Cœurs, Alain Resnais (2006)

Cœurs

CœursAnnée : 2006

Réalisation :

Alain Resnais

5/10  IMDb

Vu janvier 2011

Sans doute le plus mauvais d’Alain Resnais…

Son truc de vouloir recréer un monde en studio trouve là ses limites. Ça marche quand le sujet est parfaitement non naturaliste comme dans Smoking /No smoking. Ici, c’est encore théâtral, mais il y a des scènes qui ne peuvent pas être réussies avec l’artifice du studio et du minimalisme : les scènes où Lambert Wilson et Isabelle Carré sont bourrés, ça ne peut pas passer, impossible à rendre dans un univers BD. Surtout en plan large et sans montage, donc sans tension et sans direction. Impossible à jouer pour des acteurs sans être ridicules.

Un vrai désastre.


Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón (2006)

Séquence ça finit ?

Les Fils de l’homme

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Children of Men

Année : 2006

Réalisation : Alfonso Cuarón

Avec : Julianne Moore, Clive Owen, Chiwetel Ejiofor

Film d’anticipation plus ou moins anglais avec Clive Owen. Ça change des trucs formatés ricains. On sent l’influence, d’une part de Kubrick (ou de Welles si on remonte à plus loin), et même de certaines ambiances de jeu vidéo en vue subjective (il y avait un jeu qui s’appelait Stalingrad je crois…).

Le scénario n’a aucun intérêt : le roi mage qui joue les sages-femmes avec la mère du dernier (ou premier depuis longtemps) bébé et qui fuit les méchants (un petit côté Terminator…). C’est surtout dans la mise en scène, et il faut le dire sur l’ingéniosité de quelques plans-séquences hallucinants, que repose tout l’intérêt du film. C’est peut-être un peu élitiste pour certains qui ne trouveraient pas ça assez formaté ou qui seraient un peu déboussolés par le rythme et la mise en scène en plan-séquence. Mais quand on regarde comment c’est fait, c’est vraiment impressionnant.

Il y a des plans-séquences célèbres où on se dit « mais comment il a réussi à faire ça », avec des illusions d’optique, des objets au second plan qui arrivent au bon moment juste quand la caméra pivote. Là c’est un peu ça, sauf que c’est pratiquement toutes les séquences du film qui sont ainsi. Bien sûr, ça fait « exercice de style », c’est purement formel, mais en même temps l’histoire est tellement bidon, qu’on fait ce que tout le monde fait quand l’histoire est nulle : on regarde les décors… Non seulement donc, c’est réalisé comme ça tout le temps, mais souvent aussi, le plan conjugue des dizaines d’effets (spéciaux ou pyrotechniques) forcément invisibles… enfin visibles, mais un peu comme avec les magiciens, on ne comprend pas comment c’est fichu, et on s’écrit : « Mais comment il a fait, bordel ! »

Il y a notamment la scène (un plan-séquence donc) dans une bagnole où ils vont en voir de bien belles… Un peu comme si on avait droit à la séance de poursuite sur l’autoroute de Matrix, mais version naturaliste, comme si on y était… Il faut le voir pour le croire, parce qu’il y a des cascades, vraiment… qu’on ne peut pas faire en plan-séquence…, sinon, la moitié des cascadeurs y passeraient… Bref, je ne veux pas savoir comment c’est fait, mais c’est impressionnant…

Il y a aussi des longues scènes dans la ville avec des balles qui pètent dans tous les coins, un peu comme dans Il faut sauver le soldat Ryan (moins spectaculaire dans le récit, parce que c’est naturaliste, en temps réel, mais au final plus impressionnant parce qu’on y est totalement).

Un ovni à voir si on aime les expériences au cinéma…


Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón 2006 Children of Men | Universal Pictures, Strike Entertainment, Hit & Run Productions


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Jesus Camp, Heidi Ewing Rachel Grady (2006)

Les faux prophètes

Jesus Camp

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2006

Réalisation : Heidi Ewing, Rachel Grady

Un film affligeant sur les extrémistes (il faut bien appeler ça comme ça) catholiques (évangélistes) aux USA. Il y a un truc que j’ai du mal à comprendre… Qu’il y ait des extrémistes dans l’Islam, ce n’est pas surprenant : d’une part le Coran peut souffrir d’une multitude de traductions (et ce n’est pas non plus la bible de la sagesse…), mais en plus on y trouve beaucoup de pauvres et d’ignorants, une population facilement “endoctrinable”. Pourtant, on se rend compte qu’il ne suffit pas d’être riche, plutôt intelligent, pour réfléchir par soi-même…

Une grande partie des enfants évangélistes des USA ne vont pas à l’école et apprennent avec leurs parents à la maison. Pour le développement de l’enfant, dans un premier temps, c’est plutôt une bonne chose. L’échange, le dialogue permet à l’enfant de se développer rapidement. On voit donc parmi ces gamins de dix ans, pas mal d’enfants affirmés. Non pas qu’ils soient d’une grande sagesse, mais ils ont une grande maturité pour s’exprimer et “argumenter” leurs idées. Après, il y a un souci, parce que ces gamins, à 10 ans, ils sont finis, ils n’ont plus rien à apprendre, parce qu’ils savent déjà tout. Alors que chez les autres enfants du même âge, c’est l’incertitude, le doute qui va leur faire rattraper leur retard et conditionner toute leur vie d’adulte. Ceux-là sont déjà quasiment adultes à dix ans. Mais des adultes qui croient au père Noël…

Jesus Camp, Heidi Ewing et Rachel Grady (2006) | A&E IndieFilms, Loki Films

Surtout ça fait mal de voir autant d’enfants qui ne vivent que pour plaire, que pour satisfaire à leurs parents qui ne sont jamais satisfaits. Ils en viennent même à se prendre pour des prophètes, des prédicateurs, à rentrer dans des sortes de transes pour leur montrer, leur prouver que ce sont des bons soldats. Leur bonheur de leur foi, est un leurre. Ces gamins ne vivent que pour avoir une bonne note de leur parent, et en retour, ils n’auront que des « c’est bien, mais il faut faire mieux »… Ce n’est jamais assez… Il faut leur donner des câlins à ces gamins, ils manquent d’amour…

Après, sur le fond, c’est tout de même hallucinant tout ce qu’on voit. Je suis athée, mais il faut reconnaître que Jésus, est un “sacré” philosophe. Derrière la parole divine, le péché, il y a l’amour de l’autre, qu’il soit faible ou qu’il soit un ennemi. Et là, on voit des gens haineux envers les musulmans : ils font de leurs gamins des soldats de Dieu. « On va faire la même chose, à nos ennemis ! » Merde, c’est l’enseignement du Christ ça ? Ils sont encore plus à l’ouest que les extrémistes islamistes. Qu’ils pensent détenir la vérité, d’accord, je crois que tout le monde est dans ce cas, mais avoir autant de contradictions…, voir Jésus comme leur Dieu et par ailleurs oublier son message de paix et d’amour, c’est tout de même surprenant.

Bref.

Il y a des moments drôles tout de même, notamment grâce à une petite idiote qui s’y croit vraiment et qui est toujours un peu à côté de la plaque.

Une fois, en plein bowling parce qu’elle a “reçu” un message de Dieu, elle va voir une fille et lui dit, comme ça, que Dieu l’aime… La fille trouve ça certainement mignon qu’une gamine vienne lui dire ça et reste polie, et ensuite l’explication de la gamine fait peine à voir : elle se justifie et en faisant ça, elle est pleine de contradictions, on voit tout de suite qu’elle ment… Le seul problème, c’est que dans ce genre de situations (mentir c’est mal en principe), là on les encourage à aller plus loin… Navrant donc.

Ou encore le top final, quand elle prêche la bonne parole sur le bas-côté d’une route, qu’elle va voir trois pépés assis sur une chaise. Elle leur demande s’ils savent où c’est qu’ils iront quand ils mourront. Ils disent « au paradis », et elle « vous en êtes sûr ? » et le pépé : « oui » ; elle « heu… OK ». Elle s’éloigne avec son copain un peu déconcerté par la super repartie des pépés, et elle lui souffle, parce que les pépés étaient Noirs : « Je pense que c’étaient des musulmans ».

Pour le coup, je viens de comprendre l’origine du terme « mauvaise foi »…

Dans la Bible, il y est aussi dit de faire attention aux faux prophètes…



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Raisons d’État, Robert de Niro (2006)

Raisons d’État

The Good Shepherdraison-detat-rober-de-niro-2006 Année : 2006

Réalisation :

Robert de Niro

6/10  IMDb

Encore un acteur réalisateur. De Niro. Bien plus abouti que son précédent. C’est l’assurance en tout cas d’avoir des grands acteurs et surtout qu’ils sont bien dirigés. Même si au départ, on voit ni Damon ni Jolie dans les rôles… Dommage que le film toutefois soit toujours sur la même note, la même atmosphère. Ça finit par être un peu rasoir. Heureusement qu’il y a cette relation avec cette femme sourde qui colore un peu le film…

La mise en scène est parfaite, mais il aurait fallu qu’il prenne un peu plus de risque, se mette plus en danger, parce que là, c’est tout le temps la même chose, on n’est jamais surpris. C’est sage disons, digne d’un bon élève de classe de cinéma. Mais ça manque de fantaisie et de folie. Là aussi pas de ton caché. Le sujet du film, c’est le mystère, l’ombre, mais justement rien n’est mystérieux, les enjeux sont un peu flous.


Shortbus, John Cameron Mitchell (2006)

Du cul, du cul et encore du cul.

Shortbusshortbus-john-cameron-mitchell-2006Année : 2006

 

Réalisation :

John Cameron Mitchell

5/10  lien imdb
 

Vu le : 21 octobre 2007

C’est parfois intéressant, mais il y a trop de personnages (non non, ce n’est pas une manière de dire qu’il y a des partouzes). J’aurais préféré que le récit se concentre sur un seul personnage et non un film à la sauce Shortcut (d’où le titre du film d’ailleurs…). C’est une méthode bien connue de distanciation, faire intello, mais il y a plus de chance qu’on s’attache à des personnages et pas à d’autres.

J’ai apprécié le personnage de la sexologue qui n’a jamais joui, ou de la pute au grand cœur (comme quoi il y a la règle et la vérité d’un film…). En revanche, toutes les histoires de gays, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé — et pour le coup, il faut être capable d’encaisser les scènes de cul comme des scènes d’horreur.


Scoop, Woody Allen (2006)

ScoopScoopAnnée : 2006

 

Réalisation :

Woody Allen

7/10  lien imdb
MyMovies: A-C+

Vu le : 21 octobre 2007

Largement préféré celui-ci au précédent tourné à Londres… Et je vais finir par m’habituer à la Scarlett aux grosses lèvres et aux gros seins qui paraît ici beaucoup moins maniérée que d’habitude (remarque je l’aime bien dans les adaptations de comics). Je reste persuadé qu’elle n’est pas faite pour jouer des répliques rapides dans le ton des comédies de Allen. Elle n’a pas non plus la gravité nécessaire pour certaines scènes. Bref, elle est superficielle cette fille, loin de la folie douce, la maladresse charmante et la volubilité de Keaton ou de Farrow… (Enfin, à quoi bon comparer ?…)

En revanche, Hugh Jackman est parfait : Woody a merveilleusement exploité le côté « derrière chaque Britannique de la haute société se cache un Wolverine ».

Il aurait pu en revanche se passer de nous mettre encore et encore une Smart… Cette fascination des Ricains pour cette bagnole ça m’exaspère…


Le vent se lève, Ken Loach (2006)

The Wind That Shakes the BarleyThe Wind That Shakes the BarleyAnnée : 2006

Note : 5

IMDb iCM
Vu le : 21 octobre 2007

 

Réalisation :

 

Ken Loach

Avec :

Cillian Murphy
Padraic Delaney
Liam Cunningham

Je ne suis pas fan des derniers films de Ken Loach… J’ai tellement aimé les premiers, comme Poor Cow, Kes ou Family Life, que j’ai du mal avec ces films d’époque ou trop ouvertement politiques. Pour moi, Loach, c’est le cinéma de la laboritude. J’ai exactement la même impression que pour Land and Freedom. Le même film ou presque, seuls l’époque et le lieu changent. Loach est un cinéaste descriptif et de la distanciation. On était ému dans ses films naturalistes parce qu’il n’en rajoutait pas dans le mélo, il évitait l’explicatif et le ton sur ton. Or là pour des grandes fresques politiques, ça manque au contraire d’ampleur, et c’est normal, Ken Loach n’est pas David Lean. Avec des histoires comme celle-ci, quand on développe plusieurs aspects d’un personnage dont l’histoire d’amour au milieu de la guerre civile, on est obligé d’en faire plus que nécessaire. Résultat des courses, c’est un peu trop carré, trop froid, on ne s’identifie pas assez aux personnages (l’acteur d’ailleurs est antipathique). Loach reste dans son style mais avec des scénarios comme ça, ça ne marche pas tout à fait.

Je préférerais qu’il revienne à plus de simplicité, plus près du quotidien, plus près des hommes (et des femmes en particulier). Reviens Kenny, tu as les mêmes à la maison.


Dreamgirls, Bill Condon (2006)

 

DreamgirlsDreamgirls, Bill Condon (2006)Année : 2006

6/10

Vu le : 14 octobre 2007

IMDb iCM

Réalisation :

 

Bill Condon

Avec :

Beyoncé Knowles
Jamie Foxx
Eddie Murphy
Danny Glover

Je crois que c’est adapté d’une comédie musicale. Ce qui explique l’extrême superficialité de l’histoire… On ne fait que survoler les choses, les scènes sont trop rapides pour qu’on puisse décrire des situations réellement dramatiques. Ça devient juste un catalogue du comment on devient une star. Un thème très ricain et souvent traité avec plus de talent (New York, New York de Martin Scorsese par exemple ou What about Eve de Mankiewicz, A Star is Born…). Ça n’en reste pas moins un film qu’on regarde avec un plaisir (léger).

Enfin, pour la musique surtout (Motown style, oh yeah baby !) et pour les acteurs.

Beyoncé que je n’avais pas reconnu au début parce qu’elle n’avait pas ses faux cils, voire les cils pas maquillés du tout (et elle est encore plus belle comme ça !), au début du film elle est vraiment géniale (elle doit jouer son personnage à 15 ans, et elle est tout à fait crédible, toujours à s’émerveiller pour tout et n’importe quoi), et on ne rigole pas quand j’associe dans la même phrase les mots Beyoncé et génie.

Pour Eddy Murphy, pas forcément toujours à l’aise dans ce rôle entre Little Richard et James Brown (il est en tout cas tout à fait crédible dans les scènes dramatiques ─ et il n’a pratiquement que ça).

Pour Jamie Foxx, toujours aussi… différent (là il trouve un rôle de salaud qui lui convient très bien parce qu’il a beau être incroyable dans la composition de Ray, il n’a aucun charme et si ça peut passer pour les rôles antipathiques, ça passe moyen pour des rôles comme Ray).

C’est inspiré de la « vie » des Supremes » et de Diana Ross. C’est marrant de voir des séquences avec les Jackson Five qui deviennent la Campbell Connexion…


Jugez-moi coupable, Sidney Lumet (2006)

Find Me Guiltyfind-me-guilty-sidney-lumet-2006Année : 2006

Réalisation :

Sidney Lumet

5/10  lien imdb

Vu le : 13 octobre 2017

Là je ne vois pas trop où veut en venir Lumet… Il prend le parti d’adopter totalement le point de vue des “accusés”… Enfin, en fait on a l’impression qu’il ne prend même pas parti : il ne sait tout juste pas ce qu’il fait. Ce qui semble l’intéresser, c’est l’histoire vraie de ce type qui s’est défendu seul, c’est extra-ordinaire, mais après il faut adopter un angle, un point de vue, et là il nous sert ça comme ça avec un œil mou. Résultat, les salauds s’en sortent bien, ils sont heureux… et alors, à quoi bon ?

Le public ne s’y est pas trompé…, le film a été un gros flop. L’acteur a eu son rôle en marge, le réalisateur a pu se payer un dernier film (alors que ça fait déjà un moment qu’il est à l’ouest le bonhomme)… La pauvre production qui a fourré son fric là-dedans…

La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)

La Cité interdite

Man cheng jin dai huang jin jia La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)Année : 2006

5/10 IMDb iCM

Vu le : 23 septembre 2007

Réalisation :

Zhang Yimou


Avec :

Chow Yun-Fat, Gong Li, Jay Chou

Beuark… Le plus mauvais Yimou ?! C’est pourtant avec Gong Li et Show Yun Fat…, on aurait pu espérer mieux…

Seule la fin est « un peu » plus intéressante. Les trois quarts du film sont avant tout décoratifs (eh oui, c’est beau) : des suites de scènes dans les chambres luxueuses du palais… terriblement statiques et sans intérêt. Autant de personnages (quatre ou cinq) que dans une tragédie classique. Ça ressemble à ces poissons qui n’existent et qui ne vivent que dans des petites étendues d’eau, à deux ou trois cents individus, et qui survient à la gloire de la consanguinité.

À l’instar d’Œdipe, on a droit au dénouement de la filiation et de la révélation d’un inceste. Ça prend un tour un peu même shakespearien, gore, quand tout le monde dans cette petite famille impériale complote contre tout le monde et que finalement tout se termine dans une gigantesque tuerie sanglante. On tend plus du côté de Titus Andronicus que d’Hamlet, mais ça réveille tout de même. On passe des scènes de chambres aux scènes de baston entre chevaliers d’or et chevaliers… d’aluminium. Une sorte de remake de la grande bataille du Seigneur des Anneaux, avec d’un côté une armée d’abeilles tueuses et de l’autre des mouches tsé-tsé prêtent à tout pour sauver… leur roi. La démesure la plus totale (et sans second degré… — au secours John Woo, où es-tu ?).

Autrefois donc, dans la cité interdite, quand on se chamaillait, ça se terminait avec des milliers de chevaliers en armure sur la place des duels. Avec notre minable bataille d’Azincourt, on peut vite aller nous rhabiller…