jours on me changea pour un certain Bruce. Dans ma carrière, j’ai soit été renvoyé, soit été coupé au montage. Kubrick a insisté six ans. Je ne m’explique toujours pas son obstination et le pauvre s’y est cassé les dents pour de bon.

Sa femme a pris soin, à ce que l’on dit, de faire disparaître les rushes, et des 15 minutes montées, on ne verra jamais rien. C’est probablement mieux ainsi.



Toutes les Fabulations kubrickiennes :


Trocadero Bleu Citron, Stanley Kubrick (1971)

La Lame à l’œil

Note : 4.5 sur 5.

Trocadero Bleu Citron

Année : 1971

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Alex

Quand raisonne la 7ᵉ de Beethoven et qu’Alex renverse sa bouteille de lait sur la table, on a déjà compris qu’il y aurait un avant et un après Trocadero Bleu Citron. Si ce n’était pas clair pour tout le monde, comme pour enfoncer le clou, on peut entendre au générique la Marche funèbre de Chopin orchestrée par Patrick Hernandez. Kubrick enterre les années 70 et le disco avec.

Nous sommes seulement en 1971 !

Le film paraît un peu daté aujourd’hui, mais l’histoire, elle, reste d’actualité. Rappelons au passage que le premier à s’être questionné sur la bouteille de lait était Tarkovski : dans Stroke, il joue au bonneteau avec deux briques de lait et une biscotte, et dans Miroir Miroir, le lait se déverse du sein de sa mère pour éteindre le feu dans la grange. L’air du temps sans doute…

TBC recèle une autre idée novatrice : les faux cils. La scène sera parodiée dans Brazil, le principe était alors improbable, mais sachant qu’aujourd’hui nul ne peut sortir sans ses cils vissés aux paupières pour « rester connecté au monde », l’idée de voir Alex avec de tels implants a aujourd’hui une tout autre signification. Ce qui passait pour être un délire scénaristique, une mise en garde de Cassandre comme n’importe quel élément dystopique dans un film d’agrume, passe maintenant pour être l’acte initiateur d’un modèle jamais remis en cause. La recherche ærgronomique, aidée des institutions qui décident du calibre et du débit des cils, n’a cessé de prendre le film de Kubrick comme référence, justifiant le recours aux cils, alors même que le cinéaste en dénonçait le danger. La rééducation des consciences par l’image est une réalité établie ; rares sont ceux capables aujourd’hui d’en discuter le principe.

La sortie du film précède de quelques années le premier choc identitaire de la fin des années 70 : la terrible pénurie de slips kangourous. De longues années de privation marqueront les années 80. Après la taxe caleçon, et la révolte des boxers, reliques tentaculaires des anciens slips, le WWFV (World Wild Fashion Victim) ajoutera dans sa liste des textiles en voie de disparition, ce bon vieux slip kangourou, rejoignant ainsi pattes d’eph, boas ou autres manteaux d’hermine. Le disco est mort, le moule-bite aussi.

Triste époque où les poitrines généreuses doivent se donner à voir comme pour invoquer un retour de la prospérité, et où les slips s’allongent pour garder les bourses bien au chaud. Sans bouger un cil, Kubrick avait tout vu.

Madame du Barry, Stanley Kubrick (1975)

Der film

Note : 5 sur 5.

Madame du Barry

Année : 1975

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Une femme de chambre, Des espions

L’esthétique wagnerienno-goethique du film ne doit pas cacher l’efficacité diabolique du récit monté en épingle pour la femme de chambre du réalisateur new-yorkais. Tout le monde connaît l’histoire de « der film ». La femme de chambre allemande de Kubrick était l’arrière-petite-fille juive d’une espionne australopithèque ayant échappé aux massacres de Hambourg en 1877. Fort de sa victoire sur la France, le tout nouvel empire allemand faisait la chasse aux espions australopithèques dont des rumeurs folles répandaient le bruit qu’une organisation secrète juive, « Die Angestrahlt Knochen », cherchait à rétablir la parité mark/dollar au détriment de l’euro. Ce sont toutes ces viles ambitions qu’on retrouve dans le roman, Complot d’une monarchie millénaire, remis par la femme de chambre de Kubrick au cinéaste. On connaît la suite. Kubrick qui finissait de monter son Orange Bubonique pour le compte du parti nazi (et qu’on ne connaît aujourd’hui que dans une version coupée en rondelles de lèpre sanguine) a été prié de quitter le territoire. Et « der film », Madame du Barry, se fera en Angleterre.

Rappelons-nous les mots de Madame Churchild : « Le succès, c’est d’aller en échec en échec sans oublier sa pipe. »

Kubrick n’avait pas besoin de la dignité de son espionne : aucun de ses films n’a connu d’échec.

Les Mille et Une Nuits, Stanley Kubrick (1968)

L’appel en itinérance

Note : 5 sur 5.

Les Mille et Une Nuits

Titre original : 1001: An Ode to the Space

Année : 1968

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Haladin, François, Un monocle, Un bébé lama

Je passe la séquence de la lanterne magique souvent reprise par la suite dans des parodies toujours pas très fines… d’autres ont proposé des interprétations et des analyses bien plus fouillées. Qu’est-ce que Les Mille et Une Nuits dans l’histoire du cinéma ? C’est avant tout une révolution des effets spéciaux. Kubrick s’était tout spécialement rendu à Bagdad pour rencontrer au Bazar d’Avoine les derniers vendeurs de tapis volants. Pour la première fois, une production « hollywoodienne » utilisait des lentilles OGM dans ses cantines toutes spécialement conçues pour les fakirs, danseuses du ventre et autres bébés lamas de la distribution (on ne rappellera jamais assez l’idée de génie de Kubrick d’avoir choisi de véritables lamas tibétains pour certaines séquences de lévitation, notamment pour la scène de régression finale).

Et dire que c’était Fritz Lang qui à l’origine devait mettre en scène le scénario de Philippe de Brava Boca… Les chefs-d’œuvre tiennent parfois à peu de chose. Ce sera d’ailleurs à l’origine d’une des deux mille et une bonnes idées de Kubrick sur ce chef-d’œuvre : De Brava Boca adaptait un récit d’histoires perses dont il ne disposait que d’une traduction grecque d’une version arabe, elle-même traduite par un Arabe sachant à peine déchiffrer l’arabe classique, et offrant à Kubrick une version piémontaise que le réalisateur new-yorkais s’était fait traduire par une vache espagnole. Traduire, c’est trahir apprend-on dans toutes les cours martiales, eh bien ce monocle de Fritz Lang, décrit presque de manière anecdotique dans une des histoires retranscrites, est devenu, après mille et une reproductions… un monolithe.

Monocle… monolithe… Allez y comprendre quelque chose, les chefs-d’œuvre tiennent parfois à peu de chose.

Le film est d’une telle importance dans l’histoire du cinéma que tout un genre s’est développé à sa suite : les fameux « téléphones arabes ». Un terme qui désigna également peu de temps après le film, un certain type de gadgets, aperçu par exemple dans la série Star Trek, qu’on pensait alors ne jamais voir débarquer un jour dans nos vies et qui s’est pourtant depuis maintenant une vingtaine d’années imposé dans notre quotidien. Qui ne dispose pas aujourd’hui de son propre téléphone arabe ?

« Comment vas-tu depuis la dernière fois, l’ami ?! Tu me reçois ? » « Des loukoums Salam ! Je te les recommande ! » « Que voudrais-tu me commander ? Non, Hal, je te demande si tu me reçois ! » « Je t’ajoute à mon réseau d’amis, ce sera plus simple, François ! » « Comment ? tu n’as plus de réseau ? Moi, je t’entends parfaitement, Hal ! » « Je te laisse François, je ne te reçois plus du tout ! » « Non, attends !… Hal… Haladin ?! tu es là ?… »

Tout le génie de l’incommunicabilité. Plus le réseau s’étend dans l’espace, plus notre capacité à nous comprendre diminue. Monolithes contre monolithes. L’individualité qui se fait indivisible, invisible, impossible.

Et oui, c’est à savoir pour les jeunes générations. Si les voitures volantes étaient prévues et espérées pour 2001, la technologie que ce visionnaire de Kubrick avait imaginée pour son conte des Mille et Une Nuits, elle, est devenue réalité. Nos téléphones arabes sont là pour en attester.

Allez frotte, Haladin ! Frotte !… Et le monolithe vrombit.

« Vous avez trois messages sur votre répondeur. Tapez # pour les écouter, * pour les supprimer. Pour réentendre ce message taper bis, sinon vous pouvez vous déconnecter. »

Quand Kubrick dépasse la fiction, ce n’est plus de la science, c’est une prophétie.

Le Docteur du cabinet Caligari, Stanley Kubrick (1964)

Comment j’ai appris à ne plus faire l’amour

Note : 3 sur 5.

Le Docteur du cabinet Caligari

Titre original : Strangelove

Année : 1964

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Miss Julie, Le docteur Caligari, Frank

Quand le prêtre s’avance et tue l’assassin de Miss Julie, une lumière en arrière-plan ouvre un halo qui va distordre les images du film jusqu’à son apogée : la scène terrible du couronnement du docteur où l’écran reprendra ses dimensions normales…

Le Docteur du cabinet Caligari de Kubrick est un rêve, un cauchemar, une plongée dans le gouffre torsadé des passions enfouies. Pourtant la conclusion absurde de l’œuvre nous ramène brutalement à une réalité cruelle. Celle qu’il n’y a de plus grand danger que quand tout concorde dans le même sens pour accomplir des ambitions que l’on croit alors légitimes et grandes. Tout y est consumé comme à la cire, discordant comme un cri à l’aide, vicieux comme si le spectateur ne se mettait pas pour la première fois, non plus à la place de la victime, mais du bourreau. Sympathy for the devil

Le docteur n’est pas seulement un monstre, c’est le monstre qui se cache derrière le masque des apparences. Celui que chacun préfère ne pas connaître et ne jamais rencontrer.

Quand le film est sorti en 1964, l’Amérique et l’Union soviétique se livraient depuis vingt ans une guerre psychologique. C’est cette guerre que Kubrick a parfaitement illustrée. Une guerre non pas entre des nations, des idéologies, mais des conceptions faussées du monde, répondant à des codes échappant à la raison ou au pouvoir des hommes. On ne se bat jamais mieux que contre celui qui nous donne la chance d’exister à travers sa propre haine.

Kubrick montre que l’homme, par sa nature, est un être de destruction. Sa peur est le moteur qui le fait avancer.

Si Miss Julie est un personnage léthargique, sans ambition sinon celui de se faire aimer, son amour est un frein aux ambitions du docteur. C’est pourquoi il fera appel à Frank pour se débarrasser d’elle. Dès lors, le spectateur comprend qu’il n’y a plus d’espoir et que le docteur est prisonnier d’une passion folle et destructrice que les effets de distorsion de l’image et du récit nous invitent à partager avec lui.

La folie de Caligari, si elle n’est visible d’abord d’aucun des autres protagonistes, et si elle apparaît même auprès de certains pour être du génie et de l’ambition, c’est parce qu’elle pourrait être la folie de chacun d’entre nous. La voir et le comprendre, détachée de nous, comme un rêve sous hypnose, nous donne l’expérience de sa logique propre et de son évidence.

Le film pour Kubrick devient le lieu où s’expose la monstruosité de l’homme, et ce faisant, espère lui offrir une seconde chance. À l’homme.

Quand le mur de la peur est tombé en 1989 quinze ans après ce film, une nouvelle terreur s’est emparée des dirigeants soviétiques : ils se sont revus comme le docteur, commanditer ce à quoi ils s’étaient préparés depuis son édification. Or si les dirigeants du bloc de l’Est sont restés sans rien faire, c’est peut-être un peu parce qu’ils avaient en tête, projeté en dehors d’eux, et non en eux, comme un monstre dévoilé, ce dont Kubrick était parvenu à exprimer dans son film. La folie en action, l’ambition des pères que l’on suit aveuglément avant que la peur salutaire nous dévoile les bienfaits qu’on aurait à se muer dans l’ombre et à se vautrer dans l’indécision.

Le Docteur du cabinet Caligari (Strangelove) est une boîte de Pandore où s’amasse ce qui fait autant notre monstruosité que notre humanité. La peur permet d’en sceller les portes. Plus personne ne parle de guerre psychologique, mais de tout faire pour préserver intact notre passion pour les miss Julie qui nous détournent du Caligari qui est en chacun de nous.

Les Yeux sans visage, Stanley Kubrick (1962)

Loin des yeux

Note : 4 sur 5.

Les Yeux sans visage

Titre original : Lolitus

Année : 1962

Réalisation : Stanley Kubrick

Avec : Stanley Stanley, Germaine Duvalle, Monique, Professeur Nobeau, Guest : Buñuel

On le sait, Henri Kubie, changeant clandestinement son nom pour celui de Stanley Kubrick, échappe à l’escroquerie en 1957 après le démantèlement d’une série de films pour la télévision sur le crack de 28 (films qui restent encore aujourd’hui interdits en salle ou ailleurs et dont on ne sait au juste si le fisc américain chargé alors d’en détruire les négatifs en a gardé une copie, pour l’histoire).

Après cette mésaventure, Kubrick décide de sortir des sentiers battus en s’installant dans un pavillon à Choisy-le-Roi avec sa nouvelle femme et sa belle-fille. Ce serait cette belle-fille qui, dit-on, aurait inspiré le personnage névrosé des Yeux sans visage.

Amateur de psychanalyse et de pyrolyse, on dit que Kubrick, s’étant énamouré de sa petite Monique, aurait alors imaginé cette histoire pour “verbaliser” sa frustration de ne pouvoir jouer que de la contrebasse quand une mandoline lui faisait les yeux doux.

Si le film est incompréhensible pour certains et rappelle le style cadavérique de Buñuel, j’ose prétendre, grâce à mes oreilles pointues, faire le tour des compréhensions et d’ailleurs. Jugez plutôt.

Stanley Stanley rêve de mettre le grappin sur Monique, or il est marié avec Germaine Duvalle, il imagine donc la mort de Germaine, et par la force des esprits malfaisants… Germaine meurt. Stanley Stanley se retrouve donc tout seul à son bonheur. Seulement, Monique cause, elle cause beaucoup, et ça l’agace. Il pense donc la noyer dans une solution barbecuerique pour en tirer après pyrolyse une Monique toute neuve. La transformation échoue malencontreusement, c’est un demi-échec, et Monique se retrouve sans bouche et sans bras. Inutile de préciser que Monique n’accueille pas cette nouvelle à bras ouverts, elle qui aimait tant danser la valse et le tango. Stanley Stanley a entendu parler du Professeur Nobeau qui va mettre pour lui au point une autre formule. Manque de peau, ou plutôt manque de flair, une nouvelle fois, l’opération échoue, et Monique se retrouve sans nez et sans jambe.

Si vous ne voyez pas toute l’évidence de l’influence psychanalytique de ces éléments en connaissant la vie de Kubrick, alors même que c’est clair comme les yeux sans visage, je n’ai plus suffisamment de lapsus en magasin et donne ma langue au chat. Quoi qu’il en soit, le film fut un succès malgré le manque évident d’expression de l’actrice tenant le premier rôle, et Kubrick put continuer sa carrière en Europe.

Razzia sur la chnouf, Henri Kubie (1955)

Lazzi du retournement

Note : 4 sur 5.

Razzia sur la chnouf

Titre original : The Last Kissing

Année : 1955

Réalisation : Henri Kubie

Avec : Jean Marin, Sterling Idol, Pyromane Jason

Sur le chemin qui allait autrefois de Sancé à Mâcon, il y avait sur une butte de terre un grand panneau qui faisait la publicité du cinéma de Feillens en y indiquant le film qu’on y jouait tous les samedis à 4 heures. C’est exactement le 26 novembre 1955 à 1 heure, alors que je m’étais perdu avec mon chien Jason sur la route de Nevers, que j’entendis ou vis pour la première fois évoquer le nom de Henri Kubie.

Mon brave Pyromane, un cheval qui devait bien faire deux fois l’âge de Rossinante, venait de lâcher son ultime souffle en montant la butte, et me laissant tirer par mon chien Jason, celui-ci, la langue pendante et la truffe à l’air comme s’il avait humé quelque odeur de celluloïd, demanda alors : « Qu’est-ce donc que cela ? La chnouf ? » « Ma foi, c’est certainement cela qui aura eu raison de Pyromane en lui tirant un ultime éternuement, répondis-je. »

Jason soupira, puis regardant la montre qui lui pendait au cou, aboya soudain : « Par l’âme encore fumante de feu Pyromane, mais nous avons le temps de voir le film ! »

C’est que mon brave toutou, en plus de ne rien connaître à l’argonautique, était un fichu cynéphile. Et pas des moindres. C’est qu’il m’en a fait dépenser des centimes au cinéma, le cabot !

Assez peu cynéphile dans mon genre, je connaissais la musique et ne résistai pas longtemps à son air de chien battu. Un peu avant 1 heure, je laissai donc Jason prendre sa place pour le film Razzia sur la chnouf et en profitai pour me rendre au garage de la ville signaler que mon brave Pyromane venait de casser sa pipe. Là on m’indiqua aimablement qu’ils ne faisaient que les chats crevés et les pneus vernis et qu’il me fallait aller jusqu’à Mâcon où le garage Decoin se faisait une spécialité des canassons buttés. Je le remerciai en lui serrant la patte et m’en allai retourner chercher Jason à la sortie du cinéma. Peu de temps après 6 heures, les spectateurs sortirent et retrouvèrent leur maître.

Jason remuait la queue avec emphase, signe que cet Henri Kubie avait tout pour faire une razzia dans toutes les niches de la région.

Pendant le trajet vers Mâcon, il me raconta le film et j’étais tellement enthousiaste à mon tour qu’avant même d’arriver au garage Decoin Razzia sur la chnouf entra directement dans mon top10.

Et voilà comment grâce à un cheval cramé et à un cinéma perdu de Bourgogne, j’ai fini par m’acoquiner à la chnouf, tout aussi à croc et à sang de cet Henri Kubie que mon cher Jason. Ce n’était que le début d’une longue aventure.

Les Profanateurs de cadavres exquis

Petit jeu poétique constitué uniquement de titres de livres (et initialement partagé dans une liste avec les titres en question).


Un jour, sur le chemin vert, j’ai menti aux arbres penchés de la vérité, ceux qui se cachent des hommes au détour du monde, ceux qui nous veulent du bien, ceux qui rêvent un monde meilleur pour tous.

Ô mes amis, ce que j’ai dit, que ça reste entre nous !

Oui, ce jour-là je me suis réveillé en colère, j’ai vu passé mon rêve, et sur la rive de ma vie, j’ai tué l’homme, cet admirable imbécile traqué comme un oiseau blessé jusque dans le cœur du bleu sauvage :

La peur !… La peur géante ! Elle qui chevauche les tempêtes, guide le bruit de nos pas vers l’abîme !

Oh, menteurs ! ils ont osé le dire… Arbres perfides ! monstres de la nuit ! – Et pourtant je le savais… Ah, les crocodiles ! les scélérats ! Arbres Cassandre, sphinx sans cœur, sans père et sans parole ! Pour ne pas vous oublier, je voudrais qu’on m’efface et qu’on m’emporte loin, très loin de tout…Celui qui se tait respire le bonheur, l’air et les songes…

Qui se souvient des hommes quand il n’y a plus de larme ? – À qui se fier ?

Laisse-moi le temps… Enfin la nuit, enfin le silence. Vingt ans après, l’homme que je n’ai pas tué, il est là. Une fois encore, naufragé volontaire sur mes traces fantômes, je me déguise comme une tombe, j’arrive à vous… les Traîtres !

Sous le même ciel, les sentiers délicats, les trompeuses espérances. – Tiens, tiens ! mêmes les pierres, si près de vous, mêmes les pierres ont résisté !

Ah, si j’étais un monstre !

J’écoute avec mon corps la langue du mensonge. Pris au piège, les yeux dans les arbres, je sais que vous mentez !

Ah, les jolies petites chaises !

Alors, quel est cet arbre ? Le mien et le tien, Espoir. Attends-moi j’arrive, je viens vers toi, monstre. Où es-tu maintenant ? – Ah, si vous saviez, terribles paroles ! Laissez toutes espérances… – Frissons ! Il est où mon arbre ?! celui qui murmure, celui qui chuchotait dans les ténèbres ? Ah, je te vois, maintenant : « Donne-moi le monde. Tu m’avais promis ! ce jour-là… »

Mensonges, mensonges. Illusions…

Rien dire, tout dire de ne rien dire de ce que j’ai vu et pourquoi j’ai menti… Des années si lisses dans le filet des parfums regrettés. Partir et vivre enfin une obscure espérance. Se reconnaître, se revoir. Changer tout.

« J’avoue que j’ai trahi ! »

Ô splendeur de la vérité, cette nuit je l’ai vue exactement là auprès de mon arbre Judas parler à la lune ! La douce tromperie… Ah, l’adorable menteuse ! La sauvage ! Maintenant, viens là que je te tue, ma belle, ombre de mon amour, Espérance !

« Non ! tais-toi, je t’en prie. »

Rien ne nous survivra. J’ai tout gâché.

Victime, bourreau ou saveur, nul ne sait qui nous sommes. Pardonne-nous, Nature.

Ah ! si j’étais un arbre, je me ferais bien un homme moi aussi…

« Arbres, que savez-vous des morts ? que savez vous des morts, des fauves et des hommes ? »

Je me souviens de ce que j’ai oublié à présent ! N’ouvrez pas ce cercueil de ce côté du ciel car le rêveur derrière la porte rêve d’amour ! Grand maître, pardonnez nos offenses ! Oh ! Mon arbre !…

Être poussière d’homme, l’amour et rien d’autre. Pas même un caillou. Même pas mort. Rien. L’espoir. Une saison de feuilles, un coup de tonnerre sur l’ordre d’un songe…

– Poussière !

Aujourd’hui quand la forêt s’endort les feuilles mortes rêvent comme des hommes.

– Poussière !

Mikio Mikio

Une rencontre des Acteurs Anonymes. Mikio vient pour la première fois et se présente devant un groupe d’acteurs et de cinéastes réunis en cercle.

— Bonjour, je m’appelle Mikio et je réalise des films, essentiellement des mélodrames ou des drames réalistes.

— Bonjour Mikio.

— Voilà, je viens vers vous parce que depuis un certain temps, j’ai l’impression d’être dans la peau de quelqu’un d’autre.

— On connaît tous ça, mais tu pourrais être plus explicite ?

— Je n’aime pas les mélos que je réalise. Voyez-vous, j’ai commencé dans ce genre avant guerre parce que je pensais que ce serait une bonne idée pour approcher les filles.

— Nous sommes tous comme toi ici, Mikio ! On a une sacrée réputation…

— Je sais… Mais moi, ça ne m’a jamais aidé avec les filles. Elles adorent ce que je fais, c’est certain, mais elles comprennent vite à mon humour qu’il y a quelqu’un d’autre qui se cache derrière le réalisateur.

— Heu, oui. De quel humour parles-tu ?

— Eh bien, j’ai comme qui dirait un humour un peu particulier.

— Tu joues du coussin péteur ? — Les blagues racistes, j’ai toujours dit qu’il n’y avait rien de mal…

— Non. J’ai un humour… absurde.

— …

— Un quoi ? Qu’est-ce qu’il a dit ?

— J’aime l’absurdité.

— Ne t’inquiète pas, ce n’est pas si sale que ça…

— C’est comme aimer plus que tout faire rire les autres et en être incapable. Je suis toujours celui qui dans un dîner sort des blagues étranges que personne comprend. Ça met mal à l’aise tout le monde…

— C’est vrai que tu n’es pas très drôle dans ton genre…

— J’ai écrit et réalisé un film pendant la guerre. Je suis parti à la campagne, là où je pensais avoir toutes les libertés pour enfin m’exprimer, prendre les acteurs avec qui je m’entendais le mieux…

— Bah tiens, l’esprit de troupe ! Pourquoi on est là à ton avis ? On a tous ça ici ! Même si tu es un peu sinistre comme bonhomme, tu fais partie de la famille !

— … Je ne me suis jamais senti aussi bien sur un film. Et une fois fini, pour la première fois j’ai eu la sensation d’avoir enfin réalisé MON film, celui qui me correspondait le mieux.

— Ta Liste de Schindler à toi, quoi.

— Oui enfin… Bref, j’étais tout heureux de le présenter au public. Et puis… et puis…

— Oui, on connaît tous ça ici. Le plus souvent, ce sont les bides qui nous amènent ici.

— Aujourd’hui, mon film a eu sa millième note en dessous de 5 sur SC…

— Ah, mais c’est très bien ça ! Ça doit valoir un badge non ? C’est qui ton sponsor ?

— C’est son premier jour, il n’en a pas encore…

— C’est quoi ton film qu’on aille le voir, peut-être qu’on va aimer.

— Les Act

— Ne le tendez pas les gars. Il essaie de s’en remettre, ce n’est pas facile pour lui, mais il parle déjà en italique, il va y arriver. Mikio ? Répète après moi : « J’ai admis qu’il y avait un fossé entre mes attentes, mes désirs et celles de mon public, je ne chercherai plus à leur imposer quoi que ce soit étant en désaccord avec ces attentes ; j’ai renoncé à être moi-même ; je ne suis plus que le personnage qu’on me dira être… »

— Snif, ça me fait toujours pleurer quand j’entends cette phrase…

— Répète à présent.

— J’ai admis qu’il y avait un fossé entre mes attentes, mes désirs et celles de mon public, je ne chercherai plus à leur imposer quoi que ce soit étant en désaccord avec ces attentes ; j’ai renoncé à être moi-même ; je ne suis plus que le personnage qu’on me dira être.

— Bravo ! Mikio ! Bravo !

— Ah…, c’est formidable, je me sens mieux. Je vais retourner travailler avec Hideko, je vais faire d’elle une actrice de mélo. Des mélos ! Comme avant !

— Ne t’emballe pas, Mikio. Les rechutes sont assez fréquentes. Tu devras venir nous voir fréquemment. Une dernière chose. Répète après moi : Je renonce à l’absurde.

— Je… je…

— Tu peux le dire Mikio !

— Oui vas-y. Pense à toutes les fois où tu t’es senti ridicule à cause de ton goût pour l’absurde…

— Je renonce… Je renonce à l’absurde.

(Il pleure et le groupe lui fait un gros câlin)

— Charles sera ton sponsor. Charles était dans une autre vie un grand acteur de cinéma muet. Seulement, quand le parlant est arrivé, il a eu le tort de ne pas vouloir renoncer au muet… C’est ainsi qu’il est arrivé ici. Et Charles réalise à présent des films parlants !

— Bonsoir Mikio. Ce ne sera pas facile, il va falloir s’accrocher. La tentation est forte. J’avoue moi-même que pendant les fêtes… il m’arrive de faire le clown encore. Et après ça, je m’en veux toujours. Heureusement que ce n’est pas la même chose : tu imagines s’il me prenait l’envie, là maintenant, de réaliser un film muet ? Il me faudra des années pour m’en remettre ! Alors, l’absurde, renonces-y. Si ce n’est pour personne, ce n’est pas pour toi. On fait un métier populaire, on doit plaire à notre public, on n’est pas là pour lui imposer nos goûts personnels… Entre nous, il s’appelait comment ton film absurde ? Donne-m’en juste un aperçu, personne ne verra rien…

— Les Acteurs Ambulants.

(Il s’effondre en larmes)

— Ah, ah, c’est merveilleux ! Comme notre groupe ! Les AA ! Allez, viens mon ami, je vais te présenter à un ami. Il traîne dans la rue et propose ses numéros à un public qui s’est depuis longtemps désintéressé des galipettes et des tartes à la crème. Il n’a pas voulu arrêter. Alors, il est tombé au fond du trou. Un peu comme nous autres à un moment de notre vie. Mais nous nous en sommes relevés grâce aux Acteurs Anonymes. Buster, lui… Enfin, sortons d’ici. Les acteurs, je les aime bien, mais venir ici me fout la déprime. D’ailleurs, je pense bien que je vais finir par me tirer en Suisse…

(Mikio s’éloigne et s’effondre en larme sur un mur)

— Mais attends-moi l’ami ! Je t’ennuie avec mes histoires. Alors que c’est toi qui es à plaindre… Allons, voyons, viens avec moi. Viens, je te dis… Ne reste pas là, c’est absurde !

— Marhrhhghghhghgghgh !!!!

— Qu’est-ce qu’il te prend ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Oh, décidément, que soit maudit le parlant… Ça n’a jamais fait que des malheureux.

Qu’est-ce que le cinéma ? Leçon 48.

Méthode d’apprentissage du cinéma à l’attention des ménagères cosaques et des chanteurs itinérants.

Leçon 48.

L’action.

Dans le chapitre précédent, nous avons étudié la définition de l’action à l’image à travers la praxie médio-temporale dans un milieu substantiel fixe. Nous allons désormais passer à la pratique au moyen d’exercices simples.
(Il est important de garder les yeux ouverts pendant tout l’exercice.)

La médio-temporalité, comme évoqué dans la leçon 46.d, n’admet dans son champ d’action (praxinis) aucun élément de figuration, et doit donc, pour prendre une forme dramatique, s’adapter à une configuration dramalinguistique du type 9 ou 13 (cf. tableau de la leçon 47.c, ainsi que l’annexe à la partie 4 du chapitre 3 de Propriétés anaproxiatiques des images suppositatoires en mouvement, par Frank Fjord Coppolen aux Ed. Zerotroscopie). Pour cela, veuillez parmi tous ces verbes sélectionner les verbes d’action :

espérer espionner espouliner esquinter esquisser esquiver essaimer essanger essayer essorer essoriller essouffler essuyer estamper estampiller ester estimer estiver estomaquer estomper estoquer estrapader estrapasser estropier établir étager étalager étaler étalonner étamer étamper étancher étançonner étarquer étatiser étayer éteindre étendre éterniser éternuer étêter éthériser étinceler étioler étiqueter étirer étoffer étoiler étonner étouffer étouper étourdir étrangler étrécir étreindre étrenner étrésillonner étriller étriper étriquer étronçonner étudier étuver euphoriser évacuer évader évaluer évanouir

Réponses : espionner esquinter esquisser esquiver essanger essayer essorer essoriller essouffler essuyer estamper estampiller estiver estomper estoquer estrapader estrapasser estropier établir étager étalager étaler étalonner étamer étamper étancher étançonner étarquer étayer éteindre étendre éternuer étêter étinceler étioler étiqueter étirer étouffer étouper étourdir étrangler étrécir étreindre étrésillonner étriller étriper étriquer étronçonner étuver évacuer évader évanouir

Maintenant que vous avez afiguré votre matériel, refermez les yeux dix à quinze secondes, puis rouvrez-les lentement. Saisissez-vous d’une graine de cabâche malgache (sinon reportez-vous à la leçon 15.a et confectionnez-vous en une à la manière indiquée) et procédez à la sélection suivante (cela ne mâche que si vous êtes totalement nu alors pas de chichi).

Complétez maintenant ces phrases à l’aide des verbes que vous avez sélectionnés dans votre réponse. Chaque phrase doit obéir à une logique propre (protopaxilisie), répondre à une situation donnée (atimaxion) et discriminer les solutions vieillies (erreurs antéprolaxistes) ou spécialisées (erreurs jargonorexiques).
Attention, votre plan médiovien est réduit, vous ne disposez que de dix scénarios possibles. Veuillez sélectionner les solutions les plus adaptées selon vous :

Modèle : Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _______ Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte ______ . Après s’être______ , tous deux finirent ________ .

Action !

1/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _espionné_ Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _esquissa_ un pas vers le tonneau situé sur sa gauche. Après s’être_étanchés_ , tous deux finirent _étendus_ sur le sol, ivres morts.

2/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _étalé_ toute sa science devant Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _étendit_ les bras. Après s’être_étreints_ , tous deux finirent _en étalageant_ au grand jour leur amour secret.

3/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _étoupé_ la femme d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _éternua_ . Après s’être_essuyés_ , tous deux finirent complètement _essorés_ .

4/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _estrapadé_ la saucisse d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _éteignit_ la lumière. Après s’être_étripés_ , tous deux finirent _étranglés_ .

5/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _essayé_ les boucles d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _esquiva_ la balle. Après s’être_étiolés_ dans l’air, tous deux finirent _essoufflés_ dans une course poursuite sans fin.

6/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _établi_ que le trouillomètre d’Hector devait être au plus haut. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _s’estropia_ lui-même une jambe. Après s’être_esquinté_ l’autre jambe, tous deux finirent _étêtés_ .

7/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _étrillé_ Hector au tennis. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _étincela_ encore par sa superbe. Après s’être_étiquetés_ mauvais perdants, tous deux finirent par _évacuer_ les lieux.

8/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _étayé_ des théories fumantes sur la sexualité d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _estompa_ les effets de la balle. Après s’être_évanouis_ , tous deux finirent _par étalonner_ leur engin d’après des normes communes .

9/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _établi_ la culpabilité d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _s’étriqua_ d’un coup. Après s’être_étirés_ , tous deux finirent _par s’évader_ .

10/ Pierre Revêche tenait en joue Hector Sulfamâte avec la ferme intention de le tuer. Pierre Revêche avait _étronçonné_ le sabin de Noël d’Hector. Pourtant, quand Pierre Revêche tira, Hector Sulfamâte _étouffa_ un sanglot . Après s’être_estoqué_ , tous deux finirent _étourdis_ .

Note : 6/10
On voit que la protopaxilisie s’accroît au fil des solutions. Les sujets créatifs commencent par proposer les atimaxions les plus évidents jusqu’à composer, à cours de solutions, de nombreux atimaxions jargonorexiques. Pourtant, il est important de préciser ici qu’à ce stade de composition les erreurs peuvent encore être la marque du style dramalinguiste de l’auteur. On dira ainsi que les atimaxions logiques se classeront parmi les trames classiques, tandis que les dernières solutions seront à classer parmi les trames subclassiques.

Nous étudierons, dans la prochaine leçon, les effets des différents niveaux de protopaxilisie sur la perception du spectateur.

En attendant, vous pouvez fermer les yeux et vous exercer à écrire des films suivant le modèle suivant : dix praxions avant, soufflez, trois praxions arrière, soufflez (reproduire trois fois).

Bon dada !