Alain Resnais

Alain Resnais

 

La politique des monteurs… Génial metteur en images, en particulier dans des documentaires au cours des années 50, puis au début des années 60, parallèlement aux cinéastes de la nouvelle vague, Alain Resnais est-il un auteur ? Non. Il est le génial metteur en images qui contredit la pseudo théorie du cinéma de papa. Parce que Resnais a cessé d’être bon en devenant pleinement un « auteur ». Il est de ceux ayant toujours mieux travaillé en « collaboration », en « adaptation ». Le metteur en scène, met en scène… un auteur. Il ne se met pas (ou rarement) en scène lui-même. Si Resnais est bon, c’est bien parce que les auteurs, c’étaient les autres. Des « auteurs » par ailleurs (Duras, Robbe-Grillet) passés eux-mêmes à la réalisation, sans la même efficacité que Resnais. Oui, faire un film, c’est parfois mieux ensemble.

Classement :

10/10

  • Nuit et Brouillard
  • L’Année dernière à Marienbad… *
  • Hiroshima mon amour

9/10

  • L’Amour à mort
  • Smoking / No Smoking **

8/10

  • On connaît la chanson
  • Les statues meurent aussi
  • Toute la mémoire du monde
  • Guernica
  • Le Chant du Styrène

7/10

  • Mon oncle d’Amérique *
  • Le Mystère de l’atelier 15

6/10

  • Pas sur la bouche
  • Je t’aime je t’aime **

5/10

  • Loin du Vietnam **
  • Cœurs
  • Providence
  • Muriel ou Le Temps d’un retour ***
  • La guerre est finie
  • Stavisky ***
  • Les Herbes folles
  • Mélo

*Films commentés (articles) :

**Films commentés (courts articles) :

Je t’aime, je t’aime, Alain Resnais (1968)

Cœurs, Alain Resnais (2006)

***simples notes prépubères (1997) :

Stavisky

Une qualité indéniable à la réalisation, mais qui se limite cependant à une simple compétence formelle. Le reste est insignifiant. Les mouvements de caméra, ou le montage, restent sans intérêt face à une mise en scène qui traîne et manque de rythme : Resnais se noie dans sa propre soupe. On se désintéresse de l’histoire, trop compliquée, à peine concrète (drame du financement : rien de moins cinématogénique), un drame suivi par la mise en scène comme si elle pouvait avoir un intérêt quelconque. L’émotion est donc inexistante, par le thème financier, et par la direction d’acteurs ; le style et le rythme trop clairs, incohérents, sans marques définies. Le film ne trouve pas son identité, entre film commercial néoclassique à la Truffaut et film intellectuel, abstrait, avec un rythme ralenti. C’est donc une sorte de Scarface à la française, marqué par l’insignifiance naturaliste, le manque de contrôle, d’intensité et d’identité.

Le cinéaste de Hiroshima mon amourMarienbadSmoking-No-Smoking, n’a pas fini de me décevoir. À croire que la qualité de ses films est uniquement due à la qualité de ses scénarios, que Resnais serait alors incapable de tirer réellement vers le haut. Un cinéaste compétent mais pas auteur.

À remarquer, Sacha Vierny, le directeur photo de Greenaway : comme le film, trop clair, pas assez identifiable.

Muriel, ou le temps d’un retour, Alain Resnais.

Quelque chose me rebute. Il y a trop de dialogues qui brouillent tout. On n’a pas le temps de nous identifier aux personnages, à l’action et aux thèmes abordés. « L’action » est trop dense, les dialogues évoquent trop. L’ambiance et l’esthétique me laissent froid comme un épisode de Cosmos 1999. On voit le talent évident, mais tout dans l’image rejette le spectateur en dehors du film.


O, Marienbad

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